‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 87 sur 194 · CUBAGE DES BOIS EQUARRIS · texte numérisé non relu

CUBAGE DES BOIS EQUARRIS

commerce des bois à Paris. 11 n'est pas nécessaire que cettefourniture soit stipulée dans les contrats : elle est tacite et de plein droit si Ton a adopté le tarif Cordoin. En province ou avec d'autres tarifs, le contrat doit, au contraire, stipuler nettement s'il y a fourniture, et en indiquer le taux.

Les bois doivent être de qualité loyale et marchande. Les^ réductions pour malandres sont discutées au moment de la réception, et réglées d'après leur importance; elles portent sur la longueur, étant en général dHun mètre pour chaquemalandre, nœud vicieux ou roulure.

GHAPITBR m

Art. I«^ — CHARPENTE CHÊNE

!• Constructions civiles.

A. Place de Paris. — Classement résumé dans le tableau ci-dessous :

Prix du

ÈcluotilloDS

Diainèlre à la baie

Éqaarri»«m»e aa milieu

Loaguear

mètre cube

ëquarri,

octroi comprin

Bois de tas . .

Variable

70 à 80ff

Petit arrimage .

«t an-devsoDs 0,40 à 0.45

entre 4 et 12 m.,

80 à ÇO

Moyen arrimage.

en moyenne 6 m.

Arrimage . . .

Gros arrimage .

0,75 et plu*

51 X 54 et plus

Flache n'excédant pas le 1/5 de la face plane correspondante. Mesurage à l'équerre. Mesures prises de 3 en 3 centimètres. Cubage au tarif Cordoin.

B. Province. — En province, les charpentes clu^ne se divisent seulement en petites et grosses charpentes. La limite

CLASSEHENT DBS CBARP&NTES iài

qui les sépare, c'est un pied ou O^^fâS d equarnssage au milieu, oe qui correspond à 0'',48 de diamètre à la baie. Mais, pour que cette dimension soit suffisante, il fautquela pièœ soit longue et assez droite, c'est»à-dire ait 6 mètre» de long et pas de forte courbure. Sinon, ce n'est guère que vers 15 pouces d ecpiarrissage (0*^,44) au milieu que le ch^e se classe comme grosse charpente. U doit alors présenter O'^.BO ei plus de diamètre à la base.

Les arbres de 18 pouces ou 0",50d'équarrissageau milieu (0'°,70 au moins de diamètre à la base), sur plus de 6 mètres •de longueur, sains, mais même avec des nœuds, sont classés hors ligne, et deviennent presque introuvables.

La plupart des bois catalogués comme charpentes dans les mercuriales forestières, sont des bois égobelés ou à peine charpentés au quart, dont le volume se calcule en prenant comme côté d'équarrissage le quart du pourtour mesuré à la ficelle. La valeur de ces bois varie nécessairement avec le -degré d'équarrissage. Si i mètre cube de bois rond (vohime réel) donne à peu près 0"%780 de bois équarri (volume au quart sans déduction), on peut vendre sur wagon départ :

50 à 60 fr. le mètre cube la petite charpvBte 70 à 100 » la grosse charpente

110 à 140 » la efcarfente hors lignes

Il est à remarquer que, de 1846 à 1876, soit en 30 an&, la petite charpente a conservé un prix stationnaire, tandis •que la valeur de la grosse charpente a progressé de 1 1/2, et la charpente hors ligne de 2. Durant la dernière période trentenaire, soit de 1876 à 1906, la petite et la grosse charpente ont progressé d'un quart, et la charpente hors ligne de plus du tiers.

4&» Constructions mariilmes.

La marine française achète :

1** Des charpentes grossièrement équarries et présentant sur chaque face 15 % d'aubier ou de défourni. En général, les tolérances de flache sont larges, mais le fournisseur a

252 BOIS ÉQLWRRIS, ETC.

tout intért^t à bien équarrir ses arbres et à4es purger convenablement d'aubier. Cela résulte du mode de cubage employé par la marine.

Prenons par exemple une pièce de chêne ayant 7", 60 de long, 0™,38 de largeur et 0'",39 d'épaisseur fig. 80,. A Taide d'un compas courbe, l'agent chargé de la réception mesurera les deux diagonales sur aubier A B et Cl); il en prendra la moyenne, et défalquera l'épaisseur du double d'aubier du diamètre moyen ainsi obtenu. Multipliant par 0,82 le nombre ainsi trouvé et exprimé en cenpj gQ timètres, il aura le cAté d'équarrissage,

donc aussi le volume. Si AB = 0'",50 et CD = 0",4<), le diamètre moyen, en centimètres, est

2 — = *8. Déduisant 4 centimètres d'aubier, il reste W ;

multipliant 44 par 0,82, on obtient le côté de l'équarrissage cherché, soit 0'",3B. La pièce a donc pour volume :

Que représente ce volume marine à 15 ^/o de tolérance par rapport aux modes de cubage usités dans le commerce ? C'est ce qu'il est utile de préciser eu vue des transactions commerciales. Tout dépend de l'épaisseur d*aubier. On démontre que si l'épaisseur d*écorce et d'aubier est les :

10 ^'(i de ce diamètre, le volume marine = volume réel X 0,690

Par suite, dans les conditions les plus ordinaires, c'est-à-direquand la proportion d'écorce et d'aubier atteint 10 à 15 ^j^ du diamètre, le volume marine se confond très sensiblement avec le volume calculé en fonction du carré inscrit : 1 mètre cube réel donne 0'"%640 de bois équarri ; le déchet est de 36 ^/q. Quand la proportion d'écorce et d'aubier s'élève à 20 <>/o du diamètre, le volume marine équivaut au volume au sixième; à 24 Voi ce n'est plus que le volume* au cinquième.

