‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 17 sur 69 · MODUS · texte numérisé non relu

MODUS

A. 9S. I). fi. BESEDICTO P.\P\ XIV APPROBATC9 ,

•Proopportunitatetempo>isscrvandus,utinfràinrubricis

ïUAin';

■ notalur. ad impertiendam benedictionem in articulo

• mortis constitutif , ah lis qui facultatem hahent à Se de

■ npostolica delegatatn.

» Bénédictin in articulo mortis , cùm solct impcrtiri , joosf » tacramenta Vœnitentiœ, Euckaristiœ et Extremœ Vnctio- » nis, illis infirmis, qui vel Main peticrint dùm sanâ mente

• et intcgris sensibus erant. seu verisimiliter pétrissent, vel » dederint signa conlritionis, imperticnda iisdem est, etiamsi » postcà linguœ cœterorumque sensuum usu sint dcstitutit » aut in delirium vel amentiam inciderint. Excommîinicatis » vero, ivipœnitentibus et qui in manifcsto peccato mortali » moriuntur , est omninà deneganda.

» Jlabcns prœdictam facultatem , ingrediendo cubiculum » ubi jacet infirmas , dicat : Pax huic domiii, etc; ad de-

• indè œgrotnm, cubiculum et circnmstantcs aspergat aquâ > bcnedictd, dicendo antiphonam: Asperges nie, eto;

» Quàd si œgrotus volucrit co?ifîteri} audiat illum et ah- » solvat. Si confcssionem. nonpetat, cxcitet illum ad elicien- » dum actum coniritionis; de hujus benedictionis efficaciâ aç » virtute, si tempus ferat , brevitcr admoneat ' ; tune instruat » atque hortetur, ut morbi incommoda ac dolores in antèactœ » vitœ expiationem libenter per ferai , Deoque sese paratu/m » offerat ad ultra acceptandum quidquid ei placuerit , et » mortem ipsam patienter obeundam , in satisfactionem » pœnarnm quas peccando promeruit. Tumpiis ipsum verbis » console t ur . in spem erigens fore ut, ex divinœ munificen- » tiœ largitate , eam pœnarum remissioncm et vitam sit con- » secuturus œternam. Posteà dicat :

» f. Adjntorimn nostrum in nomine Domini ;

» r*. Qui feeit cœlum et terrain.

Antiphona.

» Ne reniiniscaris, Démine, delicta famuli tni (vel an » cilUc 11102), neque vindietnm sumas de peccatis ejus.

» Kyrie, eleison ; Christe, eleison; Kyrie, eleison. Pa » ter noster , etc.

» v. Et ne nos indneas in tentationem ;

> bi. Sed libéra nos a malo.

, \\ Salvum fac servum tuum (vel ancillara tuam. etc. et sic de in ceps ),

• $!. Deus meus, sperantem in te.

• ir. Domine, e\audi orationem meam; » ly. Et clamor meus ad te veniat.

• tK Domiiius vobiscum, t pu. Et cum spiritu tuo.

OftEMCS.

■ Clementissime Deus , pater misericordiarum , et Deus totius consolationis, qui neminein vis perire in te credentem atque sperantem, secundùm multitudinem mi- » serationum tuarum respice propitius famulum tuum :V. , quem tibi vera fides et spes ehristiana comraendant. Visita eum in salutari tuo, et per Unigeniti tui passionem et mortem, omnium ei delictorum suorum remissionem et veniam clementer indulge, ut ejus anima in horà exitùs sui te judicem prnpitiatum inveniat, et in sanguine ejusdem Filii tui ;ib omnj macula ablu-

• ta , transire ad vitam mereatnr perpetuam. Per eumdem Christum Dominum nostrum.

» Tum, dicto ah uno è clcricis adstanlibus Confiteor, sacerdos dicat : Misereatur, etc. , et dvindè : » Dmninus noster Jésus Cbriatus , Filius Dei vivi ,

• qui beato Petro apostolo sud dédit potestalem ligandi atque solvendi , per suam piissimarn misericordiam re-

• cipiat confessionem tuam, et restituât tibi stolam pri-

• mam , quam in baptismale recepisti; et ego, facultate mihi ab apostolicà Sede tribulà, iudulgentiam plenariam et remissionem omnium peccatorum tibi concedo.

