‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 78 sur 194 · A3T;-XXIT. — GRUMES DE MÉLÈZE · texte numérisé non relu

A3T;-XXIT. — GRUMES DE MÉLÈZE

Lejnélèee ne se trouve généralement pas -coté sur lesmer-^v cuiiales. Le&îCompagnies de chemins de fer. qui rechercbent les bois durs, résistants, pour la construction de leursvwar gons, semblent ignorer son existence : eUes préfèrent utiliser de . mauvais piohtpin I Cest cependant le meilleur bois de nos montagnes, et celui des plantations ne; le cède à aucun, produit exotique, qu-il soit du Canada ou de la Floride. On s'en sert pour les- pilotis^ la; charpente, la fente. La. menuiserie du. bâtiment, peut remployer sans crainte à Tcggi du chêne, pour les porte»» le» fenêtres, les travaux de décerar tionintérieure ; l'industrie du meuble peut aussi en tirer. uni excellent parti. .Nous avons vu à Coùsance, chez M. Glercv tout un mobilier de bureau, du plus gracieux effet, fabriquéi avec des mélèzes provenant de Colonosay (Jura). J'estime même, que, pour les bordés sous cuirasse, le mélèze se com?. porterait tout aussi bien que le teck. Le classement des mélèzes est le même que celui des sapins et épicéas, mais sa valeur est certainement plus élevée de 35 à 40 Yo, bien que le commerce en soit encore mal pourvu.

Art. XXV. — GRUMES DE CÈDRE

C'est le cèdre du Liban qui peuple nos forêts algériennes. J'ai eu l'occasion de voir récemment deux billes de bois.pro*

228 BOIS RONDS ou EN GRUMES

venant Tune de Tllimalaya et l'autre d'Algérie ; l'étiquette seule pouvait indiquer leur provenance. Mais, tandis que le Déodara sert, dans le royaume de Cachemire, aux plus nobles emplois, qu'il forme la charpente des édifices et décore les plus beaux temples du monde, on fait en Algérie, avec le cèdre du Liban, des traverses pour l'Est- Algérien ! Faute de moyens économiques de transport, faute de scieries, on en mésuse dans l'Aurès et ailleurs, où le mètre cube sur pied vaut de 4 à 7 francs (Lefel^vre). Cependant, il n'est pas de bois meilleur pour la menuiserie, l'ébénislerie, en madriers, planches ou placages. Si la fabrication des crayons n'était pas une industrie allemande, on trouverait dans le cèdre du Liban, un succédané du Jiiniperus virginiana, du Texas et de la Virginie, que Ton se procure de plus en plus difficilement, presque au poids de l'or. Excellent comme bois à moulures, il pourrait encore remplacer le Cedrela odorala dans la fabrication des caisses de cigares, dans celle des boîtes et des caissettes de luxe. C'est en poutres bien desséchées, complètement affranchies d'aubier, que le bois du cèdre algérien a le plus de chances de réussir sur les marchés de France et morne d'Angleterre.

Le bois de cèdre vert exige, avant tout emploi, une dessiccation de () mois à 1 an, qui doit être conduite avec soin et faite à l'abri des variations brusques de température, pour éviter que les pièces débitées se fendillent, se voilent et se gauchissent. Le bois de cèdre mort, plus odorant, plus tendre, se travaillant facilement, peut être employé immédiatement (Lefebvre).

^ota, — Parmi les autres essences algériennes ne figurant pas sur les mercuriales et susceptibles d'emploi, nous citerons :

Le Caroubier dont le bois dur, lourd, richement nuancé et veiné, peut remplacer celui du noyer dans la plupart de ses applications.

Le Pistachier tèrébinthe, malheureusement en voie de disparition, admirable bois d*ébénislerie et de marqueterie, au moins aussi beau que le palissandre.

Les Eucalyptus qui, exploités trop jeunes, donnent un bois raide, nerveux, se déjetant, se tourmentant et ne pouvant guère servir qu à fabriquer des pavés. Sous de plus fortes dimensions, les Eucalyptus algériens se rapprocheront davantage des Jarrah et des Ka)ri de TAustralie dont nous jugeons le bois seulement d'après des échantillons d'arbres géants.

Page 1