S** Des charpentes équarries à vives art^tes et dont Téquarrissagc au milieu doit être maintenu à la mt^me grosseur jusqu'au petit bout. Pour obtenir le volume, la marine mesure toujours le diamètre moyen sur aubier, déduit ce dernier, puis multiplie la différence par 0,72. Cela revient à diminuer la circonférence sur écorce de 1/5 et à prendre pour côté d'équarrissage 23 7o de la circonférence ainsi réduite. Ce procédé de calcul est équivalent au cubage au cinquième déduit, tant que l'épaisseur d'écorce et d'aubier n'est pas supérieure aux yqq du diamètre au milieu.

Les pièces de marine se mesurent différemment selon les formes qu'elles affectent; mais les dimensions s'expriment d'une manière uniforme en nombre pair, de décimètres pour la longueur, de centimètres pour les côtés d equarrissage. Les mesures sont prises par défaut.

L'équarrissage se prend, tantôt simplement au milieu de la longueur des pièces, tantôt à la fois au milieu et au petit bout. On le représente par deux termes disposés comme ceux d'une fraction :

Larfireiir sur le tour épaisseur »ur le droit

La largeur sur le tour est la distance entre les faces courbes mesurée sur les faces planes ou faces de retour. L'épaisseur sur le droit est la distance entre les faces planes mesurée sur les faces courbes ou faces de droit. Pour les bois tout à fait droits, la largeur sur le tour désigne le plus grand côté d'équarrissage quand la tige est méplate.

Les bois de marine se classent en : bois droits, bois courbants et bois courbes. Cliacuiie de ces catégories est ensuite divisée en signaux et espèces.

Le signal caractérise surtout la configuration générale de la pièce: on rindique au moyen d'une ou de deux lettres tracées à la rouanne sur les charpentes. L'espèce tient compte des dimensions : elle se désigne par un numéro d'ordre placé en avant du signal.

La marque :

indique un plançon de 2* espèce, ayant 1",10 de long, 40 X 40 centimètres d'équarrissa^e au milieu, 36 x 36 centimètres au petit bout.

LamarÎTie n'achète pour ainsi dire plus de bois courbes et courbants. Bar contre, elle continiie à s'approvisionner en bois droits, tels que Quilles, Ëtambots, Bittes et Plançons, qui peuvent se débiter en bordages, madriers et planches de toutes dimensions.

Le classement est donné ci-dessous :

Quilles

IQ

36 X 36 Élambots

lEt

2 Et

3 Et

4 Et

40 X 32 Bittes

5Bi

6 Bi

36 X 36 Fiançons

Autrefois^ la visite et la recette des bois se faisaient dans les ports, elles s'effectuent maintenant à proximité des lieux d'exploitation par les Ingénieurs de la marine, soit que les bois proviennent d'adjudication, soit qu'ils aient été réservés dans les forêts soumises au régime forestier. Les bois étant équarris et purgés des parties viciées, on procède à. un examen sommaire, en blanchissant partiellement les bouts et les faces et en sondant les nœuds, gélivures et roulures, de façon à établir un premier classement en signaux et espèces.

On passe ensuite à la visite minutieuse, qui comporte tous les sondages nécessaires, les réductions ou déchéances, et la fixation des dimensions et du classement définitif. Pour toutes ces opéra-

lions, le vendeur met à la disposition de la marine les hommes et les outils nécessaires.

Les principales tares pouvant prêter à déchéance ou à rebut soUi la pourriture, la cadranure, ta lunure, la gélivure, la roulure et les nœuds gâtés. SU y a pourriture, on sonde jusqu'au bois sain ; on éboute si le mal s'arrête brusquement, on rebute dans le cas contraire. Les feules du oœur, qui s'avancent un peu loin, entraînent le rebut. Il en est de même de la lunure, sauf cependant quand elle n*a qu'une faible épaisseur. Les gélivures se découvrent par le sondage des fentes superficielles ; on les sonde en profondeur, et, suivant les cas, on rebute ou on reçoit avec réduction ou déchéance. La roulure est presque toujours une cause de rebut. Les nœuds gâtés sont vidés et purgés. La grisette fait rebuter ou déchoir la pièce. Le bois gras prête à refus pour certaines pièces, comme les membrures ; les fentes et les nœuds trop nombreux sont également une cause de rebut pour les bordés. On ne compte pas comme dé* fectoosités entraînant réductions les légères fentes et les petites cavités de sonde qui ne pénètrent pas au delà du 1/10 de l'équarrissage théorique pour les pièces de membrure, et au delà du 1/20 pour los autres pièces.

Au cours de la recette, les bois peuvent être sondés au ciseau, à la hache de sondeur et à l'herminette ; ils peuvent de plus être ébotttés plus ou moins loin. Le fournisseur peut s'opposer à ces sondages, mais alors la pièce est refusée.

La dépréciation peut être, soit une réduction sur les dimensions et sur l'espèce, soit une déchéance sur le signal. Ainsi, lorsqu'on a ébouté uue pièce ou diminué son équarrissage, on peut lui conserver le même signal, mais baisser d'un ou de deux numéros dans l'espèce. Les bois droits et sains, qui présentent des défauts (formes vicieuses, fibres torses, nœuds, etc.) les excluant du signal ou de l'espèce correspondant à leurs dimensions, peuvent être reçus en déchéance et classés en poutres ou en solives et accores.

Il y a 4 classes de ces signaux de déchéance, ayant les dimensions suivantes :

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