‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 48 sur 69 · SPIRITUELLES · texte numérisé non relu

SPIRITUELLES

Si nous voulions parler de toutes les autres confréries de réguliers ou de séculiers , auxquelles des indulgences sont attachées , il nous faudrait beaucoup étendre notre travail ; car près de cent, dans la seule ville de Rome , sont érigées en archiconfréries. Toutes jouissent de différentes espèces d'indulgences , et ont le pouvoir de les communiquer aux associations du même genre qui leur sont légitimement agrégées.

Les plus célèbres sont :

1° Celle de la Trinité In Urbe; elle a pour fin de recueil lir les pèlerins pauvres qui viennent à Rome visiter les lieux saints , surtout pendant l'année du jubilé , et de leur donner une hospitalité convenable. Durant l'année 1828, elle en a logé au moins cent vingt mille.

Pie 1Y l'érigea en archiconfrérie , par sa bulle llliusque, du 23 avril 1560 , lui permit d'ériger ailleurs des confréries du même genre , de se les associer , et de leur communiquer les grâces dont elle jouissait. Grégoire XIII l'enrichit d'indulgences , et Paul V lui en accorda encore davantage , le 2 octobre 1 606.

2° La confrérie du saint Nom de Dieu , établie ou approuvée par Pie IV , le 13 avril 1564, confirmée par Pie V le 21 juin 1571 , et comblée d'un grand nombre de grâces spirituelles par Paul V, le 31 octobre 1606. Elle avait pour objet de réparer les outrages faits à Dieu par les blasphémateurs de son saint Nom.

3° Il s'était formé en Europe , et il se forma ensuite en Amérique , de pieuses associations qui se proposaient spécialement d'honorer le saint Nom de Jésus. Clément Vil

loua beaucoup ce9 sortes de réunions , et la fin qu'elles se proposaient: il les approuva par la bulle Cùm sicut accopiînusin , du 30 juin 1603 , et y attacha des indulgences plénières et des indulgences partielles.

4° On trouve dans le Bullairc une confrérie du Saint- Esprit , louée par Eugène IV , approuvée par Sixte IV , le 21 mars 1478, confirmée par Innocent VIII le 21 mars 1486, et par Léon X le 9 mars 15 H. Le but de cette confrérie était d'engager ceux qui l'embrasseraient à contribuer par leurs aumônes au soutien de l'hôpital de ce nom.

5° Pie V approuva, par sa bulle Cùm sicut , de 1572 , une confrérie dite de l'Annonciation , établie dans l'église de Sainte-Marie sur la Minerve, et qui se proposait spécialement de doter les filles sans fortune , de soulager les pauvres et les infirmes. Paul V lui accorda des grâces et des indulgences, par une constitution du 6 août 1608.

6 ' Il se forma à Rome , vers le milieu du seizième siècle , une congrégation de personnes pieuses et charitables qui se proposaient de visiter les pauvres insensés et d en prendre un soin particulier. Pie IV érigea cette réunion en archiconfrérie, le 1 1 septembre 1561 , sous le nom de ÎNotre-Danie- de-Pitié, et lui accorda des indulgences communicables aux autres confréries qu'elle s'agrégerait légitimement.

7 Le même Pontife approuva, par une longue bulle du 17 novembre 15G0, une confrérie composée d'hommes iqui s'engageaient à faire tous les mois les prières des Quarante lleures, à ensevelir et enterrer les pauvres à leurs •frais : il l'érigea en archiconfrérie , lui accorda beaucoup d'indulgences avec la faculté de s'agréger partout ailleurs d'autres confréries semblables, et de leur communiquer ces mêmes faveurs.

8" Pie V avait recommandé à tous les archevêques et ùvèques, par une constitution du 6 octobre 1571 , de former, autant qu'ils le pourraient, des associations de personnes zélées qui réuniraient, au moins tous les dimanches, dans une église ou autre lieu décent, le9 enfants et

les ignorants, pour leur apprendre les premières vérité» de la religion chrétienne. Paul V loua cette institution , érigea la confrérie qui était dans la basilique de Saint- Pierre, en archiconfrérie, dite de la Doctrine Chrétienne, par la bulle Ex credito, du 5 octobre 1607 , lui accorda un grand nombre d'indulgences, toutes communicables aux confréries qu'elle s'agrégerait.

