‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 41 sur 69 · DE LA CONFRÉRIE DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

DE LA CONFRÉRIE DU ROSAIRE

La pratique de réciter le rosaire en l'honneur de la sainte Vierge remonte au moins jusqu'à saint Dominique, comme nous l'avons fait remarquer à la page 125

Sixte IV, par sa constitution Ea quœ , du 9 mai 1479, cédant aux représentations du duc et de la duchesse de Bretagne , avait accordé cinq ans et cinq quarantaines d'indulgence, pour chaque pierre du Rosaire à ceux qui réciteraient, le même jour, le rosaire entier, qu'il appelle le psautier de la sainte Vierge.

Léon X , dans sa bulle Pastoris œterni , du 6 octobre 1520, suppose que la confrérie du Rosaire existait depuis longtemps; qu'elle avait été spécialement confiée aux religieux Dominicains; qu'étant tombée dans un oubli presque universel, elle avait été rétablie à Cologne, en 1475 , à l'occasion des guerres désastreuses contre lesquelles la ville et le diocèse voulurent spécialement invoquer l'assistance de la sainte Vierge ; que les membres de cette pieuse association s'engageaient à dire trois fois par semaine le rosaire ou le psautier de la sainte Vierge pour la cessation des maux dont on était accablé ou menacé; que l'évcque dé Forli , nonce apostolique, l'avait propagée en Allemagne, et que ses prédécesseurs , Sixte IV et Innocent VIII, l'avaient étendue, et enrichie de grâces spirituelles. Lui-même confirme ce qui avait été fait avant lui, et accorde aux confrères du Rosaire, qui se sont confessés, ou qui, sincèrement repentants de leurs péchés, ont la ferme résolution de se confesser, et disent habituellement le rosaire trois fois par semaine, dix ans et dix quarantaines d'indulgence pour chaque fois.

ment VII augmenta ces faveurs , par une constituai! du 8 mai lo34; considérant que, pour la plupart des dèles, il était difficile de réciter le rosaire entier dans I même jour, comme il avait été nécessaire de le faire îsqu'alors , il permit de réciter chacune des trois parties u rosaire, à trois jours différents de la même semaine, et ni cinq ans et cinq quarantaines d'indulgence accordés ar Sixte IV , pour chacune des trois parties, il ajouta eux ans que gagneraient ceux qui réciteraient le psautier e la sainte Vierge de cette manière.

i Pie V décida, le tiB juin 1569, que le général des Dominicains et ceux qu'il aurait délégués, pourraient seuls istituer des confréries du Rosaire, quelque part que ce it.

Don Juan d'Autriche ayant remporte sur les Turcs une

ilèhre victoire dans le golfe de Lépante, le dimanche

octobre 1571, le saint pape Pie V, pour en perpétuer

souvenir , institua une fête solennelle en l'honneur de

sainte Vierge , sous le titre de Notre-Dame de la Vic-

ire , et fit insérer dans les litanies ces paroles : Auxïlium

hrislianorum , ora pro nobis. Deux ans après, le premier

ril 1 a73 , Grégoire XIII , par sa constitution Monet apos-

lus} changea ce titre en celui du Rosaire, approuva un

fice propre à cette fête, qui doit se célébrer le premier

manche d'octobre, dans toutes les églises où il y a un

itel dédié à ^otre-Dame du Rosaire.

Sixte V, dans sa bulle Dùm incffibilia , du 30 jan-

er lo86, confirma ce qu'avaient fait ses prédécesseurs,

nouvela les indulgences accordées par eux aux rnem-

de la confrérie du Rosaire, et permit à ceux qui ne

uvent visiter l'église, la chapelle ou l'autel de celte

nfrérie , de gagner l'indulgence néanmoins aux condi-

»ns que nous allons exposer ci-après.

dulgences accordées aux membres de la confrérie du

Rosaire.

