CONDITIONS PARTICULIÈRES
Bois blanc non écorcé.
Le bois à fournir pourra être des essences suivantes : aune, bouleau, châtaignier, coudrier ou noisetier, peuplier et saule, il ne devra pas avoir plus de six ans d'àpe.
11 sera coupé hors sève, du i5 octobre au i5 mars, et à une longueur pouvant varier de i",25 à i%30. Les brins seront autant que possible d'éj];ale grosseur ; ils ne seront admissibles, qu'autant que leur diamètre à Tun quelconque des deux bouts ne sera pas inférieur à 0">,020, ni supérieur à OMjOôO. Les brins dont le diamètre dépasserait ce maximum seront refendus de manière à rentrer dans ces limites de grosseur.
Le bois ne sera pas écorcé et sera livré en bottes de O^.OO à 1 mèlre de tour, fortement attachées à chaque bout avec un lien en fil de fer ou en bois flexible, afin de pouvoir résister aux chargements, transports et déchargements.
Les boites qui, au moment de la réception, ne seront pas bien conditionnées seront remises en état par les soins et aux frais du fournisseur.
Les menues branches implantées aux brins seront coupées à leur naissance, de manière que la surface de chaque brin soit unie et sans nœuds saillants. Les pattes de souches, le bois mort, les brins tortillards ou qui auraient des nœuds de plus de six centimètres, seront rigoureusement exclus des bottes livrées. Le bois devra être rendu aux frais du fournisseur à Tintérieur de l'Établissement, sur l'emplacement qui lui sera désigné. Les frais de d<^chargement, pesage et empilage, seront à la charge de la Poudrerie.
Le pesage se fera au pont bascule ; à cetefi'et les chariots seront
(1) Oa comprendra dans les conditions particulières les stipulations relatives aux qualités, dimensions, causes de rebut, etc., des objets composant la fourniture.
On désignera les époques de livraison et les quantités d'objets de chaque espèce dont chacune devra se composer, ainsi que le lieu où elles devront être déposées. On mentionnera, s'il y a lieu, que le marché comporte une tolérance en moins de . . . à la disposition du fournisseur.
Dans le cas où la quantité énoncée ne serait qu'approximative, on devra mentionner le droit que se réserve TAdministration de ne comprendre que la quantité réclamée pour ses besoins.
Lorsque la fourniture sera composée d'objets ayant des prix divers, il sera nécessaire de stipuler que la comparaison entre les soumissions s'établira au moyen d% la valeur totale de la fourniture et d'insérer, s'il y a lieu, les dispositions prescrites par la lettre commune n» 8158, du 13 décembre 1891, pour le cas où les soumissions contiendraient des erreurs matérielles.
Ce titre, Conditions particulièi^es^ indique suffisamment, du reste, que cette partie du cahier des charges est destinée à recevoir toutes les clauses spéciales à chaque nature de marché.
CHARBON DE BOIS t)3
pesés avec la charge par un employé de l'Établissement, en présence des voituriers, puis tarés de même après déchargement.
On commencera par déduire du poids total des bottes, le poids des barts déterminé par une ou plusieurs pesées faites sur des bottes prises au hasard.
Le bois sera payé pour son poids à Tétat sec, d'après le résultat de l'épreuve de dessiccation faite de la manière suivante :
Sur chaque livraison et au moment de la pesée au pont bascule, il sera prélevé un brin par 10 bottes environ, en choisissant dans les difTérentes grosseurs, de manière que la composition moyenne des échantillons soit !a même que celle des livraisons mêmes.
Tons les brins ainsi prélevés dans le cours d'une journée seront immédiatement renfermés dans un étoufFoir, après avoir été pesés avec soin. On formera ainsi un échantillon de 10 kilogrammes par 10.000 kilogrammes environ, puis on le desséchera dans Tune des cornues de l'atelier de distillation.
L'opération sera conduite de manière à éviter tout commencement de carbonisation; elle sera continuée jusqu'à ce que deux pesées consécutives donnent ce môme poids. La différence finale entre les pesées de chaque échantillon indiquera le déchet à attribuer à la livraison correspondante.
Les résultats de cette opération seront définitifs, mais le fournisseur sera admis à en suivre lui-même les difTérentes phases, ou à les faire suivre par son représentant dûment agréé par le Directeur de la Poudrerie.
