‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 158 sur 194 · CM · texte numérisé non relu

CM

BOIS DE CAISSCBIE

Au vu de ces données, il est facile d'établir les prix de revient et de vente.

Dans beaucoup de scieries, on ne monte pas les caisses. Les planchettes, découpées de longueur variable suivant les commandes, sont assorties, échantillonnées et mises en paquets. Chaque paquet renferme un nombre de planchettes suHîsant pour la fabrication de 10 k \i caisses. Ci-dessous le prix-courant des bois de caisses en pin maritime de la Société anonyme des Produits forestiers des Landes du Sud-Ouest, à Préhac (Gironde) :

Caia«<>t poar bonteilleg d'sa Iitr«

DéMgnalion

Prt«

EpaiMenn

en millimèlrei

Loosaeor

LargBur

Haoleor

cm.

cm.

cm.

ff.

mm.

mm.

Caisse de i litre.

lOt o

iO

fZ

montées

avec barres

Le rendement varie avec la nature des scies employées pour le débit. On compte qu'un mètre cube réel donne :

(J64 LES GRA.NDS EMPLOIS DU BOIS

102 mètres carrés de planchettes de 9 millimètres d'épaisseur, avec une scie à ruban ayant 1 millimètre de voie ;

54 mètres carrés de planchettes de 15 millimètres d\Spaîsseur, avec une scie multiple ayant 2 millimètres de voie.

On n'utilise comme bois de caisserie, que les bois de qualités inférieures.

Art. XIV. — BOIS DE RESONNANCE.

Ile sont des bois d'épicéa, plus rarement de sapin, utilisés pour la fabrication des claviers, orgues, harmoniums, guitares, mandolines et autres instruments à cordes. Ces bois doivent être très homogènes, sans nœuds et sans cœur, à libres droites et longues, à rayons médullaires fins, minces, régulièrement distribués. La croissance doit avoir été très régulière ; les couches annuelles, larges de 1,5 à 2 millimètres, ne peuvent avoir plus du 1/4 ou du 1/5 de leur masse en bois de printemps ; dans ces conditions, le poids spécifique varie de 0,40 à 0,>i5. Les arbres qui fournissent les bois de résonnance, sont tirés de peuplements âgés de 200 à 300 ans, végétant à des altitudes de 800 à 1.500 mètres. Ils proviennent surtout de la Bohème, de la Bavière, des Carpathes et de la Bosnie. Le Jura et les Alpes françaises du Dauphiné et de la Savoie donneraient également des bois de résonnance. Les arbres abattus en hiver sont découpés en tronces de 1 mètre à 2'", 50 de longueur, ayant au minimum O^jSO de diamètre au petit bout. Ces tronces sont fendues en quatre quartiers ; puis ces quartiofs sont débités à la scie circulaire ou à la scie à ruban en planchettes dont les faces sont sur maille, c'est-à-dire dirigées suivant la direction du rayon. Les plus courts assortiments seuls sont fendus à la main.

Les planchettes ainsi débitées ont 12 millimètres d'épaisseur et au moins 10 centimètres de largeur. Rabotées et dégrossies, elles doivent avoir au moins 10 miUimètres d'épaisseur et 8 centimètres de largeur. La longueur habituelle varie de l"',26'à 2'", 52. Le rendement est de 33 Vo dii volume rond. Les frais de façon s'élèvent à 20 francs par mètre cube de bois fabriqué. Les plus petits bois donnent des

BOIS DE RÉSONXVNCE 6G5

bois de clavier ; les planchettes de clavier ont 39 à 95 centimètres de longueur, 26 millimètres d'épaisseur et 8 centimètres de largeur.

On vend à la caisse de 60 centimètres de largeur, contenant 60 ou 120 couches de planchettes placées les unes au-dessus des autres. La première sorte comprend les caisse» à 4 planchettes de base, dont chacune mesure en moyenne

= 15 centimètres de largeur ; la deuxième sorte comprend

les caisses à 5 ou 6 planchettes de base, dont chacune mesure par conséquent, en moyenne, 10 à 12 centimètres de largeur.