1* Indulgence plénière le jour de leur entrée dans la

confrérie, à condition que, s'étant confessés avec un vra repentir, ils communieront ce jour-là dans l'église 01 la chapelle de la confrérie , réciteront au moins le tier du rosaire, et prieront pour la paix de l'Église ( Pie V Z>re/*Consueverunt, du 17 septembre 1569, §6.)

2° Ceux des confrères qui, repentants de leurs péchés s'étant confessés et ayant communié, visiteront l'autel di Rosaire, gagneront l'indulgence plénière les jours sui vants , savoir : le troisième dimanche d'avril, les joun d* Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de la Trinité de la Fête-Dieu, de Noël, du patron de l'église, le Ven dredi-Saint, le dimanche dans l'octave de l'Assomptioi et le dimanche dans l'octave de la Nativité de la saint Vierge.

S° Indulgence plénière le premier dimanche de cha que mois aux confrères qui s'étant confessés , cominu nieront dans l'église où la confrérie existe, ou qui s'élar confessés et ayant communié n'importe où , visiteront 1 chapelle du Rosaire, ou bien assisteront à la procession quand elle se fait pour le Rosaire et prieront selon l'usag»

4° Indulgence plénière tous les jours de fêtes de 1 sainte Vierge et les jours où l'on célèbre un des mystèn du Rosaire , pour les confrères qui , s'étant confessés communieront et visiteront la chapelle ou l'autel de confrérie, depuis l'heure des premières vêpres jusqu'à I la fin du crépuscule le lendemain.

5° Les voyageurs par terre ou par mer, et les serviteui qui ne peuvent assister à la procession du premier d manche de chaque mois, pourront gagner l'indulgenc plénière, en récitant le rosaire tout entier, et en rempli-' sant les autres conditions. Les inférieurs et autres, qui soi légitimement empêchés d'aller auxdites processions, g£ gneront les mêmes indulgences, pourvu qu'ils aient a moins le désir de se confesser et de communier et diseï cinq dizaines du rosaire. Mais nous pensons qu'ils doivei se confesser et communier avec cette intention , aussiti qu'ils le peuvent : tel paraît être le sens de la bulle, L» mêmes personnes sont aussi dispensées de visiter 1 eglii

ki la chapelle de la confrérie , les jours où l'on y célèbre es fêtes des mystères du Rosaire , et ont néanmoins droit l'indulgence plénière , moyennant qu'elles remplissent es autres condition!5. [Bulle précitée de Sixte V, § 7.)

6" Indulgence plénière à l'article de la mort , pour tous es confrères qui se seront confessés et auront reçu le saint iatique, ou, s'ils ne le peuvent, seront au moins trèsepentants de leurs fautes , et invoqueront de cœur , dans e cas où ils ne puissent le faire de bouche , le saint Nom le Jésus. [Bulle de Pie V, déjà citée.)

D'après ce que nous avons dit ci-devant (p. 96), il ne )araît pas qu'on puisse maintenant , pour appliquer :ette indulgence à un moribond , se servir d'une sorte de ormule d'absolution qu'on trouve dans les petits livres l'usage des confrères , laquelle en tous cas n'est point esentielle ; la raison que donne Pie VII , pour défendre e donner la bénédiction aux malades avec des croix , aédailles , etc. , est la même pour toutes les autres bénélictions ou absolutions , excepté celle de la bulle Pia Uter.

7° Il est d'usage dans plusieurs lieux que les confrères du losaire gardent chez eux un cierge bénit par le directeur le la confrérie; on le leur met dans la main lorsqu'ils pprochent de leurs derniers moments , et s'ils meurent :n le tenant ainsi , ils gagnent l'indulgence plénière.

8° L'autel du Rosaire est privilégié de droit pour tous es prêtres associés offrant le saint sacrifice de la messe

l'intention d'un confrère défunt. (Bulle Nuper d'innoent XI).