• lu nomine l'alris , et Filii et Spiritûs lancti. fjj. Amen.

• l'er lacrosancla humaine repara tiunis mysteria ,

• remittat tibi omnipotens Deus omnes pra'sentis et fu-

• turac vitic pœnas , Paradisi portas aperiat, et ad gau-

• dia sempiterna perducat. Amen.

• Benedicat te omnipotens Deus,, Pater, et Filius et

• Spiritûs sanctus. Amen.

• Sx vero infirmua sit adeo morti proximus, ut ncque con-

» fessionis generalii faciendœ , neque prœmissarum pn . recitandarum tempus suppctat, statim saccrdos henedictior nem ei impcrtiatur. »

D'après la teneur de la bulle que nous avons citée, .1 laquelle on n'a point dérogé depuis ce temps-là, aucun évoque, sans doute, ne manquera d'obtenir du Saint- Sié^e cette faculté qui lui est offerte : tous feront ce qu'ont fait pour le Mans MM. de Pidoll , de la Myre et Carron, et ce que nous continuons de faire : il subdélègueront tous les prêtres qui sont approuvés pour les confessions; car tous sont dans le cas d'assister les fidèles ai

la mort.

Cette subdélégation doit être positive, expresse et donnée même par écrit, avec mention de l'induit en vertu duquel elle est accordée. Si cette précaution n'est pas rigoureusement nécessaire jusqu'à cette exactitude , ce qu< nous n'oserions strictement affirmer, elle est au moin. infiniment plus sûre : or, c'en est assez pour qu'on doive la prendre. Voyez, au reste, ce que nous avons dit ci dessus, page 50.

1" QcESTios. — Faut-il dire le Confiteor , quand on donn< l'indulgence immédiatement après V Extrême- Onction ?

C'est au moins le plus sûr. Notre rituel dit bien que lorsqu'on donne le saint Viatique immédiatement apre l'Extrême-Onction, on ne réitère pas le Confiteor el\ Misercatur; mais Benoît XIV, prescrivant à tous les pre 1res délégués pour appliquer l'indulgence in articm moriis, de se servir de la formule ci-dessus rapportée, ne parait pas qu'on puisse omettre le Confiteor , etc., qi 5'v trouve prescrit.

2eQiESTio>.— Faudrait-il donner Vindulgenoe à celui y n'a plus l'usage de ses sens ?

Si, avant de perdre connaissance, il avait manifesté disir'de l'obtenir, ou si l'on présume que dans le cas ou

îùt la connaissance, il désirerait qu'elle lui fùl appliquée, m doit, sans aucune hésitation, la lui donner. Beîoit XIV le dit expressément, et tous les auteurs en conviennent. Nous enseignons qu'on doit appliquer les in- 'Julgences dans tous les cas où l'on donne l'absolution et i I \trcme-Onction , c'est-à-dire toutes les fois que l'in- 'Jignité n'est pas manifeste. Il y a souvent de grandes probabilités qu'elle ne servira de rien ; mais si, dans une telle extrémité, on hasarde les sacrements, pourquoi refuserait-on l'indulgence ?

H* Question. — Peut-on la réitérer dans la même maladie , quand la maladie se prolonge ?

Nous avions pensé qu'on le pouvait , mais une plus jinùre réflexion nous a fait changer d'avis, par la raison nue le fruit de cette indulgence n'est appliqué que dans l'article réel de la mort, de sorte que le malade qui ne fmeurt pas n'en profite point. Tel est le sentiment commun |et le mieux fondé. Boniface IX et Eugène IV l'ont ainsi déclaré.

