‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 24 sur 69 · I CHAPELETS OD COURONNES DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

I CHAPELETS OD COURONNES DE LA SAINTE VIERGE

ii connaissons trois : le rosaire, le chapelet ordi-

aire et la couronne des sept douleurs. Nous parlerons

abord de la couronne des sept douleurs, qui a plus de

apport avec les couronnes de Notre-Seigneur; ensuite du

re et enfin du chapelet ordinaire qui nous fournira

-ion de parler des croix, médailles , et images indul-

;enciies.

I Du chapelet ou de la couronne des sept douleurs de la sainte

Vierge.

< ha pelé t est composé de sept parties dont chacune

consiste dans un Pater et sept Ave , selon le nombre des principales douleurs qu'a éprouvées la très-sainte Vierge , savoir : 1° dans le temple, quand le vieillard Siméon lui annonça qu'un glaive de douleur percerait son âme ; 2° lorsque, pour échapper à la cruauté d'IIérode, elle fu« obligée de fuir en Egypte avec saint Joseph et son Fils bien-aimé ; 3° lorsqu'en revenant de Jérusalem, elle s'aperçut avoir perdu ce divin Fils, qu'elle pleura pendant trois jours; 4° lorsqu'elle vit ce même Fils tout déchire de coups et tombant sous le poids de sa croix ; 5° lorsqu'elle vit ce Fils adorable élevé sur la croix, et le sang couler de ses plaies; 6' lorsqu'on lui ouvrit le côté d'un coup de lance, et qu'elle le reçut dans ses bras à la descente de la croix ; 7° lorsqu'elle vit déposer dans le sépulcre ce corps qui lui était si cher.

On récite ensuite trois Ave, en mémoire des larme: que versa la très-sainle Vierge, pour obtenir une vrai* contrition et l'application de l'indulgence.

Renoit XIII, par un bref perpétuel et universel , du 23 septembre 1724 , accorda deux cents jours d'indulgence par chaque Pater et Ave , à ceux qui, vraiment repentants , s'étant confessés ou ayant au moins la résolutior sincère de se confesser , réciteraient cette couronne le vendredis, tous les jours pendant le carême, à la fête de sept douleurs de la sainte Vierge , et pendant l'octave d< cette fête, et cent jours à chaque Pater et Ave, pour tou les autres jours de l'année; et celui qui aura récité cett< couronne seul ou avec d'autres, gagnera en outre sep ans et sept quarantaines.

Clément XII, par une bulle expresse du 12 décembn 17&4, confirma ces indulgences, et accorda de plus 1° une indulgence plénière à ceux qui réciteraient cett< couronne tous les jours pendant un mois, le jour qui leur plairait de choisir, moyennant qu'ils se confesseraient , communieraient, et prieraient pour l'Église.

!2° A ceux qui, vraiment repentants, se confesseraient ou bien auraient une ferme résolution de se confesser, e réciteraient cette couronne, cent ans d'indulgence.

! 8° A ceux qui la réciteraient les lundis , mercredis et •ndredis, ou aux fêtes de précepte, et se confesseraient ec un vrai repentir , cent cinquante ans.

A ceux qui auraient l'habitude de la réciter, au oins quatre fois par semaine, indulgence plénière dans nnée. le jour qu'ils voudraient , à condition qu ils se nfesseraient , communieraient et réciteraient ladite uronne ce même jour.

8° A celui qui réciterait cette même couronne après •tre confessé avec un vrai repentir , deux cents ans d'in-

.ilgence, et à celui qui, la portant sur soi et la récitant 'quemment , ferait quelque bonne œuvre spirituelle ou mporelle en l'honneur de IVotre-Seigneur , de la très-

'mte Vierge ou de quelque Saint, son protecteur, ou à vantage du prochain, et réciterait sept Pater et sept

f>e , pour chaque fois dix ans d'indulgence. Toutes ces indulgences furent confirmées par un décret

, 16 janvier 17-47, et rendues applicables aux âmes du

'rgatoire.

'Poar les gagner il faut se servir d'une couronne bénite

'r le supérieur de l'ordre des Servîtes , ou par un autre être du même ordre , qui aurait reçu une délégation du perieur, ou enfin par un prêtre qui en ait reçu le pouir spécial de sa Sainteté.

J II. Du Rosaire.

