‹ Traité du cathétérisme de la trompe d'EustachiChapitre 2 sur 7 · ÉPOQUE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE

idées; 4" !> la faculté de parler ooiTocleineiit.,, Parmi les moyens indispensables pour constater qu’un enfant égé de quinze b trente .mois est sourd-muet, les uns sont au pouvoir des parents, tels que l'impossibilité de fixer l’attention par des l)ruits et des sons, et par le refus d’imiter ces derniers (i), les autres sont du ressort de la chirurgie : ils consistent dans les divers procédés inventés pour constater l’état de l’organe auditif.

Il est toujours facile d’explorer l’oreille externe; à l’aide des rayons du soleil ou d’un spéculum on y parvient toujours. 11 n’en est pas de même des moyens indispensables pour se rendre compte des lésions de l’oreille moyenne; on ne peut exercer le cathétérisme av.ant l’àge de trois ans; je suis le seul, je crois, qui ait réussi a sonder h un ége aussi tenefre. Mais, je l’avoue, l’épreuve n’est pas toujours évidente; ce n’est guère que de quatre il cinq ans que je puis reconnaître avec une entière certitude s’il y a ou non maladie de l’oreille moyenne.

Lorsque les sourds-muets ont passé l’ilge de douze à quinze.ans, on comprend très-bien qu’il est fort douteux qu'une lésion quelconque qui siège dans l’oreille moyenne n’ait pas détruit en grande partie cet appareil si compliqué. Les in-

llammations chroniques finissenttoujourspar épais-

'Tsztrîl:

iiüfPiiyffflüîüM

los aulopsios (^u'oii ])OiinTa rendre compte de (a physiologie pathologique de l’organe de l’oiiïe. Mais ce nesl que dans des établissements qu’on peut s aider de üe moyen si jmissant d’investigation et de progrès pour ravancement do la science. Il faut absolument connaître pendant la vie, h. la suite de longs et fréquents rapports avec les individus üfi’ectés de surdités, le mode et les perversions d’ouïe qu’ils possèdent, pour établir ensuite leurs liaisons avec le siège et le degré d’acuité do la lésion de l’organe. Ce sera aussi l’époque de.s progrès de racoiislique ; le médecin transmettra ces faits au physicien ; c’est h lui qu’est réservée la Uche d’aider aux progrès de celte branche delà physique (i).

Oans les sections suivantes de mon compte-

rir

iliîliyfiitîiîîliïiliii

TIUITÉ

IHflrtiîlllffiiiîiüi-iî

iHiiiiiiiiliüiîii

Après avorr éttjdié l’actidh de l’air sur l’oreille moyenne dans l’èlat physidlogîqtie, nortà àlïons recherciier quel est îtn contraire Id nrodè d’action des lésions de cet organe Sur la présence et snr la circulation de ce iluide dans les trompes, les caisses cl les cellules de l’apophyse masloîde.

Les maladies du pliarÿnx qui se communiquent aU pavillon de la trompe , qui-le rétrécissent, qui l’altèrent, fixeront d’abord notre attention. Nous examinerons ensuite les lésions nombreuses du centre de ce canal ; elles nous conduiront h l'exploration des engonements des caisses; enfin, dans un quatrième paragraphe, nous verrons que là perforation de la membrane du tympan est loin d’ètre avantageuse h la circulation de l’air dans le système auditif,

Les maladies de la gorge sont communes dans les grandes villes. Les personne.s qui prennent peu d’exei*cice, qui évitent de transpirer, y sont sujettes. Chez quelquefois une telle habitude d’av

goses, tuméfiés meme, qu’elles n’en éprouvent aucune douleur. Seulement, quand elleâ parlent longtemps, leur voix est peu sonore, elles éprouvent le besoin d’humecter le fond de la bouclie. En général,

lîîiliHflî MIJIîilillE

(iüiltü iliiliiffiSiiü

Ilirllî

lies oi-gaiiiquesisljcclfl^-'orgaii^le la vue est exclu tic rolutlc tics signes d)%rtsljcS-t^s causes procliaincs tics <l)'sccies el tics coiiliilscs'. /

La icchcrchc tics caiiiès'Hëlèfminantes est foi-l obscurcie par le icinps écoule depuis l’origine de la lésion qui force à réclamer les soins dn luéticcin. Le mode d'action de ces causes, en général peu inm-que, ne laisse

sont aussi d’un faible secours j l’orcilIc n peu de rapport avec les organes do la vie organique. Que dire donc du si<5gc, de retendue, de l’inlensité d’une lésion qui a pour tout symptôme, aux yeux des médecins ordinaires, un airaiblisscmcnt de l’ouïe? Que! peut être le diagnostic qu’ils clnhliront sur une donnée si restreinte el si vague ?

Il ne faut donc pas s'étonner des erreurs commises avant la découverte que je proclame aujourd’hui, dont l’uliÜlé va apparaître dans le simple examen auquel je vais soumettre les consullalions de quelques praticiens

M"' Fourmond recul h la télé un coup, à la suite du- ([uel elle s’aperçut qu’elle devenait sourde. Trois mois après, elle ressentit de violentes céphalulgics, accompagnées de bourdonnements ti-ès-incommodes. Des vésicatoires au bras cl derrière les oreilles, portés pendant quatre mois, ne produisirent aucun elfet. Après dix lmil mois de souirranccs , M"* Fourmond vint à Paris et alla consulter M ’**.

Un nouveau traitement de deux ans fut aussi sans

succès , du juoins pour la surdité, qui ne cessa pas de faire des progrès.

, el l'ot.d.

Iliii liiimjlf iHîffiil

oDes iiédilnvo3 imtnnts, de legoi-s pui-gatifs, de temps on temps des émissions sanguines du hrnj du pied, du reste le régime végétal, voilà bien cft que ma raison médicale nie dit et ce qu’elle coiu seille; mais aussi ma vieille expérience me donne fort peu d’espoir pour l'amélioration de Cet état.

« Nous savons si peu de chose sur la nature de ces sorte.s de maladies, que nous ne pouvons agii'qu’avec la plus grande incertitude sur le résultat, »

Avis de .V. .1/..., i6 fuükt 1828.

Il reconnaît une maladie du coeur, proscrit lessah gnées, ordonne l’hydriodale de potasse et la teinture de digitale en potion. Il pense que l’afToolion de la gorge est la suite de la lésion du cœur, etc., etc.

Entouré d’opinions aussi contradictoires, voici comment il me fut possible, à l’aide de la sonde de

injecté dans la caisse , de porter un diagnostic certain et d’en déduire un traitement rationnel.

La sonde développa de in douleur, quoiqu’elle entnU assez facilement k un pouce de profondeur. Il resta après la douche et l’extraction de la sonde, un bourdoDuement plus intense qu’avantropcralion, la difGculté d'entendre fut aussi plus grande ; or, comme dans l’état physiologiqnc de l'oreille moyenne, rien do senihiablc ne s observe, je fus forcé de conclure, sans même remonter aux sympathies et à la marche de la maladie, qu’il y avait une plilegmasic semi-aignü dans toute cette partie de l’organe auditif.

Tous les autres symplérnes s’cxp!i(,«ent maintenant ires-hicu ; ils senties conséquences de cette phlegmasie

qui a loujoni'S pour rcsutlat d'uppeler lo «augii la léle, de

aurlouL chez les sujets

ô nombre. Peuuélrc ji

graves qui a ;issent de meme sur lu circulalion capillaire de la tèle et sur la sensibilité.

J’ai souvent vu de simples ongoneincnts externes avec inllammation de la membrane du tympan, pi’o> voquer de forts étourdissements, et entretenir le cerveau dans un état approcliant de celui de rivresscau premier degré. Je me .souviens d’un vieillard , Agé de soixante-dix uti.s^ que l’on croyait menacé d’apoplexie. U fut guéri par de simples injections auriculaire» ex¬

il en fut de même chc/-. M. 1’-.. Un régime alimon*tairc simple, dont les substances froides faisaient la base, la suspension de l'introduction de la sonde dans les trompes , des saignées locales pratiquées avee

meut» et donnèrent la fjiculté d’entendre à un, dcai et trois pieds de i’oreillô , le bnllcmcnl d'une montre, qui avant ce premier traitcmenl n’était entendu qu’à quelques pouces. Ayant obtenu en grande partie la terminaison par résolution de la phlegmasie, la douche d’air produisit des elfcts avantageux pour l’ouïe. M. P... se trouve maintenant dans un état Irès-suppor» table, il entend bien et il n’éprouve plus aucun accident ni vers la tête ni vers le cœur.

On a vu sur quelle base les premiers médecins consultés ont établi leur diagnostic ; on peut so rendre

Jcj glandes amygdales. Par expérience, je laissai un mois s'écouler sans aiUre Irailenient, afin d’obscrver les cliangomenls qui snrriendrnient dans l'Ouïe ; il n'y en eut aucun. Le i.a mai, j'introduisis la sonde dans la Iroinpo droite j une doucljo d'air fut supportée trois minutes; immédiatement après, Dupuis entendit iobattement de la montre à bras tondu, et put converser sons qu'on élevât la voix. Quelques jours plus lard l'ouïe était parfaite è droite ; il n'en fut pas de même h ganciic. La phlegmasio ebroniquo do la membrane du tympan, accompagnée do suppuration, exigea un traitement do quelques mois. C'est après la guérison seulement que les douches d'air produisirent de l’effet.

On voit par cotte observation que le trailomcnt le plus rationnel a été totalement impuissant pour rendre l'ouïe. Certes, on ne pouvait proscrire des remèdes plus actifs que le séton, les purgatifs, etc. La résection des amygdales n'eut pas plus d’eflet entre mes mains, il fallut y ajouter les dilatations mécaniques que je vais décrire leniieiix qu’il me sera possible dans le chapitre suivant.

ClIAPITRU IV.

Introduire une sonde dans une narine, parcourir le îucat inferieur de la fosse nasale, franchir le pavillon du conduit guttural de l'oreille, et fixer celte sonde dansée canal, telle est l’opéralion que l’on nomme calhilérisme de la trompe d'Emtachi.

Pour la pratiquer avec succès , il faut avoir opM :

'■A la conformation des organes et ii la sensibilité

liîiiiüitiî! ifiÜHÜÜHÎ

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• • ’ons tonie - .sciuio.

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eille de Votorrliéc périodique et de ïu surdit doute il semblait ralionnel de coinmenccr le

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mioaison de la maladie qui devait ,'’sçion eui, être fa-

iliîifiîiPîiiîinaiiHtîWii

ïtod^yoiei"u‘oitri\d4^

vins piililbnu, le café, produisent un cliangcm '

portion molle de la sentièmo paire de nerfs.

