‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 43 sur 194 · fr · texte numérisé non relu

fr

2'»,75 0 3 fr. 10

3" »' 3 fr. 60

3«.25 i» 4 fr. 10

3'»,50 » 3fr. 10

3°»,75 » 4 ir. 10

4" » 5 fr.

En Sologne, les cercles sont en châtaignier. Les perches utilisées pour cette fabrication ont 6, 7, 8 et 9 pieds, soit 1»,98, 2-,31, 2'»,6/i et 2-97 ; le diamètre, à 1 mètre du pied, varie de 3 à 6 centimètres ; elles valent environ 5 francs le cent, en coupes.

Les cercles se vendent à la botte de 24, sur le pied de :

0 fr. 70 pour ceux de i^,9S ]

0 fr. 80 » 2m,3l / P"' ^^^2 les cercliers

0 fr. 90 » 2^1 64 i (Ren»«ignement8 fournis

1 fr. » 2«/.r7 ) P*** ^" l^*i>ineO.

Art. V. — ÉCHALAS RONDLNS OU PAISSEAUX

Les paisseaux sont tirés de rondins de pied mesurant 0°*,035 à 0",045 de diamètre. Ils sont affranchis aux mêmes longueurs que les échalas fendus, puis écorcés, aiguisés et bottelés par les bûcherons, ils se font surtout en genévrier, cornouiller mâle, ahsier, sorbier, saules, châtaignier et robinier, plus rarement en chône. Les branches de sapin et de pin sylvestre fournissent également de très bons paisseaux. La durée de ces paisseaux est d*environ 10 ans, et leur valeur aux lieux de consommation de 20 à 25 francs le mille, soit 1 franc à 1 fr. 25 la boite de 50 unités. Un stère empilé fournit 900 à 950 paisseaux de l'",55 de longueur moyenne ; il vaut donc

Mathey. — Exploitation des bois. IL 7

96 LES PETITS BOIS d'iISDIîSTRIE

18 à 23 fr. 75 façonné et rendu. Si Ton défalque les frais de recherche et de façonnage (6 francs par mille), et les frais de transport (5 francs par mille), il reste, comme valeur du stère sous feuilles, de 8 à 13 fr. 75, ce qui est magnifique pour de la charbonnctte.

Art. VL — GARROTS DE CHEMINS DE FER

Ce sont des rondins bruts de cornouiller mâle, de charme ou de chêne, bien droits, sans nœuds, avec pointes affranchies aux deux bouts, répondant, comme dimensions, aux indications du croquis figure 36. Vente au mille ou à la botte de 25.

y^U - -^ ^ -....,i'!)fc,.

Fig. 36.

Prix des garrots de cornouiller : 90 à 100 francs le mille rendu sur wagon en gares du réseau. Frais de façon : 30 fr. le mille. Rendement du stère empilé : environ 500 garrots.

Art. vil — CALES EN BOIS DE CHÊNE POUR CHEMINS DE FER

Elles proviennent de rondins de chêne, prélevés dans les pieds des arbres ; elles doivent être écorcées, droites, saines, exemptes de gélivures, de roulures et de grandes fentes. Leur longueur peut varier de 1",14 à l'",16, et leur circonférence au milieu, de 0™,22 à 0™25. On exige que les excroissances soient parées à la hache et que les abouts soient franchement coupes d'équerre. Vente à la pièce, à raison de 0 fr. 14, 0 fr. 15, 0 fr. 20 Tune, chargée sur wagon dans une des gares du réseau. Nombre de morceaux au stère : 290.

Prix de façon : 7 à 8 francs. Valeur du stère sur wagon : 43 fr. 50.

AaT. Vfll. — BARRES D'ENRAYAGE EN CHÊNE POUR CHEMINS DE FER

Ce sont des rondins de chêne écorcés, sans patte, aussi droits que possible, exempts de nœuds vicieux, affranchis d'équerre aux deux bouts, dont les excroissances ont été soigneusement ravalées, et qui mesurent 2™, 50 de longueur, O^jSS à 0",40 de circonférence au milieu. Prix sur wagon départ : 0 fr. 70, 0 fr. 80, 1 franc pièce. Nombre de morceaux au mètre cube réel 36,72. Prix moyen du mètre cube : 29 fr. 35.