9° Il existe une confrérie en l'honneur de la sainte Vierge , dont le but est de contribuer à racheter les captifs, et qui , pour cela , s'appelle De Mercede captivorum , ou Notre-Dame de la Merci : il y en a une autre établie pour la même fin , sous l'invocation de la très-sainte Trinité. Clément X en parle au long dans une constitution du 11 février 1673, confirme les indulgences qu'avait accordées Paul V par des brefs du 6 août 1608 et 6 novembre 1620 , et en accorde de nouvelles. Les confrères portent un scapulaire , comme les membres de la confrérie da Mont-Carmel. (Bullaire, t. 21 ,p. 210).

10° Il y a encore des confréries de la Conception de la sainte Vierge, de la Visitation , de Notre-Dame des Douleurs , de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Joseph, des Douze Apôtres, de Saint-Benoît et de Sainte-Scholastique , des Quatre-Couronnés , de Saint-Roch , du Crucifix , des Orphelins , etc. , etc.

11° Viendraient après cela les tiers ordres des instituts religieux , particulièrement celui de Saint-François , les pénitents des différentes couleurs ; qui tous ont leurs privilèges propres et des indulgences plus ou moins étendues et plus ou moins nombreuses.

La plupart de ces associations n'existent plus en France ; à peine y sont-elles connues. Si quelques-unes cependant s'y trouvent encore , ceux qui seront appelés à les diriger devront se procurer les statuts propres à chacune d'elles et s'y conformer.

ARTICLE XIII

1.8 CONGRÉGATIONS Qc'oN FORME ORDINAIREMENT DANS LES MAISONS D'ÉDUCATION, ET QUELQUEFOIS DANS LES PAROISSES.

Ces congrégations, maintenant très-répandues, doivent )ur origine au père Jean-Léon Flammingue , pieux jéiite , régent de basse classe au collège romain. Ce reliieux commença en 1563 à réunir ses élèves, certains hits , après la classe , pour leur lire des livres de piété l leur faire faire quelques prières. D'autres écoliers , rands et petits , se rendirent à ces réunions. Il se mit à lire ces exercices tous les dimanches et les jours de fêtes , Dnna des règles fixes à sa congrégation , qui s'accrut et evint une association permanente , sous le titre de l'Anonciation de Marie.

Cette pieuse institution produisit de si admirables effets ue le père Aquaviva, général delà société , crut devoir )lliciter une approbation générale du Saint-Siège , et deîander des indulgences qui contribuassent à en augmenîr les progrès.

• Grégoire XIII , satisfait du rapport qu'on lui en fit , lonna, le 5 décembre 1 o84 , une longue bulle commenant par ces mots , Omnipotentis Dei, dans laquelle il loue eaucoup la société , ses travaux , ses vertus , et ses succès ans l'art difficile d'élever la jeunesse : ensuite il approuve î congrégation des écoliers, sous l'invocation du mystère e l'Annonciation , l'enrichit d'un grand nombre d'indul- «nces, en confie le gouvernement au général des Jésuies, et, entre sa mort et l'élection de son successeur , au icaire-général de la société. Il lui permit d'ériger , sous e même titre , d'autres congrégations semblables dans es autres collèges de sa dépendance , de les associer à la ongrégation première, de leur communiquer les indul- ;ences dont jouit celle-ci, de leur donner des règles et des

statuts qu'il pourrait changer ou modifier 1 , selon qu'il le jugerait prudent, et de les visiter, tant la première que les autres , par lui-même ou par un prêtre qu'il députerait à cet effet.

Sixte V confirma toutes ces dispositions par une bulle du 5 janvier 1587 , permit d'ériger , dans toutes les maisons appartenant aux Jésuites , des congrégations d'écoliers seulement , ou de fidèles seulement , de l'un et de l'autre sexe , ou des uns et des autres en même temps , sous l'invocation du mystère de l'Annonciation , ou sous tout autre titre , d'en avoir une ou plusieurs dans le même lieu , ou dans la même église, comme on le croirait convenable et de leur communiquer toutes les grâces spirituelles dont jouissait et dont jouirait à l'avenir la congrégation première.

