AVERTISSEMENT
J*ai voulu que ce dernier volume eût une portée surtout pratique, en jetant d'abord un peu de lumière dans le maquis presque inextricable du débit, en esquissant les principales industries forestières dont l'introduction eo France et en Algérie serait avantageuse, en signalant enfin les qualités merveilleuses de nos bois indigènes, souvent méconnue^.
Le soir de ma carrièrer qui se rapproche à grands pas, me laisse plus que jamais convaincu de Texcellence de nos produits ligneux. C'est déjà l'opinion des Allemands sur nos chênes;* ce sera demain celle du com»merce mondial, quand il connaîtra mieux ce que donnent à l'emploi nos frênes, hêtres, érables, ormes, charmes, pins, sapins, épicéas, mélèzes, pour ne citer que les principales espèces de nos forêts. Cette supé»iorité provient de la diversité si heureuse des climats et des' sols de notre pays. C'est donc en s'appliquant à exploiter avec intelligence les richesses forestières dont la nature nous fait» présent, bien plus qu'en allant au loin chercher des végétaux dont nous exaltons les mé«
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rites avant même d'en avoir éprouvé le bois, que la sylviculture française pourra voir grandir sa bonne renommée. Que les apparences sont trompeuses ! Tout récemment un fabricant de manches me disait avoir acheté de belles billes de cornouiller américain ; eh bien ! mis en œuvre, ce bois d'aspect si engageant n'a donné que des produits invendables. Tel est recueil de Texotisme, que la piqûre si prompte des chênes américains avait au surplus déjà révélé.
Chose encore plus étrange : alors que partout on crie à la pénurie de bois d'œuvre, nous voyons casser sans pitiéy jeter au bois de feu déjà surproduit, une masse incroyable de petits charmes, aunes, tilleuls, hêtres..., qui, tous, pourraient être ouvrés à grand profit et devraient rêtre. C'est une des raisons pour lesquelles je me suis étendu de mon mieux sur les emplois peu connus des petits bois et grumes de toutes essences.
Mais il ne suffit pas de connaître les aptitudes si variées de la matière ligneuse, il faut encore pouvoir et savoir la débiter au gré des exigences du commerce. Je me suis donc appliqué à n'en rien laisser ignorer. D'autre part, l'outillage par trop primitif de la plupart des scieries françaises est un véritable anachronisme en présence d'une production surexcitée partout. Il réclame ainsi de larges réfections à faire sans tarder d'après les installations modernes de l'Etranger, lui à peine /capable de tirer seulement parti convenable deâ bë&ux arbres que donnent encore nos forêts, qu'elles produiront en quantité décyiple après moins d'un demisiècle si nous devenons assez sages pour leur appliquer des traitements avisés ! Avant dix ans, la mise à sac des forêts particulières qui se poursuit? sous nos yeux kivec une sorte de frénésie aveugle, fera hausser dans une