‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 28 sur 69 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

INDULGENCES ATTACHÉES A DES PRATIQUES EN L'HON- NEUR DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

I I. Indulgences pour l'invocation dc9 saints Noms de Jésus et

de Marie.

Sixte V, par une bulle du II juillet 1587 , a accordé cent jours d'indulgence à ceux qui se salueraient réciproquement, en disant, le premier : Laudeiur Jésus Christus, et l'autre en répondant : In sœcula, ou Amen.

Le même Pape, accorde, dans la même bulle , vingtcinq jours d'indulgence à ceux qui invoquent dévotement les saints Noms de Jésus et de Marie.

Ceux qui auront eu l'habitude de se saluer, comme cidessus, pendant leur vie , ou d'invoquer souvent les Noms de Jésus et de Marie , gagneront l'indulgence plénière à l'article de la mort, pourvu qu'ils invoquent de nouveau ces saints Noms avec un cœur contrit, et au moins intérieurement, s'ils ne peuvent le faire de bouche.

Les mêmes indulgences sont accordées aux prédicateurs et autres personnes qui exhorteront les fidèles à se saluer de la sorte, à invoquer les saints Noms de Jésus et de >Tarie.

Par un décret du 28 avril 1807 , Pie VU a accordé trois cents jours d indulgence à ceux qui feraient dévotement les trois invocations suivantes :

« Jésus, Joseph et Marie, je vous offre mon cœur et

» mon âme.

» Jésus, Joseph et Marie , assistez-moi dans ma dernière

» agonie.

» Jésus, Joseph et Marie, que mon âme expire en paix » avec vous.

II y a cent jours d'indulgence pour ceux qui ne feraient

ju'une senle de ces invocations, et toutes ces indulgences jont applicables aux âmes du purgatoire.

Par une concession de Jean XXII , ceux qui inclinent !a tète avec respect en prononçant, ou en entendant proaoncer les Noms de Jésus et de Marie, gagnent vingt jours i'indulgence ; s'ils le font au Gloria Patri , ils gagnent irente jours, deux cents s'ils se mettent à genoux devant le très-saint Sacrement , et quarante s'ils baisent respectueusement la croix. Clément IV a accordé un an pour sette dernière action (Ferraris, Indulg. art. 6, n° 10).

|| II. Indulgences pour ceux qui honorent la naissance de Jésus-Christ.

Afin d'exciter la piété dans le cœur des fidèles , et de les porter à célébrer la fête de Noël avec plus de dévotion, Sixte V accorda, par son bref lit fidelium devotio , liu 22 octobre 1386, à tous ceux qui, vraiment repentants, pétant confessés et ayant communié ce jour-là , réciteraient l'office de[cette fête, ou y assisteraient dans une église où il se célèbre, cent ans pour matines et laudes, cent ans pour la messe, autant pour les premières vêpres et autant pour les secondes. Pour chacune des petitesheures et pour compiles, quarante ans.

Par rescrit du 12 août 1815, Pie Yll , pour augmenter la dévotion envers le saint Enfant Jésus , a permis qu'on fit une neuvaine de préparation à la grande fête de la Nativité, et accordé trois cents jours d'indulgence pour chacun des jours de cette neuvaine , et de plus indulgence plénière le jour même de la fête, 25 décembre, ou un jour dans l'octave, pourvu que l'on ait suivi ces exercices, qu'on se soit confessé, que l'on communie et qu'on prie selon les intentions du souverain Pontife. Les prières de cette neuvaine ne sont point déterminées; on se sert de • elles qu'on veut.

Le même Pape a accordé ces indulgences , une autre N)il dans l'année, à ceux qui voudraient , dans tout autre temps, faire une pareille neuvaine en l'honneur de lEnfant Jésus.

lÔO TRAITÉ

Ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.

j 111. Indulgence pour une prière fuite devant un crucifix.

Par décret du 10 avril 1821 , Pie VII, renouvelant une concession déjà faite par Clément VIII et Benoît XIV , accorda one indulgence plénière à perpétuité et la délivrance d'une aine du purgatoire l , à ceux qui , vraiment contrits, s'étant confessés et ayant communié, diraient avec piété, en quelque langue que ce soit, devant limage de Jésus crucifié, l'oraison suivante. La Congrégation des Indulgences a répondu, le 1 1 avril 1840, qu'il n'était pas nécessaire d'ajouter d'autres prières aux intentions du saint Pontife (Ami de la Religion, n° S504).

