Perches à tabac
Les perches à tabac se recnitent éî^alement parmi les essences résineuses; mais le mélèze se paie 1/3 en plus que l'épicéa et les pins. Elles comprennent, dans les Flandres, 3 catégories de grosseur et qui sont, d'après M. Crabaj :
a. — Les « hangers » ou perches pour suspendre les feuilles, mesurant 0™.30 à 0"»,32 de tour à 1", 50 du pied, 6 à 7 mètres de longueur; le fin bout devant avoir un pourtour d*au moins 0», 15. Valeur : 0 fr. 75 à 1 franc pièce.
b. — Les « liggei^s », autres perches servant d'appuis aux premières, ont 0^,40 à 0™,55 de tour sur 10 à 13 mètres de longueur. Elles valent 2 fr. 50 à 3 francs pièce.
c. — Les <c staken^n, pieux servant de supporta toutTéchafaudage, mesurent 0«,40 à O^JS de tour, et 3»,50 de longueur. Leur prix oscille entre 0 fr. 75 et 1 fr. 30 pièce.
3. Perches brutes pour manches, leviers, ringards et citarronnage.
Les mines et les forges consomment une grande quantité de perches brutes en chône non écorcc, en freine, en érable et autres essences, destinées à la confection des manches, leviers, ringards, etc. Ci-dessous, à titre d'exemple, le classement des forges du Creusot (Saône-et-Loire).
a) Perches de chêne non écorcé pour manches. — Les dimensions sont : longueur : 5 mètres et plus; circonférence au milieu : 0"",17 et au-delà; au petit bout : 0",10 et plus.
Ces perches sont payées à raison de 0 fr. 05 le mètre courant, rendu franco en gare du Creusot. La perche de 5x17 vaut ainsi 0 fr. 25, ce qui porte à environ 21 francs le prix du mètre cube, à 14 francs celui du stère.
b) Perches de frète et d^érable pour manches. — Les dir mensions sont : longueur 6 mètres et au-delà ; circonférence au milieu : 0^,17 à 0^,24 ; au petit bout : 0"\10 et plus.
Les prix offerts en 1906 sont encore de 0 fr. 05 le mètre courant. La perche de 6x20 est donc payée 0 fr. 30, ce qui donne au mètre cube 15 fr. 60, au stère 10 fr. 45. Prix trop feibles pour le frêne.
112 LES PETITS BOIS D*INDUSTBIE
c) Perches de toutes essences pour ringards. — Les dimensions sont : longueur : 6 mètres et plus; circonférence au milieu : O™,!?; au petit bout : 0'",10.
En 1906, ces perches sont taxées à raison de 0 fr. 03 le mètre courant. La perche de 6x17 vaut donc 0 fr. 18, ce qui donne 13 francs pour le prix du mètre cube, 8 fr. 70 pour celui du stère.
d) Perches brutes en frêne et érable pour leviers, — Les dimensions sont : longueur : 6 mètres et au-delà ; circonférence au milieu : 0"',26 à 0'",34 ; au petit bout : 0'",16 el plus.
Valeur en 1906 : 0 fr. 15 le mètre courant. I^ perche moyenne de 6x30 est payée à raison de 0 fr. 90 pièce, ce qui fait 22 fr. 50 au mètre cube réel et 15 francs au stère.
éj Perches brutes en frêne et érable pour charronnage. — Les dimensions sont : longueur : 6 mètres et plus ; circonféférence au milieu : 0'",36 à 0'",50; au petit bout : 0",16.
Valeur en 1906 : 0 fr. 30 le mètre courant. La perche moyenne de 6x 44 vaut 1 fr. 80 pièce, soit 19 fr. 80 le mètre cube et 13 francs le stère.
Tous ces prix s'entendent de bois rendus franco en gare du Creusot.
11 est à peine besoin d'insister sur les anomalies choquantes de ce tarif qui offre pour les perches de charronnage, les plus grosses, un prix sensiblement inférieur à celui donné pour les perches à leviers. Si ces dernières valent 22 fr. 50 au mètre cube réel, les premières doivent être payées au moins 25 francs. C'est au commerce à redresser ces erreurs et à exiger pour le bois d'industrie des prix largement rémunérateurs, soit 13 à 1 4 francs le stère de perches en forêt.
4. Perches brutes pour teinturiers, blanchisseur» et filateurs.
Pour l'étendage de leurs tissus ces industriels emploient une grande quantité de perches de tiUcul et de bâtons de lise et de dcgommage, fabriqués avec de l'alisier, du noisetier, dii cornouiller sanguin, du sorbier et du frône. Ci-dessous
le classement et les prix payés en 1906 par la maison Gros et C'% à Vaux-lès-Saint-Claucie (Jura) :
û) Perches de tilleul. — Dimensions : longueur, 3 à G^SO ; diamètre au milieu, 4 à 10 centimètres. Perches parfaitement droites, sans courbe ni jarret trop accentués. Prix : 25 francs la tonne rendue franco en gare de Jeurre-Vaux, soit environ 18 francs le stère rendu.
b) Bâtons en bois durs. — Dimensions : longueur, 1™,20 et au-dessus ; diamètre au milieu 2 1/2 à 4 centimètres. Prix : 25 francs la tonne rendue franco en gare de Jeurre-Vaux.
c) Perches en cerisier. — Ces perches doivent avoir 2 1/2 centimètres au petit bout, 5 centimètres au gros bout. On prend toutes longueurs et toutes courbes. Prix : 30 francs la tonne rendue en gare de Jeurre-Vaux.
5* Perches de chars. Montanis d'échelles. Ridelles de voitures. Râteliers d'étables.
Pour serrer et maintenir les gerbes sur les chars, on utilise des perches de tilleul ayant 0'",25 à 0™,30 de circonférence au gros bout, 7 mètres de longueur, et qui valent 1 franc à 1 fr. 25 pièce.
Pour les échelles de 4 à 5 mètres de longueur, on fait les montants en tilleul, en tremble ou châtaignier. Les perches doivent avoir 0",25 de circonférence au milieu. Elles valent 0 fr. 75 à 1 franc pièce. Pour les échelles de 7 à 8 mètres de longueur, on n'utilise guère que des résineux, principalement répicéa. Les perches ont environ 0'",40 de tour au milieu ; leur prix est de 3 francs.
Les barreaux, échelons, rouleaux ou fuseaux ont générainent0'",45 à 0", 50 de longueur, 35 millimètres de diamètre. On les fabrique, tantôt en cornouiller, tantôt en chêne. Ces derniers proviennent de la fente des petits arbres. Les bois, d'abord débités en prismes droits à base carrée, sont ensuite transformés {fiff. 43) en prismes à base octogonale.
Les ridelles de voitures {fig, 44} se font ordinairement en chêne; les montants ont 5 mètres de longueur, 8x7 cenli-
Mathey. — Exploitation des bois. H. 8
UA
LES PETITS BOIS I» I?ÎDISTR1E
mètres d'équarrissage ; les fuseaux ont 1",33 de long, 9 à lî centimètres de circonférence moyenne ; on les fait en chêne ou en cornouiller, et on les vend à la- botte de 25. Une corde
Fig. 43.
Fig. 44.
de charbonnette, de 2 st. 66, peut donner environ 20 bottes de fuseaux, valant net 1 fr. 50 Tune, soit au total 30 francs. Une paire de ridelles, toute fabriquée, vaut environ 35 francs.