Ed appliquant le déchet d'humidité, fixé ainsi qu'il vient d'être dît, par 100 kilogrammes de bois à l'arrivée, au poids total trouvé au pont bascule, déduction faite du poids des harts, on déterminera le poids du bois sec, d'après lequel le paiement sera efTectué.
Vu la difficulté d'évaluer le déchet d'humidité du bois avant la dessiccation des échantillons, il sera accordé une tolérance de 1/20" en plus ou en moins sur les quantités à fournir.
B. Charbon roux. — Le charbon roux est obtenu en torréfiant le bois à 270** ; il pèse deux fois plus que le charbon noir et présente un pouvoir calorifique considérable. A cause des difficultés de sa fabrication, on a renoncé à le produire industriellement.
C. Appareils tra.nsportables. — Un instant, on a fondé de grandes espérances sur la carbonisation en vase clos, à Taide d'appareils légers et facilement transportables. Jusqu'ici, les efforts des inventeurs n'ont pas répondu à Tatlente des praticiens, et le problème reste entier. Les appareils les plus connus sont ceux de Dromart (1876}, Moreau (1887), Vadot ei de Vallande.
a) Appareil Dromart, — Il se compose {fig. 30} d'un four de 4 mètres de diamètre à la base, en forme de dôme, fait avec des plaques de tôle, monté sur un Mti de fonte ; il peut contenir environ 20 stères de bois. La partie supérieure est munie d'une cheminée se fermant au moyen d'un obturateur mobile. La partie inférieure repose sur une aire préparée, au-dessous de laquelle se trouve un foyer en ma(;onnerie de briques et d'argile, destiné à chauffer l'appareil par le bas. Des portes ménagées sur les côtés, permettent d'empiler le bois sur la plaque de fonte, comme rindicjue la
Fig. 30.
figure 30. La combustion se règle au moyen de l'obturateur mobile de la cheminée D, et d'évents H, que Ton peut ouvrir ou fermer à volonté. Les flammes émanant du foyer F circulent sous l'appareil par les canaux R et G. Lorsque la combustion est complète, ce qu'indiquent la rareté et la transparence des fumées s'échappant par la cheminée, on ferme tous les orifices, on laisse refroidir et on enlève le charbon à l'aide d'une racle.
En moyenne, la durée de la carbonisation est de 60 heures.
CHARBON DE BOIS 55
le refroidissement de 72 à 9.6 heures, le chargement de .12 heures, et le déchargement de 6 heures.
Pour la production du pyroligneux et du goudron, les fours doivent être à poste fixe. La carbonisation par le système Dromart élève le rendement en charbon de 3 à 4 «/o» et .permet d'utiliser les rémanents et les déchets des exploitations pour le chauffage du foyer ; mais le matériel coûte cher (3.000 francs par four' , son montage et son entretien sont dispendieux.
Six fours au moins par forêt sont nécessaires, afin que les ouvriers ne chôment pas, et qu'ils puissent facilement transporter la charbonnette, des places d'empilage aux fours, La méthode ne convient donc que dans de grandes exploitations. En fait, M. Dromart n'a pu utiliser ses fours, d'une façon satisfaisante, qu'une seule fois dans les Landes ; il a du transporter tout son matériel à Haybes-sur-Meuse. Reproche plus grave, le fonctionnement de l'appareil est assez irrégulier ; on obtient, tantôt une trop forte proportion de braise, tantôt beaucoup de fumerons. Quant aux liquides pyroligneux, obtenus avec les fours à poste fixe, ils sont difficiles à travailler, irréguliers dans leur qualité, et propres seulement à la fabrication des pyrolignites de fer de second choix.
Le système Dromart a été repris et modifié par un ingénieur français, M. Black-Bélaire, opérant dans la République Argentine. Les fours, pouvant contenir de 100 à HO stères, sont simplement construits avec une argile très commune dans la région, acquérant une dureté extraordinaire à l'usage ; ils ne sont pas transportables.
b) Appareil Moreau. — Il se compose d'un récipient en tôle ayant la forme d'un prisme hexagonal ; sa hauteur est de 2", 50, et chacun des huit pans a 1 mètre de largeur. Des cheminées et des bures, disposées sur le pourtour et au sommet, servent au dégagement des gaz, vapeurs et liquides produits par la distillation. Des prises d'air ménagées dans le bas permettent d'activer la combustion du boisa l'intérieur des fours. Toutes ces ouvertures se ferment automatiquement quand la combustion devient trop vive. Appareil démontable, pouvant carboniser environ 10 stères de bois en •30 heures.