Il existe un bref de Clément VIII , de 1602, qui augmente encore les privilèges et les faveurs déjà accordées à cette congrégation , le tout fut de nouveau confirmé par Grégoire XV, le 15 avril 1621. Benoît XIV y ajouta plusieurs nouvelles grâces , par lettres apostoliques du 27 septembre 1748 et du 7 septembre 1751 ; il ordonna que les congrégations particulières fussent sous l'invocation spéciale d'un des mystères de la très-sainte Vierge , leur permettant toutefois de faire mémoire du patron qu'elles auraient eu auparavant , et leur accordant indulgence plénière le jour où l'on en ferait la fête aussi bien que le jour où l'on célébrerait le mystère qui serait devenu leur titre spécial.

La Compagnie de Jésus ayant été supprimée en 1773, on craignit d'abord pour l'existence de la congrégation ; mais les cardinaux auxquels les intérêts du collège romain furent confiés , en prirent soin , et lui donnèrent successivement pour directeurs les prêtrea les plus recommandables par leur science , leur piété et leur zèle. La

* Cette disposition a été changée par la bulle de Clément VIII, T'i soumet ces statuts à l'autorité de l'ordinaire.

ùeuse institution continua d'être florissante et de produire tes fruits abondants.

En 1773, une congrégation établie dans le diocèse de ionstance , demanda à lui être associée, à l'effet de participer à ces indulgences : il s'éleva une contestation pour avuir à qui il appartenait de taire cette association.

Un décret de Vie VI donna celte faculté, en 1798 , au lirecteur de la congrégation première, lui permettant f affilier , selon sa prudence, toutes sortes de congrégaion? , composées de personnes de l'un et de l'autre sexe , •egulieres ou séculières, dans quelques lieux qu'elles exisussent ou vinssent à exister ; de leur communiquer les races , privilèges et indulgences déjà accordés , ou qui iraient accordés par la suite à la dite congrégation preîière.

La société , relevée de ses ruines en 1814 par une bulle )lennelle de Pie VII , a été remise en possession du col- ;ge romain en 1824 , et chargée de nouveau de régir la élcbre congrégation dont cet établissement jouit depuis . longtemps. Léon XII lui a confirmé, par des lettres postoliques du 19 mai 1824 et du 7 mars 1825 , tous les riviléges que ses prédécesseurs lui avaient accordés réinventent à cette pieuse association. Le général e^t onc chargé, comme autrefois, de la gouverner; il a leiue autorité pour régler tout ce qui la concerne, autant ue les droits des évêques ne sont pas lésés: il peut lui ad- )indre toute espèce de congrégations établies ou qui s'eibliraient sous l'invocation d'un des mystères delà trè>linte Vierge , et leur communiquer les indulgences et utres avantages spirituels dont jouit la première.

uilyences accordées aux congrégations de la sainte Vierge.

indulgences sont plénières ou partielles.

Indulgences plénières.

Il y a indulgence plénière pour les congréganisles : 1 Le jour de leur consécration , pourvu que , siiiccu-

ment repentants de leurs péchés , ils se soient confessés e communient dans l'église où se fait la réunion , ou dan une autre, s'ils ne peuvent pas le faire dans celle-là. 2° A l'article de la mort.

8° Les jours de la Naissance et de l'Ascension de notr< Seigneur; de l'Annonciation, de l'Assomption et de 1; Nativité de la sainte Vierge, aux conditions de se confesse avec douleur et de communier , comme ci-dessus.

4° A toutes les réunions indiquées par le directeur sous les conditions de se confesser, de communier, de visi ter l'église ou la chapelle de la congrégation , et d'v prie dévotement pour la paix entre les princes chrétiens, l'ex tirpation de l'hérésie, et l'exaltation de la sainte Eglisi notre mère. Ceux qui assistent à la réunion , visitent pa là même l'église ou la chapelle.

Si cependant il y avait plusieurs réunions dans une se ruaine, on ne pourrait gagner qu'une indulgence plénière l'un des jours de réunions que l'on voudrait.