Les prix s'élevaient en 1904 dans la fabrique du prince de Schwartzemberg, en Bohème, à :

Prix

«ngaear

Iro sorte

*2« wrle

Et, pour le bois de clavier, par caisse de 120 couches, on comptait :

Longueur Prix

0'n,95 88 fr.

Un mètre cube de planchettes de 1"',90 de longueur vaut 330 à 424 francs.

Ce débit fait ressortir la valeur des arbres sur pied, de 40 à 60 francs le mètre cube réel.

Le hêtre est aussi employé comme bois de résonnance pour la fabrication des claviers. Il faut des bois propres, sans nœuds, à fibres bien droites, mesurant 0'",50 à 0^,70 de diamètre. Ces arbres sont débités sur maille, soit en plateaux de 3 à 7 centimètres d'épaisseur, soit en planchettes de 1™,26 à 1",32 de longueur, de 7 à 9 centimètres de largeur et de 23 à 32 millimètres d'épaisseur. Les plateaux se vendent au mètre cube, à raison de 100 à 105 francs ; les

LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS

planchettes au mètre linéaire, à raison de 0 fr. 25 pour b petites épaisseurs et de 0 fr. 15 pour les grosses. En grarae. les holres de pianos peuvent valoir 70 à 90 francs le mclrt cube au quart, sur wagon Paris.

Enfin, les fabricants de pianos utilisent encore dans lear industrie certains bois exotiques comme rébène et le cèdre de Floride pour les manches de marteau, le mahogani, le> noyer et érable américains, le padouk, le lx)is de salin, eic.

Art. XV. — BOIS D ALLUMETTES.

Pour la fabrication des allumettes, on emploie principalement les bois de pin, sapin, pin Weymouth, épicéa, peuplier, tilleul, bouleau et tremble. Ces essences sont de valeurs inégales ; le tremble et le pin Weymouth {Kork Pine) tendent de plus en plus à se substituer aux autres. Les qualitt-f intrinscHfues du tremble et du pin Weymouth sont labseiuv de petits nœuds, des fibres longues et droites, une blancheur parfaite, une grande porosité qui a pour effet de les rendre aisément inflammables.

Pour le découpage des bois, on se sert parfois encore de machines à filières, qui ont l'inconvénient de comprimeriez libres et les pores du bois, et de le rendre moins aple au soufrage et au paraffînage. Si les fibres sont comprimée?. It' bois ne s'imprègne pas sulUsamment de soufre, encore moins de parallinc. Sans soufre, Tallumette ne s'enflamme pas. Demeurant à la surface du bois, la paraffine fond, se rt^ pand sur la tète chimi(jue et Tempéche de prendre feu au frottement.

Les machines à découper, dites à lancettes, et celles a couteau, les plus communément employées, donnent aussi beaucoup de mécomptes, de fausses coupes et de déchets.

Depuis quelques années, les allumettes suédoises sefabri- (|uent exclusivement avec les machines à dérouler le bois. Cette opération se fait en présentant au couteau de la machine des rondins de W à (JO cenlimètres de longueur, qui tournent sur leur axe. Le couteau, placé parallèlement à Taxe àe^ rondins, s'avance lentement et régulièrement, découpant des

BOIS d'allumettes 667

feuilles d'égale épaisseur, soit très minces pour la confection des l)oîtes, soit plus épaisses pour la fabrication des allumettes. Ces bandes de bois passent ensuite sous une guillotine qui les tranche en allumettes d'une section carrée.