SëlilSl'

ïiUou auriculaire. ’

Unealgalie d'une ligné et demie de diamètre pénétra facilement de neuf lignes dans les eondu.ts gul-

torau.vieile ne cau.sa\p.'une légère sensation désagréa^

1.1e. Toute la caisse fut fra,.pée, sur tous les po.u.s de sa snrfaoe, par un faible jet d'air partant du sou et

pin.snucun ehangelncnt.Voi lit bien des preuves defé-

W(SHl?î{î!fWl!!|liîlîl

njeiiW) iûs bruits (le pluie continuèrent !i se faire eiiicndrci et l’oino resta insensible aux battonicnls d’une montre placée h cinq ou sept pouces de l’oreille. Des aux dû gorge et une migraine qui semblait périodi- «ue, aggravaient encore la position fèchouse do ce jeunelionimé. Je fus consulté-pour la première fois, le 4 avril 1826. Priv(i de signes commémoratifs et de symptômes bien dessinés, je sondai les trompes et j’injeotai les caisses. En deux séances, l'ouïe s'améliora tellement, q«o la montre put être entendue îi dix et douze pouces. Je portai un pronostic très-favorabic. Les parents de ce jeune homme furent comrac mOi convaincus do la possibilité de la guérison de l’organe nuditifet de la disparition do la surdité, mais ils ne voulurent pus le laisseï' ii Paris. On verra ci-après les coaséqaonces d’une telle faute. Je donnai une eonsulinlion dai).s laquelle je in'eraprossui de faire observer rue la surdité du jeune Cbnrapuult ne devait pas seule fiicr l’attention , les maux de tète eontinucls réclamant aussi un traitonient suivi, parce qu’ils prédisposaient à dos congestions vers l’organe encéplialiqnc, disposition qui pourrait avoir dos suites extrêmement

Je conseillai de ne pas fatiguer ec jeune lit par un travail trop assidu ; de le par des promenades au

cilagincuses et adou- .. , wnnlimuU tous Ics dcux

5t des récréations

Je prescrivis des boissons m

: j’ordonnai qu on .

tre les épaules «ne ventouse scarifiée, par on extrairait une demi-once de sang; qn enlit nrendro un l.ain de jumlic d tm quart

ÜifflffililiiîMiîiiiMi

liüiHiiiliililü H tïEifl

ll;

nliicnu dans les pages entièrement consacrées au dianostic classes de lésions organiques ;

n^rés danî la fonction auditive , provoqués avant, I,a première classe aura pour objet l’élude du déisme de la trompe d’Kustacbi.

Dans lu seconde, j’.étudierai la dilatation des trompes JO moyen de eelte même opération et des douches

'' Les traitements palliatifs fixeront mon attention dans la troisième.

La quatrième sera consacrée aux Irailcracnls geaéraux préliminaires au cathétérisme, indiqués par

les causes prédisposantes etdétcrminantcsdcs maladies

lie l’oreille moyenne.

Je passerai ensuite aux traitements des lésions locales de l’organe de l’oiiïe, traitements qui doivent précéder le cathétérisme,

La sixième elasse sera réservée aux traitements si-

multanc''s è eette opération.

Enfin, dans la septième et dernière classe, je décrirai les traitements consécutifs au calhélcrisme et aux douches d’air.

Daus les chapitres 11,111 et VI, j’ai fait connallre Jes guérisons subites obtenues par le calbeleiisiiie, ha surdité, qui avait résisté pendant des années en

lièresaux IrallenieuU les plus ciioi-giciues, a dispa,,, pour toujours sous l'influeiicc de quelquoe d'air. Les observations que je vais rapporter ici sont pas moins intéressantes ; les personnes qui 55 font le sujet n’ont éprouvé aucune rechute, malgré le peudetemps qu’ellessont restées soumises ànicssoins 70* obs. — Le 1" septembre i833, M. Matin , moi decin , me présenta le jeune Benoist, de Reims, âgé de onze ans. Cet enfant avait fait une chute sur la tête à fige de huit ans. Il en résulta une perte de counaissance momentanée, des bourdonnements d’oreille , et une surdité de l’oreille droite. Il fut saigné ; l’infirmité resta la même. Les injections aqueuses externes et les exutoires furent aussi- employés sans succès. On voulait en venir au séton applique h la nuque quelques jours avant d’avoir reçu mon avis, Mon premier soin fut d’explorer l’oreille moyenne. Envoici le résultat, rapporté parle père de l’enfant; « Après un premier essai de cathétérisme de la trompe d’Eustachi, le malade a de suite entendu i la distance de deux pieds les battements de la montre , qu’il n’entendait qu’en contact avec le pavillon de l’oreille; l'ouïe s’est maintenue durant un jour d’intervalle qu’on a laissé entre celte première opération et la seconde. Nul bouidonnenient ii’a paru depuis. Troisième jour ducatlictensme; 1 audition s’améliore. Quatrième ioiir, 1 ouïe est parfaite. Entre chaque opération un ou deux jours s écoulent, et l’audition ne reperd rien de ce

quelle a il ^

t r n “’^^-Wurnes sons articulés

l’oreille ■' faites à voix basse,

toieille saine étant fermée, 1)

J,' obs. — Depuis doux mois, Joséphine Canetlo , Jgée de vingt ans , h la suite d’un rhume violent cjui ^ecta les muqueuses nasales et pharyngiennes, éprouvait dans les deux oreilles des bruits qu'elle comparait tantôt aux vagues de la mer, tantôt à des sons d’insininients de musique. Elle me fut envoyée, le g octobre i 832 , par M. Legris, vétérinaire, rue de Hanovre , n” I g. .Elle n’entendait le battement d’une montre qu’à un pouce ou deux des pavillons auriculaires. L’oreille droite retrouva sa finesse sur-le-champ par l’emploi de la sonde et d’une douche d’air. Je ne fus pas si prompt pour rendre l’ouïe à gauche ; je fus forcé de tâtonner pendant trois jours pour traverser la fosse nasale , dont les cornets étaient tellement rapprochés de la cloison, qu’il fallut choisir des sondes d’un petit calibre et leur donner peu de courbure. Je parvins cependant dans la trompe une seule fois après plusieurs essais ; l’ouïe en fut la conséquence.

73' obs. — Depuis plus de dix ans, Angélique Poire éprouvait des accès de surdité, qui subsistaient quelques semaines. Us se prolongeaient des mois entiers dans les saisons humides et froides. Son séjour à Paris avait beaucoup augmenté ces retours à la surdité ; elle s'adressa à moi pour être sondée , le i4 janvier i83a. La première opération , qui rétablit subitement l'ouïe , fut pratiquée en présence du docteur David Patrick, de Glasgow, qui suivit ma clinique privée pendant quelques mois.

Ces observations n’ont besoin d'aucun commentaire.

la cause. Elle dît entendre dans celte oreille des bruiU semblables b une pluie d’orage qui tombe pondant le silence de la nuit. A plusieurs reprises elle appliqua des sangsues derrière le pavillon de l’oreille | elles ne produisirent aucun effet. Je sondai la trompe dmite le P janvier iSdS, avec une algalie d’un petit calibre. Aussitôt après l’extraction du mandrin, l’ouïe se développa et devint si fine, que la patiente fut étourdie parle bruit, Tous les sons, même ceux de sa voix, formaient’ écho dans son oreille. L’injection d’air ne rendit pas ce sens plus délient j la sonde avait opéré seule ce bien-être, qui se reperdit le soir même. Les jours auivauts, les résultats et les rechutes furent semblables. excepté vers la septième ou huilièrae opération. A la fui de janvier l’audition no se reperdait plus ; elle est maintenant purfaito,

74’ oks. — Siinlitd par rétrécissement des trompes, avec engouement passif des caisses du tambour, et otalgies fréquentes par distension de la membrane du tympan. - Le .6 aoftt i834, on me présenta Eugène Allio't, Agé de douae ans, demeurant rue du llou-Puits , m 10. Il était affecté de surdité depuis sa plus tendre enfance. 11 avait aussi éprouve , a plusieurs reprises, des maux d’yeux, qui n’avaient cesse entièrement qu’après avoir habité la vdle de Sons pendant trois ans. Ce changement d’air u eut aucun effet sur l’ouïe. Cet enfant parlait b voix basse et s ex- .primait fort mal. Les bourdonnements et les sifflements qu’il entendait continuellement l’empéohaient üe

parler haut , du moins il le prétendait.

La première opération fut «n peu douloureuse ; cependant la sonde pénétra 1. plus d’un ponce de pro-

lîn inielques jowi'S do U’aiteinciit, 1« soude s’iiilrodiiislt bien li la profondour d’un ponce et quebiuos lignes, mais la douche d’air ne put vaincre l’obstacle situé dons la partie osseuse du canal qu’apros dix ou doute séances. Une fois la sortdo parvoniie dans la caisse, l’ouïe sc rétablit sur-le-champ, preuve que celte partie de l’oreille moyenne n'était pas affectée.

obs.—Mn-écissemcntde toute la trompe comflU qué d’eiigouenmt de la caisse du tambour. — M. Gaumcl, demeurant rue de la [l'erme, âgé de vingHieuf ans, vint me consulter le i6 mai l83i. Depuis dixluiit mois environ il était sourd au point do ne pouvoir, qw’avec peine, continuer son état d’entrepreneur de serrurerie. Il en attribuait la cause à de frequents cOlytas et !i des Iluxions sanguines sur les yeux, qui se renouvelèrent par la présence de la sonde dans les fos- .ses nasales ; je fus obligé de les combattre par des soignées pratiquées h la nuque , au moyen dos Ventouses, l.es trompes furent ensuite sondées sans résultat, parce qne le bec de l’algolie refusa de s'introduire. Ce ne fut que par une dilatation progressive que je parvins dans la caisse , où la colonne d’air ût entendre le bruit muqueux le plus intense, en quelques semaines le dégorgement eut lieu, et M. Ganmel fut guéri.

Les opérations que je préconise ne sont jias toujours infaillibles,elles ont, comme tous les agents thérapeutiques, leurs demi-succès. Ces résultats, que je vais faire connaître dans cette section des traitements par

le callioturisuio , serviront de leçons aux malades qui négligent de se faire traiter aussitôt qu’ils ressentent les premières atteintes de surdité. Ils ne seront pas moins utiles aux vieillards en leur prouvant que dans bien des cas de copliose, ils peuvent, sinon guérir, rendre au moins leur infirmité plus supportable. '

78' obs. — Reswrenient des trompes d'Eiistackipar suite de cor/aas habituels. — Le 17 juin i83i, François Biger, igé de trente-six ans, garçon limonadier, rue Vivienne, n" a5, vint me consulter pour une surdité qui datait de plusieurs années. Il n’entendait plus la parole que lorsqu’on conversait avec lui à voix haute et à un pied de distance. A ce symptôme de lésion de l’organe de l’ouïe, se joignait un bourdonnement intense, comparable, disait-il, au roulement des voitures. On ne le conservait dans sa place que. par égard à sou ancienneté , mais il sentait que bientôt il serait contraint il quitter son état. Les conduits auditifs et la gorge étaient sains. Il fut sondé avec difficulté, et ce ne fut qu’à la troisième douche qu'il sentit l’air arriver dans.la caisse , et dès lors l’ouïe s’améliora de jour on jour. Il abandonna son traitement lorsqu’il entendit le battement d’une montre à deux pieds de son oreille. Ce bien être dura jusqu’au printemps de 1884 ; il revint me trouver , et en deux jours il me quitta pour venir sûrement me revoir encore- Il préfère ce traitement palliatif à tout autre.

79' obs. — Obstruction complète des trompes d'Eustachipar resserrement de ses parois.— « M"" de Borie (o’est elle qui parle), demeurant rue Cassette, n" 20, a toujours été d’un bon tempérament et aurait constamuicntjouid’une bonne santé, si de violents chagrins ne

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Elle essaya, par le conseil de M. Doleau , de souffler, la bouche et les narines étant fermées j mais n’ayant éprouvé aucun eli'et de ce moyen , elle y renonça penilaiit (piiuïc jours.