6° Les fidèles non inscrits parmi les confrères peuvent pgner les indulgences suivantes , savoir : 1° indulgence )lenière aux fêtes de Pâques , de la Pentecôte , de la Trinité et de la Fête-Dieu , tous les dimanches de carême , e 1er dimanche d'octobre , les jours où l'on fait les fêtes le saint Dominique , de saint Thomas d'Acquin , de saint ^incent-Ferrier , de sainte Catherine de Sienne , et des \utres Saints et Saintes de l'ordre de saint Dominique ,

pourvu que s'étant confessés et ayant communié , ils sitent la chapelle du Rosaire : 2° sept ans et sept qua rantaines chaque fois qu'ils assistent aux processions di lor dimanche du mois ; cinq ans et cinq quarantaii toutes les fois qu'ils réciteront le tiers du rosaire , c'estdire cinq dizaines ou le chapelet ordinaire.

Parmi les nombreuses indulgences partielles accorda aux confrères , les principales sont : cent jours pour sister au Salve , Regina , quand on le chante après ce plies , dans l'Eglise ou la chapelle de la confrérie ; ti cents jours pour assister un malade , ou pour assister la sépulture d'un mort ; cent jours pour visiter la chapelli du rosaire , à chaque fois /cent quarante pour faire ré citer le rosaire par \\n autre ; cent ans et cent quaran taines pour porter le rosaire en signe de soumission i la sainte Vierge ; cinq ans et cinq quarantaines pot prononcer le saint Nom de Jésus à la fin de chaque Ave Maria ; trois ans et trois quarantaines pour visiter ur confrère malade , ou accompagner son corps à la sépul ture: soixante jours pour toute œuvre de piété.

Les confrères du saint Rosaire peuvent gagner toutes les indulgences plénières et partielles attachées aux station* de Rome , en visitant cinq autels de l'église du Rosaire ou cinq fois un même autel de ladite église , s'il n'y a pas cinq autels , aux jours marqués dans le Missel romain pour ces stations.

Ces jours sont le 1er et le 6 janvier, les dimanches de la Septuagésime , de la Sexagésitne et de la Quinquagésime , tous les jours depuis le mercredi des Cendres jusqu'au dimanche de la Quasirnodo inclusivement : le jour dt S. Marc et les trois jours des Rogations ; le jour de l'As cension , la veille et toute la semaine de la Pentecôte les trois jours des Quaîre-Temps de septembre ; les quat* dimanches de l'Avent et les trois jours des Quatre-Temps , la veille de Noël , le jour de Noël et les trois jours suivants.

Il y a encore plusieurs indulgences qui peuvent être gagnées ? principalement à Rome , tant par les confrères

cle par les autres fidèles ; nous ne croyons pas devoir les î >porter ici.

routes ont été rendues applicables aux défunts par ife bulle de Clément X, du 16 février 1671 , ayant ijir premiers mots Cœlestium munerum. Elles sont sans j'judice de celles dont nous avons parlé en traitant D la récitation du rosaire (p. 127) , lesquelles ont été Htes confirmées par divers souverains Pontifes , notamlat par Benoit XIII, le 13 avril 1726, et BenoîtXlVle If décembre 1746.

cpelles que nous avons rapportées se trouvent dans les de Sixte IV , de Lcon X , de Pie V , de Sixte V , ou

is une instruction sur le Rosaire , imprimée à Rome ,

Me VII, par on bref perpétuel du 6 février 1808, a ijordc une indulgence plénière applicable aux âmes du

gatoire , à tous les fidèles , membres de la confrérie ,

non , qui choisiraient un jour et une heure fixe dans inée pour réciter en entier le rosaire de quinze dizai-