Le bois qui se prête le mieux à ce découpage est le tremble. Le peuplier est gris et se casse facilement. Le bouleau devient jaune. Les pins et les sapins ont en général une structure trop serrée ; le pin est aussi trop saturé de résine, en sorte qu'il ne se laisse pas très facilement pénétrer par le soufre ou la paraffine. D'autre part, les couches concentriques d'accroissement de tous ces bois sont très inégales, suivant qu'elles datent du printemps ou de l'automne ; elles ont rarement une forme concentrique régulière, et leur développement se montre plus grand d'un c(Ué que de l'autre. Par suite, on obtient au déroulage des feuilles d'épaisseurs différentes et par conséquent du bois d'allumettes de structures et de qualités diverses. Ces inconvénients disparaissent totalement avec le tremble, partiellement avec le Kork Fine, dont les fabriques allemandes font une grande consommation, et qui vaut, rendu en Europe,' 76^à 88 francs le mètre cube.

En ce qui concerne plus particulièrement le tremble, on sait que trop âgé il est sinon creux, du moins longuement carié au cœur ; dans cet état, il ne saurait donc être serré dans les moyeux de la dérouleuse, ni donner de bon bois à allumettes. Trop jeune au contraire, l'insuffisance de son diamètre ne permettrait pas un travail avantageux. 11 faut que les bûches aient un diamètre minimum de 25 centimètres. Le meilleur rendement est donné par les rondins de 40 à 60 centimètres de diamètre, ce qui suppose des arbres de 60 à 80 ans.

En France, la fabrication des allumettes, monopole d'Etat, se fait exclusivement à la manufacture de Saintines (Oise). La fourniture pour 1906 comprenait :

4.100 mètres cubes de peuplier suisse de 1" qualité pour le débitage des allumettes.

1.968 mètres cubes de peuplier pour la fabrication de voliges.

700 mètres cubes de tremble destiné au déroulage, vraisemblablement pour la confection des boites exclusivement,

La fourniture de peuplier suisse pour voliges a été divisée en

LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS

41 lots de 148 Ddètres carrés chacun, comprenant 100 mètres canes de bois de l""* qualité et 48 mètres carrés de bois de 2'.

La fourniture de tremble a été divisée en 14 lots de iiO mètres cubes chacun.

Le montant des cautionnements provisoires et déûnitifs a été tiié comme suit :

Désignation

Caalionoe-

menti prorinoires

Caotioiu»

incnl*

Pour chacun des lots des i^ et 2« série (peuplier) . » de la 3« série

Les quantités reçues pour un même lot de voiiges peuTen! s'écarter de 10 ^/q en plus ou en moins des quantités fixées pour les lots, sans toutefois que pour un même adjudicataire, rensemble des écarts pour les livraisons puisse dépasser, par série, 40 mètres carrés en plus ou en moins.

Chaque fournisseur est averti un mois à TavaDce, de la date i laquelle ses livraisons doivent commencer. Celles-ci se font par périodes de lo jours, à dater du 21 et du 6 de chaque mois. Le? bois de la 2® série sont demandés en même temps que ceux de lai'* dans la proportion des quantités soumissionnées. Les qaantilés présentées en livraison ne doivent pas dépasser : 9 mètres carrés par jour pour les bois de voiiges arrivant par camionnage, 25 mètres cubes tous les 3 jours pour les bois d'allumettes parvenant sur embranchement.

Les bois sont reçus déchargés dans les chantiers ou dans les cours de rétablissement, tous les jours non chômés et seulement aux heures pendant lesquelles les ateliers demeurent ouverts.

Toutes les grumes doivent porter un signe apparent constituant la marque particulière de chaque adjudicataire. Faute de celle précaution, l'administration n'est pas responsable des erreurs commises sur les noms des propriétaires des bois. Ceux-ci sont autorisés à livrer leurs bois sur l'embranchement particulier de la manufacture par wagons complets, après avoir avisé Tingénieur avant chaque expédition. S'ils font usage de cette faculté, les prix soumissionnés sont diminués de 0 fr. 20 par mètre cube pour frais de déchaigemoiit.

Kn cas de relus des marchandises, l'adjudicataire doit les remplacer dans un délai de 20 jours, après notification du refus par écrit. Les bois refusés devront être enlevés dans les 8 jours postérieurs à la même date, faute de quoi l'enlèvement est fait pàf rKtablifsement, aux frais de l'adjudicataire. Ce dernier est tenu de

Page 1