Lei anachorètes des premiers siècles , qui ne savaient s lire , répétaient un certain nombre de fois l'oraison minicale, et se servaient de petites pierres, ou d autres 'irques semblables pour les compter, comme le prouve noit XIV (De canonizationc SS., part. 2, c. 10 , n° 11). i- tard, on récita aussi la Salutation angelique, et tait, par des Pater et des Ave, que les ignorants supt aient au psautier qu'ils ne pouvaient lire. ^unt Dominique, mort en 1221 , institua la pratique de linze dizaines d'Ave, avec un Pater au commencement • chacune, en l'honneur des principaux mystères de

Jésus-Christ et de la sainte Vierge : c'est ce que nous ap pelons le rosaire. On l'a souvent appelé le psautier de Marie, parce que le nombre des Ave répondait au nombre des psaumes.

Les quinze mystères, auxquels il faut penser , en récitant le rosaire, sont divisés en trois classes, les mystère! joyeux , les mystères douloureux et les mystères glorieux

Les mystères joyeux sont ; l'incarnation , la visite d( la sainte Vierge à sainte Elisabeth , la nativité de Jésus- Christ , sa présentation au temple , et son recouvrement au milieu des docteurs, par Marie et Joseph.

Les mystères douloureux sont : la sueur de sang ai jardin des Olives, la flagellation , le couronnement d'épi nés, la croix portée par Jésus-Christ tombant de fatigue et son crucifiement.

Les mystères glorieux sont : la résurrection , l'ascensioi de Jésus-Christ, la descente du Saint-Esprit sur les Apô très, l'assomption de la sainte Vierge, et son couronne ment dans le ciel.

On commence la récitation de cette couronne par 1 signe de la croix : on dit le symbole des Apôtres , pour ex citer la foi, un Pater, puis trois Ave , Maria, en l'honneu des trois vertus théologales, et le Gloria Patri ; ensuite o passe aux dizaines qui sont composées d'un Pater, de di Ave et d'un Gloria Patri. A Rome, on ajoute au Glon Patri ces paroles : Que les Noms de Jésvs et de Marie soiei loués maintenant et dans l éternité.

Pour mieux se rappeler le mystère , correspondant chaque dizaine , auquel il est nécessaire de penser en r< citant le rosaire, on peut l'énoncer dans la salutation ai gélique, en disant après le mot Jésus, selon la dizaine Quem concepisti; Quem visitando Elisabeth portdsti; Que peperisti ; Quem in templo prœsentdsti\ Quem in iemplo i venisti. Voilà pour les mystères joyeux.

Pour les mystères douloureux on peut dire : Qui sa guinem sudavit ; Qui flagellatus est ; Qui spinis coronat est ; Qui crucem bajulavit , Qui crucifixus est.

Les mystères glorieux peuvent s'exprimer en ces terme

hnresurrexit à mortuis ; Qui in cœlum ascendit ; Qui iptritum sanctum in Apostolos emisit ; Qui te assumpsit ; Oui in cœlis te coronavit.

V Si on dit le rosaire en français , et si on veut exprimer ;es mystères , il faut alors faire une inversion dans la sanction angélique, et dire: Béni soit te fruit de vos enrailles, Jésus; Que vous avez conçu; Que vous avez porté en isitant sainte Elisabeth; Que vous avez mis aumonde; Que Lu avezprésenté au temple; Que vousavez trouvé parmi les hcteurs ; Qui a sué le sang dans son agonie; Qui a été flagellé; Quiaètécouronnéd'épines; Qui a porté sa croix; Qui !| été crucifié ; Qui est ressuscité ; Qui est monté au ciel ; [Qui a envoyé le Saint-Esprit à ses Apôtres; Qui vous a éle- -ce au ciel ; Qui vous a couronnée dans les deux.

Indulgences attachées à la récitation du rosaire.

Les Papes Sixte IV , Léon X , Innocent XI , Aîexan-

e VIII , Innocent XII , et Clément XI , avaient attaché

verses indulgences à la récitation du rosaire ou psautier

3 la sainte Vierge. Benoît XIII , par un bref du là avril

26 , accorda cent jours d'indulgence pour chaque Pater

chaque Ave , à tous les fidèles qui le réciteraient en

tier , ou qui en réciteraient le tiers , c'est-à-dire , le

japelet de cinq dizaines ; et pour ceux qui en auraient

récité le tiers tous les jours , pendant un an , indulgence

oleniere un jour à leur choix, pourvu que, s'étantconfes-

ils communiassent à cette intention.

Deux choses sont nécessaires pour gagner ces indulgen-

1° 11 faut que le rosaire soit béni par un religieux

Jominicain , ou par un prêtre qui en ait reçu le pouvoir

ipécial. 2° 11 faut, en le récitant, méditer sur les mystères

dont nous avons parlé, sans que cependant il soit néces-

-aire de les exprimer. Pour ceux qui ne peuvent méditer ,

par défaut de capacité , il suffit de réciter le rosaire avec

Il y a d'autres indulgences accordées à ceux qui sont membres de la confrérie du rosaire ; nous en parlerons dans le chapitre où nous traiterons de cette confrérie.

lr le

'ii

J III. Du chapelet ordinaire.