56 BOIS DE CHARBO.N
c) Appareil Vadot. — M. Vadot, ingénieur a Senet-du- Tarn, s'est occupé vers 1880 de la carbonisation en vase clos. Comme dans les usines de produits chimiques, il se servait de cornues verticales, d'une capacité de 3 mètres cubes, couplées par batteries de 3, et manœuvrées par une grue. Ces cornues faisaient sans peine 3 cuissons par 24 heures. D'après Texpérimentateur, les charbons obtenus étaient de bonne qualité. Les produits volatils étaient transformés, partie en acétate de soude vendu à Birmingham, partie en alcool méthylique titrant 99 à 100'' et valant alors 95 francs les 100 kilos. La production de méthylène se montait à environ 100 litres par jour. Le charbon et l'acétate de soude payaient les frais ; le méthylène constituait le bénéfice de l'opération.
Ce procédé était bon à une époque où le charbon payait le bois, et où le méthylène avait un écoulement facile. 11 n*en est malheureusement plus de même aujourd'hui. D'une part, le charbon est difficile à écouler, d'autre part et bien qu'en ait dit récemment un auteur, l'Amérique s'est mise à produire le pyroligneux et les pyrolignites en quantités prodigieuses : elle en inonde les ports de Dunkerque, Londres, Anvers, Hambourg, etc., provoquant un véritable effondrement des cours. Le pyrolignitc de chaux brut, qui valait 20 à 35 francs les 100 kilos, il y a 10 ans, ne se vend plus aujourd'hui que 12 francs : les droits d'entrée de 2 fr. 50 par 100 kilos n'agissent mémo plus sur les cours. Tant que dureront ces. conditions économiques, il sera difficile d'introduire dans nos coupes la distillation en vase clos, distillation qui ne peut se faire qu'à Taide d'une avance de fonds considérable et pour un profit illusoire.
d) Appareil de Vallande {brevet SSO-Oé-i). — Un nouvel appareil transportable, du à M. de Vallande, permettra peutêtre de résoudre le problème difficile de la distillation du bois en forêt. Cet appareil, spécialement destiné à la distillation du pin maritime, permet d'obtenir du goudron clair, de Tacide pyroligneux, de l'alcool méthylique et de l'huile de pin. 11 se compose essentiellement de deux cor* nues inclinées, entourées d'une enveloppe, à l'intérieur de laquelle circulent les gaz produits par la combustion de brin-
CHARBON DR BOIS
dilles placées sur un foyer à grille spéciale. Ces gaz sortent du foyer par des carneaux réglables à volonté. Une chaudière placée au contact du foyer permet de porter rapidement le bois à 100°, au début de l'opération, et de produire, à la lin,, son extinction rapide. Les bois sont introduits dans les cor» nues au moyen de paniers métalliques ; ils donnent par la distillation des produits lourds, qui s'écoulent par la base des cornues, et des produits volatils, condensés dans des serpentins portés par Tappareil. L'ensemble du système repose sur un train muni de quatre roues à larges jantes, qui permettent son passage sur des sols peu résistants.
Les bois à traiter sont placés {fig, 31 et 32) dans des paniers de fer a, destinés à faciliter leur manutention. Ces paniers sont introduits dans les cornues c, en tôle de fer ou d'acier, à l'aide d'un palan suspendu au porte-manteau b.
Les cornues, au nombre de deux, sont chauffées par un foyer centrale, dont la grille e permet de brûler toutes sortes de combustibles, notamment des brindilles. Un brûleur à gaz /"sert à compléter le chauffage. Un cendrier clos g et une cheminée A, munie d'un pare-étincelles, suppriment tout risque d'incendie en forêt.
Le chauffage des deux cornues s'effectue d'une manière indépendante, ce qui permet de charger l'une pendant la
marche de Tautre et de réaliser un fonctionnement continu. A cette fin, une cloison longitudinale i sépare le fourneau/ en deux parties symétriques. Cette cloison et Tenveloppe du fourneau sont formées de deux tôles séparées par un calorifuge incombustible, amiante par exemple. xVlin de pouvoir chaufler les cornues inclinées sur toute leur longueur, le foyer est entièrement clos ; la voûte supérieure est percée,
Fig. 32.
de chaque côté de la cloison / , de deux carneaux k et A' , la voûte inférieure, d'un autre carneau /. Tous ces carneaux peuvent être découverts de l'extérieur par des registres manœuvres à Taide de tringles. Pour forcer les gaz sortant par les carneaux /, à lécher toute la partie supérieure des cornues un réflecteur m est disposé en prolongement de Tautel.