Il Enfin, le 27 mai, après la neuvième douche d’air, elle essaya de nouveau de faire entrer l’air dans la caisse en bouchant le nez et la bouche; bientôt elle sentit un mouvement, entendit un léger bruit dans l’oreille, puis un plus fort, et ayant pris la montre elle l’entendit aisément même à plusieurs pouces de l’oreille. Depuis ce moment, l’ouïe 5’est encore améliorée des deux côtés ; elle est aujourd’hui à sa douzième douche, et constamment elle peut faire entrer l’air en soufflant.

Il Paris, a juin i83i. »

Cet exposé, écrit par la malade , donne bien à penser que je n’arrivai dans la caisse , sans provotjtier de légers accidents vers la gorge, tpi'en prenant toutes sortes de ménagements. J’ai rarement rencontré des rétrécissements aussi difficiles à vaincre, sans avoirexcité une inflammation locale cpii force de suspendre tous les essais de cathétérisme.

M’" de Borie ne revint me voir qu’en janvier 1825 ;

clleétaitretombéedansla surdité qu’elle avait éprouvée

il y avait quatre ans. Huit jours de douches suffirent pour rendre son ouïe assez bonne pour la conversation ordinaire. Ce traitement n’est que palliatif a cause Ja peu de persévérance que M"" de Borie y apporte, «t surtout parce qu’elle choisit toujours pour me faire SOS visites la plus mauvaise saison de l’àniiée.

oU—Rétrécissement de la moitié Meme des "TOi/ioî d’Eustachi, compliqué dengouement très-pro-

— ar4 —

se rappelait que depuis son enfance il lui arrivait sjm, vent de foire passer l’air par les oreilles, soit en g® moucliant, soit en éternuant.* Le cautère fut rétabli mais il ii'empéclia pas le retour des mêmes douleurs un mois ou six semaines après son application. Ces accidents ne cessèrent entièrement qu’à la suite do plusieurs opérations de calhcLcrisme qui rétabliront les trompes d’Eustachi dans leur état naturel, ^ette observation n’eslpas la seule qtii m’a prouvé que les phlegniasies chroniques de la caisse, entretenues par «ne perforation peu étendue des cloisons tympaniques, passent à l’état aigu toutes les fois que les conduits gutturaux de l’oreille moyenne sont trop étroits pour vider dans le pharynx les excès de sécrétion qui s'opèrent dans cet organe. La compression par rétention qui a lieu dans les caisses est semblable à celle que la vessie éprouve toutes les fois qu’un rétrécissement de l’urètre passe à l’état inlîaminatoire aigu et apporte un ol>stacle insurraoiiUible au cours des

C est doue en tenant ouverts les conduits giUtui’aiu de l’oreille , qu’on parvient à diminuer la récidive de beaucoup d’otites internes qui, comme on le sait, ne sont pas sans danger.

83* obs. —Claro, Agé do soixante-dix-huit ans, ignore la cause d’une copliose dont il est atteint de* puis plusieurs années. En 1829 , sa surdité était déjà si intense , qu’il fut menacé d’étre mis à la retraite d’une place cpi'il ôcciipe à Tune dos barrières de Pans. Il vint me trouver et se plaignit d’une surdité, de tintements et de bourdonnements qui répondent au front. «Le soir, disait-il, ils sont entremêlés de

sons seii>l>lal*l®s il ceux tVunc sonneltc cnlcndiic dans loloinlai"' » Tel» furent les seuls symptômes tpii devaient me guider dans mes prescriptions, si je n'nvais eu recours il l’exploration de l'oreille moyenne, par In

sonde et par la douche.

Je reconnus un rétrécissement complet des trompes il'EoSlaclii ; je vais laisser parler ce vieillard, on verra (|iie, môme !i son ôge, il ne se contenta pas d'un traitement palliatif. Il fut cependant hien forcé d’y avoir vccmirs (jHclques années plus tard, oll y a cinq ans, le célèbre docteur D... (i) m’a traité, j’enteMdais assez bien ; il m’ordonna pour la suite un vésicatoire au col, (juc j'ai encore , et des sangsues de temps à autre derrière les oreilles ; j’ai négligé do les employer: peu i peu la surdité est revenue. N’ayant pn me procurer l'adresse du docteur Deleau , qui avait change de domicile , mes amis me conseillèrent les injections acousd- Ijiieséi cloctew Maurice, f ikctricitd du docteur Palltlirnt, les fumigations du docteur Debourg, les injections iTeati de bourgeons de frêne , distillée par le phamacien Blondeau. Tous ces trallemeiils ne firent aucun effet ; j’en suis revenu à la grande expérience de mou premier médecin. Quoique n ayant encore eu que trois séances, et dans la saison^ la pins mauvaise de l’année pour ces opérations, i'eiitcnds mieux et j’espère que ce mieux augmentera. »

que i’oreille moyoniic soit le siège de l'épanchement d’un pus semblable h celui qnc l’on rencontrernit dans divers foyers existants sur plusieurs parties du corps, chercliera-t-on h éteindre cette aifection avant d’avoir guéri les autres collections purulentes? Non, sans doute. Un individu d’un terapéranient sangiiin est dans un état pléthorique ; il est sujet h des inllammations qui déjh ont parcouru divers organes, il en survient une dans l’oreille moyenire, on néglige de la traiter pendant plusieurs années ; ponrrnit-on espérer de guérir cette dernière juir un traitement local et entrepris immédiatement ? Ce sfn’alt h coup sùr décréditer l’art et faire preuve de peu de sagacité. C’est surtout en de telles -occurrences qu’il faut déployer son talent médical, .si l’on vent Conserver aux yeux de ses confrères l’estime et la considération que tout médecin ne doit cesser d’envier pendant toute sa vie.

Je possède beaucoup de faits pratiques semblables h ceux que je vais rapporter. Je me bornerai à en citer quelques-uns , choisis parmi les scropliuleux, les personnes prises d’un excès de plétltore, et parmi les sujets exposés aux congestions vers la tête, par suite de surexcitations des organes digestifs.

84' obs. — Tempérament lymphatique ; tumeurs scrophuteuses et suppuration des conduits auditifs. — Jules Degeans, âgé de dix ans, a été trés-souirraii'l pendant qu’il était en nourrice. .< Il fut airecté,dit son père, d’une maladie vermineuse que l’on a combattue par les potages gras, les viandes rflties, les oignons et l’ail. I,a coquelnclio , la scarlatine, les migraines, les maux de nerfs , ne l’ont pas épargné. » Lorsqu’on me le présenta, le ta oclobre 185.9, ** ‘-'“'i'

Jail pl'i* Ijatleniciit d’une montre appliquiio sur j’oreiiliî droit» ) cl n» l'entendait qu'à un pouce de la gauclio-

Urne oonsulüi le i4 septembre i83a ; il me dit que, depuis quelques années , il s'était manifesté quelques dartres aux jambes etàl'épaule gaucbe.Ce futen 1839 ([ue la dureté d'ouïe ooinmençn à prendre le nom de surdité ; cette exaspération s’accompagna de tintements , de bruits sourds entendus dans les oreilles, et d'un sentiment de pression rapporté près de l’articulation lemporo-maxillaire, La gorge était souvent entlamméc; c'était pendant la gêne et la toux produites par cette indisposition que le sang sq portait vers la tête. Ces ])etiles congestions ne pouvaient être indifférentes aux yeux d'un médecin observateur; il ii’igiiore pas qu’elles sont presque toujours les avantcoureurs des attaques d’apoplexie cher, les personnes très-sanguines , replètes, faisant bonne chère , et surtout tenant la plume depuis sept heures du matin jusqu’au soii'j après la vie active des camps. On pense bien que les saignées et le régime furent les premiers remèdes employés : ils no produisirrnt aucun cliaugement dans l’ouïe. M. Legras m’en avait prévenu ; il fondait son assertion sur les essais qa'il avait faits en 1839 , i83o.et i83i. « Pendant le cours de ces anaces , dit-il, j’ai employé inulileinent les fumigations, les injections , les sangsues , les pédiluves synapisés , les saignées, les vésicatoires et les onntères. »

Les médecins <[ui avaient prescrit l’emploi de tous tes remèdes ne furent pas peu surpris deleur impuislance; croyant n’avoir à traiter qu’une surdité , dite sanguine, sans lésion organique locale, ils pensaient

(juoitlWî ancienue, n’étnit pas heui-euscment accompagnée (l’ulcération. Le battement tVune montre n’était entendu (]u’à qitekjnes pouces du pavillon. Les deux premiers mois de traitement furent consacrés ii l’emploi des aliments rafraîchissants, des b.ains généraux sulfureux, des injections auriculaires détersives, puis chlorurées , et ii des exercices gyninasticjiies. L'ot'orrhée n’avait pas entièrement cessé après ce laps de temps si liien employé. Impatient de connaître l’état de l’oreille moyenne , je .sondai les trompes ; l'ouïe missitét se développa d’une manière retnartjiiabic et ne se reperdit plus, malgré la continuation de l’écoulement externe , qui ,ditra encore qiiekiues semaines. J’ordonnai, comme traitement consécutif, d’entretenir uiilarge cautère au bras gauche. Cinq ou six mois après sa guérison, M"'V... fut prise de violents maux de tête, accompagnés d’une lièvre continue. Elle en fut délivrée par les soins habiles du docteur Velpeau.

89' obs. — ( Même cas que le précédent. ) A l’àge de deux ans, Eugène Duliège, demeurant rue du Marché des Jacobins, avait la tète couverte de croûtes dites laiteuses ( gourmes ) , cjue l’on essaya de guérir par l’application de vésicatoires aux oreilles et au bras ; il en résulta de fortes douleurs de tète et une fièvre , gui forcèrent de les supprimer.

A huit ans , il fut pris de la coqueluche et d’une fièvre catarrhale, cjui durèrent deux mois. Pendant ce temps le cuir chevelu se nettoya parfaitement. A ces I maladies suocédèren t un embarras dans les fosses nasales ttun mal de gorge continuel. La surdité ne tarda pas

paraître et h s’aggraver jusqu’à quinze ans. Ce fut à act dge que le docteur Fiévée m’adressa ce jeune hom-

Un gmncl eanl

rassés ot (les glandes et des petites plaies, je sondai line seule fois la ti'ompe d'Eustachi gimclic ; l'ouïe se développa comme pan enchantement. J’ai vu raveinent une surdité aussi ancienne et des lésions locales aussi graves céder à uii traitement simple et de peu de durée.

Çfi’ olis. — Privation Jime partie de la membrane du tympan par ulcération ; inflammation vive de la portion restante et de la caisse; obstruction complète de la trompe. — .V l’ilge d’nn au , Alphonse Michel, de Beauvais, fut atteint d’une otite interne très-aiguë, (jui se termina par la rupture de la membrane tympani(pie. A sept ans le même accident se renouvela, Une otorrhée chroni([ue en fut la consétjuence ; elle ne préserva pas l’oreille d'une nouvelle inflammation; elle eut lieu eu iSda et fut d’une violence extrême.

tisanes antiscorbutiques, ne purent tarir l’écoulement de l’oreille ; il reprit son cours accoutumé après la cessation de l’état aigu de l’otite.

