BOIS DE SCULPTURES
C'est encore à la Suisse, qu'il faut s'adresser pour les gros caractères d'imprimerie en bois, fabriqués en poirier, pommier, érable, buis.
Les graveurs sur bois emploient le buis, le sorbier domestique et le poirier. Autrefois, on gravait exclusivement sur poirier et sur bois de fil, c'est-à-dire dans le sens de la direction dqs fibres ; aujourd'hui, on adopte le buis, plus compact, et on grave sur bois debout ou à fil debout, les libres sont alors dressées verticalement par rapport au burin.
Art. XII. — BOIS DE TRANCHAGE.
Le tranchage et le déroulage sont des industries relativement récentes, qui ont pour but de tirer, de grumes ou de plateaux, des feuillets parfaitement lisses, secs, de 1 à 10 millimètres d'épaisseur, utilisés sur une vaste échelle pour placages, par la menuiserie, la carrosserie des voitures et des wagons de voyageurs, par la miroiterie, la gainerie, le cartonnage, l'emballage, les fabricants de boîtes, de jouets, de malles, de pianos, d'orgues, etc.
Dans le tranchage à plat (machines d'Espine et Achard, fig, 353, machines Plcssis), les planchettes sont débitées parallèlement à un diamètre de la bille. On tranche ainsi les
Fig. 353.
bois durs, servant à l'ébénisterie : acajou, palissandre, ébène, noyer d'Amérique, chêne, érable sycomore, tulipier, etc. Dans le tranchage circulaire (machine d'Espine et Achard,
LES GHA.NDS EMPLOIS DU ROIS
fig. 35 i), les feuillets sont enlevés suivant la circonférence du bois, d'où le nom de dérouleuses donné à ces machines. Ces dérouleuses sont utilisées pour dévider les bois tendres : peuplier, aune, tremble, hêtre, platane, cèdre, noyer, tulipier. Les principes de ces machines sont les suivants. Dans les trancheuses, les bois, préalablement écorcés et découpés en billes de longueurs variables avec la force de Toutil, sont amenés, au sortir de Tétuve et encore très chauds, sur un chariot mobile, qui se déplace devant un couteau simplemenl animé d'un mouvement latéral de translation alternative. In rouleau compresseur ou cannelé pousse les plateaux ou les
Fjg. 354.
grumes devant le couleau (|ui les découpe en minces feuillet?, bans les dérouleuses, les grumes sont animées d'un mouvement de relation, et le bois tranché sort en ruban continu sur une toile métallique. Un deuxième couleau, placé en avant du premier et s'abatlant d'un mouvement rythmé, découpe la bande en planches de largeurs déterminées.
Les feuillets ainsi obtenus sont mis sous des hangars bien aérés où ils sèchent et se gondolent. Pour les redresser, on les passe dans les presses-éluves, à tiroirs, où ils séjournent environ pendant une minute par millimètre d'épaisseur. Ils sont alors bons pour la vente ou le débit.
Avec les dérouleuses, il y a un déchet assez considérable,
BOIS DE TRANClIAf.R fioo
lormé par le cœur des arbres. Une machine de 12 chevaux, qui dévide normalement des billes de 2", 10 de longueur, et qui fait dudemi-déroulage avec des morceaux de 1 mètre, laisse une bûche de cœur non utilisée mesurant 9 à H centimètres de diamètre. Ces déchets sont vendus comme bois de boulange, à raison de 4 à 5 francs le stère. Pour ce n^otif, il est évident qu'on a tout intérêt à ne trancher que des arbres d'un fort diamètre.
Les bois de tranchage doivent c^tre absolument sans nœuds et exempts de roulures. On recherche, pour cet usage, les chênes tendres, provenant de massifs traités en futaie. Le chêne, le noyer, les t>ois exotiques donnent de larges panneaux pour les placages et contre-placages ; le hêtre, le tilleul, laune et surtout l'épicéa, fournissent de petites lames très flexibles, de 1/2 à 2 millimètres d'épaisseur, généralement désignées sous le woiwAq copeaux, pour doublures de coffrets soignés, de tiroirs, de meubles, pour boites ovales ou rondes (boîtes à jouets, boîtes à fromages, boîtes pour produits pharmaceutiques) qui se vendent : les rondes à raison de 3 à 4 francs le mille, les rectangulaires jusqu'à 30 francs le cent. Les feuillets un peu plus larges sont employés à la confection des tentures en bois, dés reliures de livres et d'atlas. Le peuplier, Taune, donnent des boîtes pour les confiseurs, les fabricants de chocolat, les joailliers, des planchettes pour les layettiers et les fabricants de malles, des revêtements pour fourreaux d'épée, etc. Le Cedrela odorata, ou bois de cèdre, originaire de TAmérique équhioxiale et de TAsie, est recherché par les manufactures de tabac pour la confection des boîtes à cigares de luxe. Cette essence vaut environ 180 francs le mètre cube à port. Le tremble, le peuplier suisse et le kork-pine, sont utilisés pour la fal)ricalion des allumettes suédoises et de leurs boîtes.