Art. IX. — MANCHES

L'agriculture, les entreprises de terrassement (le génie militaire avec elles), les industries extractives (mines,

carrières, ), les industries de construction (maçonnerie,

forges, fabrication de machines, charpenterie , menuiserie, etc.), font une énorme consommation de manches variés pour leurs outils. IVous distinguerons :

A. Mangues de pelles et de pioches. — Les essences le plus souvent utilisées pour cette fabrication, sont l'érable, le charme et le saule. Le chône, se polissant mal, trop dur ainsi à la main et y attirant le sang, le hêtre, trop cassant, ne conviennent pas pour cet usage.

Les bois bruts, découpés aux dimensions voulues, doivent jètre rentrés au magasin le 1*"^ juillet au plus tard, légèrement flachés et empilés dans des endroits secs et bien aérés, où ils demeurent 3 à 4 mois avant d'être travaillés.

Les manches droits sont pris dans du bois de chauffage ordinaire, sans nœuds, mesurant 1"',14 de long, 0™,05 de diamètre au petit bout, valant de 0 à 8 francs le stère en coupes.

iOO LES PETITS BOIS d'iNDUSTRIE

Les manches courbes ont 1™,50, plus rarement l",30à 1™,40 de long, 0",05 de diamètre au petit bout. Ce sont des brins de taillis, présentant, dans leur partie la plus grosse, un coude on jarret, situé k une distance de 0'",30 environ de l'extrémité {fig. 37). Il ne faut pas rechercher les brins les

o,âo

plus courbes du taillis ; il suffit qu'il y ait un petit noeud formant jarret. Ce jarret, qui sera le talon du manche, se rencontre habituellement à la bifurcation cCune branche. En coupant cette dernière, on obtient un coude permettant de courber plus facilement le brin à la vapeur.

Ces manches bruts sont achetés, tantôt au cent, à raison de 15 à 18 francs pris en coupes, tantôt au stère, à raison de lî2 à 13 francs. Il faut 100 à 120 morceaux pour faire un stère. La façon coûte environ 3 francs par cent.

La fabrication se fait^ soit dans des ateliers de manchistes à la main, soit dans des usines. On commence par équarrir le brin aux endroits où il doit être redressé, en attaquant légèrement les nœuds. On jette ensuite les manches dans une^ chaudière où ils sont soumis à l'action de la vapeur pendant un quart d'heure environ. On reconnaît pratiquement qu'ua manche est suffisamment chauffé quand il rend un son mat^ en tombant à terre.

Les chaudières ont généralement 1", 60 de long, 0"*, 52 dehaut, 0"*,58 de large ; elles renferment une lame d'eau épaisse de 0'",15; leur fond est garni de madriers empé* chant les manches de plonger dans le liquide.

Au sortir de la chaudière, les manches tordus sont placés entre deux barres de fer, fixées sur une poutre verticale, et redressées au moyen de clefs de différentes longueurs. On passe ensuite à la presse à courUtt- {fig. 38). Celle-ci se compose simplement d'une poutre horizontale, placée ^

LES PETITS DEBITS

O^jH du sol, taillée en biseau et solidement scellée à ses deux extrémités.

Le manche à courber est engagé sous la poutre, de façon que sa courbure naturelle soit [placée un peu en avant du biseau. La tige est maintenue avec une cale de bois. Au

Fig. 38.

moyen d*un levier portant un anneau en fer maintenu par un crochet, Touvrier exerce une forte pression de haut en bas, au niveau du jarret, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que la courbure donnée au manche est parvenue à sa dernière limite. Il maintient la courbe avec une seconde cale en bois, puis, s'armant d'une pince en fer de 2 mètres de long, il saisit le bec du manche et l'abaisse autant que faire se peut. Un support en bois, s'appuyant au bas sur le manche et au sommet sur une poutre, force le brin à conserver sa position. On termine l'opération en redressant la tige à l'aide de cales. Les brins restent ainsi environ une heure sous la presse.

Pour pouvoir exercer une pression suffisante sur l'extrémité du bec, il faut que, de la naissance du jarret à l'extrémité du bec, la longueur soit au minimum de O^jSO. Ainsi

LES PKTITS BOTS D Il^DCTSTRIE

s^*expKque la forme partietilière des brins demandés par le manchiste.