Le -ati mai 1834 , ve malade , ligc de onze ans, me fut confié par le docteur Perdreau. Je trouvai le fond de la caisse, visible à travers l’ouverture de la membrane du tympan, rouge et saignant ; il était liibréfie par un pus verdiUre et extrêmement fétide. Ayant aussi trouvé la trompe entièrement obstruée, il me fut facile de deviner'd’où provenait le retour si fréquent des Otites internes. Le pus ne pouvant suivre le canal naturel (pii sert d’éinonctoire à la caisse, s amassait dans ce petit espace ^ et lorstpi’d ne parvenait pas h franchir l’ouvcrlure faite à la menibrane du tympan, il pressait en tout sens, provoquant

,|c lu suivie d’une nouvelle quantité

Je pus.

Cet enfant était tues-sanguin ; je le saignai abondamment ; les pni'gatifs ne furent pas négligés. Ma sévérité fut grande pour le régime alimentaire. lîn moins Je deux mois j’an-ctai la suppuration ; mais, pensant (jiic si une nouvelle accumulation se faisait dans la eaisse , les otites reparaîtraient, je rétalilis la trompe J'Iiustachi dans son état naturel, au moyen des sondes cl des douclies d’air seulement. Alplionse n'a pas éprouvé de rechute.

pij' obs. — Su/i/nimùi'on des- membranes du tympan; rilrédssement cosnplct des trompes d’Eustachi; impossibilité de pénétrer d'ans la gauche. — Le 20 mars i 83 t , Gibory , égé de seize ans, demeurant rue de Chabrol, n" a/f , me présenta la note suivante r

« La surdité parait dépendre de l’obstruction de la trompe d’Eustaclii du côté gauche. Je pense qu’il faut appliquer des ventouses , et ensuite d’autres dérivatifs derrière l’oreille , et qu’il faudra désobstruer la trompe d’Ëustachi.

« J’engage monsieur Gibory à consulter le docteur Delcau jeune.

B MAUjoniN.

« 18 mars 1 83 1. n

Ce jeune homme , doué d’un tempérament lymphadipie, fut affecté , à l’ôge de quatre ans, d’une lièvre 'éréhrale h la suite d’un coup qu’il avait reçu i la tête; testée cette époque que date sa surdité. Il passa son tafance dans un état continuel de souffrance ; il ne se "ourrissait que de fromage ; les autres aliments ne l’ouvaient être digérés. Au renouvellement de la sai-

son , le cuii' chevelu devcimit le siège d’une éruinion qui se répandait sur toute la face.

I/orcille gaucho était insensible aux battcinonis d’une montre et aux sons de voix les plus élevés ; Ij droite seule saisissait la parole h voix élevée, mais seulement.’i une distance rapprochée; on apercevait,à l’aide des rayons , solaires , les menibrajies du tyni|iau entourées d’une auréole d’un rouge vif qui secrétait un cérumen purulent; tous les matins il salissait l’oreiller du malade.

Les tonsilles indurées gênaient la rc.spirution, et donnaient aux sons de la voix un timbre nasal Iresdésagréable.

Les vésicatoires et un cautère, précédés et suivis de plusieurs a|iplicalions de sangsues, n’avaient pu .irl'èter les progrès de cette maladie d’oreille et de la gorge.

Mon premier soin fut d’enlever une grande partie des amygdales ; je lis suivre cette opération do l’application de ventouses scuriliées et de l’administration de plusieurs purgatifs. Aussitôt que l’arrière bouclic me parut en bon état, je procédai au cathétérisme; 1 obstacle que je rencontrai à l’enlrée de la trompe gauche ne put être vaincu malgré tonte ma persévérance et la bonne volonté du malade. 11 n’en fut pas de même à droite. Je parvins, dans l'espace d’un mois, à élargir la tronipe , à clcharrasscr lit cuisse, etenCiij i rendre l’ouïe. Cette cure ne s’est pas démentie dons ses résultats.

amj-gdales luméjiées; injltim-

Mitigré In liréserice des nmygdnlcs, je sondai la l,.oiiiiio. Lu douche d’nii'.développn l’onie h l’inslant; ce fut poin' •" que la trompe seule était

iirelade. Le lendemain, je pratiquai la résection des lonsillcs; je revins à la sonde dix jours après, et, en ipialre séances , la guérison fut complète. Cette réussite m’a én 5 très-iigréuble : j’ai répondu en peu de temps il la conllance de M. de la Bonnardiére qui m’écrivait: «La femme Legendre, bien malheureuse par l'état de ses yeux qui ne lui permettent pas de travailler, a de pins la douleur de voir son /ils menacé de perdre l’ouïe complètement. Elle sollicite de moi une recommandation auprès do monsieur Deleau, etc. n obs. — Gletndes amj'^dn/es Ircs-ddveloppées ; lérécimment des trompes d'Eustachi. ■— Le jmne Tlioiimas, de Charleville, égé do treize ans, me fut présenté dans le mois d’octobre i 833 . Dès l'ilge de sept ans, on s'était aperçu d’un commencement de (lyséciequi succéda à plusieurs nflections dont ce jeune liomine fut atteint, telles ([ue la coqueluche , la rougeole, et plusieurs fièvres dites bilieuses.

liiipeud’années , cette infirmité s’aggrava ; elle fut itcompagnéc de bourdonnements continuels et de liatements lorsque le corps était dans une position lioritontale. S'il devaitsiirvenir uneindisposition grave Je l’estomac ou des intestins , elle était toujours anaoncée par une augmentation de surdité.

Qttouiue décidé h pratiquer la résection des amygilales, je voulus m'assurer de l’état des trompes d’Euselles furent soEulées avec peine. Ce ne fut qu'à jii seconde tentative que l'air parvint dans les caisses; 'fiidiliou se développa et devint très-bonne en peu de

jours, malgré la présence des J.onsUles indurées ; elles furent enlevées pour assurer la cure.

J'ordonnai, eomme Iraitement conséeulif, un ij. gime végétal, et quelques saignées révulsives pom, modérer l’afllux du sang qui se faisait vers la tête.

98'ois. — Phavjnx phlogosé ; sécrélibn abotulaitk

de mucosité.i ; glandes amygdales tuméfiées ; engoue, ment complet de toute l'oreille moyenne ; surdité ira. intense. — Le titre de cette observation ne répoml pas à la consultation suivante ;

Il Surdité Immorale ; nulle lésion matérielle appré-

«Appliquer un vésicatoire à chaque bras et provoquer leur suppuration par le talfctas de Mauvage.

« Purger deux fois par semaine avec deux onces do manne et trois gros de séné, dans trois onces de petit-

« Fumer chaque matin dans une pipe un mélangcdc fleurs d’arnica sèches et de feuilles de tabac , et diriger la fumée, retenue de temps en temps dans lahoiiche , vers les trompes d'Fustachi, selon le procédé indiqué-

« Faire usage de tabac à priser.

Il Itabd.

Il Paris, le 8 mai iSSa. n

Je fus entièrement d’un avis contraire h celui (["i est rapporté dans cette consultation. La sonde < 1 * gomme m'indiqua une lésion matérielle bien appréciable ; ce fut un rétrécissement presque complet tics pavillons des trompes d’Eustachi ; une douche d’air Cl connaître l’engouement, Voilh les résultats posidfs des connaissances que j’ai exposées sur l’art de Irail"'

f-i-VëV-t

préside nux nclos de la vie?. N'ost-ce pas dans ce netitappareil comme dans tout noti-o ôtrenn assemblage J'élcroenls organiques comjiosant des tissus doués de sensibilité et de motilité ? S’il en est ainsi, lo méde, jin (jiii s’adonne li l’élude d’une spécialité doit. comme tous ses confrères , èti'e assujetti aux mêmes erreurs et aux mêmes succès, suite forcée de la doctrine médicale qu’il aura adoptée.

Ces succès, lorsqu’il les obtient, no peuvent, dans b plupart des cas, être assurés pour l’avenir qu’autant qu’on fait suivre à ses malades des traitements consécutifs, d’une durée en général basée sur la nature de la lésion qu’on a fait disparaître , et sur des prédispositiotis .à une recliuto.

Ainsi , un sujet scrophuleux réclame un traitement consecutif c|ui aui’a pour but do modifier cette exubérance de lymplie visible surtout dans les organes les plus extérieurs ; un sujet pléthorique sera saigné au printemps; on empèchora une olorrhéo ancienne d’avoir des suites fdcheuses par sa suppression, en établissant des exutoires , ou en administrant pendant (inelques mois des purgatifs plus ou moins actifs.

Tous ces préceptes seulement énoncés vont recevoir leur application dans les observations que je vais rap-

100* ois. — Surdité datant data naissance; développement considérable des amygdales; engouement oonplet de toute l'oreille moyenne. —M. Dubourq, *Sé de dix-neuf ans, d’Amsterdam , vint li Paris me «Insiilterle tSjnin i 83 i ; il ne se souvenait pas d'a- ''®>r jamais bien entendu. A l'ége do dix ans, il fut

Jo prescrivis des luoïas sur les apophyses masloïdej comme iraitement consécutif. M"' Hiiollys est mnimj naiU à Londres.

La nature a donné à nos organes une force inédicatrice (jui n’a pas été méconnue des anciens, puisqu'ils ont créé la médecine expectante. L’oreille, comme les autres organe.s, possède cette tendance à retrouver les fonclious auxquelles elle est dcpariie. Si elle y parvient rarement, il ne faut rien moins que l’action toujours renaissante d’agents contraires k la guérison de ses maladies ; à ces agents il faut joindre l'inspuciancc des personnes affectées de surdité, qui, en général, ac réclament des soins qu’à la dernière extrémité. Qu’on abandonne donc un poumon, un estomac enflamnié pendant plusieurs années, on verra alors si les maladies de ces organes se guériront plus facilement qu’une surdité ancienne. Ne laissez pas invétércr le mal, et I art viendra à votre secours. Lisez les preuves sui-

io6'o4s. — M. Puisseau, chanoine du chapitre royal de Saint-Denis, avait ressenti les premières atteintes d'une surdité à la suite de coryzas répétés et de quelques étoiirdissemcnts.Cette infirmité augmenta au point qu’il ne pouvait plus remplir les devoirs de son état. Les conduits auditifs, les tympans étaient le siège d'une inllammation ; la t.-ompe droite était obstruée depuis peu de temps, à ce que disait M. Puisseau ; il fond»»

même <le leui’perfectionnement, nu point (Vexiger,,„ travail d'éducation organique que ne peuvent souvent exécuter nos facultés sensitive, perceptive et locomo, trice, laissées trop en repos ou conduites par une vo. lonté trop faible et trop peu persévérante,

Ces controversistes étaient peu ii redouter ; Ij simple bon sens en physiologie suffisait pour anéantir leurs idées systématiques. Cependant, malgré le pcii de fondement de leur opinion , ils avaient le droit d’exiger, pour .s’avouer vaincus, que rexpérience militilt contre eux.