Le tranchage supprime entièrement le rabotage ; il procure à la fois une économie de main-d'œuvre, de temps, de matériel et de matière. En 10 heures de travail, une machine à trancher peut tirer de 25 mètres cubes de bois tendres, 5.000 mètres carrés de feuillets épais de 5 millimètres. Si ces feuillets sont en peuplier, ils valent environ 0 fr. 80 le mètre carré. Ces 25 mètres cubes, qui ont coûté au maximum
LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS
1 .000 francs, rendent donc 4.000 francs de produits. Pour obtenir le ni(>me résultat avec une scie ordinaire, il aurait fallu ^i^'j.^OO de bois et plus de temps. L'économie matière esl ainsi de 42 7o-
11 faut de 10 à 20 chevaux et de 10 à 11 ouvriers, chaut feurs et contremaître, pour une installation moyenne, comprenant une dérouleuse, une scie à ruban, un banc a affûter, un banc à dresser les boîtes et une étuve. La dérouleuse seule et le banc à affûter reviennent à environ liM) francs.
Quels services rendrait à l'Algérie forestière une industrie comme celle-là pour le débit des cèdres, des chênes verts et des chênes zéens !
Nous donnons ci-après le tarif des bois tranchés et des placages de la Société française de tranchage de bois. 10, passage Charles Dallery, Paris :
a) Tarif des bois tranchés. — Prix au mètre carré par billes entières (Epaisseurs en millimètres;.
fr.
fr.
fr.
fr.
fr.
fr.
fr.
Peuplier . . . .
Grisa rd . . . .
Tulipier . . . .
Noyer de France .
Noyer d'Amérique.
Acajou . . • .
Hêtre
TiHeul
Chêne ..'...
b) Tarif des placages.
Noyer de France (bois courts) de 0,20 à O^^SO la feuille, suivant qualité. » long. : 200 à 220 cm. i Bois sain. . . 0f',50 le mq.
larg. : 40 à 60 cm. f Bois de 1« choix 0^,70 » Noyer â^ Amérique, mômes dimensions, 0f^50 le mètre carré. Rives noyer à friser, longueur : 200 à 230 cm. ; largeur : 20 à 28 cm. :
0,25 à Of',50 la feuille, suivant qualité. Chêne, longueur : 200 à 220 cm. ( Epaisseur ordinaire : 0fs30 le mq. largeur : 35 à 55 cm. ( Epaisseur 9/10 mm. : 0^,50 »
BOIS DE CAISSERIE
Sycomore blanc, long. : 200 à 230 cm. ; larg. : 30 à 50 cm., O^^ôO le mq. Acajou ordinaire, long. : 200 à 230 cm. ; larg. : 40 à 60 cm., O^^'.AO le mq.
(acajou flambé, moiré, moucheté : prix suivant qualité). Eraèle d* Amérique, long. : 150 à 230 cm. ; larg. : 20 à 60 cm., 1 te, le mq.
» teint gris : 0'^30 en plus par mètre carré.
Palissandre, long. : 150 à 230 cm. ; larg. : 25 à 40 cm., 1,00 à 1^^,20 le mq. Placages divers. Thuya, Bois de rose. Poirier, Marronnier : Pr. suiv. quai.
paisseur i mm. 0f^30 le mètre carré.
Contre-placages Tulipier
12/10 mm. 0f,35 15/10 » 0^40
Art. XIII. — BOIS DE CAISSERIE.
Pour ses multiples besoins, la caisserie emploie des bois tendres, portant bien le clou, et choisis : tantôt parmi les résineux, sapin, épicéa, pin sylvestre, pin maritime, pin d'Alep; tantôt parmi les feuillus, peuplier, tremble, hêtre, aune, bouleau. Elle travaille des plateaux ou des planches, que Ton refend aux épaisseurs d'emploi (10, 12, 14, 15 millimètres et plus), à Taide de scies h ruban, ou à refendre, ou à dédoubler. Ces planches sont découpées en largeurs convenables et passées à la raboteuse mécanique.
Il existe une variété infinie de caisses. Les plus simples sont celles dont les fonds, les couvercles et les panneaux sont formés chacun d'une seule pièce. Les plus compliquées ont leurs côtés formés de plusieurs pièces juxtaposées par un joint à plat ou par un joint à embrèvement, généralement à rainure et à languette. Ces dernières sont toujours à iéles barrées, c'est-àdire consolidées par des cadres formés de lattes ou de lames {fiff. 355).
