Peuplier blanc
Pendant longtemps, on n'a guère employé dans les mines que des essences feuillues, comme le chêne, le charme, le tremble, le bouleau; on n'excluait que le luMre, le tilleul et le peuplier. Parmi les résineux, on n'acceptait guère que le pin sylvestre et le mélèze, encore était-ce avec difficulté, à défaut de feuillus et pour un prix infime. Depuis, on a reconnu que les pins, abattus en saison convenable et bien pelés, se conservent mieux que les feuillus dans les galeries humides; qu'ils sont d'une résistance suffisante à l'écrasement, et que, en raison de leur faible poids, il est possible de les faire venir de localités plus éloignées.
Chaque région a néanmoins des préférences et prononce des ostracismes. Les Compagnies sont d'autant plus difficiles, qu'elles trouvent mieux à s'approvisionner autour d'elles.
L'Angleterre, qui manque de bois, prend à peu près tout ce qu'on veut bien lui donner. Le bassin du Nord est déjà plus exigeant que l'Angleterre, mais plus coulant que le bassin du Centre, qui, jus(ju'ici, soufTre fort peu de la concurrence. Par exemple, Blanzy prendra tous les résineux indistinctement ; par contre, il n'acceptera d'autres feuillus, que le chêne, le
420 LES PETITS BOIS d'iNDUSTRIE
châtaignier, Forme, le merisier, le fn^ne, Térable et l'acacia. LenSt au contraire, ne prononcera d'exclusion absolue que pour le peuplier, le hêtre, le tilleul, Tcpicéa et le We\mouth ; mais laune, le bouleau, 1 érable sycomore, ne seront acceptes, réunis, que jusqu'à concurrence de 10% à\i montant total de la fourniture. Par exception, cependant, et pour les gros marchés, le hêtre et le tilleul, celui-ci non pelé^ peuvent être tolérés dans une proportion de 10 Vo» ^t ordinairement avec une diminution de prix de 10 Yo. Je ferai remarquer, à ce sujet, que l'exclusion partielle de laune dans les marchés portera un coup funeste à l'industrie des étais de mines dans le bassin de la Saône. De cette divergence de vues dans l'utilisation des essences, il résulte que le commerce ne doit fabriquer que sur des marchés précis, dont il a pesé tous les termes et examiné toutes les consé* quences. Que les mines prononcent des exclusions, c'est leur affaire ; que le commerce se plie sans murmurer à ces exigences, c'est autre chose. La limitation des essences rend nécessairement la fabrication des étais plus onéreuse, le triage plus difficile, l'offre plus restreinte, l'écoulement des bois dédaignés plus aléatoire. En conséquence^ les prix doivent faire largement état des conventions, des condi^ lions offertes ou imposées j et le choix doit se payer dans la mesure des limitations apportées. En d'autres termes, toute exclusion d'essences, toute diminution dans la valeur des bois inférieurs, doivent se traduire par une augmetita» tion proportionnelle des bois de choix.
Art. 3.— QUALITÉS GÉNÉRALES EXIGÉES POUR LES BOIS DE MINES
Les bois utilisés dans les mines doivent satisfaire aux conditions suivantes :
1" Être de labatage de l'année. Les bois vieux et passés n'ont plus la même résistance, et ne présentent pas une se* curité suffisante pour l'exploitation.
S** Être sains, sans nœuds vicieux pouvant compromettre leur résistance.
ETAIS DE MINES
3** Être droits, avec une tolérance de courbe dans un seul sens, dont la flèche variera, suivant la sorte des bois et les exigences des Compagnies, de 3,5 à 4 centimètres par mètre.