5° Lorsque les réunions se font le soir , avant ou api les vêpres , on peut gagner l'indulgence , ce jour-là même en communiant le matin, ou !e lendemain, si on l'aira mieux.

6° Les congréganistes peuvent aussi gagner deux foi par an cette indulgence accordée pour toutes les réunion? sans être obligés de visiter l'église ou l'oratoire de la con grégation , pourvu qu'ils vistent une autre église, y fa< sent une confession de toute leur vie , ou une revue depoi leur dernière confession générale, et y reçoivent la divin Eucharistie.

7° Indulgence plénière le jour où l'on célèbre la fèl du titre de la congrégation, et le jour de la fête de soi patron secondaire, si elle en a un, sous les conditions de s confesser, de communier, de visiter l'église où se font le réunions, et d'y prier avec dévotion pour les fins accon tumées.

8° Si la fête propre , ou la fête secondaire de ladit congrégation, était remise à un autre jour , selon le rit d diocèse, ou par la volonté expresse ou avec la permissio

le l'évèque, l'indulgence serait transportée à ce même our.

9° Ces deux indulgences plénières des fêtes patronales , jeuvent être gagnées par les fidèles non congréganisles ,

ils se confessent avec douleur, communient, visitent (église ou la chapelle de la congrégation, et y prient :omme il est prescrit.

Indulgences partielles.

11 y a sept ans d'indulgence accordés aux congrégaliistes, chaque fois qu'ils font les œuvres suivantes :

1° Accompagner à la sépulture le corps d'un eongrégaliste ou d'un autre fidèle.

2° Prier pour un agonisant , ou pour un défunt dont on mue le trépas.

3° Assistera une réunion de piété, tant privée que puique , aux divins offices , à un sermon, à une exhortation irituelle.

4° Assister à l'office des morts, célébré pour un congréiniste oU pour un autre fidèle défunt.

5° Entendre la messe un jour de férié.

6° Examiner sa conscience le soir avant de se cou* aer.

7 Visiter les pauvres malades dans les hôpitaux oq ans les maisons particulières.

8° Visiter les prisonniers.

9° Réconcilier ceux qui sont divisés.

'1° Les absents pourront gagner les mêmes indulgences î pratiquant les œuvres que nous venons d'énoncer , et i visitant, au lieu de la chapelle de la congrégation , Yé~

ise du lieu où ils se trouveront.

Ainsi ceux qui sortent des maisons d'éducation ou des croisses où ils faisaient partie de la congrégation , connuent d'en faire partie et de gagner les indulgences, )tirvu qu'ils remplissent les conditions demandées.

Tous le^ enngréganistes qui , aux jours fixés pour

les stations l de Rome , visiteront la chapelle de la congrégation , ou l'église du lieu où ils se trouvent, s'ils sont absents, et y réciteront sept fois le Pater et VAve , gagneront les mêmes indulgences que s'ils faisaient les stations, tant dans la ville que hors de la ville de Rome.

Indulgences pour les morts.

V Les indulgences précédentes, tant plénières que par tielles , sont toutes applicables aux fidèles défunts.

62° L'autel de la congrégation est privilégié pour tou prêtre qui y célèbre à l'intention d'un congréganiste dé

funt. .

g° Les prêtres qui sont congrégamstes , ont 1 autel pn vilegié personnel , quelque part qu'ils célèbrent , en * veur d'un congréganiste défunt.

Autres privilèges. Les rois, les princes , les ducs, les comtes, et générale

* Rome était partagée autrefois en sept quartiers ecclésiastiques l'office public, ordinairement présidé par le Pape, se faisait tour tour , certains jours de fêtes, dans une église de ces quartiers , soit f la ville , soit hors de la ville, A la fin de l'office , le diacre annonçai peuple dans quelle église se ferait l'office suivant. Le peuple et le cl allaient donc ainsi d'une église à une autre pour assister aux saints ces , et c'est ce qu'on appelait les stations de Rome. S. Grégoire les avu réglées telles qu'on les voit marquées dans le Missel romain ( Flem liv. 36 , n. Î6 ). Elles ne sont plus sur le même pied depuis longtemps I mais , pour en conserverie souvenir, les souverains Pontifes ontaccon de grandes indulgences à ceux qui visiteraient les basilique* dans le nielles les stations devaient avoir lieu selon l'ancien usage.