A partir de ce moment, les manches ébauchés sont finia à la main ou à la machine.

Dans le travail à la main, on éqpaarrit la tige du maBciie sur quatre faces : à la hache de charron [fig. 39) pour la partie droite, à Therminette {fig. 40) pour la partie courbe.

Fig. 39.

Fig. 40.

Le manche est ensuite porté sur un établi de menuisier, et fixé à l'aide d'une vis entre deux tiges verticales de fer, placées aux extrémités de l'établi. On le travaille alors à la plane, au rabot ordinaire, au rabot creux, pour lui donner sa forme cylindrique, puis finalement au racloir, pour le rendre parfaitement lisse.

Dans le travail à la machine, les outils indispensables à une usine de manchiste sont : une scie circulaire, une scie à ruban, un tour à lunette, un tour en Vair et une meule à re* passer les outils. La scie circulaire sert à mettre le manche au carré ; la scie à ruban remplace Therminette pour équarrir les courbures. Le tour à lunette transforme les bois carrés en bois ronds. On en fabrique de deux sortes.

Ci-après deux modèles fabriqués par la maison Kirchner. Dans le premier {fig. 41), les bois sont amenés à la main ;

dans le second (fig. 42), l'aménage se fait automatiquement. Ils se composent essentiellement de deu\ paliers en fonte, coulés d'une seule pièce, et portant un arbre creux avec un mandrin. Devant ce dernier se trouve une lunette servant à guider et à maintenir le bois carre pendant qu'on le travaille. Pour chaque diamètre de bâton, il faut un mandrin spécial.

Fig. 41. Fig 42.

La force nécessaire pour actionner les différentes machines d'un atelier de manchiste est de 5 à G chevaux. Le générateur peut facilement se chauffer avec les déchets de la fabrication évalués au tiers du volume brut, et la vapeur d'échappement peut être utilisée pour alimenter l'étuve.

Le devis d'une petite usine de manchiste s'établit comme suit:

Générateur à vapeur (p' mém»"*)

Scie circulaire avec renvoi et bâti en bois . . 400

Scie à ruban 700

( Aménage à main 200

Tour à lunette ^ p^^^^^^ automaUque ... »»» 800

Tour en l'air 450

Meule à aiguiser 120

Montage et faux frais ^^

Total 2370 fr

iOi LES PETITS BOIS D*IISI)USTR1E

Les manches de pelles sont classés pour la vente, en différentes catégories qui se distinguent surtout par la beauté de la partie que les mains doivent saisir. Ci-après les principales sortes et leurs prix en fabrique :

Longueur : i^fi3, Diaiuèlre : 0»n,04.

Extra-choix, manches sans défaut 60 à 65 fr. le cent

!»•« catégorie, » avec quelques traces d'écorce. 50 à 55 »

2® » » avec un peu d'éc^® et de gerces. 40 à 45 »

3« f > de rebut 38 à 40 »

B. Manches en cornouiller. — Très abondant dans les forêts du calcaire jurassique, le cornouiller mâle est d'un très bon rapport dans les vieux taillis exploités entre 35 et 40 ans. Les grandes fabriques de manches (Coquéau, à Aisy (Yonne) ; Ernest Privé, à Lachaume (Côte-d'Or) ; Decesse- Martinot, à Essoyes (Aube) ; Genty, à Chatel-Gérard (Yonne) acceptent toutes fournitures, et payent :

a) Pour manches à devant et manches de marteatta:^ ovales :

Brins de 0«»,45 de long., 34'nm de diam. au pet' bout : 3^' le cent rendu à l'us"» » 0n,55 » 38 > 6 »

» Otû.82 » 38 ». 10 »

» lm,02 » 38 » 20 »

b) Pour manches de tranches :

Brins de 2™ de long., 28'«>n de diam. au pet< bout : lO^Me cent rendu à l'us»»

» In.SO » 28 » 6 »

» l'^.aO » 28 ». 5 ,

o) Pour manches de massetUs, chasse-chevilles, etc. : Bïins de 1™ de long., 20 à 24»"^ diam. au pet' bout : l^^le cent rendu à l'usne » 1^,20 » 20 à 24 » 1,50 »

d) Pour échelons bruts :

Brins de 0'»,35 à 0»i,57 de longueur, 28"»™ de diamètre au petit bout : 1 fp. 25 le cent rendu à Tusine.

e) Pour échelons polis :

Brins de 0«,35 à Oa',57 de longueur, 29««« de diamètre au petit bout : 1 fr. 50 le cent rendu à Tusine.