Paul III, accordant une indulgence de cette nature à une confrérie du Saint-Sacrement érigée dans l'église de Sainte-)Iarie sur la Minerve, se servit de ces mots: la mortis articulo , etiamsi mors non sequatur. D'autres papes , dit Collet (page 32b"), ont employé la même formule. Or, une telle formule suppose que, de droit commun, l'indulgence n'est pas gagnée quand la mort n'a pas lieu. Théodore du Saint-Esprit qui était sur les lieux et consulteur de la Congrégation, en 1743 , atteste ( part. 1 ch. 2, p. 20») qu'on ne l'accordait à Rome, de son temps , que sous la condition de la mort : Si tamen hdc vice moriaris ; aliàs cam tibi reservo pro verœ mortis articulo.

La formule qu'a donnée depuis Benoît XIV , et que nous avons rapportée, n'est pas de nature à faire changer '1 Opinion ; elle ne décide en rien la question.

Cela étant, à quoi servirait une application réitérée Kms la même maladie ? Aussi un théologien distingué de

Rome nous a t-il écrit en lo26 , que la pratique coi inune dans les différents pays où il a été, est de ne point réitérer la formule de l'indulgence dans la même maladie.

Si cependant on découvrait que le malade n'était pas en état de grâce au moment où la formule a été prononcée, il faudrait la réitérer, car elle suppose les sentiments d'une vraie contrition, et serait nulle si cette condition n'existait pas. Au contraire, le malade qui, ayant été en état de grâce au moment de l'application , viendrait a pécher mortellement percevrait le fruit de l'indulgence à 1 article de la mort, pourvu qu'il eût recouvré la grâce; car, s'étant trouvé dans les dispositions requises , il a reçn \alidement l'application de l'indulgence ; seulement le fruit est demeuré suspendu jusqu'à la mort.

Tel est le sentiment du théologien romain déjà cité.

Ce théologien distingué n'ose pas néanmoins donner son sentiment comme certain. Nous pencherions pour réitérer la formule, dans l'hypothèse d'un nouveau péché grave, afin de prendre.le parti le plus sûr.

Il est d'usage , dans le diocèse, d'appliquer l'indulgence aussitôt que l'on a administré l'Extrème-Onction. Lorsque le malade est éloigné , on ne peut guère faire autrement. S'il n'était pas en danger prochain et si l'on pouvait facilement retourner le voir, il vaudrait mieux ne lui faire cette application que vers le moment de la mort. Toutefois il ne faut pas attendre l'agonie ou le délire : il est bien plus avantageux de faire cette application tandis que le malade a sa connaissance, afin que, par les actes prescrits dans la huile Pia mater , il se dispose à recevoir plus efficacement le fruit de l'indulgence.

4° Question — Un malade peut-il recevoir plusieurs indulgences plénières dans la même maladie ?

Il parait clair qu'il peut gagner plusieurs de ces indulgences, quand elles sont accordées à des titres différents, comme celles qui sont attachées à des chapelets, à des croix, à des médailles, ou bien à de9 confréries ou asso-

DES 1iNDULGL?sCES.

eu lions, pourvu qu'il ait rempli les conditions exigées pour ohacune d'elles. Il n'est même pas besoin, dit saint Liguori,de les connaître ou de se les rappeler distinctement : il surfit d'avoir l'intention d'en gagner tout ce que l'on pourra. Saint Liguori ajoute encore comme probable que l'on peut gagner l'indulgence de la bonne mort autant de fois que l'on répète le saint Nom de Jésus, ou qu'on fait un autre acte qui aurait été prescrit.

On ne saurait trop s'efforcer de multiplier ces moyens de satisfaire à la justice divine ; parce que nous ne savons pas combien il nous reste de peines à subir, et que nous ne pouvons jamais être sûrs d'avoir gagné les indulgences dans toute leur étendue. Combien sont à plaindre les indifférents qui vivent sans prévoyance, et se trouveront les mains vides au moment où il ne sera plus possible de réparer leur négligence ! Ce ne sont pas toujours les simples fidèles qui tombent le plus -dans cette imprudence : soment ceux qui les prêchent, les exhortent et animent leur piété, se négligent eux-mêmes à cet égard.

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