‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 22 sur 69 · DES CHAPELETS OU COURONNES DE NOTRE- SEIGNEUR · texte numérisé non relu

DES CHAPELETS OU COURONNES DE NOTRE- SEIGNEUR

Dans le Recueil d'indulgences imprimé à Rome en 1818, et réimprimé en 1837, on trouve quatre espèces de couronnes en l'honneur de Notre-Seigneur; celle proprement dite de Notre-Seigneur, celle de ses cinq plaies, celle de son précieux sang , et celle de son sacré Cœur.

$ I. Couronne de Notre-Seigneur.

Cette couronne consiste en trente-trois Pater en mémoire des trente-trois ans que Jésus-Christ a passés sur la terre , et cinq Ave Maria en l'honneur de ses cinq plaies. On termine par le Credo, qui est un abrégé des vérités que cet adorable Sauveur nous a enseignées. Voici comment on la récite : on commence par Ave Maria, puis on récite dix Pater; ensuite un Ave , et dix Pater ; encore un Ave, et dix Pater; enfin un Ave, et trois Pater; puis un Axe suivi d'un Credo (Raccolta, p. 7 1 ).

Léon X , Grégoire XIII et Sixte V avaient accordé diverses indulgences à ceux qui réciteraient dévotement cette couronne. Clément X les accorda toutes de nouveau, et à perpétuité, par un bref spécial du 20 juillet 1674.

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Les principales indulgences sont:

1° Cent cinquante ans pour ceux qui portent sur eux une de ces couronnes et qui , s'étant confessés et ayant :ommunié, la récitent les lundi, mercredi, vendredi et les fèlesjd'obligation qui se trouvent dans la semaine.

2° Indulgence plénière, à l'article de la mort, à tous ;eux qui, contrits de leurs péchés, se seront confessés ?l invoqueront au moins de cœur, s'ils ne peuvent le aire de bouche, le saint Nom de Jésus, pourvu qu'ils lient récité une fois', pendant leur maladie, la couronne le Notre-Seigneur , dans l'intention de gagner l'indulgence ; et s'ils guérissent, deux cents ans.

S0 A ceux qui auront coutume de réciter cette couronne u moins quatre fois par semaine, indulgence plénière me fois par an, le jour qu'ils voudront, pourvu qu'ils se lonfessent et communient.

h* Vingt jours d'indulgence à ceux qui, porîant habilellement cette couronne sur eux , s'examineront, enjreront dans les sentiments d'une vraie contrition, in voueront le Nom de Jésus et réciteront trois fois le Pater t Y Ave pour la prospérité de l'Eglise.

; 5° Vingt ans à ceux qui, s'élant examinés, se confesîront et prieront pour l'extension de la fui catholique, extirpation des hérésies, l'exaltation de l'Eglise , etc. etc.

0° Dix ans pour ceux qui, avant une de ces couronnes ;ir eux , diront trois Palcr et trois Ave , et feront une œuso de piété en l'honneur de Notre-Seigneur, de la sainte jierge, de quelque Saint, ou au profit du prochain. , 7° I)e plus, celui qui portera sur lui une de ces con- < pnnes et sera dans l'usage de suivre une pratique de

été observée dans tel ou tel ordre religieux, participera

toute-» les œuvres de piété qui s'y feront, s'il en a l'inten-

jn, et en assistant a la ineste pourra suppléer à toutes is distractions d inadvertance, en récitant cinq Pater et

nq Ave Maria : les jours de fêtes d'obligation, s'il est

jgilimement empêché d'assister à la messe, il pourra

Uenir le même mérite , en récitant , comme nous venons

5 Us dire, cinq Pater et cinq Ave.

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o° Indulgence pïénière à ceux qui, ayant récité cette couronne tous les jours , choisiront un jour pendant un mois pour la réciter de nouveau, et s'étant confessés avec une grande contrition, communieront, et prieront

pour l'Église.