Ce qu'on appelle vulgairement le chapelet ou la couronne de la sainte Vierge , est le tiers du rosaire , et se dit en récitant une fois le symbole, puis le Pater , trois Ave et cinq dizaines , comme ci-dessus. Ce chapelet est le plus usité parmi le peuple et parmi les personnes de piété dans toutes les classes. Il y a aussi des chapelets de six dizaines, dont nous ne connaissons pas l'origine , et sur lesquels nous n'avons rien vu d'authentique.

Si Ton se sert d'un chapelet non bénit , ou bénit par un prêtre qui n'ait point reçu de Rome le pouvoir de le faire , on ne gagnera aucune indulgence ; on fera seulement une œuvre de piété très-bonne et très-louable. Si, au contraire , on a un chapelet bénit par le Pape, ou par un prêtre qui en ait reçu de lui le pouvoir , on gagnera diverses indulgences , selon le genre de bénédiction , et selon l'espèce de bonnes œuvres que l'on fera. On connaît deux sortes de chapelets bénits avec indulgences, ceux qu'on appelle brigittains et ceux qui sont simplement indulgenciés. On y annexe ordinairement des croix et médailles.

1° Des chapelets brigittains.

1° Alexandre VI , avait accordé en 1500, aux religieux prêtres de Saint-Sauveur, dits de Sainte-Brigitte , parce que cette Sainte les avait fondés, le privilège exclusif à tout autre ordre et à toute personne , de bénir des chapelets et dizaines avec application de cinq cents jours d'indulgence sur chaque grain.

2" Léon X, par une bulle du 10 juillet 1515, réduisit cette indulgence à cent jours pour le Credo, autant pour chaque Pater et chaque Ave. 11 accorda, en outre , sept ans et sept quarantaines pour la récitation entière du rosaire de quinze dizaines , lorsqu'il aurait été bénit par lesdits religieux.

3J Celui qui récitera le chapelet de cinq dizaines, au moins une fois par jour, pendant un an, se confessera

avec un vrai repentir, communiera et priera pour la concorde entre les princes chrétiens, etc., gagnera l'indulgence plénière applicable aux morts , le jour qu'il voudra choisir pour faire ces œuvres (Clément XI , le 22 septembre 1714).

4° Celui qui, étant dans l'usage de dire, au moins une fois par semaine , le chapelet de cinq dizaines , se confessera le jour de sainte Brigitte, communiera , visitera son église paroissiale ou toute autre église, et y priera Dieu comme ci-dessus, gagnera pareillement l'indulgence plénière de tous ses péchés. (Benoit XIV , bref du 15 janvier 17-48).

5° Celui qui, à l'article de la mort , recommandera son ànie à Dieu, se confessera de ses péchés, et communiera ; ou si , par quelque empêchement, il ne peut se confesser ni communier, sera contrit, et invoquera au moins de cu'ur le nom de Jésus , s'il ne peut le faire de bouche, gagnera aussi l'indulgence plénière de toutes ses fautes. (Ibidem )

G0 Celui qui récitera tous les jours ce chapelet pendant un mois, gagnera l'indulgence plénière le jour qu'il choisira, pourvu que, s'étant confessé, il communie, visite une église et prie comme ci-dessus. (Ibidem).

7 Celui qui , portant sur lui ce chapelet, se mettra à genou v et priera , au son de la cloche pour un agonisant , gagnera une indulgence de quarante jours. (Ibidem).

iî° Celui qui , ayant ce chapelet sur soi , fera l'examen de ses péchés , un acte de contrition , et récitera trois fois le Pater noster et l'Ave, Maria , gagnera vingt jours d'indulgence (Ibidem).

9° Celui qui , ayant ce chapelet dans sa main ou sur soi , entendra la messe un jour de fête ou de férié; écoutera la parole de Dieu , accompagnera le saint Viatique quand on le porte aux malades, remettra dans la bonne voie Otoi qui s'égarent, ou enfin pratiquera quelque autre œuvre pieuse en l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou de I \ très-sainte Vierge, ou de sainte Brigitte , et récitera Iroii fois le Pater noster et YAve , Maria, gagnera une indulgence de cent jours. (Ibidem).

10° Toutes ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire. (Ibidem),

2° Des chapelets simplement indulgenciés.

Nous trouvons ces chapelets désignés sou9 le nom & apostoliques , dans un décret de la Congrégation des Indulgences, du 29 février 1820.

