CHAPITRE PREMIER
DEFINITIONS BT 6£NfiBALITE8
Art, I•^ — DÉFINITIONS
Par bois ronds^ grumes, on entend des arbres bruts ou écorcés, mesurant au moins 0",60 de tour à 1"*,30 du sol et 0°*,30 au fin bout. La marine, les arsenaux, les chemins de fer, les scieries, les tonneliers, les carrossiers, les charrons, les sabotiers, etc., font une énorme consommation de bois ronds. Le premier souci de l'exploitant doit être de trier ses arbres sur le parterre des coupes, de voir le parti le plus avantageux qu'il peut en tirer d'après les commandes qui lui sont adressées, les adjudications prévues, les annonces des journaux commerciaux, les besoins connus des industries les plus variées. Pour opérer avec certitude, il faut nécessairement connaître à fond le débit et l'emploi des bois, être en état de comparer à tout instant les prix oiferts pour tel usage avec ceux à espérer de tel autre plus rémunérateur. C'est ainsi, qu'avec les pièces exceptionnelles, on pourra toujours constituer des lois d exportation pour TAngleterre, la Belgique, la Hollande, lots qui ne tarderont pas à porter très haut et très loin la renommée des bois incomparables, venus sous le ciel privilégié de notre beau pays.
Art. II. — QUALITÉS ET DÉFAUTS DES BOIS RONDS — USAGES COMMERCIAUX
Les grumes doivent être :
Droites, — La courbure des arbres, môme unilatérale, est toujours un défaut. Dans les bois de construction, on admet une flèche au plus égale au quart du diamètre au milieu. Dans les bois de sciage, les billons de 3 mètres de long et moins doivent être parfaitement droits ; à moins d'indications contraires, ceux de 4 mètres et plus peuvent présenter une seule courbure de iO centimètres de flèche. D'une façon générale, les courbures sont d'autant plus préjudiciables au débit, que l'arbre est plus petit et plus court. On ne tolère de courbures en tète que pour des bois d'un grand prix. Les arbres présentant une rectitude parfaite de fut, sur des longueurs de 7 à 8 mètres, bénéficient d'une plus-value de 25 7^ au minimum.
Bien soutenues, — Une pièce est bien soutenue, quand son diamètre décroît d'une façon régulière et que, sur plusieurs mètres consécutifs, elle présente la forme d'un cylindre. La décroissance se mesure au moyen du coefficient de forme ou du défilement.
Le coefficient de forme s'obtient en divisant l'un par l'autre, les diamètres ou circonférences mesurés aux 3/i et au 1/4 de la longueur totale des pièces. Une bille de 12 mètres de long, ayant un diamètre de 0'",30 à 9 mètres et de
0™,40 à 3 mètres, a un coefficient de forme égal à jq =0,75.
On distingue les bois :
Trèf mal Mal Bien Trèn bien
tenus tenus tenus tenus
Longs ) ( 0,65 0,67 à 0,70 0,70 à 0,75 0,75 et plus ) He
»»»^* j ^ coefficient
Couru S ^ \ 0,70 0,70 à 0,75 0.75 à 0,80 0,80 » J de ïo™.
Le défilement est la quantité dont le diamètre ou la circonférence diminue pour chaque mètre de longueur. Pour obtenir le ^awa: de défilement, on retranche l'un de l'autre les diamètres ou les circonférences, mesurés au 1/4 et aux 3/4 de la longueur
DÉFIMTIONS ET GENERALITES 175
puis on divise le nombre trouvé par la demi-longueur. Un arbre de 16 mètres de long ayant 1"*,80 de tour à 4 mètres et 1™,66 à 12 mètres, a un taux de défilement de :
l i5ÎL^J Jî? = 0,007.
Ce taux varie entre les limites ci-après, la circonférence étant prise comme base :
Boii bien tenai Médiocrement tenus
Pour qu'un billon de sciage de 4 mètres de long soit bien tenu, il faut qu'il présente un coefficient de forme de 0,95, ou un défilement de 1,5 centimètre par mètre sur le dia* mètre.
Propres. — C'est-à-dire sans nœuds trop volumineux. Cette qualité est surtout appréciée dans les bois de sciage fins. Les arbres lavés^ sans nœuds, sont payés 30 % plus cher que les autres.
Exemptes de :
1** Pourriture. — Sont refusés les arbres présentant sur la section d'affranchissement, plus de deux taches de pourriture, ou une seule tache s'étendant sur une surface supérieure au quart de celle de la découpe. Les réductions à faire subir pour pourriture se calculent ainsi :
Pour une tache de 3-4 centimètres de diamètre, diminuer de 2 centimètres le diamètre au milieu.
Pour une tache plus grande, diminuer de 1 centimètre le diamètre au milieu, pour chaque centimètre de pourriture en excédent.
Pour un nœud de 3-4 centimètres de diamètre, diminuer de 2 centimètres le diamètre au milieu.
Pour un nœud plus volumineux, diminuer de 4 centimètres le diamètre au milieu.
2o Gélivure et roulure. — Voir pour les réductions, tome I", pages 118 et 121.
3** Fentes. — On tolère généralement une seule fente
174 BOfê BONDS OU EN GRUMES
droite au pied ou à la tête, pourvu qu*elle ne s'étende pas sur plus du quart du diamètre pris au milieu.
Pour les bois résineux, les accroissements doivent être réguliers et étroits ; une faible épaisseur d'aubier décèle la qualité des pins et des mélèzes.
Pour les chênes, les accroissements doivent être larges, et la proportion d'aubier peu considérable. L'épaisseur de ce dernier se mesure toujours à la découpe fin bout, et non sur la section de tête.
Abt, HI. — MESURAGE AVEC OU SANS ÉCQRCE
Le mesurage des bois se fait, tantôt sur écorce, tantôt sous éeoTce. Quand les bois doivent être écorcés sur le parterre des coupes, il est bon de laisser au pied un anneau d'écorce, sur une longueur de 0,'"50 à 0™,60, pour éviter les fentes. L-écorçage diminuant le volume du bois, il faut nécessairement tenir compte de cette diminution pour établir le prix de
vente. Le 7o d'écorce est égal à 200 X jj (Ilufnagl), D étant
le diamètre au milieu de la tige avec écorce, et X étant le double de l'épaisseur de l'écorce au même point. Sous cette forme, on voit que la proportion d'écorce diminue avec le diamètre de l'arbre : eue est en moyenne de : 5 à 8 7o chez le hêtre,
7 à 11 Yo chez le pin sylvestre,
8 à 12 7o chez le sapin et Tépicéa, 7 à 20 Vo chez le chêne,
10 à 18 7o chez le mélèze.
(Hufnagl)
Dans la pratique, on détermine rapidement le 7o d'écorce, en cubant l'arbre au moyen de Tables, d'abord avec, puis sans écorce. Soit, par exemple, un chêne de 10 mètres de long, ayant 1",32 de tour au milieu sur écorce, son volume est (Tarif Grahay) de 1°'%387. L'écorce ayant une épaisseur de 1*^,5 sur le rayon, la circonférence au milieu, sous écorce, ne sera plus que de l'",23. On trouve alors que l'arbre de 1",23 de tour, sur 10 mètres de long, cube i°'%204.