C’est précisément ce que les considérations suiv.iiites, corroboréespar les cas de demi-surdi-mutités et de surdi-mutilés, vont, je crois, démontrer d’une manière

• En effet, s’il est des maladies dont les causes prochaines sont plus ou moins cachées, s’il en existe encore qui réclament nn traitement préparatoire, explorateur du siège , de la nature, de l’intensité des lésions qui dérangent les fonctions, il faut, sans contredit, mettre au premier rang les affections de naissance ou du bas îlge qui occasionent la surdi-mutité-

Mais, avant de rechercher ces causes prochaines, il faut constater l’existence de cette surdité pendant les premiers mois qui suivent la naissance, ce qui n est pas toujours aussi facile qu’on pourrait le croire.

La vivacité d’un jeune sourd-muet, âgé de quatre a huit mois, son extrême attention h observer des yeux ce qui se passe autour de lui , la prestesse do ses mouvements , ses réponses si bien écrites dans l’expressiou de ses traits , en imposent facilement aux personnes qui n’ont jamais observé des êtres dans la mêraeposi-

tioj) quo A neuf mois, oc qui est encore un nouveau sujet d'illusion, U commence même à articuler des sojis; il apprend sur les lèvres de sa mère nourrice le noin/Jrtp«, il y joint quelquefois celui do maman, et il serait capable d’en imiter d’àutrcs, si, moins empressé il l’instruire, on suivait une mélliodc analytique, et surtout si on évitait de lui adresser des phrases composées comme ou le fait pour, celui qui jouit de la faculté d’entendre. Quels sujets d’illusions pour une mère ! son élève est parfait, il possède tous ses sens ; pour elle, répéter deux mots, c’est parler, et ce seul indice lui enlève toute crainte de mutisme que n’indiquent cependant que trop un sommeil profond au milieu du bruit, et l’inattention aux sons vocaux proférés h une certaine distance derrière ce jeune sujet présumé sourd-muet.

CeS premiers mois d’incertitude sont très-préjudiciables il la recherche de la cause de la surdité et même au traitement qu’on devra lui opposer par la suite ; car ce laps de temps a fait oublier soit des accidents survenus pendant la grossisse, soit des maladies , des indispositions qui ont suivi la naissance , comme un rhume, une coqueluche, une fluxion légère, un coup à la tête, etc j si de telles causes déterminantes étaient connues dès leur origine, le médecin n’hésiterait pas de pronostiquer une guérison, parce qu’il pourrait souvent prévenir les altérations organiques qui succèdentpresquo toujours h ces phlegmasies latentes horuées à un tissu , l\ un organe de peu d’étendue, isolé par position et par sympathie.

il est donc d’une grande importance de constater l’wistence d’unç^urtlité ches les enfants égos de trois

sont couverts d’une éruption dite laiteuse ; il a éprou- ,,,1(105 convulsions, il a fait une chute, la dentition a

été orageuse, etc.

Mais quel a été le mode d’action de ces dérangoiiicnts de santé sur l’organe de l’ouïe ? Quelles traces y rcslc-t-il encore et comment les constater?

Des faits bien observés vont nous servir li démontrer comment on peut y parvenir. Je connais une famille

éiimidi de la France dont chacpie génération a donné naissance ii un ou deux sourds-muets. Les pins jeunes appartiennent h M" Griolct, qui habite Paris. Son fils aîné a été en pension chez moi ; son plus jeune est mort 1 l,n suite d’une maladie de ventre : j’en ai faitl’autopsie, il était privé des osselets nommés étriers. Voih’i line cause héréditaire de surdi-mutité.

Mullener est admise dans l’iiospice des Orphelins depuis sa plus tendre jeunesse ; on a toujours ignoré l'origine de sa surdi-mutité.

Dussault a apporté en naissant une éruption dar- Ircuse et une cophose complète.

Eugène Lecomte fut le produit d’un accouchement laborieux; je l’avais cru hydrocéphale, !i l’Age de dix Mois, il était sourd-muet.

La jeune de La P... avait perdu une oreille h la suite ‘•'une chute, etc.

Ce nombre de surdi-mutités, dues Ji des causes variées, suffit pour nous exercer dans'la recherche des lésions de l’organe de l’ouïe, et pour établir d’abord une “mpavaison entre mes moyens explorateurs et les conl'oinres des médecins qui se sont livrés avant moi h ■'otude des maladies do l’oreille. C’est surtout sur ce ‘■'‘■nier point que je désire fixer l’attention des per-

lUH

D’aiiti'es mWecins (et beaucoup l’ont mis en praticpe) , proposent do tepter dos traitements explorateurs, d'cmployof des reinàdos empiritjucs, (pii indicpieront, par les changements C[u’ils apporteront dans l’ouïe , la nouvelle marche (pie l’on aura à suivre. Mais si on prend ce parti, on est obligé d'employer de suite des moyens violents (pii ne sont pas toujours sans danger, tels (lue le nioxa, les sétons, les purgatifs draslitpies.

Je dis violents, car (pic pourrait-on espérer d’une niédicalion moins énergicpie, (pii no serait pas en rapport avec rancienneté, la gravité de ralTeclioii î ün praticien instruit sait trop bien (pie l’appareil auditif alfccté depuis des années dans son centre, dans scs canaux déliés, ne peut être débarrassé d'une maladie invétérée par des dérivations simples (pii toucheraient Il peine la partie cpii les recevrait, comme, par exemple, des vésicatoires volants, des frictions irritantes, des vapeurs chaudes , upe salivation , etc.

Voyev. donc ofi nous conduiraient encore de tels essais faits sur nos ciiui jeunes sourds; Griolet, tpii vraisemblahlement est conformé comme son frèi-e, n'a pas d’élricr, supporterait des iloiilenrs iilroccs ; on le verrait couvert de nioxasj et im jour , si on faisait l'oiivortiire de son corps, on rencontrant un organe auditif imparfait, ipie penserait-on de ces traitements Mploriiteurs 1

Voilli (puel était l’état de l’étiologie de la siirdi-mii-

lilé lorscpie je me suis livré à l’étude des maladies du sens de Inouïe. En lisant mon traité sur l’emploi de l'air atinosphériiiue dans les affections de l’orcillc ™oyemic , et sur lecpiel MM. Savart et Magenibp ont fait tm rapport h l’Académie , on s'assurera (pic je pos-

scclo les moyens d’obtenir les renseigncmenls les plus oxiicts sur l’état sain ou maladif de cet organe.

Voici une application de ma théorie, (pui a été faite sur les,sujets préeédemment nommés 0).

Ernest Griolct me fut présenté à l’ége do sept ans; sa santé avait toujours été parfaite ; l’extérieur de sa tête, sa gorge, la membrane pituitaire étaient dans un état sain. Cet enfant ne donnait ot no donne encore aucun signe d’audition. 11 avait subi plusieurs traitements. Il fut soudé avec une grande facilité ; l’instrument parcourut la trompe d’Iîuslachi dans l’étendue d’un pouce. L’air , poussé dans la caisse , y produisit un bruit sec tpii retentissait dans toute l’étendue de celte cavité. Ce premier essai me fit juger sur-lechamp de l’incnrabilité de la surdité.

Mullener, Jgée de di.v-sept ans , douée d’une santé parfaite , se trouvait dans la même position epue Griolct , quant à l’état de l’oreille externe , de l’arrièrebouche et des fosses nasales. Les premières tentatives faites avec la soude furent sans résultat pour l’ouïe ; à pleine le bec de cet instrument pouvait-il piénétrer de trois lignes; l’air poussé avec force n’avait pour résultat que de produire des vibrations de l’orifioe de la trompe. Ce premier signe donna do l’espoir, bcs jours suivants, ou entendit le bruit se rappirocher de plus eu plus de l’oreille externe ; un petit filet d’air s’échappa enfin dans la caisse , cl l’ouïe commença à

lanialai**® do l’oreille, pour éduquer l’ouïe, elpour former les organes de la parole k une prononcialion (lislincle ;

J. Au local où ils seront placés, et au choix des personnes avec lesquelles ils communiqueront ;

3* A leur ilgc ;

,j. A l’état de leur santé ;

5"F.t enfin an degré d’intelligence dont ils sont doués.

11 ne faut pas se le dissimuler, c’est une grande entreprise que de traiter un sourd-muet. Que de patience il faut apporter ! que d’adresse il faut déployer pour pénétrer au centre do l’organe de l’ouïe, et découvrir, par le tact soûl, les changements que l’on y opère ! Qne d’observations minutieuses il faut recueillir ! Tous ces détails, qui se rattachent exclusivement à la sagacité du médecin, sont cependant encore peu péni Mes, si on les compare aux entraves que l'on rencontre pendant le cours du traitement, soit de la part des parents qui ne peuvent accorder le temps nécessaire, soit par les locaux qqe les sujets habitent, soit enfln par le peu d’cmpre.sseBiclit qne l'on apporte dans remploi do mille petits soins hygiéniques absolument nécessaires au traitement d’nn organe aussi délicat que celui de l’oreille. Cos soins sont indispensables à la réussite du Iraitement, car, comme on doit bien le penser, on ne désobstrue pas de petits canaux, engorgés ou rétrécis depuis la naissance, sans être obligé de se mettre continuellement en garde contre le développement dune sensibilité organique, qui, quoique lalenle, est cepen liant assez vive, non-sciileineiit pour entraver la cure, mais pour détruire complètement les premiers sucées sur lesquels on fondait les plus belles espérances, si

sjsui’C'’ iMi’ 1“ soiule ot la douche d’air avant l'Age de cirKl l'Oncontré des enfants

asscï dociles pour se laisser sonder ii tpiatre ans. L'a- „,oin-pi'opi'e cUev. ces petits dires est trds-prccoce; c’est ,ine chose admirable (|uc de les voir prendre une résolution ferme à la vue d’autres enfants déjà habitués à la sonde. Le chatouillement, la douleur même n’ébr.iii- Icnt pas leur courage. Si le bas Age est un obstacle au iraitcnient, un Age trop avancé doit encore plus souvent éloigner les médecins de toute tentative de guérison. Les sourds-muets tpii ont passé l’Age de seize ans sont peu aptes à recevoir les bienfaits de l'art chirurgical ; car, outre tjue le temps a aggravé l’allection locale, soit eu épaississant les tissus, soit en obstruant complètement l’oreille interne, les organes de la parole ont .aussi ac(|uis le terme d’accroissement qm les rend impropres au langage articulé ; le cerveau luimême , qui s'est exercé depuis l’enfance sur les signes mimiques, se prête avec une peine infinie aux relations

nouvelles qxii doivent occuper la pensée.

L’état de la santé doit aussi être pris en considération. Comment parviendra-t-on à gnertr une maladie

delà caisse du tambour, si tout le système muqueux, source des airectionsscroplmleusos, est tombé dans un état maladif permanent? Quel pourra être l’clTet des sondes, des douclies che/. ces jeunes enfimts que I on abreuve d’antiscorbutique, do tisanes amères, etc.

Enfin, le médecin ne fera aucune tentative avant d’avoir apprécié le degré d’intelligence des sujets, cai on reneentre souvent des adolescents qui enle.ulent passablement bien la parole, el cependant ils ne par-

'ant pas. K quoi servirait de donner 1 onio a un c 0^10

c!EiSï:£:=

■ Après avoir suflisamment exaininé'Ges inforlunés, j'ai jug“ ‘1'“* gai'çons no devaient être soumis î

aucun traitement :

Attendu que ,

VonoiS est trop Agé ;

Lurcau est affecté de la teigne;

Perrigno est complètement idiot.