Toutes ces dispositions sont substantiellement dans le bref de Clément X. Benoît XIII, par un décret du 6 avril 1728, confirma ces indulgences, les rendit applicables aux défunts , et en ajouta une pïénière pour celui qui réciterait la même couronne tous les vendredis , en méditant sur les souffrances de Jésus-Christ, à la condition de se confesser et de communier à cette intention. LéonXll, par un décret du 11 août 1824, a restreint cette indulgence aux vendredis du mois de mars , et n'a rien changé aux conditions prescrites ci-dessus.

Mais il défendit , conformément à un décret d'Alexandre VII, du 6 février 1657, de prêter ces couronnes dans le dessein de communiquer à d'autres les indulgences qui y sont attachées.

Une condition essentielle pour participer à ces indulgences , est que la couronne soit bénite par un des religieux Camaldules, auxquels cette faculté appartient, ou par un prêtre qui en ait reçu le pouvoir spécial de Rome Il faut , en outre , que l'on médite , selon sa capacité , sur les mystères de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ sans pourtant qu'il soit besoin de lire ou de réciter le.' courtes réflexions que l'on a coutume d'ajouter par dévotion.

On trouve dans la Raccoïta une pieuse méthode pooi offrir chaque partie de cette couronne , en la récitant. Or commence par un acte de contrition ; puis on dit : • L'ang( • Gabriel annonça à la bienheureuse Vierge Hncarnatioi » du Verbe dans son sein, Ave , Maria. » Ensuite on se rap pelle, avant chaque Pater de la première dizaine, la nais sance de Jésus-Christ dans une crèche, le cantique de Anges, l'adoration des bergers, la circoncision, l'adoratioi des Mages, la présentation au Temple, la fuite en Egypte le massacre des Innocents, le retour de Jésus à Nazaret

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et sa discussion avec les docteurs à ïàge de douze ans. On termine la dizaine par le Requiem œternam, etc. , pour les défunts.

A la deuxième dizaine on dit : « Jésus fut très -obéissant arie et à Joseph: Ave, Maria. » Avant chaque Pater on se rappelle son baptême à l'âge de trente ans, son jeûne dans le désert, sa prédication de la vie éternelle, le choix de ses disciples, son premier miracle à Cana, la guérison des infirmes , des boiteux , des sourds, etc. , la conversion des pécheurs et des pécheresses, le pardon qu'il leur ac- :orde; sa douceur envers les Juifs qui le persécutent, sa ransfiguration et son entrée triomphante à Jérusalem!

Requiem œternam, etc.

A la troisième dizaine on dit : « La très-sainte Vierge

- laisse Jésus son Fils aller à la mort pour notre salut : Ave

- Maria. . Puis, avant chaque Pater , on se rappelle le lavement des pieds, l'institution de l'Eucharistie, la sueur de sang, le trahison de Judas, les faux témoignages et autres injures, Pierre touché du regard de Jésus, Judas désespéré, la flagellation , le couronnement d'épines, la condamnation à mort , et le crucifiement.

Requiem œternam , etc.

Ensuite : « Jésus ressuscité visite d'abord sa sainte Mè- » re; Ave, Maria.* Il apparaît aux trois Marie et leur ordonne d'avertir ses disciples qu'elles l'ont vu ressuscité ■ Pater noster. Il apparaît à ses disciples, leur montre les plaies qu'il fait toucher à S. Thomas ; Pater noster. Il monte au ciel le quarantième jour , après avoir béni sa sainte Mère et ses disciples ; Pater noster. Prions la sainte » Vierge de nous obtenir la bénédiction de son Fils , • maintenant et à l'heure de notre mort. Ave Maria. .

Requie??i œternam , etc.

En l'honneur des saints Apôtres, Credo, etc.

§ II. Couronne des cinq plaies de Notre-Seigneur.

Les r, laies de Jésus-Christ ont toujours été un objet de vénération, un motif attendrissant pour lésâmes pieuses,

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et un sujet de larmes et de gémissements pour les pécheurs vraiment pénitents.