;iP?:^Tr:-l!

LES PETITS DEBITS

Tous ces brins doivent être exempts de jarrets et de mauvais noeuds; ils doivent être rentrés en magasin le 15 août âu plus tard.

Parfois, les cornouillers sont achetés au stère, et se payent 12 francs sur pied.

L'acheteur doit alors les couper, les scier de longueur, et les empiler à ses frais.

Ci-dessous, la nomenclature et les dimensions de quelques types de manches :

Manche»

BoiP

Longueur

Hautevr

Épaisaear

Manches de marteau à frap-

Cornouiller ^

im

per devant

Manche de marteau à la

main. ,.•....

Diamètre

Manche de pioche . . . .

variable

» de bêche . ,

» de lime

Erable, frêne

» de râteau . .

Frêne

» de balai .

Peuplier

Fuseaux d'échelle .

Cornouiller

Casse-cailloux (brut)

Manche de hache .

Dans les grandes usines où l'on travaille le cornouiller, où les manches droits sont tirés de grumes de frône, d'érable et de charme, débitées en plateaux, l'outillage est beaucoup plus compliqué que dans les ateliers de manchistes. On rem^

106 LES PETITS BOIS D INDUSTRIE

place alors le vieux tour eu Tair, complètement démodé, par d'autres plus modernes. Nous recommandons particulièrement le tour de la Défiance Machine Works, vendu par MM. Pons et Marcoux, 22, rue Chauchat, à Paris. C'est un outil admirable, qui donne un travail irréprochable.

C. Manches a balai et a plnceaix. — Les manches à balai se font en peuplier, tilleul, aune, hêtre, accessoirement enr pin sylvestre et en pin maritime. Ceux en tilleul sont les plus solides, les plus résistants et les plus beaux. Les dimensions sont : longueur, 1 mètre à 1°*,10 (parfois 0",40 à 0'",50); diamètre, 25, 30 et 42 millimètres.

Ordinairement, ces manches sont tirés de plateaux de sciage provenant du cœur des gros arbres. Ces plateaux sont découpés à la scie circulaire en petites tringles carrées, de 25, 30, 42 millimètres, de façon à mettre Te cœur en long du manche ; puis ces tringles sont passées au tour à lunette pour les finir et les arrondir. Ces manches sont enfin jetés sur un pré, où ils se gondolent et se tortillent. On les redresse en les passant par un trou pratiqué dans une plaque épaisse, et en exerçant de légères pressions au niveau des courbes. Cela Éait, on réunit en paquets, et Ton vend au cent, à raison de 12 à 18 francs, pris en fabrique. 11 arrive nécessairement, qu'après avoir été exposés au soleil et à la pluie, un certain nombre de manches se piquent et se tachent ; on écoule ces rebuts comme on peut, souvent en les dissimulant à Tintérieur des paquets.

Les manches à balai en pin ont généralement 0",12 de circonférence au petit bout sous écorce.

D. Documents, — Ci-dessous quelques prix d'adjudication de manches divers pour les Compagnies de chemins de fer :

Fr.

Manches de ciseaux à bois, gros, en frêne. . . . 0,065 pièce

» de ciseaux k bois, moyenEi, en frêne. . . 0,060 »

» de ciseaux à bois, petits, en frèa» • . . 0,060 »

» de tarière, en frêne 0,10 »

» de lime, en charme ou en frêne . . 0,035 à 0,033 »

» de binettes et boyaux, en frêne .... 0,22 » » de brosses à parquet, balais de crin et de

chiendent, en frêne 0,10 »

» de brosses tête de loup (3«), en frêne . . 0,30 »

Fp.

