MODES DE VENTE
Dans le Nord, la vente des étais se fait :
1** Au stère type (queues, rallonges, bois de taille). Par stère type, les mines ne désignent pas du tout le stère empilé de forêt, avec ou sans sa surrnesuré de hauteur^ mais bien une mesure conventionnelle, comprenant un certain nombre de morceaux qui comptent pour un stère. Ainsi, pour les queues de 1"^,20 12/17, on exigera habituellement 250 morceaux pour un stère, ou plus encore (*). Si une pile renferme 25.000 bûches, elle sera comptée comme ayant
-2gQ— =100 stères.
Avec ce système, l'exploitant ne sait jamais où il va, s'il n'a pas au préalable vérifié sur ses bois, les chiffres fournis par les Compagnies et toujours trop forts. Il n'arrive pour ainsi dire jamais, que les bûches aient exactement les dimen-
(*) Dens la coupe de Noiron-lès-Giteaux, les queues de 1°>,20 12/18 ne fournissaient en moyenne que 190 à 200 morceaux au stère empilé, alorsque les barèmes donnent 225 morceaux.
ETAIS DE MINES
sions requises ; on a toujours tendance à forcer la mesure pour éviter des rebuts. Par exemple, si le vendeur livre pour des queues de 4", 20 12/17, des bois ayant 20 centimètres et au-dessus, les 250 morceaux font beaucoup plus que le stère ; il n'a donc pas vendu au prix qu'il croyait. D'autre part, il perd sur le transport de bois trop gros et, par conséquent, trop lourds. Les Compagnies sont seules à profiter de ce boni cle mesure. Comme elles refusent ou déclassent impitoyablement les morceaux qui n'ont pas les dimensions portées au marché, elles se taillent ainsi la part du lion.
Nous ne saurions donc trop mettre le commerce novice en garde contre le mirage du prix austère. L'écart entre le stère type des Compagnies et celui empilé de nos coupes, est de 12 à 20 % 6n moyenne. Un négociant de la Sologne, qui vend ses queues à 10 francs le stère rendu franco wagon arrivée Nord, livre au maximum son bois à 8 fr. 80 le stère de forêt. Défalquant 1 fr. 50 de façon, 1 fr. 25 de transport sur essieux, 4 fr. 80 de transport sur fer (10 francs la tonne, pour un poids de 460 kilos par stère), il reste 1 fr. 45 comme valeur du stère sous feuilles. Un négociant de la Bourgogne, n'ayant que 3 fr. 22 de transport par eau à supporter (en moyenne 7 francs la tonne), vend donc ses queues sous feuilles à raison de 2 fr. 83. Et nous ne tenons pas compte des rebuts !
On doit conclure de ces résultats, que le commerce ne se rend pas un compte suffisant des marchés qui lui sont présentés. Pour les régions comme la Sologne, la Bourgogne, la Comté, le Morvan, il faut relever les cours d'environ 20 7oi et exiger des Compagnies 12 francs pour le stère de queues.
2*^ Au cent de morceaux ou à la pièce (rallonges, bois de !'• et de 2"*« classe). Les prix étant fixés par morceau, l'exploitant est mieux édifié sur la portée de son contrat. Prenons, par exemple, une bille de bois gris, de Lens, de 3 mètres 50/54, payée 1 fr. 34 le morceau. La dimension moyenne de Tétai est 3 x 52^^", 5. Le tarif Moulin donnantpour cette bille un cube de 0,065806 (volume réel) et un rendement de 15 morceaux au mèlre cube,on voit que ce dernier est payé, rendu, à raison de 20 fr. 10. Déduisant 1 fr. 50 de façon, 1 fr. 25 de transport sur essieux, 4 francs de transport moyen
LES PETITS BOIS 0 INDUSTRIE
sur fer, il reste comme valeur du stère sous feuilles (*) 13^40 — 6,75 = 6 fr. 65. C'est acceptable pour des bois jusqu'à 2 mètres de long, mais insuilisant pour ceux de 2"^, 50 et de s3 mètres.
3° Au mètre cube réel (chêneaux, perches résineuses). Les perches sont cubées individuellement à Faide de tarife (Gœbel, Crahay, 'Moulin, etc.), qu'il faudra spéciGer soigne«sement dans le contrat de vente, et en fonction de la circonférence médiane. Vendre 24 francs le mètre cube rendu, c'est vendre sous feuilles environ 13 fr. 40 en Sologne et 15 francs en Bourgogne (région du canal), en comptant à 5 francs par mètre cube, la façon et le transport sur essieux-