Voici les indulgences qui y sont attachées :

Celui qui, ayant un de ces chapelets, dit, au moins une fois par semaine , ou le rosaire , ou le chapelet qui en fait la troisième partie , ou l'office divin , ou le petit office de la sainte Vierge , ou l'office des morts , ou les sept psaumes de la pénitence, ou les psaumes graduels, ou qui a coutume d'enseigner la doctrine chrétienne, ou de visiter les prisonniers ou les malades d'un hôpital, ou d'assister les pauvres , ou d'entendre la messe , ou de la célébrer s'il est prêtre ; si , étant vraiment repentant de ses fautes , il se confesse à un prêtre approuvé par l'ordinaire 7 communie , adresse à Dieu de ferventes prières pour l'extirpation des hérésies et des schismes, pour la propagation de la foi catholique , pour la paix entre les princes chrétiens , et pour les autres besoins de l'Fglise romaine , gagnera l'indulgence plénîère les jours suivants : Noël , l'Epiphanie , Pâques, l'Ascension , la Pentecôte , la Trinité et la Fête-Dieu; la Purification,, l'Annonciation, l'Assomption et la Nativité de la sainte Vierge; les fêtes de saint Jean-Baptiste , de saint Pierre et saint Paul , de saint André, de saint Jacques , de saint Jean , de saint Thomas , de -aint Philippe et saint Jacques , de saint Barthélemi , de saint Matthieu , de saint Simon et saint Jude , de saint Mathias , de saint Joseph et de la Toussaint.

Celui qui fera les mêmes choses les autres jours de tète* de notre Seigneur et de la sainte Vierge, gagnera, chacun de ces jours , sept ans et sept quarantaines d'indulgence celui qui les fera les dimanches et les autres jours de fêtes pendant l'année, gagnera cinq ans et cinq quarantaines et , s'il les fait un jour de férié , il gagnera cent joun

d indulgence, sans être obligé, pour ces indulgences partielles , île se confesser et de communier.

Celui qui aura coutume de réciter, au moins une fois par semaine, la couronne , ou le rosaire, ou le petit office de la sainte Vierge, ou l'office de morts, ou les vêpres, ou un des nocturnes an moins, avec les laudes de ce dernier office, ou les sept psaumes de la pénitence avec les litanies des Saints et les prières qui y sont jointes, gagnera, le jour où il le fera, une indulgence de cent jours.

Celui qui, à l'article de la mort, recommandera son àme à Dieu avec une parfaite résignation , selon l'instruction de Benoit XIV, dans sa constitution Via mater , se confessera avec un grand repentir de ses fautes, communiera , ou s'il ne peut se confesser et communier, formera en lui un acte d'une vraie contrition , invoquera le Nom de Jésus de bouche, ou au moins de cœur, s'il a perdu l'usage de la parole, gagnera l'indulgence plenière de tous ses péchés. Celui qui, avant de célébrer la messe, ou de communier, de dire l'office divin ou le petit office de la sainte Vierge, s'y préparera avec dévotion, gagnera à chaque fois une indulgence de cinquante jours.

Celui qui visitera les prisonniers ou les malades dans \e> hôpitaux , pour les secourir par quelque bonne œuvre, ou enseignera la doctrine chrétienne à l'église ou dans sa maison, à ses enfants, à ses parents ou à ses domestiques, gagnera, à chaque fois qu'il le fera, deux ciits jours d'indulgence.

Celui qui , le matin , à midi ou le soir , entendant sonner li cloche d'une église, dira ï Angélus; ou s'il ignore cette prière, récitera l'oraison dominicale ou la salutation angel ique , ou dira le De profundis, lorsque , vers la nuit, on donne le signal de prier pour les morts, ou s'il ne le sait récitera l'oraison dominicale et la salutiou angéligagnera cent jours d'indulgence. Même indulgence de cent jours pour celui qui méditera dévotement, le rendredi, sur la passion de Notre-Scigneur Jésus-Christ, itor.i 'rois fois l'oraison dominicale et la salutation • lique.

Pareille indulgence de cent jours à celui qui examine sa conscience, se repent véritablement de ses fautes forme la résolution de s'en corriger, et récite trois fois le Pater et Y Ave en l'honneur de la très-sainte Trinité, ou cinq fois en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur.

Celui qui priera Dieu dévotement pour les fidèles mourants , et dira à leur intention , au moins une fois , l'oraison dominicale et la salutation angélique, gagnera cinquante jours d'indulgence.

Telles sont les indulgences que le saint Père attache ordinairement aux chapelets qu'il bénit, et qu'y attachent ceux qui ont de sa part le pouvoir de les bénir de la même manière que lui. Elles sont toutes applicables aux défunts par manière de suffrage.