Les jours de stations sont : la Circoncision, l'Epiphanie , la Septu ^ésime , la Sexagésime, la Quinquagésime , tous les jours de carême, fête de Pâques et les jours de l'octave , jusqu'au dimanche de la Qua modo inclusivement, la Saint Marc , les Rogations, l'Ascension, la vei de la Pentecôte , la Pentecôte elle-même et toute son octave, tous 1 Quatre-Temps , les quatre dimanches de l'A vent, la veille de Noël , trois messes de la fête , les jours de saint Etienn* , de saint Jean et i tuints Innocents.

lient ceux qui ont une autorité souveraine, leurs parents ît leurs alliés jusqu'au second degré, s'ils ont demandé à •tre inscrits parmi les membres de la congrégation prenière ou d'une congrégation légitimement affiliée à ^lle-ci , peuvent gagner toutes les indulgences que nous ivons rapportées, en pratiquant les œuvres prescrites et autant , à leur choix, ou la chapelle de la congrégation >u une église quelconque.

Tous les fidèles qui visitent pendant quelque temps le iaint-Sacrement exposé durant trois jours, avec la peraission de l'ordinaire, dans la chapelle de la congrégaion , y prient Dieu et remplissent les autres œuvres presirites, gagnent les mêmes indulgences que s'ils assistaient ux prières des Quarante-Heures.

Pareillement, indulgence pîénière à ceux qui suivent es exercices de la retraite pendant huit jours, ou même inq, six ou sept, s'ils ne peuvent en faire davantage.

Ces diverses indulgences avaient été accordées par les ouverains Pontifes , depuis Grégoire XIII jusqu'à Pie VI : illes furent examinées et reconnues véritables par la Congrégation des Indulgences, le 6 mars 17761.

Nous les avons fidèlement extraites d'un petit ouvrage raprimé en 1824, avec approbation , contenant les règles it privilèges de la congrégation première établie dans le sollége romain. llien par conséquent ne peut être plus authentique.

Conditions pour gagner les indulgences de la congrégation.

On peut former des congrégations d'hommes et de emmes, d'écoliers, d'artisans et de nobles, de personnes nariées et de personnes non mariées, réunies dans une enle association , ou séparées par classe , selon que les '•calités ou le bien des âmes paraîtront le demander, les •instituer selon le modèle de celles de Rome, leur donner in directeur, un préfet, des assistants, un secrétaire et :utres officiers ; mais ces associations particulières ne i mrront avoir part aux indulgences et privilèges don/

nous avons parlé, avant qu'elles soient légitimement affiliées à la congrégation première.

Pour obtenir cette faveur, il faut écrire au secrétaire de ladite congrégation, au collège romain, lui faire passer une supplique adressée au préfet de celte même congrégation et à ses assistants, dans laquelle on expose l'état de la congrégation qui demande à être agrégée, le mystère de la sainte Vierge auquel elle est consacrée, et son patron secondaire, si elle en a un : on spécifie de quelles classes de personnes elle est composée.

C'est naturellement au prêtre directeur à faire cette demande , si déjà la congrégation est organisée; si elle ne l'est pas, c'est au curé ou au supérieur qui désire la faire établir dans son église, à solliciter le diplôme d'érection et d'agrégation.

Mais pour cette institution comme pour toutes les autres confréries, l'evêque diocésain doit être consulté et donner son consentement : il a droit de se faire présenter les statuts , de les examiner, de les modifier et de les réformer, selon sa prudence : car sa bulle Quœcumqite , qui lui attribue celte faculté, n'excepte aucune association, de quelque genre qu'elle soit.

La congrégation doit avoir un registre sur lequel soient inscrits ces statuts avec mention de l'approbation épiscopale, le procès-verbal de son installation , le diplôme de son agrégation, le nom de ses membres, les actes de consécration de chacun, l'élection ou la nomination de ses officiers, laquelle cependant n'est point essentielle

etc, , etc.