Golard entend ; c’est à son peu d’intelligence qu’il faut attribuer son mutisme. Si ses facultés intellecluclles se développent d’ici à quelques années , on pourra faire son édueation orale.

Brièro a été jugé incurable après avoir été sondé. Parmi les lillcs, trois ont été explorées par le moyen de la sonde portée dans la trompe d’Enstachi ; elles ont été jugées incurables ; ce sont :

Lefèvre j Couroelle,

Chevalier.

L’air employé sou.s forme de douche a parcouru facilement toutes les sinuosités de l’oreille moyenne sans occasioner de douleurs, sans opérer aucun clian-

répétée quelques jours de suite, a suffi pour ne me laisser aucun espoir d’améliorer l’infirmité de ces enfants.

Parojicli sera sondée quand elle sera guérie d’une oplulialmie chronique.

Bette et Cordelle, les seules parmi les filles qui entendent des sons de voi.x , même à une certaine dis-

les douches d’ü1r7je' nr’désespère cependant pas d’obteuirleur consentement cpiund elles pourront juger

la ne.'so»'"^ 'I“‘ placée Jerrièro elle.

„ En ce qui coneerne Mario-Caüicrlue Adélaïde:

„ Que cette jeune fille, qui était, le 16 janvier 1828, Jaiis la même situation que Mullener, entend inainte- Iiaiit le battement d'une montre i. la distance d’un pouce iim pouce et demi de l’oreille droite, et 110 l’entend que loi'squ’elle touclio rorcille gauche ; qu’elle répète également les sons élénienlaires de la parole, niais d’une manière plus imparfaite , ce qui doit être attribué au degré de son intelligence, qui est beaucoup moindre que celle de Mullener.

I, Quant auï autres élèves sourds-muets soumis à noti'e visite le 18 janvier 1828, M. le docteurDeleau les ayant déclarés incurables, à l’exception d’Augusline-Ernestine Parojick, qu’il se réserve de ti-aiter et d’examiner plus tard , nous n’avons aucun rapport a faire ii leur sujet.

« L’amélioration reconnue dans la situation des élèves Mullener et Adélaïde nous autorise i. les croire susceptibles de profiter dé l’instruction que l’on voudra bien leur donner.

« Fait i Paris, en l’hospice, ce 29 juin 1829.

« Signé au registre ; Soeur Conab, B.irFos, Kapeceu et Magik. 1)

Il août .829.

Depuis le 29 juin 1829, époque où MM. Balfos et Kapclerse sont rendus à l’hospice des Orphelins pour y constater l’état des deux soui-dcs-muettes Mullener et Adélaïde , j’ai observé une grande améborat.on survenue dans l’ouïe de ces jeunes personnes. La preimèrc entend mainlenant le baUement dune mon ic placée il trois pieds de son oreille droite , et a eux

- aSy -

m^Jicanicnls internes, comme le purgatif ou l’apnlicalion do çiuclques exuloircs. Je ue voulus pas le faire, afin <lo m’assurer si les douches d’air étaient suffisantes pour enlever uii eiigorgcuieDt aussi ancien, et aussi complet. Eu trois mois, Nogaret entendit nonscnlcment la parole, mais aussi les bruits les plus faibles, tels ipuc celui d'uneuionlrc éloignée à deux pieds du pavillon de l’oreille ; il est déjà fort instruit dans l’art de lire , malgré le peu de leçons (pi’il reçoit.

Malbeureusemcnt pour cet enfant, l’administration des Hospices, au lieu de le pincer dans une école ordinaire pour couliuucr son instruction , commit la faute de le placer aux sourds-muets. Mais une personne charitable de l’établissement s’étant aperçue que cet enfant perdait de jour en jour, parmi exercice exclusif de la mimique avec ses petits camarades, la faculté de parler qui lui avait été rendue, l’adopta dans sa famille dont il fait aujourd’hui partie.

La question de savoir si la maladie qui cause la surdi-mutité de naissunce est quelquefois curable , se trouve,je crois, suffisamment résolue aujourd’hui par de nombreuses expériences et plusieurs rapports avantageux que l’Académie des sciences a cru devoir faire au sujet des communications que je lui avais soumises à cet égard.

11 y a en effet bientôt dix-huit ans que je reçois et entretiens chez moi des jeunes sourds muets de naissance, auxquels, après être parvenu par mes traitements à leur rendre l’ouïe, je fais donner l’instruc- Imn auriculaire et orale.

MM. Chasles, maire de la ville de Chartres, Lclellier et le docteur Durand, adjoints, ayant eu oc-

On pourrait classer l'Iiistoricpie de la lliérapcuti(jue (le la surdité chez les sourds-muets, ou suivant la succession des temps où ont vécu les aulcnrstjui se sont occupés de ces inforluués. On fixerait deux épotiuos : l'une qui remonterait à l'année 1731 et s’arrêterait ù 1810 i l'autre comprendrait l’année 1811 et finirait

Dans le cours de la première épotpie, on étudierait les travaux de Camérarius , do Buchner, de Bauincr, (le Jorisson , de Cooper et de I/cbouvyer-Desmorliers.

Dans la seconde, on verrait figurer ceux de MM. Itard, Saissy et Hernandez. Mais cette marche exposerait !i (les redites; elle entraînerait peut-être aussi à des rcllcxions peu favorables aux méthodes attribuées aux auteurs ((u’on désignerait.

J’ai pensé qu’il valait mieux baser la classification sur les systèmes ou les méthodes-de traitement et les diviser en trois classes.

La premiève classe comprend les traitements enipiri- (ptes, la seconde les tmiteuienls explorateurs, et enfin la troisième les traitements rationnels.

11 a existé, et probablement il existe encore , ceélaiiis guérisseurs qui traitaient indistinctement tous les sourds-muets par des instillations faites dans les conduits auditifs de compositions aqueuses ou budeuscs((3(iui, en général, jouissent de propriétés irri-

^ (t) Voyez surtout le rcmetle de MtxMerhi, doutrai|urtédaasme

tantes. Ces mélanges avaient guéri, disait-on, et co| suffisait pour en justifier l’iisage. Engoticrnents de iV reille externe, paralysies locales ou provenant de IVn, cépbale, privation de parties solides ou ünides composant l’organe dcj’ouïe, Ote., toutes ces causes ppo, cliaines de surdité étaient coniluittuos par le nièmt arcane. Pour ne pas tomber dans un excès colitraipc eu proscrivant tolalementde tels remèdes, disonsoomtuent ils ont pu , daiis certains cas, être suivis do succès; indiquons par des exemples la juste confiance qu’ils peuvent inspirer, et posons'des bornes à leu,, emploi, sans dissiiunler leurs inconvénients et le peu d’avantage qu'on peut en recueillir. L’observation siiivante ma semble très-convenable pour expliquer le résultat de leur mode d'action.

iio'ois. —M" M... n’avait jamais joui d'une s.inté parfaite j dans son enfance,scs yeux avaientétélesiégc d’inllammations. Sa poitrine tomba dans un état maladif après l’dge qui suit la puberté. Los couches furent toujours accompagnées d'accidents in llamuiatoiros etqiielquefois suivies de douleurs rbumalisniales ; enfin, vers l’ige de quarante ans , les organes de l'audition furent douloureux j une surdité s’ensuivit, et devint en quelques mois si intense que M- ftl... fut obligée de sc

Tous les symptômes indiquaient une phlegmasic dp la caisse du tambour : fut-elle mégojinuo, lo traitement fut-il bien dirigé, ou la maladie ne pul-ellp être arrêtée dans scs progrès î Je l’ignore : ce que je sais 5 c’est que l’iiinammaLion parut bientôt audehors ; utie suppuration épaisse sc mauifesla dans Ms conduits auditifs, la membrane du tympan s’ulcci'aj,

— -loS —

iiaiiil elle 1‘=“‘ssc 'iii tambour ae dégor-

' ut l’ouïo redevint, non pas fine, mais assez bonne ° ,1 percevoir la conversation sans secours d’instruiiiciit acoustique ; voilà l’bistoiredesbeurcux effets des rsinèdcs qui enflamment et ulcèrcntlcs parois des conduits auditifs. Admettez qu'un jeune sourd-inuct porte sa naissance une pbleginasio chronique de la caisse, compliquée d’un engouement complet ; cette iunammation s’éteint ou elle n’est pas assez vive pour accumuler la sécrétion des matières morbifiques et ruplurer la membrane du tympan. Tout reste en apparence in. stata qm jusqu’au moment du développement d’une violente irritation excitée dans le conduit auditif. Cette maladie, provoquée par l’art, peut avoir pour terme la perforation de la meiubrauc du tympan , opérée par ulcération, ou elle réveille la phlegmasie clironique de la caisse et provoque une nouvelle accumulation purulente qui occasione une rupture, comme nous l’avons observé ebez la malade dont j’ai tracé l'histoire; si cette perforation jmrsiste, l’ouïe reste passablement bonne ; si clic s obUlerc, la sui-dité sei'eno,uvelle (i). . ...

Ces explications , basées sur plusieurs faits que je pQssède , inditiuent cLins quels cas on peut emp oyci

ces remèdes, adnnnis.rés d’une mauière cmp.r.que parles médecins qui m’ont précédé dans a carrière que j’ai embrassée. Cependant j.e ne prétends pas, nialgic mon expérience raisonnée , préconiser leur usage , cai

(t) On me fera olMorvor que les s

en fl\it «n abus, on aUccQ îles organes , pn ruinç sanlé en voulant l'ctabjir la fonction amlitive, nnéanii' par une (lesli-uçlion pins ou moins profonde de l ins, trument aconsliqne. .l'évite de citer nombre d’obscr valions d'enfants martyrisés par des médecins ipiisuivent cotte pratique problématique et insidieuse, Il suf. fit de dire que ces réfiexions générales trouvent leur apifiication dans toutes les monograpliies anciennes qui traitent de la surdité, et dans quelques ouvrages modernes que je m’abstiens de citer par égard pour

J’arrive aux traitements ratiotmels, c’est-à-dire à ceux dont l’usage est basé sur la qonmnssance exacte de la cause prochaine de la snrili-inutité,

Les médicaments dérivatifs externes et internes pourraient se ranger d.ans cette troisième division, si, après avoir établi le diagnostic de la maladie , le médecin jugeait que leur actiojrfét snfiisanlo pour en opérer la guérison ; mais c’est ce que je crois impossible, Des obstruclioiis passives que l’on rencontre an centre de l’appareil auditif, dos épaississemeiUs de membranes et dçs rétrécissements qui datent de plusieurs années , ne poui'rotit jamais disparaître sous l’influence de ces médications, soit généralçs,, soit locales, qui n’ont que des effets éloignés et qui n’agissent qu'en modifiant la vie des organes. Il faut, quand les lésions

sont devenues passives, c'est-à-dire quand elles n’ont

plus de rapports avec l’état général de la santé, quand leur action est épuisée , qu’elle est nulle sur la sensibilité organique , sur la circulation capillaire et sur les sécrétions folliculaires, il faut, dis-je, opérer sur le siège même du mal, le détruire, ou si la chose est i™'

après lin long régime alimentaire, le eliangcmciu (V|u, liilalion, l'exercice et (inclci«es saignées locales.