Oratio.

« En ego, ô bone et dulcissime Jesu! ante conspectum » tuum genibus me provolvo, ac maximo animi ardore te » oro atque obtestor, ut meum in cor vividos fidei, spei et » charitatis sensus, atque veram erratorum meorum pœnit tentiam, eaque emendandi firmissimam voluntatem velis » impriraere , diim magno animi affectu et dolore, tua » quinque vulnera meeum ipse considero et mente con- » templor , illud prœ oculis habens , quod jàm in ore » ponebat suo David propheta de te, ô bone Jesu : Fods- » runt manus meas et pedes meos ; dinumeraverunt omnia » ossa mea. »

* La forme de cette concession n'est point ordinaire : cependant on nous a assuré à Rome qu'elle était authentique. Au reste, d'après ce qw nous avons dit , page 28, il ne s'agit que d'une indulgence plénière applicable aux âmes du purgatoire , il ne faut pas s'imaginer qu'on puisse gagner ces deux indulgences plénières à la fois , une pour soi , et une pour un défunt , ni qu'en l'appliquant à l'âme du défunt , on la délivre certainement du purgatoire.

Dans la Raccolla de 1837 , cette concession est rapportée p. 144 ; il y est dit que l'indulgence est applicable aux âmes du purgatoire, par un décret de Léon XII du 17 septembre 1825 , et il n'est pas fait mention de la délivrance d'une âme du purgatoire.

$ IV. Indulgences pour la visite au Saiut-Sacrement.

Par rescrit du 17 septembre 1796, Pie VI accorda une indulgence plénière, aux fidèles qui, vraiment contrits, se confesseraient, communieraient le premier jeudi de chaque mois, visiteraient le Saint-Sacrement exposé, ou renfermé dans le tabernacle, et réciteraient l'oraison Respice , Domine (ci -après) qui fut composée par St. Gaétan , pour implorer la miséricorde divine, et prieraient pour la "ainte Eglise notre mère.

A ceux qui , tout autre jeudi de l'année, se confesseraient, communieraient et réciteraient cette même oraison à genoux devant le Saint-Sacrement, sept ans et sept qaaranlaines d indulgences; et à ceux qui réciteraient cette oraison les antres jours de l'année , cent jours d'indulgence.

Toutes ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.

0RE3IDS.

• Respice, Domine , de sanctuario tuo et de excelsa cœ- » lorum habitaculo, et vide hanc sacrosanctam hostiam » quam tibi offert magnus Pontifex sanctus puer tuus

• Dominus Jésus, pro peccatis fratrum suorum; et esfco

• placabilis super multitudinem malitiœ nostrse. Ecce vox » sanguinis fratris nostri Jesu clamât ad te de cruce. » Exaudi, Domine l , placare, Domine ; attende et fac. Ne » moreris propter temetipsum , Deus meus , quia no- » men tuum invocatum est super civitatem istara , et

• super populura tuum, et fac nobiscum secundo m

• raisericordiam tuam. Amen. •

Par rescrit du 1-4 février 1816, Fie VU accorda une indulgence plénière à ceux qui feraient pendant une heure , en public ou en particulier, un exercice de piété en mémoire du Saint -Sacrement , le Jeudi-Saint , pourvu

1 Daniel , n , 29.

que, s'étant confessés, ils communiassent ce jour-là du un jour de la semaine suivante. Il y a trois cents jours d'indulgence à chaque fois pour ceux qui font le même exercice les autres jeudis de l'année.

Ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.

Par un autre rescrit du 26 août 1841 , sa Sainteté avait déjà accordé une indulgence de trois cents jours , applicable aux défunts, pour ceux qui réciteraient, en l'honneur du Saint-Sacrement , les actes d'adoration et d'amende honorable qui se trouvent dans le recueil de Rome (p. 1 96) avec cinq fois le Pater, Y Ave et le Gloria Patri, etc.

De plus, par rescrit du 20 janvier 1815, deux cents jours d'indulgence , également applicable aux défunts , pour ceux qui réciteraient, avec une vraie contrition, l'acte d'amende honorable qui se trouve aussi dans le reoneil de Rome , immédiatement après les actes précédents.

§ V. Indulgences pour l'adoration du Saint-Sacrement et la communion fréquente.