4° Avoir une décroissance normale, ceci voulant dire qu'entre ses deux extrémités, le bois ne doit pas présenter une trop grande dilTérence' de grosseur. On admet généralement une décroissance de 2,5 centimètres par mètre pour les petits bois, et de 3 centimètres pour les gros. 5** Etre sans nœuds saillants. 11 faut, en effet, que les nœuds soient bien rabattus pour que l'ouvrier du fond, qui travaille dans une quasiobscurité, puisse prendre les bois, les manier, les découper et les placer, sans risque d'être blessé par leurs aspérités.
6* Être sciés aux deux bouts à la longueur voulue, sans cassures ni fentes, de façon que Tétai puisse reposer bien droit sur la terre et sous la traverse qu'il doit soutenir.
7* Les résineux doivent être convenablement écorcés, pour que leur conservation soit assurée. Cet écor* cage doit être complet. Toutefois, on doit éviter, d'une part, de laisser trop d'écorce, d'autre part, de faire perdre trop de temps au bûcheron pour enlever les moindres parcelles restées adhérentes à Tarbre ou entourant les nœuds. Le mélèze doit seulement être blanchi sur quatre faces.
A de rares exceptions près (frêne, saule, tilleul, hêtre, fruitiers, châtaignier), les feuillus doivent être pelés sur quatre faces d'un bout à l'autre, c'est-à-dire que l'écorce doit être enlevée jusqu'au bois sur quatre génératrices, afin de permettre le dessèchement [fig, 47). Cette opération se fait très rapidement, au moyen d'une griffe très coupante, en acier trempé [fig. 48), qui dé- ^^^' ^^* tache sur deux diamètres perpendiculaires, des lanières d'écorce de 2 à 3 centimètres de largeur. Les mines du Centre exigent l'écorcement complet des bois.
Fig. 47.
132 LES PETITS BOIS DINDUSTRIE
Art. IV. — CLASSEMENT DES BOIS DE MINES A. — RÉGION DU NORD ET DE LA BELGIQUE
d) Sous les noms de hourettes^ fascines, bourrées, on désigne des fagots de fines ramilles que l'on dispose entre le boisage, les murs et le toit, pour retenir les terrains friables. €es fagots ont 1" à l'",20 de long, O^jOO à 1 mètre de tour ; ils valent 3 à 5 francs le cent, et coûtent 1 fr. à 1 fr. 50 de façon.
Les veloutés sont surtout employées dans le bassin de Liège; elles ont 1",10 de long, 0"\30 de tour. Réunies en paquets de 6, elles valent 15 francs le cent, et coûtent 3 à 5 francs de façon.
Ces ramilles feuillues sont parfois remplacées par des bourrées résineuses, valant de 7 à 8 francs le cent (Crahay, Manuel de Cubage),
b) Les queues, godillots, toates, esclimbes^ sclimbes, lambordes, sont de petits bois ronds, sciés à des dimensions Irxes, provenant, soit des taillis feuillus, soit de petits résineux d'éclaircies, soit de bouts de perches résineuses. I^s mines en font une énorme consommation. Ces queues ont généralement 1",10 à 1™,35, en moyenne 1™,20 de long, mais souvent aussi (^Belgiquej l™,50, l'",80 et 2 mètres. Les dimensions en grosseur varient de 12 à 24 centimètres de tour pour les feuillus, ou bois gris, de 14 à 24 centimètres pour les résineux, mesures prises au milieu. Les types les plus répandus sont les l'",20 12/18 et les 1™,20 19/24. Leur valeur oscille autour de 1 1 francs le stère empilé de foret, rendu.
c) Les rallonges, ou rallongucs, ou bêles, sont des bois déjà longs, destinés à soutenir les queues ; ils ont 2'",50 à 4'", 50 de long, 18 à 30 centimètres de circonférence au milieu. Les types de fabrication courante sont les 2'", 50 18/24, 2*, 50 25/29, 3 mètres 25/29, 4 mètres 25/29. Kn raison de leur longueur, ces rallonges sont payées proportionnellement plus cher que les queues: elles valent en moyenne 13 francs le stère métrique, rendu.