Depuis longtemps ou a établi une fête en leur honneur, et pour engager les fidèles plus efficacement à les considérer, à les méditer et à en tirer les leçons de pratique qui en découlent , Pie Vil avait approuvé une pieuse dévotion instituée pour cette fin. Cette dévotion consistait a faire d'abord un acte de contrition, puis à adresser une courte et touchante prière à chacune des cinq plaies, avec un Pater, un Ave et le Gloria Patri , etc., et cette strophe du Stahat : Sancta mater , istud agas , etc. On les honore dans l'ordre suivant : celle du pied gauche la première ; celle du pied droit ensuite ; celle de la main gauche, celle de la main droite, et enfin celle du côté. Cette suite de prières s'appelle aussi couronne.

Léon XII accorda , par un décret du 20 décembre 1*32^ aux prières des clercs dits Passionistes , qui occupent à Rome 1 église de Saint-Jean et Saint-Paul, les indulgences suivantes à perpétuité , et applicables aux défunts.

1° Indulgence d'un an qui se gagne une fois par jour en récitant cette couronne;

2" Pour ceux qui la réciteront au moins dix fois par mois, trois indulgences plcnières par an , outre les partielles, savoir : un des vendredis de mars, au choix de chacun, le jour de l'Invention et celui de l'Exaltation de la sainte Croix, ou bien un des jours des octaves respectives de ces fêles, aux conditions accoutumées , de la confession , etc. !B° De plus, sept ans et sept quarantaines d'indulgences chaque jour, depuis le dimanche de la Passion jusqu'au Samedi-Saint inclusivement , et indulgence plénière le jour de Pâques, lorsque s'étant confessé, on communiera ce jour-là et on priera pour l'Eglise.

La couronne devra être bénite par le général des Passionistes , ou par un autre prêtre de la même congrégation qui en ait obtenu la faculté du général. Rien n'indique, dans la Raccoïta, qu'un autre prêtre pût être délégué.

Nul doute néanmoins que cette faculté ne puisse être accordée par le souverain Ponlife.

Dans les nouvelles éditions de la Raccoïta , les prières dont nous avons parlé, et qui étaient marquées dans l'édition de I0I8, ne sont plus prescrites : cette couronne consiste en cinq parties de temps; durant, chacune on récite cinq Gloria Patri, en mémoire des cinq plaies, et un Ave Maria, en l'honneur des douleurs de la sainte Vierge.

Les susdites indulgences sont toutes applicables aux âmes du purgatoire.

§ III. Couronne du précieux sang de ?fotre-Seigneur.

Jésus-Christ a versé son sang pour nous racheter dans sept circonstances différentes : l°dans sa circoncision, lorsqu'àgé de huit jours il subit cette humiliante opération, et fut ainsi extérieurement assimilé aux pécheurs; 2° au jardin des Olives , lorsqu'à la vue de tous les péchés du monde dont il était charge devant son Père, et des supplices de sa passion , il fut saisi d'une telle crainte qu'une sueur de sang coula de toutes les parties de son corps; 3° dans sa flagellation qui déchira sa chair sacrée et la mit en lambeaux ; -4° dans son couronnement d'épines , lorsqu'en frappant sur cette horrible couronne les soldats lui percèrent la tète en divers endroits; 5° en allant de Jérusalem au Calvaire, lorsque, chargé de sa croix et succombant sons Min poids, il laissait sur la terre des traces ensanglantées; 6° sur le Calvaire, lorsqu'on lui perça les pieds et les mains avec des clous, et qu'on éleva sa croix; 7" sur la croix, après qu'il eut expiré, lorsqu'un soldat lui ouvrit le côté avec une lance et perça son divin cœur.

Ces diverses circonstances sont autant de mystères di-

d'occnper les âmes ferventes dans leurs méditations

sur la passion du Sauveur. Kn l'honneur de ces mystères

on a fait une couronne composée de trente-trois Pater ,

avec sept Gloria Patri et le verset Te cran qnœ&umus .

famulis tuis subveni, quos prctioso sanguine redcmisti. On commence par le verset Deus in adjutorium; etc., et le Gloria Patri, etc. On dit cinq Pater, un Gloria Palri et le f. Te ergo, etc., en l'honneur de chaque mystère, dans l'ordre que nous avons suivi en les énumérant, et trois Pater seulement en l'honneur du dernier , avec le Gloria Patri, le verset et les oraisons suivantes :

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