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POTEAUX TÉLÉGRAPHIQUES ET SUPPORTS ÉLECTRIQUES

en effet, les poteaux en bois ne durent guère plus de 12 a 15 ans au maximum ; d'autre part, ils sont exposés à se bri- ' ser par le pied, en provoquant de terribles accidents lorsque les lignes se croisent, ou à s'enflammer comme de véritables torches, sous l'influence des hautes tensions.

L'essence employée est généralement le sapin préalablement injecté au sulfate de cuivre ou au chlorure de zinc. Les poteaux pouvant supporter double fil électrique pour transport de force, valent environ :

Le support de 10°^ de hauteur 69 fr. pièce

» 12'«i » 74 ir. »

» 14m » 83 fr. »

» 16'» » 100 fr. »

Ces prix comprennent la valeur du bois 30 francs en moyenne), la ferrure et les frais de plantation. Pour calculer le nombre des poteaux, on peut admettre que la distance entre deux supports consécutifs est de 40 mètres en alignement droit, de 25 à 30 mètres dans les courbes.

b) Supports métalliques. — Après le bois, on a utilisé le fer dont la durée est à peu près indéfinie, si l'on a soin de se garder des effets destructeurs de l'oxydation. Mais les supports pleins coûtant beaucoup trop cher pour être d'un emploi courant, on a fabriqué des poteaux en tôle mince, moins durables que ceux en bois, partant bien plus dangereux, car ils cèdent inopinément, rongés par la rouille que mascjue la peinture extérieure.

Les poteaux en treillis utilisés dans les grandes villes, Di- ' jon, etc., sont laids, encombrants, d'un prix très élevé et d'un accès facile aux entreprises des imprudents et des malveillants. Les poteaux à prisme et à frette sont encore plus onéreux, et présentent, comme tous les autres supports en fer, un danger réel pour le public, lorsqu'ils supportent des lignes à haute tension.

c) Supports en ciment armé. — On a cherché à fabriquer des poteaux dont le prix soit comparable à celui des poteaux en bois, mais qui rivalisent pour la durée avec les supports métalliques. On a cru résoudre le problème en comljinant l'emploi du bois, du métal et du ciment. Voici la composi-

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tîon (Tun poteau normal, fabriqué par la maison Bourgeat, de Voiron, pour la ligne Livet-GrenoUe :

Longueur totale du poteau : 12 mètres, dont 1",80 encastré dans le sol, dans un massif de béton de chaux lourde, de O^.GO de côté.

Le poteau est formé par :

1** Une âme en sapin, de 0"*,19 de diamètre à la base, de ô",09 au sommet ;

2° Une hélice en fil ou cable de fer, de 6 millimètres, entourant Tâme et destinée à isoler Tarmature en bois pour qu'elle soit bien enrobée dans le ciment ;

3** Huit tiges équidistantes en acier rond, de 7 millimètres de diamètre, reposant sur Thélice précédente, dans la position des génératrices d'un cône concentrique à Tâme en sapin, fortement tendues et reliées entre elles aux extrémités de Fâme ;

4*» Un grillage en métal déployé ou toile métallique à mailles de 22 millimètres, en til de 1 millimètre dediamètire, enveloppant Tarmalure d'une façon invariable ;

5® Un mortier de ciment artificiel de première qualité, au dosage de 1/3 en poids de ciment et 2/3 de sable grossier, très maigre et bien lavé, formant remplissage jusqu a l'âme en bois et recouvrant toute l'armature et le treillis sur une épaisseur de i centimètres au moins.

Le rôle de l'âme en bois est complexe. D'une part, eile sert de support à l'armature métallique pour la fabrication et de moule intérieur. D'autre part, elle donne au poteau fabriqué une certaine rigidité et permet de le démouler, de le transporter et de le manipuler une heure après le moulage.

Le bois employé doit être vert. Dans les premiers esfisôs, on avait utilisé du bois sec. Mais, après l'application du mortier, l'humidité de ce dernier avait fait gonfler le poteau» ce qui avait provoqué des fissures longitudinales dans le béton. Ces inconvénients seraient maintenant évités par l'emploi de bois vert, ou de bois ayant trempé huit jours. C'est à vérifier.

Ces poteaux en ciment armé reviennent, sans garniture, à 72 francs Tun, alors que ceux en bois injectés ne coûtentque 36 francs. Malgré les assurances données par les consicuc-

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teurs, les résultats fournis jusqu'ici ne sont guère brillants ; la moindre fissure (et il y en a toujours) fait éclater le ciment armé, qui dure ainsi moins longtemps que le bois.

d) Concurrence étrangère, — Nous trouvons dans un prospectus de la maison Himmelsbach frères, de Fribourg (Bade), Fentrefilet suivant : « Toutes les administrations et les grandes Compagnies de chemins de fer françaises et étrangères, les plus importantes sociétés électriques, emploient nos poteaux de la Forêt Noire, imprégnés au bichlorure de mercure (système Kyan), ce qui leur assure une conservation de 15 à 20 ans en terrain normal. » Nous n'avons pas à discuter cette étrange affirmation d'étrangers se posant en fournisseurs attitrés de nos grandes administrations françaises ; mais nous devons déclarer bien haut que le procédé allemand de conservation au bichlorure est notablement inférieur au procédé d'injection français par la méthode Boucherie, et que nos bois valent bien ceux de la Forêt Noire. Nous ne pouvons, en conséquence, que plaindre ceux qui se laissent piper par des mots.

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