, en méditant les mystères , si , s'élant confessés , ils amuniaient ce jour-là : c'est ce qu'on appelle le rore perpétuel , parce qu'on présume que dans l'étendue

monde catholique, il y a habituellement des person-

qui sont occupées à ce pieux exercice; on contribue

roéme par là au sacrifice perpétuel de louanges. )n invite aussi les membres de cette même confrérie à nmunier quinze mardis de suite dans l'année , pour lorer saint Dominique , fondateur des Dominicains mteur du Rosaire. Il y a cent jours d'indulgence pour ique mardi , et indulgence plénière un de ces quinze rdis , au choix de chacun , à la condition de remr ce jour-là les conditions accoutumées. ( BrcfsdAlexan-

t II , d'Innocent XI , de Clément XII , et de Pie VIL) LiCs confrères qui omettraient les pratiques que nous lis exposées , ne cesseraient pas pour cela de faire parde la confrérie: ils seraient seulement privés des ingenecs correspondantes à cette omission. Ils pourraient gagner de nouveau aussitôt qu'ils reprendraient les exer-

cices prescrits , et accompliraient les autres condition! requises.

Quand un évêque jouit de la faculté d'ériger cette confrérie dans les églises de son diocèse, on peut s'adresser directement à lui pour l'obtenir : s'il l'accorde , il donnera le diplôme , prescrira de tenir le registre sur lequel les confrères devront être inscrits, et fixera ce qui concerne les processions des fêtes de la Vierge et de3 premiers dimanches du mois ; car ces règlements , statuts et usagei sont toujours subordonnés à l'autorité de l'ordinaire , qui peut les changer , les réformer ou les modifier , selon s: prudence , ainsi que Clément VIII l'a statué dans sa constitution Quœcumque.

Une fois que la confrérie a été légitimement établie dam une église , le curé et ses successeurs peuvent y admettre ceux qui demandent à en faire partie , sans autre permis sion et sans formule déterminée ; il ne s'agit que de pren dre les nom et prénoms des personnes , et de les inscrire sur le registre. Les vicaires , par conséquent , peuven aussi le faire sur la seule autorisation de leur curé , qui er est le directeur de droit , à moins que l'évêque n'en jugea autrement. Il doit être membre de la confrérie.

Conditions requises pour gagner les indulgences de la confré rie du Rosaire.

Ces conditions sont au nombre de quatre : 1° être ins crit sur le registre de la confrérie ; 2° avoir un rosaire bénit par un prêtre autorisé à le faire; 3° réciter le rosaire en entier une fois par semaine , en méditant lei quinze mystères ; et 4° remplir les conditions marquée: pour chaque indulgence en particulier [Manuel du Chapelet et du Rosaire, par M. de Sambucy ). Cependant M. de Sambucy dit positivement qu'il faut avoir un rosaire bénit par un prêtre qui en ait la faculté. Ces condition: sont-elles rigoureusement nécessaires ? Nous n'oseriorv l'assurer. Un théologien de Rome , consulté par nous nous a écrit qu'il n'était nullement nécessaire d'avoir ur rosaire de quinze dizaines, ni même un chapelet bénit.

Rosaire vivant.

Le Rosaire vivant consiste en ce que quinze personnes , ssocices à cet effet , récitent tous les jours chacune une lizaine de rosaire , en l'honneur du mystère qui lui est ;chu en partage. Par ce moyen le rosaire est récité en entier chaque jour , et ses quinze mystères sont honorés. >tte association de quinze personnes est ce qu'on nomme in rosaire , et par conséquent un rosaire vivant , ou excession vivante et active du vrai rosaire.

Cette pieuse dévotion commença à Lyon en 1826, se xmimuniqua aux diocèses voisins et est maintenant fort -épandue.

Notre saint Fère le Tape Grégoire XVI, l'a solennellenent approuvée le 27 janvier 1032 , et l'a enrichie de )eaucoup d'indulgences , auxquelles ont droit ceux qui y ont enrôlés, et récitent une dizaine du chapelet par jour , m pensant au mystère qui leur est échu.

Les personnes qui désirent en faire partie , trouvent lans un petit livre à leur usage l'explication de ce m'elles ont à faire , et des avantages spirituels qui leur •ont offerts.

ARTICLE II

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