ÉTAIS DE Ml^ES 123
d) Les bois de seconde classe, bois de mur^ bois de voie, bois de taille, etc., sont de petits étais ayant 0",80 à 1",80 de long, 23 à 34 centimètres au petit bout. Les types de fabrication courante sont les 0-,80 23/29, i" 23/29, 4",20 23/29, l-,20 28/32; l-,40 28/32; 1»,50, l-,60, l-,80 30/34 ; ils valent 13 francs le stère métrique, rendu. Prix faible ; n'en fabriquer que le moins possible.
e) Les bois de première classe, élançons, billes, étaisy buttes, ont :
l«i,50 à 3m de long pour lei feuillu» > «. ^ ^ ^ .
jm KA » *« crt 5 35 à ojcm de lonr an milieu.
1«»,50 a 4«»,50 » résineux )
Lee 35/39 bois gris se font en i,50, 1,60, 1,70, 1,80, 2, 2,20, 2-,50delong.
Lee 35/40 » .... 1,70. 1.80, 2. 2,20. 2» 50
Les 40/45 » 1.80, 2, 2,20, 2«,50 »
Les 45/50 » 2, 2,20. 2n»,50 »
Les 50/55 » 2,20, 2m,50 »
De ces Z dernières catégories, les plus répandues sont les l^.SO 36/40.
Lee K/63 » 2,50 et 3« de long.
Ce sont là les dimensions les plus ordinaires. Ces bois valent, rendus, 22 à 24 francs le mètre cube réel, soit 14 à 16 francs le stère de forêt.
Les bois résineux entièrement pelés, se fabriquent en l'°,60, 1",80, 2 métrés, 2'°,20, 2™, 40, 2'",50, 2'",80, 3 mètres, 3™, 50, 4 mètres, 4", 50 de long.
Les 35/39 ont communément 1,60, 1,80, 2>» de long. Les 40/44 » 1,60, 1,80, 2, 2™,20 de lonp.
. Lee 45/49 » 1,60, 1,80, 2, 2,20, 2,50, 2''».80 de long.
Les 50/54 * 2,20, 2,40, 2,50, 2,80, 3, 3'n,50
Les 55/59 » 3, 3,50, 4, 4ni,50 de long.
Les 60/64 » 4, 4«\50 de long.
Ces bois valent 23 à 26 francs le mètre cube réel, soit 16 a 19 francs le stère métrique, rendus.
/) Etançons en chêne complètement ecorcés. — Ces bois ont 1™,80 à 3 mètres de longueur, 35 à 70 centimètres de circonférence au milieu.
Les 35/39 se font en l"i,80 de long.
Les 45/49 » 2»» de long.
Les 55/59 » 2,20 et 2«,50 de long.
Les 60/65 » 2,50 et 3"" de long.
Les 65/69 » 3"» de long.
124 LES PETITS BOIS d'iNDUSTRIE
Les élançons valent 24 à 33 francs le mètre cube réel, soit 16 à 23 francs le stère métrique, rendu.
g) Chèneaux. — Ce sont des baliveaux chêne, ayant au minimum 6 à 7 mètres de long et au moins 40 à 70 centimètres de tour au milieu. On distingue communément :
Les petits chéneaux mesurant au minimum 6 inètresde long, 31/44 centimètres de circonférence au milieu,. 18/22 centimètres au petit bout ; spéciaux aux mines de Belgique.
Les chéneaux mesurant au minimum 7 mètres de long 40/70 centimètres de circonférence au milieu et 30/34 centimètres au petit bout ; employés surtout dans nos houillères du Nord. Le prix de ces chéneaux varie de 25 à 35 francs le mètre cube réel, rendu.
h) Les perches résineuses, souvent qualifiées de baliveaux^ ont 6 à 12 mètres de longueur, 35 à 00 centimètres de circonférence au milieu, 24 à 26 centimètres tin bout ; ellesvalent 24 à 27 francs le mètre cube réel, rendu.