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CHAPITRE III

ESSENCES ST RESINES

Art. I•^ -^ FORMATION DE LA RÉSINE CHEZ LES CONIFÈRES.

A. Les appareils sécréteurs ('}. — Dans certaines cellules spéciales d'un grand nombre de végétaux, se forment des carbures d'hydrogène, généralement liquides, mais qui, en s'oxydant au contact de Tair, donnent naissance à des composés solides, utilisés dans Tindustrie et connus sous le nom de résine.

L'appareil sécréteur se compose tantôt de cellules, tantôt de canaux. Les premières sont des cellules de parenchyme, dans lesquelles la résine se présente sous forme de gouttelettes transparentes. La quantité de résine produite augmente nécessairement avec le développement et Tàge des cellules. Mais la sécrétion cesse immédiatement dès que la cellule meurt, ce qui se produit, pour le bois quand Taubier se transforme en cœur, pour 1 ecorce quand le pcriderme se transforme en liège. Chez les résineux, les rayons médullaires du bois et de Técorce sont de véritables réservoirs de résine.

Les canaux résinifères prennent naissance dans les (issus en voie de formation. Quelquefois, le cloisonnement des cellules est suivi de la formation d'un canal intercellulaire ; mais chez les résineux il ne se produit jamais ce qu'on observe chez l'oranger et le citronnier, c'est-à-dire la formalion de poches sécrétrices par dissolution des cellules.

(*) D*" Gayer. — Forstbeniitsùng.

essen<:es et résines 75*)

Le diamètre des canaux résinifères cl la production de résine augmentent par suite de la division des cellules. Mais, tandis que dans le bois Tagrandissement du canal se termine dès les premières années, dans Técorce au contraire le diamètre s'agrandit jusqu'au moment de la formation du liège, sous riniluence de Tétirement provoqué par la croissance de Tarbre. La production de résine reste constante tant que le canal s'agrandit et que les cellules se multiplient.

Les canaux résinifères situés dans les rayons médullaires sont tantôt horizontaux, tantôt verticaux.

Les premiers sont toujours moins larges, plus fins, que les seconds. La présence ou l'absence de ces canaux, leur grosseur, leur coloration, les taches qu'ils produisent en s'extravasant, servent à distinguer les bois résineux. Sur les arbres fraîchement abattus, on voit la résine exsuder de l'aubier par tous les pores des canaux tranchés. Sur une seclion transversale, les canaux verticaux apparaissent sous forme de très petites ponctuations et les canaux horizontaux sous forme de fines lignes brunâtres. Sur une section radiale ou sur maille, ces mêmes canaux apparaissent indistinctement sous forme de lignes ou de ponctuations. Enfin, sur une section tangentielle, les canaux horizontaux apparaissent sous forme de ponctuation, et les verticaux sous celle de lignes.

D'après les recherches du D' Gaycr, les canaux horizontaux se vident souvent dans les canaux verticaux. Au point de jonction, il se forme alors une large cavité remplie de résine.

Chez les pins, les cellules qui auréolent les canaux résinifères conservent dominées parois ; chez l'épicéa et le mélèze, au contraire, les parois s'épaississent de plus en plus. Enfin, un peu avant la transformation de l'aubier en duramen, les cellules à minces parois se bouchent par suite de la production de thylles. Cette occlusion a une très grande importance pour la conservation de la résine chez les arbres gemmés et l'appréciation de l'induence du gommage sur la qualité du bois. Lescanaux résinifères verticaux ne se prolongent passur toute la hauteur des tiges. Il résulte des travaux du D' Gayer f|uo chez l'épicéa, les plus grandes longueurs sont de 0"',70 dans la moitié basse de la tige et de 0'",40 dans la moitié haute;

Mathry. — Erpîoitationcfcs ho's. H 4S

75 i PRODUITS AGiHSSSOIRCS

chez le mélèze, ces longueurs sont respectivement de W^J^O et de 0",15. En général, les canaux les plus cfwrts sont sîUm^ au voisinage des branches. La partie moyenne des canami résinifères est plus enfoncée dans la couche anoueUe d'accroissement que les deux extrémités, dont la rormatim est ainsi postérieure. La plupart des catiaux se lermin^^t près du cambium, contre lequel ils sont appliqués, mais ils resles! toujours inclus dans la couche annuelle de bois de iD(^me fmmation. Les cavités des canamx verticaux, serrés les un> contre les autres, communiquent entre elles par rîntermédiaire des cellules parenchymaleuses, à minces parois, dimi les groupes se débordent mutuellement.

Le nombre des canaux verticaux augmente lentement avec Tàge sur une section transversale donnée ; la partie Sud de^ arbres en contient plus que la partie Nord. I-es canaux horizontaux, à lumens étroits, sont situés au milieu des rayeii> médullaires ; comme ces derniers, ils se poursuivent jusqie dans le liber, où leurs terminaisons se trouvent cachées^. Leur nombre est considérable. Le D' Gayer, auquel nous empruntons ces données, a trouvé qu'un centimètre carrée:» bois d'épicéa en renfermait 50 à HO. Les parties infénear^' et supérieure de la lige en contiennent plus que la paitie moyenne. Pendant la période de végétation, les canaux résinifères du bois ne communiquent pas avec ceux de Téconv: ils sont séparés les uns des autres par la couche isolante d^^ cambium. La résine ne peut donc alors passer de la tige dans l'éeorce. La liaison ne se fait qu'au moment du repos de h végétation.

Dans les tissus de cicatrisation, il se fait toujours une production anormale de résine, tantôt invisible, tantôt visiW»^ exlérieurement. Les blessures et les bourrelets de recouvrement se garnissent d'une couche de résine, qui tapisse la surface el joue le rôle d'isolant.

La course des canaux résinifères de l'éeorce varie suivant les essences. Chez l'épicéa, le pseudotsuga, le sajûn tK* Douglas, les canaux constituent des systèmes fermés et sans liaison. Par suite, l'ouverture d'un canal vertical ne donnera naissance qu'à un faible écoulemeïit de résine. La formatiiMi du liège, qui s'eiïeclue en 7 ans sur le côté sud, en lt> ans

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