‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 21 sur 69 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

i>r. l'indulgence de l'agonie de NOTRE SEIGNEUR.

Un pieux jésuite du Pérou, nommé Alphonse Messia , mort à Lima le h janvier 1732 , pénétré des plus vifs sentiments d'amour et de tendresse envers Jésus-Christ , institua, pour sa propre dévotion, une pratique de prières

bref de Pie Vil , en date du 20 août 1822, qui, approuvant celte pratique, accorde les indulgences ordinaires du Chemin de la Croix ; mais ce bref est adressé à M. d'Aviau , archevêque de Bordeaux, et met pour condition formelle qu'en tête de chaque exemplaire on imprime ledit bref, et à la suite l'approbation de l'archevêque souscrite de sa main ou de la main d'un de ses vicaires généraux et munie de son sceau.

Cette concession étant adressée nommément à celui qui occupait alors le Ilége de Bordeaux , ne peut valoir pour ses collègues dans l'épiscopat, m même probablement pour ses successeurs ; car rien ne l'indique. Tel fut lavis que nous donna en 1829 un théologien distingué de Rome i qui nous avions écrit à ce sujet. L'auteur du livre assure que le Nonce de Sa Sainteté résidant alors à Paris lui répondit dans le sens opposé : mais cette réponse interprétative n'exprime point une dérogat" m: elle aux clauses du bref, et ne paraît pas suffisante pour lever i incertitude.

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et de méditations pendant les trois heures que cet ador ble Sauveur fut dans les angoisses de la mort sur la croi 11 la suivit presque seul la première année dans la ville de Lima ; mais cette dévotion parut si naturelle , si bien appropriée au sujet, si conforme à la foi, que bientôt elle devint publique. 1.11e fut adoptée dans toutes les églises de cette capitale , passa de là au Chili , à Quito , au Mexique , en Europe, et est maintenant en usage , pour les âmes ferventes, dans beaucoup d'églises , notamment à Home dans l'église des Jésuites.

Pie VU, par un décret du 14 février 181o, accorda une indulgence plénière et perpétuelle aux fidèles qui , repentants de leurs péchés , se seraient confessés et auraient communié le Jeudi-Saint , ou se confesseraient et communieraient dans la semaine de Pâques , en pratiquant ou après avoir pratiqué la dévotion des trois heures d'agonie le Vendredi-Saint , en public ou en particulier , seuls ou en union avec d'autres personnes , sous la direction d'un ecclésiastique , ou avec un livre approuvé qui traite de ce sujet. Ils doivent méditer pendant trois heures, selon leur capacité , sur l'agonie de Notre-Seigneur , sur ses souffrances ou les sept paroles qu'il proféra du haut de la croix. S'ils ne peuvent méditer , ou s'ils ne savent point lire , ils pourront y suppléer en récitant les prières qu'ils sauront en l'honneur du Sauveur. Le jour où ils seront dans l'intention de gagner l'indulgence attachée à cette sainte pratique, ils prieront selon les intentions du souverain Pontife.

Cet exercice doit commencer après-midi et durer trois heures consécutives, selon la Raccolta, p. 129. L'indulgence dont il s'agit est applicable aux défunts.

Pie Vil a de plus accordé deux cents jours d'indulgence à ceux qui, tout antre vendredi, méditeront, pendant un certain temps, sur l'agonie de Notre-Seigneur, et prieront comme ci-dessus; et indulgence plénière une fois chaque mois, pourvu que, ayant médité et prié, pendant trois heures , comme ci-dessus , les vendredis précédents , ils se confessent , communient au moins dans la semaine, et

DES INDULGENCES. {i\

renouvellent la même dévotion le dernier vendredi du mois.

Les sept paroles que Jésus-Christ prononça sur la croix, et dont il est question ici, sont : 1° Mon Père, pardonnez- : leur, car ils ne savent ce qu'ils font ( S. Luc, xx.iu, 34 ); 2 ' En vérité, je vous le dis, vous serez aujourd'hui avec moi dans le paradis (Ibid. 43); 3° Voici votre fils; voici votremère (S. Jean, xix, 26), 4° Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi ; mavez-vous abandonné (S. Matthieu, xxvu, 46 ) ! 5° J'ai soif (S. Jean , xix, 28) ; 6° Tout est consommé (ibid. 30); 7° Mon père, je remets mon âme entre vos mains ( S. Luc , xxni, 46 ).

Bellarrain, dans un petit traité, De septem verhis à

, Christo in cruce prolatis , a expliqué ces sept paroles de la

manière la plus instructive, la plus claire, la plus pieuse

! et la plus édifiante. Ceux qui savent le latin peuvent se

j servir très-utilement de son petit livre, pour méditer sur

1 ces profonds mystères : ceux qui ne savent que le français,

: se serviront des livres qui ont été faits à leur usage; et

enfin ceux qui ne savent point lire, gagneront également

l'indulgence, en faisant, pendant ce temps, de pieuses

considérations sur les mystères de la passion et de l'agonie

de Jésus-Christ, ou des prières qui y soient analogues.

Benoit XIV accorda cent jonrs d'indulgence , par son bref Ad passionis , à ceux qui diraient à genoux, selon les intentions du souverain Pontife, cinq fois le Pater et l'Ave, le vendredi à trois heures, en mémoire de la passion et de l'agonie de notre Seigneur, au son de la cloche; et ordonne aux curés de faire sonner chaque vendredi à cette heure-là. Cette indulgence subsiste toujours. (Bullaire de Benoît XIV . t. 1 , p. 27 ; et Ferraris , k *, p. 579).

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