O-^.SS
0 ,9vS
Soit à calculer le poids du liège à récolter sur les arbres
(le O^jOO du tableau précédent. Appliquant la formule gêné raie, il vient :
Q3 = 1~ X 0-\82 X 0»'-,027 X 250 x 12 = 66 kilos.
Si on voulait se baser non plus sur le poids du mètre cube, mais sur celui du mètre carré, il suffirait de multiplier la surface de la planche par le poids du mètre carré à Tétat sec (6 kil. 750 . On trouverait alors pour les arbres de 0'",90 du tableau précédent :
Q3 = 1™ X 0'»,82 x 6^750 x 12 = 66 kilos.
On diminue généralement de 20 7o le total trouvé, afin de tenir compte des lièges de rebut, et Ton en classe 1/3 en premier choix et 2/3 en second.
P) Dans le cours de son existence, un clM^ne-liège donne de 10 à 11 récoltes. Un arbre de bonne croissance, démasclé à partir de 0"',50 de tour, et peu à peu jusqu'à 5 mètres de hauteur, peut fournir tout d'abord 3 kilos de liège au moins, puis des quantités croissantes, et qualid il arrive à 2 mètres de tour, vers Tage de 120 ans, jusqu'à 50 et 60 kilos. Le rendement par hectare est très variable. Atteignant 200 kilos dans certaines forêts du Var, 100 kilos dans les Maures, il descend à 50 kilos dans les grandes et pauvres forêts algériennes. En Algérie, on ne compte guère, sur un produit moyen décennal de plus de 7 à 8,5 kilos de liège brut par arbre. A 40 francs les cent kilos, il en résulte un revenu décennal de 3 francs et annuel de 0 fr. 30 par arbre i;M. Broilliard).
6; Estimation argent. — «^ Avant d'employer le liège, on en enlève la croule, on le fait bouillir pour resserrer les pores de la matière et augmenter l'élasticité des tissus, on en forme des planches et on le met en balles. Ces diverses opérations portent les noms de raclage, de bouiltage, de visage Qi de mise en balle; elles font subir au liège brut un déchet de 30 ""l^.
Le raclage s'exécute ordinairement après le bouillage, soit mécaniquement, soit à la main et au moyen de raclettes. Gopendant, s'il existe des sources à proximité des places de
PmmilTS ACCESSOIRES
dépôt, on peut le faire en forêt, en vue de diminuer les frais de transport. Cette opération porte le nom de démérage. On appelle lièges démérés ceux qui ont subi celte préparation.
Le bouillage s'effectue dans de grandes chaudières à demi remplies d'eau. Il dure d'une demi-heure à trois quarb d'heure et augmente d'«m cinquième le volume des lièges.
Le visage et le classement ont pour objet de classer Jes lièges suivant leurs épaisseurs et leurs qualités. On distingue : les lièges épais, ayant plus de 30 millimètre> d'épaisseur; les Mèges ordinaires, de 25 à 30 millimètres: hsVwges justes ou Vii'ges bdlards, de 23 à 25 millimètres; les lièges minces, de moins de 23 millimètres.
Sur quai Marseille, on classe et on vend à peu prcs comme suit :
liêguîier^
Limonade,
IMtard,
Mince,
11 à 13 lignes d'ép.
De )ni' épais ^
Epais supérieur, Bonde ordinaire.
/ surfin .
) fin . .
( ordinal] 1 surfin.
un. . .
{ ordinaire jl surfin ( fin . ,
surfin .
fin . .
ordinaire . surfin . .
nn. . .
( ordinaire qualité uniq
ii2 fc. îeqnitttèl
?) Connaissant le prix du quintal préparé et emballé au port le plus voisin, on possède tous les éléments nécessaires pour dresser l'estimation en argent d'une récolte de liôge sur pied. Les calculs peuvent se disposer comme suit (Char-
lemagne}
LF. LIEGE
Prix du quintal préparé et emballé au port de.
Frais à déduire
Béoéfice de Tadjudicatioii à raison de 10 Vo • • • •
Frais de bouillage, de raclage, etc
Transport sur essieux, 10 kil.
k 0 fr. 10 par kil
Transport à dos de mulet, 5 kil. à Ofr. 10 par kil.. .
r* qualité 2* qualilô
8fr.
I'« qualité
80 fr.
14 fr. 75
Reste
A déduire 30 ^/o de ce reste pour déchet de la préparation et des manipulations
Reste
A déduire 5 ^/^ de ce reste pour frais et accessoires de vente
Estimation définitive du quintal.
65 fr. 25 19 57
45 fr . 68 2 28
43 fr. 40
$• qualité
55 fr.
12 fr. 25
29 fr. 92 1 50
28 fr. 42
Multipliant ces prix de base par les nombres de l'estimation matière, on aura la valeur de la récolte.