Par concession de Grégoire XUI , du 10 avril 1580, ceux qui, entendant sonner l'élévation du Saint-Sacrement à la messe chantée, conventuelle ou paroissiale, se mettront à genoux, quelque part que ce soit, et feront quelque prière en l'honneur du Saint-Sacrement , gagneront à chaque fois un an d'indulgence; ils gagneront deux ans, s'ils vont à l'église dans le dessein d'y adorer le Saint- Sacrement à ce moment.

Tous les fidèles qui se confesseront , communieront les jours de fête, et prieront dans les intentions ordinaires, pourront gagner cinq ans à chaque fois. S'ils ont coutume de communier , une fois par mois et aux fêtes solennelles de notre Seigneur, de la Sainte Vierge, des saints Apôtres et de saint Jean-Baptiste, ils gagneront dix ans chacun de ces jours-là, et l'indulgence plénière le jour de la fête patronale du lieu, en remplissant les conditions ordinaires.

\ VI. Indulgence pour une oraison jaculatoire au Saint-Sacrement.

Pie VI, par un rescrit du 24 mai 1776, accorda cent jours d'indulgence aux fidèles qui diraient une fois par [jour , en l'honneur du très-saint Sacrement, l'oraison jaculatoire suivante , traduite mot à mot de l'italien :

• Loué et remercié soit à tout moment » Le très-saint et divin Sacrement. •

Le jeudi , dans toute l'année , le jour de la Fête-Dieu , et pendant l'octave , il y a trois cents jours d'indulgence pour ceux qui réciteraient celte prière trois fois chacun de ces jours.

En outre, il y a indulgence plénière pour ceux qui seraient fidèles à réciter cette prière pendant un mois, îe ijour qu'ils voudraient choisir, en se confessant , communiant et priant pour notre sainte mère l'Eglise.

Par décret du 30 juin lo" 18 , Pie VII a rendu applicable aux défunts, à perpétuité, l'indulgence partielle de cent jours attachée à celte oraison jaculatoire , quand on la récite au signal qui annonce l'exposition, la bénédiction ou l'élévation du Saini-Sacrement à la messe ehantée , ou conventuelle ou paroissiale.

J VII. Indulgences attachées à l'office du Saint-Sacrement.

Urbain IV, instituteur de la fête et de l'office du Saint- Sacrement , en 12(52, avait accordé à ceux qui, s'étant cont'- itéraient à matines, cent jours d'indulgence;

cent jours pour les premières vêpres et autant pour les : quarante jours pour chacune des petites heures, itant pour com plies; cent jours pour ceux qui disent la messe ce jour-là, ou y assistent : pendant l'octave , cent jouri poar assister à tout l'office.

Martin V, doublant presque ces indulgences, accorda par une c nstitution de 1429 , deux cents jours pour mâtine», doux cents jours pour la messe, cent jours pour les vê- ■ o\ cliquante jours pour chacune des petites heures, renchérissant sur ce qu'avait fait Martin V,

accorda, par la bulle Excellentis&imum , du 26 mai 14 quatre cents jours d'indulgence pour matines, autant pour la messe, autant pour les premières vêpres, autant pour les secondes ; cent soixante jours pour chacune des petites heures; deux cents jours pendant toute l'octave pour les matines, deux cents jours pour la messe, deux cents pour les vêpres, quatre-vingts pour les autres heures, et deux cents pour assister aux processions (Ferraris).

Ces indulgences sont applicables aux morts d'après la déclaration de Benoît IV , du là septembre 1749.

J VIII. Indulgences pour le Pange lingua, et le Tantum orgo.

A la demande d'un grand nombre d'évêques et de curés de Rome, Pie VII, voulant exciter la dévotion des fidèles envers Jésus-Christ caché dans le Saint-Sacrement , les porter à l'adorer souvent en esprit et en vérité, et à le remercier d'être ainsi demeuré avec nous dans cet auguste Sacrement , a accordé, à perpétuité, par décret du 25 août 1318, une fois le jour, l'indulgence de trois cents jours à ceux qui , dans les sentiments d'une vraie contrition, réciteraient avec piété l'hymne Pange, lingua , le verset et l'oraison du Saint-Sacrement ; et cent jours à ceux qui diraient seulement le Tantum ergo , etc. , avec le verset et l'oraison; à ceux qui réciteraient souvent, ou au moins dix fois par mois , l'une ou l'autre de ces deux prières, indulgence plénière le Jeudi-Saint, le jour de la Fête-Dieu , on un des jours de l'octave , et un autre jour dans l'année , à leur choix ; mais à condition que s'étant confessés, ils communieraient et prieraient selon les intentions du souverain Pontife.

Ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.

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