L’arrière-houchc moins sensible permit de réitérct les tentatives pour sonder. L’ouïe eommença de so dé. velopper, mois ee ne fut qu’une année après que l’ias. truction de cetorganc put commencer. Jusque-lh, l'au. dition n’avaitcessedc varier, son exercice ne se faisait pas sans douleurs. Elle était toujours nulle do l’orcillc gauche. La seconde année seulement, en i83.5, j'arrivai enfin dans la caisse gauche, mais l’ouïe n'a jamais pu atteindre le degré de finesse qu’on observe ii droite.

Héloïse a reçu de l’instruction^ elle parle avec netteté , elle accentue ses phrases, ce qui donne Ji son langage de l’énergie et de l'agrément, qualités qu’on ne rencontre pas ches les enfants qui ont atteint la huitième année, lorsqu’ils entrent en traitement.

113' obs. — Cas semblable au précédent , meds rechute à la suite de la coupe descheoeux , par un temps froid et humide.

Consultation écrite par le médecin ordinaire de la ' famille.

« Philippe de T..., lïgc de quatre ans et neuf mois, d’un tempérament bilioso-sanguin, cheveux et sourcils chétains , régulièrement constitué , issu de parents sains, dont aucun n’a été affecté de surdité, excepté sa grand’inùre maternelle , qui est devenue sourde vers 1793 ou g4 , par suite de frayeur et do peines morales; encore .a-t-elle toujours conservé la faculté d’cntoiidre

« L’enfant qui faille sujet de cette observation, a beaucoup soulfert dans sa tendre jeunesse : i'

comme une propriété physiologique, que sous les apnarences d'une irritation inoi'hide. La seconde espèce il'aiiiélioration dont il me reste h parler, quoique non moins fugitive, appartenait plus visihiemcnt à une augmentation naturelle de la- sensibilité aconstique ; elle s’est fait remarquer, contrairement h l’aulrc, de préférence cher, tes sourds les miens entendants. Ce dernier résultat a été, toutes proporlious gardées, moins rare chez tc.s filles que cher tes garçons ; noos ne comptons parmi cens-ci que Lefèvre, ete,; parmi IcsdeiDoiselles nous avons culïaleton , Massénat, etc. Mais, je l'ai dcjii dit, il en a été de celle seconde espèce d'amélioration eoiwmc de la première, elle n’a été (jue passagère , sa pins longue durée a été d'un mois et demi comme chez Hclier, et sa plus courte de deux jours i ainsi que je l'ai observé chez Haleton. n

11 5 - obs. — Thml-sourd-muel ; dévehppemerU de la

faenllà de parler.

On a beaucoup discuté sur le mode d'instmelion tpic

l'on devait suivre pour former l’onïe , corriger lupro-

nonciation et clévelopper les idées tics demi-soiiras-

nmcls; on a eu .nême le projet de Ics'réunie, pour leur

donner ime éducation inatuelle. Je partage ctUieie mentcelt'e manière de voir, que 1 on dit éue appioi

muets de paris. Ne sc. ,

hrillen toutes Ites ressources do l'art chirurgical choisissant cens de ces enfants qui serment snsceplihles de guérison, et en leur reiuhml ni comme cola est observation?

Edouard Daguenet, iVgé tic quatorze ans, m

-rivé rccÜ.i qui fait It^ sujet de celle

nie fut pré-

sente le 7 septembee i83i. Ou me vernit la note sui vante, cevite par son père :

011 y a deux eauscs bien distinctes qui vicient la pi., nonciatiou de mon enfant; une qui provient du défaut d’organisation do la bouche , l’autre est la faiblesse do l’ouïe ; la langue m’a paru d’une épaisseur plus qu’or. dinaii-e. Les dents sont si serrées , que nous avons etc obligés de lui en faire enlever. 11 prononce le c ctl'i comme le k , 1’/ comme l’n, l’e cpmme l’j, et bien d'autres sons fort mal ; il résulte de l.à que , malgré lagraude habitude que j’ai de le faire lire ,jene puis pas toujoursle suivre, quandjen’ai pasles yeux sur son livre.

«Lorsqu’il prononce mal la linale d’un mot, je la lui répète ; si son attention est grande , il la rectifie du premier coup; dans le cas contraire, il la répète mal comme la première fois, et ce n’est qu’en appuyant fortement sur cette finale, que je parviens à lui faire prononcer comme il’faut. Lorsqu’il a le dos tourné et qu’il n’est pas prévenu, on crie son nom à pleine tête; le plus souvent il ne l'entend pas, c’est-li-dirc qu’il ne comprend pas qu’on l’ap|)elle. Sop nom, dans ce cas, n’arriverait donc pas à sou oreille comme il arrive à la notre. Il est impossible de lui faire comprendre la moindre chose en lui parlant bas h l’oreille, même a la bonne , et pourtant il entend le battement de la montre, il entend meme le léger bruit que font les lèvres, mais il ne peut comprendre ce qu’elles expriment; il a , comme les sourds, le regard scrutateur. Le bruit du tambour, dans le plus grand lointain, lui arrive, tandis que tous les autres bruits, bien plus distincts, lui échappent ; il est donc bien évident que son ouïe n’est pas connue celle de 'tout le monde; je

n'èncltait que de petites phrases prononcées \ demivois et avee une articulation très-vicieuse, Il substituait beaucoup de sons h d’autres ; les sifflants j, z,j étaient remplacés par les explosifs i, k. Quoiqu’’il éût Wtpienlé les collèges, scs tournures de phrases étaient très-hizarres, et n’étaient bien comprises que par les personnes habituées !i l'écouter souvent. Il se trompait sarloiit dans l'emploi des temps des verbes;jusqu’il un jgc avancé, il s’était aussi mépris dans l’usage des pronoms, comme le font tous les jeunes enfantsalfectés lie dcmi-surdi-inutité. i

Malgré, la phlegmasie bien appréciable de l’oreille moyenne, mon moyen d'exploration ordinaire fit des prodiges, et nous connûmes bientôt que toute la partie (le l'organe située dans le rocher était parfaitement saine. Trois douches d’air, et notez bien, avant tout autre traitement, firent entendre le battement de la montre i huit et dix pouces.

Pouvait-on alors douter des résultats du traitement? Le malade et ses parents pouvaient-ils refuser les petites opérations qui devaient être pratiquées î

Quelle satisfaction de pouvoir exercer son art dans des cas qui ne laissent aucune incertitude sur le choix des moyens curatifs !

Les inilammatiuns furent traitées par les remèdes ordinaires, tels que les fumigations gutturales , les •signées locales, et par un régime adoucissant ; lorsque losuppuration etla rougeurdes conduits auditifs furent dissipées, ainsi que la phlogose de la gorge , la sonde 01 les douches d’air rendirent l'ouïe parfaite. Le trai- Icment ne dura que deux mois. Pour compléter la cure, lo iounc Lebreton reçut des leçons de prononciation

5 “ Les accidents survenus pendant la surdité j

6“ Le degré et les variations de la surdité ;

7* Les bruits, les bourdonnements , etc. ;

8’ Les remèdes employés.

(, Mon fils est âgé de huit ans. On suiipose quo |j surdité est de. naissance ; toutefois on observe qu'ji l’âge de deux ans, et lorsqu'il ne parlait pas encore, il a fait une chute fort grave dans un escalier d’où il s’est précipité, la tête eu avant, de la hauteur de douze marches ; son bourrelet a prévenu tout accident dangereux et il n’en est résulté aucune blessure.

(I L’habitation où il a été élevé est fort saine.

a Son exposition est au midi, donnant sur un jardin, à l'abri des vents et éloignée du bruit. ■

« Cet enfant a été allaité par sa mère ; depuis il a toujours vécu â peu près comme ses parents ; il ne boit jamais de vin.

« A l’exception d'une rougeur très-récente, il n'a jamais eu de maladie de peau ; il est sujet à d’asset fréquentes migraines , qui occasionent des maux de coeur, des vomissements, et, p.ir suite, une forte lassitude dans toutes les jointures et une douleur de

Il Aucun accident remarquable ne s’est présenté vers les dillérentes parties du corps, si ce n’est cependant d’assez forts saignements de nez. Cet enfant a été sujet à d’assez fréquentés congestions cérébrales, qui, toutefois , n’ont jamais pris un caractère fort sérieux; les contrariétés agissaient et agissent encore sur lui d’une manière violente. Plus jeune , chaque contrariété un peu forte était suivie d’une espèce d’assoupissement assez prolongé.

„ la surdilc; dont il est affecté suint de considérablés variations ; l’état de l’atmosphère n’y inilue eu rien ; cependant nous avons remartpé qu’elle était plus forte et plus longue à disparaître dans les mois je d’avril. Elle est toujours devenue plus

lulense è la suite des migraines dont j’ai parlé et des accidents dont il a été question précédemment; elle est souvent devenue plus grave h la suite de violents csercices dans un temps chaud. Ainsi, quand l’enfant s'échauffe extraordinairement en jouant, il estprohable que le lendemain il entendra moins : dans ces circonstances le visage estextrèmementroiigeetviiltueux.

«Dans ses bons moments , et alors qu’il est disposé i faire attention , il entend assez bien si l’on parle fort lentement.

« Pendant ses moments de surdité, il entend un hourdoiiiieraent très-fort dans ses oreilles ; il cherche quelquefois à le faire entendre aux autres.

Il La grande surdité disparaît petit h petit, et au bout de sept h huit jours il revient à son état ordinaire. Pendant cette grande surdité, la parole est engorgée. Il y a concordance remarquable entre l’amélioration de l’ouïe et celle de la prononciation.

(1 II n’a été employé de remèdes que l’apposition d’uu vésicatoire au bras gauche et l’application de sangsues aux oreilles ; il en est toujours résulté du hieii par rapport h ses affections de la tète, et fréquemment une amélioration plus rapide dans 1 ouïe. »

La consultation donnée par M. Itard et les réponses à mes questions font connaître qu’il y a maladie périodique du cerveau ou de ses membranes, et une sur- ''ité rémittente dont les exacerbations semblent se

jecler que ti'ès-pei\ d’air , quand on n’est pas cei-iai,, d’aïoir pénétre dans la trompe, et quand on a éprouvé Jjeanconp de 'difficultés pour rencontrer son orifice. Je crois avoir observé que l'on produit pins souvent renipliysème chez des personnes très qrasses tpic cl,e,, les personnes maigres; le doute que je laisse éanj cette assertion provient du peu d’expérience que j'ai sur cet accident, qui ne s’est rencontré que sixii sept fois dans ma pratique,

La rupture de la membrane du tympan s’opère quand la sonde est fortement serrée par la paroi è

-L'air poussé avec trop de force vient faire ctfort dans la caisse , surtout si cetlc cavité est libre ; il dédure la membrane du tympan exactement au luillcii de sa moitié inférieure; l’ouverture est ronde, et a presque toujours une ligne de diamètre ; il serait à souliaiter que, dans beaucoup de cas de surdité, on pùt en produire de pareilles à volonté. Le patient n’éprouve aucune douleur; il ne se doute pas même de ce qui lui est arrivé; souvent il estagréableinentsurpris d’entendre parfaitement bien. J’ai profité de cet accident pour faire de nouvelles observations sur b perforation artificielle opérée avec art ; j’ai déjà lie» de m’en féliciter. Pour éviter cette rupture penfianl la douclic, il faut mesurer la force du courant, et écouter près de l’oreille pour s’assurer si la colonne d’air retourne dans la gorge avec plus ou moins de facilité.