M. J.-B. Bourdier-Delpuits, directeur d'une nouvelle congrégation qu'il avait fondée à Paris le 2 février 1801 présenta une supplique à Pie Vil, pendant son séjou: dans cette capitale, et obtint , par un oracle de vive voix du 1h janvier 180-4, la concession de toutes les indulgen ces et autres grâces spirituelles que les Pontifes romain avaient précédemment accordées à la congrégation d Rouie. Il parait même que cette congrégation était au ■iorisée a s'associer des congrégations formées dans le

Mrovinces sur son modèle, et à leur communiquer ses irivil< ges : mais il fallait qu'elle suivît les règles canoriijues , et donnât par conséquent un diplôme qui exprimât slairement cette faveur et le titre en vertu duquel elle igissait , sans quoi la prétendue agrégation était nulle et anse

Maintenant, la première congrégation étant rentrée ians la plénitude de ses droits^ elle peut seule en admetre d'autres à la participation des grâces dont elle jouit : ;ela paraît clair , et on nous l'a dit positivement au collège •ornai n.

De là il suit que les congrégations formées par les eues, par les évèques, par les missionnaires, de quelque jompagnie ou société qu'ils soient , ne peuvent compter ur les indulgences que nous avons ci-dessus énumérées , i moins qu'elles ne soient régulièrement affiliées à la ïongrégaùon première de Rome , ou à moins qu'elles l'aient obtenu une concession expresse du Saint-Siège , lont elles doivent posséder le titre.

Remarques sur l'utilité des confréries et les obligations qu'on

y contracte l.

Nota. — Après avoir parlé en détail des avantages qu'on trouve dans les confréries ou congrégations, il serait peut-être bon de dire combien il est avantageux d'en faire partie. Grand nombre de personnes craignent de s'y engager parce qu'elles regardent certaines prières qu'on a coutume d'y faire, comme onéreuses. Saint François de Sales demandait à être reçu dans toutes les confréries ou congrégations qu'il trouvait régulièrement établies, il en donnait pour raison qu'on pouvait toujours y gagner et jamais y perdre. En effet, pour y avoir droit aux indulgences et participer aux bonnes œuvres des confrères, il n'y a pas ordinairement d'autre condition que de se faire re-

1 Voir, Instructions pratiques sur les Indulgences. Lyon, 1837, pag. 323.

cevoir el de se regarder comme membre de la confrérie ou congrégation ; dès lors tout ce qu'on fait de bien, qu'il soit d'obligation ou non , est uni à ce que font les associés , et acquiert, par conséquent, un nouveau prix. Les pratiques dont il est question dans les concessions d'indulgences , ne sont que conseillées pour le bien général et particulier , avec promesses d'indulgences spéciales. C'est ainsi que, pour la confrérie du Scapulaîre , il suffit de porter avec respect le petit habit en marque de soumission à la sainte Vierge. Les indulgences que Ton gagne en récitant les litanies, ou autres prières , sont surajoutées aux indulgences que gagneraient ceux qui se contenteraient de porter l'habit.

D'ailleurs, jamais les pratiques, même requises par les souverains Pontifes, ne sont d'obligation. Quand on les omet, on manque à gagner les indulgences, mais on ne pèche nullement, pourvu qu'on ne les omette point par * :i p. pris.

11 suit delà, que l'on a tort de s'inquiéter quand on vient à oublier certaines pratiques que l'on a coutume de faire pour gagner des indulgences. On a tort surtout quand on attache à ces pratiques une telle importance, que , pour y satisfaire, on laisse même des choses d'obligation , ou bien l'on se charge d'un fardeau accablant , qui dégoûte de la piété.

11 faut d'abord remplir ses devoirs; puis, si l'on a le temps, faire des prières ou des œuvres de piété auxquelles sont attachées des indulgences; mais qu'on prenne garde de se charger au point de perdre la paix et la liberté d'esprit nécessaires dans le service de Dieu.

Cela ne doit pas empêcher d'entrer dans plusieurs confréries qui ne demandent autre chose que ce que nous faisons chaque jour, comme celles du Rosaire, du Scapulaîre, du Sacré-Cœur, etc.

DES INDULGENCES. 2(i5

| QïATRlÈIE PARTIE,

Page 1