DE LA DÉFINITION DES INDULGENCES
mol indulgence signifie ordinairement dans les Saintes Ecritures et dans les auteurs ecclésiastiques, ré- (njation, coju]gj\ation , comme quand Isaïe dit (ch. 6Ï, V" 1 ) prœdicare cnptivis indulycntiam, annoncer aux captifs 1 indulgence et la liberté, ou bien facilité, condescendance.
comme quand saint Paul dit aux Corinthiens ( ch 7, V'. 1 ) : Hoc autem dico secundùm indulgcntiam, non secundùm impcrium : je dis cela par indulgence, et non pour commander.
On donnait autrefois le nom d'indulgence à la rémission que les empereurs accordaient par bonté à certains criminels les jours de fêtes publiques. L'indulgence dans l'usage de l'Eglise et dei théologiens réunit ces deux sens, parce que c'est une rémission réelle que l'Eglise accorde par condescendance pour des œuvres faciles à remplir. On la définit ordinairement : La rémission de la peine temporelle due aux péchés actuels déjà remis quant à la coulpe faite hors le sacrement de Pénitence , par ceux qui ont le pouvoir de dispenser le trésor spirituel de ï Eglise.
Nous disons : 1° La rémission de la peine temporelle , parce que l'indulgence ne remet jamais la peine éternelle. 2° Due aux péchés actuels, parce que le baptême s'administrant, d'après son institution, par forme de régénération, ne laisse aucune peine à subir. 3° Déjà remit quant à lacoulpe; on ne peut, en effet, obtenir la rémission de la peine temporelle due au péché, tant que le péché luimême subsiste. -4° La sentence du prêtre, en remettant le péché dans le tribunal de la pénitence, remet aussi une partie de la peine temporelle, proportionnée aux dispositions du pénitent : l'indulgence est une rémission différente; c'est pour cela que nous disons qu'elle est une rémission faite hors le sacrement de Pénitenee. 5° Par ceux qui ont le pouvoir de dispenser, etc; car la concession de lin» dulgence est un acte de juridiction; il suppose donc une autorité légitime dans celui qui l'exerce. 6° Le trésor spirituel de ï Église : ce trésor est la surabondance des satisfactions de Jésus-Christ et des Saints qui n'ont point eu d'application.
Nous ne faisons que supposer ici toutes ces propositions qui entrent dans notre définition , ou qui servent à la faire comprendre : nous développerons chacune d'elles par ordre, à mesure qu'elle se présentera, et à la fin nous serons en droit de conclure que notre définition est exacte.