Ces dispositions se trouvent dans un décret de la Congrégation des Indulgences, approuvé par Benoit XIV, le 15 janvier 1743, et dans un Elenchns imprimé à Rome en 1806, et inséré dans le recueil de 18B7 (page 539).

'•y0 Des croix , médailles , indulgenciés comme les chapelets.

Comme la figure de la croix et de Jésus-Christ crucifié est, de tous les symboles, le plus propre à exciter notre foi, l'usage existe partout, entre les chrétiens, de porter sur soi , ou d'avoir dans son oratoire de petites croix , des crucifix et même des médailles qui représentent Jésus- Christ. On en a aussi qui représentent sa sainte Mère, ou quelque Saint. Cet usage n'ayant rien que de bon et de conforme à la piété, les pontifes romains l'ont encouragé en attachant diverses indulgences à ces pieux objets, lorsqu'ils auraient été sanctifiés par la bénédiction apostolique. Ces indulgences sont, pour les pratiques de piété marquées ci-dessus, les mêmes q\\e celles qui sont attachées aux chapelets indulgenciés. Elles ne peuvent être attachées à une image de papier ou de carton, ni à une croix de bois, de plomb ou de fer, ni à une autre matière fragile ou fusible : ces divers objets doivent être d'or, d'argent, de cuivre, ou de quelqu'autre métal, et ne pas porter d'autre effigie que

celle de Jésus-Christ, d'un Saint ou d'une Sainte canonisés par l'Église, ou inscrits dans le martyrologe romain, ainsi que l'avait réglé Benoît XIV, et que le porte YElenchus de Pie VII. 11 n'est pas nécessaire que la croix tout [entière soit d'or, d'argent, de cuivre, etc.; il suffit que , l'image du Christ soit de l'un de ces métaux. Une réponse ie Rome porte aussi qu'on peut attacher l'indulgence à jn Christ en ivoire.

Une autre réponse du 1 1 avril 1840 décide que l'indulgence tombe seulement sur le Christ, en sorte qu'on peut !e transférer d'une croix sur une autre, sans préjudice de L'indulgence. ( Ami de la Religion , n° 3504).

Celui qui aura , dans sa chambre ou dans un autre lieu lécent de sa maison, un crucifix, une croix ou une image péoiti par un prélrequi en ait reçu le pouvoir du souverain Pontife, et fera devant cet objet les œuvres que nous iivons exposées plus haut, en parlant des chapelets, gagnera les mêmes indulgences qui y sont énoncées. ( Fercaris, Indulg. art. 64 , n° 23 ).

Un bref de Benoit XIV, du 19 août 1752, confirmé >ar Pie VII, porte que les messes dites à un autel où ;e trouve placé un crucifix ou une médaille, qui a reçu la bénédiction pontificale, ou célébrées par un prêtre qui mrte sur soi un crucifix ou une médaille ainsi bénits, /ont aucun privilège particulier à raison de cette bénéiction.

Observations sur les chapelets , les croix , les médailles.

1° Pour que les différentes indulgences, dont nous veons de parler puissent être gagnées , il faut qu'elles aient fté attachées aux objets désignés , par le souverain Ponife lui-même ou par ceux à qui il en a donné le pouvoir. ans cotte condition on ferait une bonne action en récimt les pricres, maison ne gagnerait pas les indulgences. i 2° On peut bénir avec application d'indulgences , des

ir

apelets et des rosaires de verre ou de cristal , pourvu ie les grains soient compactes et solides ; mais le fer est terdit ainsi que létain, le plomb et les autres matières

fragiles et faciles à détruire. (Décret de la Cong. des ïnd. du 1er mars 1820).

S° D'après un décret d'Alexandre VII, du 6 février 1657, et une déclaration de la Congrégation des Indulgences , du 26 novembre 1714, les croix , médailles et chapelets indnlgenciés ne passeront point à d'autres personnes, à quelque titre que ce soit , et ne pourront servir qu'à ceux pour qui ils auront été bénits, ou à qui ils auront été distribués la première fois. Si ou les vendait, ou si on les prêtait pour faire gagner les indulgences , ils perdraient par là même celles dont ils seraient enrichis. On ne peut plus gagner les indulgences si l'on vient à perdre ces objets , à moins qu'on ne les retrouve ou qu'on ne s'en soit procuré d'autres pareillement induleenciés.

Cependant celui qui achète plusieurs de ces objets pour les faire bénir et les distribuer ensuite à diffère n ter personnes, peut en retirer le prix qu'ils lui ont coûté; car en les distribuant ainsi , il est moins censé les vendre que faire une commission pour ceux à qui il les procure Cette décision ne pourrait s'appliquer à un marchand qu ferait indulgencier ses chapelets avant de les vendre quand même il ne les vendrait que le prix ordinaire : ca ce serait un moyen d'attirer les acheteurs , et il y aurai négoce de choses saintes.