Ces dispositifs ont pour but de supprimer le chauffage direct par la flamme, préjudiciable à la conservation des cornues.
Les produits de la combustion suivent le parcours indiqué par les flèches {fig, 31) ; ils sont évacués par la cheminée h, dont le tirage est activé par le souffleur ?/. La vapeur nécessaire à ce dernier, au chauffage et au refroidissement du contenu des cornues, et à la consommation des brûleurs /", esJt produite dans une chaudière o, à bouilleur incliné.
CHARBON DE BOIS 59
' Cette chaudière porte une prise de vapeur p, sur laquelle sont branchés le souffleur commandé par le robinet q et les tuvaux amenant la vapeur aux injecteurs r des cornues, i^a tuyauterie des briîdeurs est branchée sur celle des injecteurs, comme l'indique la figure 31. La tuyauterie des cornues comprend les tuyaux s du dégagement des produits volatils, et les tuyaux siphonnés / de sortie du goudron. Les premiers, situés au sommet des cornues, sont munis d'un robinet à trois voies w, permettant le dégagement dans l'atmosphère ou dans le condenseur v formé d'un serpentin en spirale, plongé dans un bac réfrigérant et terminé par un siphon x par où s'écoulent les produits condensés. Les gaz combustibles (hydrogène, oxyde de carbone, carbures d'hydrogène) sont dirigés vers les brûleurs /, par un tuyau branché à la sortie \lu serpentin. Un laveur barboteur y les débarrasse de- toute trace d'huile et de goudron, susceptible d'encrasser les brûleurs.
Le fractionnement des liquides condensés, comprenant, en dehors de Thuile de pin, des traces de goudron entraînées, de l'alcool et du méthylène brut, s'effectue dans un récipient -florentin z, qui évacue l'huile de pin et les traces goudronneuses par sa tubulure supérieure, l'alcool et le méthylène •par sa tubulure siphonnée.
Le fonctionnement de l'appareil s'effectue de la façon suivante :
Les paniers étant introduits dans la cornue, on ouvre le robinet placé sur le tuyau / de sortie du goudron, on tourne le robinet u de façon à permettre le dégagement des gaz dans Tatmosphère, puis on injecte par r de la vapeur qui chasse l'air et porte à 100° la température des bois. On ferme Tinjecteur, on chauffe d'abord le sommet de la cornue, en ouvrant le carneau le plus proche de l'arrière. Dès que les "vapeurs qui s'échappent par le robinet u commencent à noircir, on les envoie au condenseur. La combustion est conduite de haut en bas en ouvrant d'abord le deuxième carneau A:, puis le carneau /, ce dernier à la fin seulement de l'opération, pour donner un coup de feu et terminer la •cuisson.
' En procédant ainsi, on obtient au siphon / du goudron
clair, au siphon x les divers produits de la distillation, fractionnés par le récipient florentin z.
Le chauffage des deux cornues étant indépendant, on croise leur fonctionnement, de manière à régulariser le feu et la main-d'œuvre. Le chauffage se fait presque exclusivement au gaz, le feu des brindilles n'intervenant qu'au début pour la mise en pression de la chaudière et l'amorçage de la pre* mière cuisson.
Je ne puis malheureusement donner aucune référence sur cet appareil que je n'ai pas vu fonctionner. Le difficile n'est pas de récolter les produits de la distillation du bois, mais bien de savoir comment on les utilisera. Les traitera-t-on sur place ou les Iransportera-t-on à une usine établie à poste fixe? Telle est la grosse question. Si l'on veut récupérer FalcooU comment se fera la neutralisation par la chaux, après sépara* tion des goudrons? Si l'on y renonce, et qu'on veuille, par exemple, fabriquer sur place le pyrolignite de chaux, a-t-on réfléchi à l'énorme quantité d'eau à ce nécessaire, eau qu'il sera difficile de se procurer avec une installation sommaire ? Ce sont là des questions capitales, qui demandent à être étudiées de très près, à être solutionnées pratiquement, avant d'introduire dans nos coupes les appareils de distillation, d'un prix nécessairement élevé et d'une production relative* ment très restreinte.