Manches de crochets de toarneurs, en frêne . . . 0,20 pièce

» de croiattaU, en fréoe 0,16 »

» de grifies k coke, en frêne 0,24 »

» d'herminette, en frêne 0»i8 »

» de louchets el de bêches de jardinier, frêne. 0,25 >

» de marteaux de maçon, en frêne. . . . 0,10 » » de marteaux à paver, à refendre, niatiqaes

et têtus, en frâoe 0,15 »

» de masse à main, en irêne 0,06 *

» de racloirs, en frêne 0,37 »

» de cognée, en frêne 0,48 »

» de faulx, en frêne on saule 0,70 »

» de pioche, en frêne 0,22 »

Hampes de drapeaux, en irêne 0,32 »

Manches de râteaux-charrues, grands, en frêne. . 0,26 »

» de pelles carrées, en saule, frêne on charme. 0,42 » » de pelles de terrassiers à rebords, en

saule, frêne ou charme 0,38 »

» de grandes pelles, en charme ou frêne . 0,60 »

» de pelles à four, en frêne 0,65 »

» de pilons, en frêne 0,20 »

Echelons pour échelles, en cornouiller brut . . . 0,02 » Manches de chasse-coins, de masses, de marteaux

devant et de sabotage, en cornouiller .... 0,35 » Manches de marteaux d'ajusteur, en cornouiller . 0,10 » » de marteaux à ausculter les rails, en cornouiller 0,18 »

» de marteaux à main, en cornouiller . . 0,17 » » de massettes pour casser les pierres, en

cornouiller brut 0,03 »

» de tranches et de chasse-cheTÎlles, en cornouiller brut 0,08 »

de terrassiers, en saule, frêne ou charme. 0,40 »

de balais (petits), en sapin 0,07 »

de balais (2™), en sapin 0,10 »

» de brosses éponges (2m,50x25>»°^), en sapin. 0,16 »

» de crochets de rainure, en sapin. . . . 0,'^0 » de rabots à neige, à boue, de râteaux et

d'émondoirs, en sapin 0,25 »

» sans poignées pour pelles à mains, en

frêne 0,10 et 0,16 »

108 LES PETITS BOIS D*1NDUSTRIE

Art. X. — PERCHES ET PERCHETTES !• Perches, percheltes et poteaux à houblon.

Les perches à houblon font l'objet de transactions suivies en Bourgogne, dans les Flandres et en Alsace. On emploie surtout les bois résineux, bien droits, provenant d'éclaircies effectuées dans les sapinières ou dans les plantations. Les essences les plus estimées sont, parmi les bois résineux : le mélèze, puis Tépicéa et le sapin, enlin, et en dernier lieu, les pins ; parmi les feuillus : Terme, le tremble, le saule, le tilleul, le chêne, le (rône et le charme. Les perches feuillues ont rarement la rectitude et la hauteur de fût convenables ; elles sont, de plus, très exposées à être renversées par le vent.

Le classement varie suivant les régions. On distingue : A. Longues perches. — Utilisées dans les plantations en rapport.

a) Région bourguignonne, — La Bourgogne demande des perches résineuses, écorcées, ayant au moins 8 mètres de long et 0"»,08 de diamètre, soit 0'",23 à 0",28 de tour, à 1 mètre du sol. On classe :

I Prix payés par la culture. Pour la valeur • des bois sur pied, déduire la façon (5 à I 6 fr. le cenl) et le transport (variable).

Exceptionnellement, elle prend les plus belles perches de taillis en essences variées, mesurant 0'",30 à 0"*,35 de tour à 1 mètre du sol, et portant 8 à 9 mètres de long. Ces perches valent, sur le parterre de la coupe, 35 à 45 francs le cent ; elles coûtent 5 francs de façon le cent qui représente environ 5 stères. Le stère sous feuilles vaut donc 7 francs en moyenne. C'est un bon prix, attendu que chaque stère renferme environ 1/3 de charbonnelte.

b) Région langroise, — La Haute-Marne emploie surtout l'épicéa et le mélèze.

Mélèze )

et ;

105 à 115 fr. le cent

Epicéa

Pin. .

On classe :

LES PETITS DEBITS

Qasies

Longueur

Cireonférenee

à 1 mètre

du Ml

Valeur

du eent de

percbei

Volume

du eent

de percbei

Valeur du stère

fr.