Si quelqu'un prête son chapelet indulgencié unique ment pour donner à un autre la faculté de le dire , à la vé rite il n'y a point d'indulgence pour celui qui l'a emprunte mais on ne voit nulle part que le chapelet ait cessé d'ètr indulgenciépour celui à qui il appartient. Si, au contraire on le prêtait pour communiquer ou faire gagner les ir (iulgencesà un autre, il ne serait plus indulgencié ni pou celui qui l'emprunte, ni pour celui qui le prête. Le Sain Siège s'est formellement expliqué là-dessus.

4° Celui qui reçoit un chapelet indulgencié commenc par le réciter une fois pour l'Église,, une autre fois poi le Pape, et enfin une fois pour celui qui l'a bénit. Cet condition est fondée sur l'usage et est ordinairement re

lise. Cependant nous ne l'avons trouvée dans aucune des

èces authentiques que nous avons vues.

5° Pour avoir droit aux indulgences plénières , il faut

•citer le chapelet au moins une fois par semaine, ou bien

ire une des œuvres qui ont été marquées à l'article des

pipelets simplement indulgenciés, comme assister à la

pmc, réciter l'office divin , le petit office de la Vierge , les

>ies de la Pénitence, enseigner la doctrine chrétienne,

ksiter les prisonniers ou les malades, assister les pau-

Ires, etc.

' G3 On doit avoir le chapelet entre ses mains quand on

1 récite , et toucher les grains à mesure qu'on fait les

Hères qui y correspondent : si on l'avait dans sa poche

! us le toucher, on ne gagnerait pas les indulgences. Ce-

bndant, si on le récitait avec une autre personne qui n'en

irait point , cette personne gagnerait également l'in-

ilgence par concession de Léon X qui, dans sa bulle

î 10 juillet 1515 déjà citée, permet de réciter les prières

I ec une autre personne.

Pour gagner les indulgences attachées aux pratiques

- que la récitation du chapelet, il suffit d'avoir les

•jets indulgenciés sur soi7 ou dans un lieu décent de sa

mieure , et de faire devant eux les exercices de dévotion.

■ Les chapelets perdent leur bénédiction et leur in-

ilgence dès qu'ils cessent d'être de vrais chapelets ,

-dire, quand on brise ou qu'on perd une grande

■ rtie des grains; mais ils ne la perdent pas par une seule

tpture de la chaîne, ou la perte de quelques grains.

dispositions nécessaires pour gagner les indulgences tachées aux différents objets bénits à cet effet, sont ties d'un recueil imprimé à Rome en 1 744 , et fondées ir le bref de Benoit XIV, du 9 février 1743. Ce bref est pporté tout an long par Ferraris. (Indu'g. art. 6, n° 28).

8 QitSTio*. — En quoi les chapelets brigit tains diffèrent-ils des chapelets simplement indulgenciés ?

Vu moins deux différences existent entr'eux. comme » pool «-'en convaincre, en examinant les faveurs accor-

dées à l'on et à l'autre : 1° dans le chapelet brigittain il \ a des indulgences attachées aux grains, et il n'y en a pa dans l'autre ; 2° les indulgences attachées aux chapelet brigittains sont plus abondantes : car, outre les cent jour pour chaque grain , ces chapelets procurent encore près que les mêmes indulgences que les autres.

Nous avions présumé que l'indulgence attachée au grains du chapelet brigittain se gagnait à mesure qu'o récitait les prières correspondantes à ces grains : une dé cision donnée par la Congrégation des Indulgences , 1 19 janvier 18BS, à M. Antonucci , chargé d'affaires d Saint-Siège en Hollande, porte, 1° que pour avoir droit ces indulgences il faut méditer les mystères du rosaire conformément au décret de la même Congrégation du 1 août 1726, à moins que les personnes n'en soient empt chées par leur ignorance ou leur incapacité; 2° que h fidèles ne gagnent les indulgences attachées aux graii qu'autant qu'ils récitent le chapelet entier , d'au moii cinq dizaines. Il n'est cependant pas nécessaire qu'on dise de suite ; on peut le partager ; et , pourvu qu'en reprenant , on renouvelle son intention, on gagnera l'ii dulgence en le finissant.