II. Emploi du liège. — L'emploi le plus ancien et le plus connu du liège est de servir à la fermeture des bouteilles. On emploie des quantités considérables de liège pour faire des bouchons. Suivant la destination du bouchon, on se sert (le qualités différentes. Les lièges les plus fins sont réservés pour les bouchons de Champagne. Les balles de liège, disposées en tas dans des lieux de dépôt, sont soumises à toutes les intempéries. Le feutrage de la matière, commencé par le bouillage, se continue ainsi dans ces magasins. Au sortir du dépôt, les balles de liège sont amenées dans une salle de triage. Les plaques sont alors classées suivant leurs qualités et épaisseurs, puis on les prend au fur et à mesure des besoins de la fabrication.
Pour celle fabrication, la plaque âe liège est découpée d'abord en bande de la longueur du bouchon ; cette bando est ensuite recoupée en carrés a>ant les din^nsions de rol>jet à obtenir. Les angles sont finalement abattus. Autrefois, les bouchons ne se fabriquaient qu'à la main. Aujourd'hui, on fabrique surtout à la machine. Avec la fabrication à la main, on obtient des produits très soignés et une économie de matière, mais ce dernier avantage est compensé j>ar l'économie qui résulte de la rapidité de la fabrication à la machine.
Une fois fabriqués, les bouchons sont triés. Ce triage se fait à la main. Un ouvrier habile trie 7.000 bouchons par jour. Les bouchons passent ensuite dans une calibreuse où s'effectue la séparation suivant le diamètre de chaque modèle ; puis ils sont mis en magasin en attendant la vente.
I^s l)Ouchons do vins mousseux, obligés parfois de supporter dés pressions de 5 à G atmosphères sous tie fortes températures, exigent un liège très homogène et point perméaWe. Ce liège est surtout récolté en Espagne et dans la province d'Oran. Avant de les utiliser, on soumet ces bouchons à une série d'épreuves ayant pour but de déterminer leur résistance à la pression, puis on les dégrossit en les appliquant contre une meule d'émeri.
Depuis quelques années, on utilise un nouveau procédé do lx)uchage, dit bouchage américain ou crown-cork. Le crotcncork est formé par un di^ue plat de liège, de 27 niQlimètres de diamètre, encastré dans une capsule métallique, que Ton serre sur le goulot de la bouteille. Celle-ci est alors munie d'une bague de verre, venue de fabrication, et permettant le sertissage du métal. Ce mode de boucliage supporte d(^^ pressions de 7 à 8 atmosphères. Les lièges algériens sont particulièrement propres à ce bouchage.
On emploie aussi le liège pour la fabrication des iopelies et des bondes. Les topettes sont de petits bouchons coniques ou cylindriques utilisés en pharmacie. Les lK)ndes sont des bouchons de plus grandes dimensions, mais de faible épaisseur.
Les fabricants de bicyclettes emploient le liège pour les poignées ; les chapeliers en font de légères coiffes à chapeaux
LE LIKGE 751
et des montures de casques coloniaux ; les cordonniers s'en servent pour la confection des semelles. Avec le liège, on fabrique encore des plaques très minces pour bouts de cigarettes, des flotteurs de lignes ou de grands lilets de ptV^he, des ceintures et bouées de sauvetage, des garnitures d'objets de passementerie, des descentes de bain, des flotteurs pour veilleuses, des porte-plumes, des viroles pour pipes, des rondelles isolantes pour pianos et orgues, etc.
Les déchets eux-mêmes trouvent emploi. Une industrie spéciale les achète aa prix d'environ 3 fr. 50 les 100 kilos et en fait des agglomérés de toute nature et du linoléum. Ces débris sont d'abord broyés mécaniquement. La poudre de liège ainsi obtenue a des propriétés isolantes qui la font servir à remballage des fruits et des légumes destinés à Texportalion. Mélangée avec un agglomérant minéral plâtre, ciment, chaux; ou organique (brai, goudron), on obtient des britjues et des carreaux. Ces briques de liège sont très légères : on en peut faire des cloisons pesant, après la pose de l'enduit, 35 kilos au mètre carré. Les carreaux de poudre de liège sont excellents pour arrêter le bruit et la chaleur.
La faible conductibilité calorifique du liège le fait encore employer sous des formes diverses, à l'isolement des installations et entrepAls frigorifiques, des glacières fixes et portatives. On s'en sert pour la construction des wagons et bateaux glacières à doubles cloisons de liège, avec matelas d'air. Les poudres de liège mélangées à de la résine et soumises à l'action d'une presse hydraulique, sont encore employées à la fabrication de bouchons ; mais leur plus grand débouché se trouve dans l'industrie des linoléums. Le linoléum est constitué par une matière formant ossature, toile ou papier, recouverte d'une p<Ue servant à en garnir les vides. Ce garnissage est composé d'un mélange de pcmdre de liège et de bois, d'huile de lin oxydée et d'un siccatif (résine ou litharge\ Le liège mâle peut servir à fabriquer de la poudre de linoléum Edouard Payen, UEconomisie français).