La fabrication des caissettes en bois mince se fait souvent à la main. Des femmes et enfants bien exercés peuvent en
Fig. 355.
Mathey. — Exploitation des bois. II.
L£S CftA51iS E9ni«l> WK »>1>
f jItj«jikt «le ero^^^^ quantités par jour. Mais, ea il<r La [i^tite^Tie iW i4ous et de la diflicolté de les inûr, on n [»'ril li»*auc«»iip parfi>i> ja5<|a'a 30 * , : aussi a-t-oo rfierché a r»'m[»l'>rpr le travail a la main par la machine a dooer âm- |il»'. ni«j<J»-le Moraan. G^lte machine n'enfooc»* cju'un dou a lj (*ti> : on f»r»-senle le liois a Torilice d'où le cloa doit sortir.
Fig. 35Û. — Machine à doaer.
ol, on appuyant sur la pédale, la boîle se trouve clouée au point voulu, sans porto de pointes. On double facilement ainsi la production à la main.
i.a fabrication des caisses à vins et à liqueurs se fait encore souvent à la main, avec des clous rouilles, pour mieux
BOIS DE CAISSERIE
conserver Taclhérence. Ce sont des caisses grossières, formées de lames juxtaposées par un joint à plat, mais que Ton peut aussi monter mécaniquement avec des machines (Jig, 356) enfonçant plusieurs clous à la fois et munies d'un appareil à river. Les clous, versés dans une boîte en tôle, sont distribués automatiquement aux porte-clous, d où le jeu de plusieurs marteaux assemblés les enfonce dans le bois. On dispose sous les porte-clous les planches à assembler en caisse, et tout un cùté de la caisse se trouve cloué du môme coup.
Pour les caisses à têtes barrées, on coupe lés panneaux de long et de large, on cloue les barres sur les tôtes, on
Fig. 357. — Mac 5^ne & embrèver.
monte les cadres, puis enfin on fixe le fond sur ce cadre. Tous ces détails se font à la machine à clouer. Quand il s*agit de fixer les barres, les porte-clous sont disposés sur deux glissières pouvant s'écarter à volonté Tune de l'autre.
Les caisses à embrèvement, réservées jusqu'ici en France pour les articles de luxe, sont d'un usage courant en Amérique, même pour les articles grossiers, comme la quincaillerie. L'extension de celte fabrication tient à l'emploi de machines permettant de faire aisément 4 à 5.000 caisses par jour. L'outillage comporte :
i"" MnQ machine à embrpver {fig. 357),
2" Deux machines à assembler (fig. 358),
LES GRAXDS EMPLOIS DU BOIS
S'* Quatre finisseuses {fig. 359}, 4° Une machine à imprimer.
En Allemagne, presque toutes les grandes scieries de bois résineux possèdent un outillage mécanique pour la fabrica-
Fig. 358. — Machine à assembler.
lion des caisses, ce qui leur permet d'écouler facilement leurs bois inférieurs et de tirer parti des déchets. Les usines françaises sont loin d'être aussi bien partagées.
Fig. 359. — Finisseuse.
Les commandes sont passées à la scierie par différents industriels qui emploient des caisses de modèles et de types différents. La fabrication se fait sur des /îcA« libellées
BOIS DE CAISSERIE
comme ci-après ; ces fiches permettent au fabricant d'établir ses prix de revient et de vente, ar\ ouvriers d'exécuter leur travail :
Caisse pour M. X. à...
N** de la commande :
A livrer le.... à....
Panneaux : 1250 x 900 x 670 mm.
Intérieur : 1190 X 900 X 670.
Planches : 14 millimètres d'épaisseur; mètres carrés • 5,206.
Lattes.: 15/60 d'équarrissage ; mètres courants : 4,74. . Pointes : 20/40 ; grammes : X.
Prix net : 3 fr. 75 (à 0 fr. 70 le mètre carré : 3 fr. 65). Prix à payer : Y.
Jatés^
^ ^5o.^^2?rn,
lcUl£S'^/&?
Fig. 360.
(hwoepcies
ZoUcf'^/Go
Fig. 361.
é Laites 'Vûo
Fig. 362.
En réunissant toutes les fiches d'une même commande, on parvient à dresser une sorte de compte d'inventaire, que l'on dispose comme suit :
LES CHAUDS EMPLOIS Dl' BOIS
lO
■'rt
CM
tt
ft
QO
fis»
or»
TT
5ÎI
ce oc
oT
Gs#^
atT
ss =^
0 co
•ft
co
co
aT;
•« cy
co «^
co
co
CO
Osi
ft
ft
t- QO
ir-
tCi 00
oc
o cy
oc
ft
ij
àO
OC
ars