2e Question. — Les prêtres qui ont obtenu de Rome la fi culte de bénir les chapelets, les croix et les médailles, et d attacher les mêmes indulgences que sa Sainteté a coutm d'y attacher , peuvent-ils par-là même les brigitter 9

Il paraît que des prêtres en assez grand nombre loi cru et le croient peut-être encore; car souvent nous e avons entendu s'exprimer de manière à faire jngi qu'ils ne mettaient aucune différence entre les chapele brigittains et les chapelets simplement indulgenciés. C pendant, d'après nos observations précédentes, il ne fa pas les confondre les uns avec les autres. A moins d'avo obtenu le pouvoir explicite de brigitter, comme on ci vulgairement, on ne peut y attacher que les indulgenc ordinaires, réellement distinctes des indulgences dites c sainte Brigitte. On ne doit pas tromper les fidèles en lei

Misant regarder comme brigittés des chapelets qui ne sont qu'indulgenciés.

3° QrESTion. — Celui qui a obtenu le pouvoir de bénir les chapelets sous les termes génériques usités à Rome, de Coronas deprecatorias, joew£-î7, parla même , bénir avec indulgence les rosaires et les couronnes de Notre- Seigneur?

Nous pensions qu'il le pouvait; car tous ces objets sont désignés sous le terme général de couronnes, principale nient quand on ajoute le mot deprecatoriœ, qui le rend plus (universel. Ensuite, dans le détail des indulgences accor- |dées à la récitation de la couronne, les souverains Pontifies, la Congrégation des Indulgences et les auteurs parlent indistinctement du rosaire, de la couronne de Notre

ïigneur et de celle de la sainte Vierge. ( Ferraris , t. h. ). 572). Donc le pouvoir de bénir lune semble emporter le Ipouvoir de bénir les autres. Mais il n'emporte pas le pouvoir de brigitter, comme nous l'avons fait voir. Pareille-

lent, le pouvoir de brigitter n'emporte pas le pouvoir de bénir les couronnes de Notre-Seigneur, ni probablement

lême d'indulgencier les couronnes de la sainte Vierge ; har ce serait agir dans un antre genre, et Verba tantùm •aient quantum sonant. Une décision de la Congrégation lies Indulgences, en date du 29 mai 1841, porte que pelui qui a reçu du Saint-Siège la faculté de bénir les •ouronnes déprécatoires , ne peut indulgencier les cou kmnei de Notre-Seigneur, s'il n'a un pouvoir spécial à let effet.

Qckstio*. — Lorsque l'on obtient de Rome la faculté d'attacher les indulgences de sainte Brigitte à un nombre déterminé, deux mille , par exemple de croix, médailles et chapelets, peut -on en bénir deux mille de chaque espèce, ou faut-il se borner d deux mille en tout ?

Nous pensons que l'on ne peut en bénir que deux mille

tout, lorsque la faculté déléguée est exprimée de la

rte. parce qn'on ne doit pas étendre le sens de ces ter-

mes au-delà de leur signification naturelle. Nous avons va des reserits qui portaient, tant de croix et de médailles, et le même nombre de couronnes ; alors il n'y a point do difficulté. Nous en avons vu d'autres qui étaient conçus dans la forme copulative, et portaient : Bis mille cruces, numismata et coronas deprecatorias : certainement les deux formes n'ont pas la même signification, et nous ne croyons pas qu'on soit autorisé à les prendre dans les même sens. 11 faut donc, dans le dernier cas, prendre le parti le plui sûr, et se tenir t pour la totalité, au nombre exprimé.

La sainte Congrégation des Indulgences a répondu dans ce sens, le 29 mai 1841.

5e Question. — Peut- on brigitter des chapelets déjà indulgenciés, ou de la bénédiction desquels ou doute ?

Il nous paraît certain qu'on le peut ; mais ceux à qui ces chapelets appartiennent, ou à qui on les devine, doivent dire les trois chapelets d'obligation, supposé que cette condition soit essentielle. Nous avons entre le* mains un rescrit qui porte : SS. Dominus noster Lei PP. XII.»... concessit facultatem benedicendi cruces, etc. eisdemapplicandiomnes et singulas indulgentias à SanctitaU sudeoncessas, utinElencho edito anno 1823, acsimul indul gentias sanctœBrigittœ nuncupatas. On peut donc réunir at même chapelet les diverses indulgences dont nous avon parlé.

6° Question. — Peut-on regarder comrne une couronne précatoire un anneau orné de dix nœuds , et y attacher le indulgences quon pourrait attacher à un chapelet ?

Nous trouvant embarrassé pour résoudre cette ques tion d'une manière sûre, nous écrivîmes le 10 mai 18£ au souverain Pontife. Sa Sainteté nous fit répondre, I 23 juillet suivant, par le cardinal préfet de la Congrégatio des Indulgences, que cette application ne peut, avoir liei La lettre suppose que du moins il faudrait pour cela ur

mcession spéciale. Cela paraît en effet conforme aux rincipes théologiques sur la matière des indulgences.