•lârei

fr.

c) Région de F Est. — Les perches sont en sapin, plus» rarement en mélèze et épicéa. On classe :

1"* catégorie : perches de 0'",25 à 0"\32 de tour à 1 mètre du sol, de 7 à 8 mètres de long : 70 à 75 francs le cent sur wagon départ, Saint-Dié, Raon l'Étape, etc.

2* catégorie : perches de 0",20 à 0",25 de tour, 6 à 7 mètres de long : 50 à 55 francs le cent, mêmes conditions^ que ci-dessus.

d) Flandres. — On utilise surtout le pin, mais lepicéa et le mélèze se payent 10 à 35 7o P'^s cher.

V" catégorie : perches de 0",25 à 0"»,32 de tour, de 8 à i l mètres de longueur : 50 à 80 francs le cent aux lieux de consommation ;

2* catégorie : perches de 0°,20 à 0'",24 de tour, de 7 mètres au moins de longueur : 30 à 60 francs le cent ;

3" catégorie : perches de 0*»J6 à 0'°,20 ou 0™,22, do 6 mètres au moins de longueur : 25 à 40 francs le cent.

La circonférence est prise à 1"*,50 du pied, et la longueur mesurée jusqu'à la dernière couronne. Il est recommandé de conserver la pousse terminale ainsi que le plumet, afin que l'acheteur puisse contrôler Tabatage récent des sujets (Crahay, Manuel de Cubage).

B. Perchettes. — Pour la mise en train des nouvelles plantations, on emploie des perchettes de 0°»,14 à 0'»,20 de tour à 1 mètre ou 1™,50 du sol, d'une longueur de 4 ou 5 mètres ; 100 perchettes font à peu près 1 st. 20, et valent d& 18 à 20 francs.

110 LES PETITS BOIS d'iNDUSTRIE

G. Poteaux. — Dans les très bons sols, les houblonnières sont conduites sur des fils de fer reposant sur des poteaux -de 0",50 à 0"^,65 de tour, de 9 à 10 mètres de longueur. Ces poteaux sont espacés de 10 à 12 mètres, sur lignes distantes de 1™,50, et valent de 4 à 5 francs pièce, pris en foret, ce qui porte le mètre cube sous feuilles à 24 ou 25 fr. Dans les terrains médiocres, cette disposition ne peut être adoptée, car le houblon se touffe en se massant sur les fils ; les cônes mûrissent mal et sont légers ; la houblonnière ne rapporte alors presque rien.

Le houblon s'enroulant difficilement sur les perches d'un trop gros calibre, il s'ensuit nécessairement que l'on ne peut tiétourner pour les houblonnières, que. les tiges étriquées et provenant de plantations serrées. Les massifs fortement éclaircis dès leur jeunesse ne fournissent point de bois aptes à cet usage.

Les perches à houblon ne sont pas injectées. On se contente de carboniser ou de goudronner la partie inférieure, jusqu'à 10 ou 20 centimètres au-dessus du sol. La durée des perches résineuses est en moyenne de 12 ans sous le climat bourguignon ; celle des perches feuillues, de 7 à 8 ans.

Les perches sont distantes de 1°',80 à 2 mètres d'axe en axe. 11 y en a donc environ 2.500 par hectare. Or, Télendue des houblonnières françaises, principalement situées dans la Côte-d'Or, le Nord, la Meurthe-et-Moselle, est de 2.790 hectares. Par suite, la consommation annuelle en perches à

houblon, est a peu près de j2 ^^ 08.1OO. Si 1 on

admet que le cent de perches représente 5 stères en moyeime, on arrive à une consommation de 2.900 stères par an estimés 35.000 francs au bas mot. 11 est certain que la production nationale pourrait amplement suffire à l'approvisionnement de nos houblonnières, et Ton doit s'étonner que le marché de la Côte-d'Or, le plus important de tous, soit en partie alimenté par les bois de la Forét-Noire. L'Ain, la Savoie ont à Saint-Julien, Is-sur-Tillc, Mirebeau et Fontaine- Française, un débouché assuré pour leurs petites perches : ils n'en trouveront pas de meilleur, ni de plus rémunérateur.

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