Je lie me lioriierai pas à ce simple exposé des accidents produits par tes doucites d’air ; j’entrerai dans plus de délails cn parlant des sourds qui les ontéprou-

vpsjj’e syjs lïiûn xjue les fautes des métlecinssont souvent aussi instructives <jne leurs succès ; ils en doir ycut exact, sinon ils se rendent

ooiipal'lts 1 ‘'«tai'danl les progrès de la science ansr quels ils doivent sacrifier leur amom-propre. D'ail- )curs,il est des accidents (ju’on ne doit pas craindre J'avooor; ils sont tellement inhérents è toutes les opérations c|u.e les maîtres les plus habiles ne peuvent les éviter , tels que les hémorrhagies dans l’opéralioi)

la taille , l’écoulement des hninenrs de l’œil dans l’opéralion de la cataracte par extraction , etc. ; je ferai les memes réllexions relativeiuent aux non-guérisons de surdités quoique dépendantes des maladies de l’oreille moyenne. Malgi'é mes succès, il ne faut passe persuader que je parviens à élargir toutes les trooip s rétrécies, !i débarrasser tonies les caisses engouées, etc. Non , sans doute , il est des cas, il en est même beaucoup, qui me font échouer dans mes tentatives ; mais, lorsqu'ils se rencontrent dans ma pratique , je puis assurer h ma grande satisfaction qu’il ne me faut que peu de jours pour in’en apercevoir; par là, j’épargne delà douleur au patient, et je le décide de suite a vivre avec son infirmité ; c’est encore un service que l’on .doit aux douches d’air employées avec prudence et surtout avec franchise.

Les rechutes sont à craindre , j’en ai souvent observé ; je les citerai dans le recueil de mes observations avec autant d’empressement que mes guérisons qui ne se sont pas démenties. Si ces recliules sont ducs à l’impuissance de mon art, je le dirai, afin l’avoir le droit d’exiger d’ètre cru , quand je parle de l'incurie des malades. Les faits suivants feront coin-

iil !îi3!li!i!il1l!iî.iffli

Les mois de novej>il)re, jajivier et février, se passèrent s»"® qu’il survînt de rechute do surdité, malgré les coryzas qui se renouvelaient sans cesse.

Les sondes et les injections d’air entretinrent les

•juc les battements d’une mon¬

tre étaient perçus à quatre et cinq pieds du pavillon anriculaire. Souvent M. de J... jii’exprimait sa joie d'entendre au spectacle, L’espoir d’une guérison parfaite était donc fondé.

Je réservais l’emploi d’autres agents thérapeutiques pour l’époque des chaleurs. 11 était convenu que nous emploierions les grosses sondes, les douches d’air et les bains sulfureux toute la saison d'été. Mais l’apparition (la choléra vint détruire nos projets. Des conseillers maladroits, comme on en rencontre surtout dans la classe élevée, furent encore plus nuisibles à l'ouïe de mon intéressant malade que cè fléau destructeur.

La saison humide occasioua une rechute qui ne fut pas complètement combattue.

122' obs, — Même cas que le précédent; rechute , second traitement, guérison. ■— A l’ége de trente ans, M. Yvonnetfut affecté d’une cophose qui subsista cinq à six mois sans qu’il fût possible de la faire céder en liivcr, malgré un traiiement fort énergique. Elle disparut enfin en été, par l’action prolongée d’un large séton appliqué à la nuque. Six ans après, cette inlir- "ntc reparut avec non moins d’intensité que la ]ire- •“ière fois. Les chaleurs ne produisirent plus aucun I>icn-ètre. M. Yvonnet vin t me consulter le 22 août 1 83 1 ; 'lavait ressenti tout l’hiver de légères douleurs d’oreil-

Jicak à l’obsei'valion de tout l’organisme. On suivra avec moi les irradiations iiomhreuses d’un point de l'économie animale, qui parfois, sous certaines influences, devient centre commun, aj-bitre impérieux Je tous nos inouvempnts, de toute notre volonté , jusqfl’ii ce qu’une main habile vienne maîtriser sa prédominance vitale devenue si active et si puissante.

Oui, et ce n’est point une hyperbole, un point de l'organe auditif devenu malade change quelquefois l’expression faciale , paralyse tout un côté du corps, éteint la vision , simule l’apoplexie et anéantit les facultés- intellectuelles. Ces lésions syjnpathiques, la perle de la vue surtout, que n’expliquent pas d’une manière satisfaisante les rapports établis d'organe à organe par le système nerveux, ont échappé jusqu’à ce jour à l’observation des praticiens. Les auteurs n’en font aucune mention dans leurs trop nombreux re¬

cueils de faits pathologiques. Les médecins meme qui s'occupent spécialement des maladies des yeux et ceux qui sont placés à la tète des établissements de sourdsmuets ont gardé le même silence. Je ne puis qu’èlrc étonné , dois-je dire do cet oubli ou de cetw négligence d’éclairer les praticiens sur des faits qui se présentent fréquemment et dont l’étude est c une si haute importance, surtout chez les enfants du premier ilgc, incapables de rendre compte du hen de Iciiis souffrances. Ces jeunes sujets sont-ils affectes dune

otite interne, accompagnée de convulsions des muscles de l’expression faciale, de l’abaissement de la paupière siipent

nonce de suite qu’il s’agit de.traitcr une -

cerveau; et si, à la suile de plusieurs jouis de 50

maladie du

cheuscs d'une application rditëcéo et soulenuo dtj organes delà vision. Une personne do ma connaissance M. T... j'noinrnd conseiller à la cour do cassation J la suite de savantes recherches, qui n'occupaient pas moins de douze volumes publiés en une année perdu la faculté de regarder fixement les caractères de l’écriture ;>il ne peut plus lire. La recherche seule d’un livre dans sa bibliothèque est un travail au-dessns de scs forces.

De ces légers dérangements fonctionnels des organes des sens de l’intelligence, agissant sympathique, ment sur l'organe de la pensée et y apportant inomenlauémcnt le trouble et l’embarras , nous allons être conduits par l’enchainement des faits aux lésions pathologiques les plus graves, telles que la cécité, la paralysie et la congestion cérébrale.

PUIÎMIÉAE SÉKIE D’OBSEUVATIONS,

12 3 ' oir. — Verforalion de la membrane du tympan; inflammation aigue do la caisse du tambour; paralysie des muscles de la face du meme c 6 ld.

« Le 21 mai, vers les trois heures de raprès-inlilii M. J. Gaultier, en jouant avec ses camarades, s’introduisit dans l’oreille gauche un petit caillou; scs parents n’en furent prévenus qu’à cinq heures. Alors madame sa mère Ile conduisit chez M. le docteur G... i celui-ci aperçut facilement la pierre à l’entrée én conduit auditif, et la fit yoir à M'"" Gaultier. Il assura il l'enfant qu’il allait en faire l'extraction sans lui occa-

sionei’ aucune douleui', et, armé d’une cuvette, il essaya d’en passer l’extrémité derrière le corps étranger i mais aussitôt que Jules le sentit loucher l’oreille,

Il mouvement brusque, dont le résultat fut de frapper l’extrémité de la curetle contre le côté de la pierre tourné vers rextérieur, et d’enfoncer celle-ci jusqu’au fond du conduit auditif ; au moins peut-on le supposer, puisque depuis elle n’a jamais été distinctement aperçue. Le malade déclara dès lors ne conseniirait jamais à souffi-ir de nouvelles tentatives, et s’enfuit de la maison du docteur. Une heure après il y fut reconduit par son père. Toutes les voies de persuasion étant inutiles , on essaya de faire l'extraclion , malgré les efforts que le malade pouvait faire pour s’y soustraire , mais il ne fut pas possible d’empêcher complètement les mouvements de la tête , et

niiitrintçrieurdororeillc,etprobablementàenfonccr

plus avant le corps étranger. Je fus , le même soir , appelé avec un autre confrère ; mais n’ayant pu obtenir du malade pas même de bien examiner l’oreille, <iui d’ailleurs était remplie de sa.ig, nous dimes que s’il devenait indispensable d’employer la force, le médecin ordinaire de la famille devait en être chargé. Unécoulementde sang continua d avoir lieu une partie de la nuit suivante. r- '

a Le lendemain , M. le docteur C... .ayant fart préparer un appareil tjn’il croyait propre a raaintc.ni l'enfant clans l’immobilité , nous invita u m ei c an Je nus seul ni’y rendre. Non ..ou .. i de parler, et

opéi

aperçûmes que l’appareil dont je vi

îiiïiîlliflîlîiJ

conseilles ii M. Gaultier de conduire son fds .’i M. le

aocteur ncleau jeune.

(I Siiint-Maln, le 3 juin i834. »

Jules arriva li Paris le 7 juin 1834. Sa face était dans r^tat décrit par mon confrèredo Saint-Malo, Le conduit auditif lavé par des injections d’eau tiède et ressuyé ii l’aide de petites éponges montées sur des tiges, je vis la pierre, qui était entièrement tombée dans la caisse. Une de ses faces , la seule que l’on aperçût, était sur le même plan que la face externe de la membrane tympanique déchirée dans toute sa moitié inférieure. A l’aide d'un levier aplati et légèrement recourbé , qui nie sert toujours en pareil cas, je voulus juger de sa mobilité. Je la trouvai comme cernée par les bords tuméfiés de l’ouverture faite à la cloison-tympanique. Dès lors je jugeai qu’il serait impossible d’employer cet instrument pour l’extraclion , parce qu’eu pressant -sur une des faces de la pierre, il eût fallu nécessairement trouver un point d’appui à la face opposée pour le faire cheminer de dedans en dehors. Ici point d’autre appui possible que contre I.1 chaîne des osselets ; c’est dire que la maucouvi'e était impraticable.

Fallait-il essayer une pince h deux comment l’introduire dans la caisse sans loisseï bords enflammés de la plaie 7 J’en fidtriip.a. une avec trois longues iriguilles, montées sut un manche. Les pointes étaient légèrement recourbées vers le centre de l’instrument qu’elles formatent. Le patient déclara qu’il ne la laisserait ’

il tint parole: ni prières, ni menaces

purent le fléchir ; ü ne permit pas mem 1

plement inüammatoircs de la nicmbrane tympani(j„j^ est la même que celle que produiseiit tous les organes des sens surexcités. La vue fatiguée dans un niusce de peinturera présence d’un c/vAmi sur la pituitaire, la fumée d’une plante aromaticiue niise en contact avec l'organe du gofit^ provoquent aussi des étourdissements ; le sens du toucher, si puissant dans les rapports de sexe, ne porte-t-il pas le trouille dans le cerveau au point de maîtriser la volonté? Je me serais abstenu de relater ces effets, que je nomme directs, entre les sens et l'encéphale , s’ils ne servaient pas d’échelon dans l’histoire des phénomènes sympathiques de l'organe de l’ouïe, qui me restent encore à faire connaître.

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