* QtKSTios. — De quelle formule de prière doit- on se servir pour indulgencier ou brigitter les croix, médailles ou chapelets :

Nulle formule déterminée n'est prescrite, même en énéral. Une simple bénédiction donnée avec la main , ms rien dire, suffirait, et le Pape ne bénit pas autreles nombreux objets qu'on lui présente. Néanmoins est d'usage de prononcer des prières ; si on ne le faisait as, les fidèles se persuaderaient difficilement que leurs hapelets fussent bénits.

On peut se servir des formules qui sont dans le rituel dut les croix et les chapelets, et mieux encore des suiintes, qui ont été composées exprès pour cette fin. On B doit pas négliger la cérémonie de l'eau bénite, ni celle \ cierge allume.

Bénédiction pour les cro;x et les médailles.

v\ Adjutorium noslrum, etc.

ip. Qui fecit calum et terram.

Domine, exaudi, etc.

v. Dominas \obiscum, etc.»

OKLML'S.

Omnipotent Deus, qui crucis signum pretioso Filii tui

sanguine dedicasti, quique per eamdem crucem mun-

diim redimere voluisti, et per virtutem ejusdem venera-

'bilis Crucis humanum genus ab antiqui hostis chirogra-

pho liberàsti , te suppliciter exoramus ut digneris has

cruces [aut h;rc numismata, vel hanc crucem, aut hoc

numisma ) paternà pietate bene *}* dicere, et cœlestem

virtutem et gratiam impertire, ut quicumqueea (vel

eas aut il lad) in passionis et crucis Unigeniti tui signum,

ad tuteiam corporis et anima? super se gestaverint, cœ-

i4() TRAITÉ

» lestis gratis plenitudinem in eis munimen valeant tutr t benediclionis aocipere. Quemadmoduoi virgam Aron

• ad rebellium perfidiam repellendam benedixisti, ità et » hocc signa tuâ dexterâ -f benedic , et contra omnes dia- » bolicas fraudes virtutem eis tuœ defensionis impendas, ■ ut portantibus illa animae pariter et corporis prosperi- » tatem conférant salutarem , et spiritualia in eis dona » multiplicent ; per eumdem Christum Dominum nos- » trum. r>. Amen. »

Il jette de l'eau bénite , en disant :

» In nomine Patris *f , et Filii , et Spiritûs sancti, » r> Araen. »

Si la personne pour qui est la croix qu'on bénit est présente, on la lui donne en disant :

• Accipe signum Cracis, in nomine Patris -f-, et Filii,

• et Spiritûs sancti. En figuram Crucis , passionis et mor- » tis Jesu Christi, ad tui corporis et anima? defensionem , »ut divinrc bonitatis gratià, per virtutem sanctae Cruci§

• eeternam beatitudinem assequi merearis : Per Christum » Dominum nostrum. 92. Amen. •

Bénédictions pour les chapelets.

a f. Adjutorium nostrum, etc.

» r>. Qui fecit cœlum et terram.

» ^. Domine ; exaudi, etc.

» f. Dominus vobiscum, etc. »

OREMUS

« Omnipotens et misericors Deus , qui propter exi » miain charitatem tuam , quâ dilexisti nos , Filium tuur » Unigenitum Dominum nostrum Jesum Christum d • cœlis in terram descendere , et de beatissimae virgin » Mariae dominœ nostrœ utero sacratissirao , Angelo nur » tiante , carnem suscipere ; et mortem subire , et tert

die gloriosè à mortnis resurgere voluisti , ut nos eriperes de pntestate tenebrarum ; obsecramus immensam clementiam tuam , ut has Coronas (vel hanc coronam ) in honorem et Iaudem ejusdera genitricis Filii tui, ab Bcclesià tua fideli dicatas (vel dicatam) benefdicas et sancti j* fices , eisque (vel eiqne) tantam infundas virtutem Spiritûs sancti ut quicumque harum quamlibet (vel hanc) secum portaverit, atquein domo sua reverenter habuerit, et in eà ad te devotè oraverit, salubri et persévérante devotione abundet , sitqne consors et particeps omnium gratiarum, privilegiorum et indulgentiarum, quœ ejusdem Coronœ recitationi per sanctam Sedem apostolicam concessa fuerunt; ab omni hosfe Tisibili et invisibili, semper et ubiquè, in hoc et in futuro sseculo liberetur, et in exitu suo ab ipsà bcatissimà virgine Maria Dei génitrice tibi plenus bonis operibus praesentari mereatur ; Per Christum Dominum nostrum. Amen. •

// jette de l'eau bénite en disant :

• In nomine Patris f , et Filii , et Spiritûs saneli. • y. Amen, t

Cette formule sert aussi pour bénir les rosaires, en changeant Coronas en Rosaria.

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