SÉKtlî D’OnSEllV.VTIONS
i3o' obs. — Dans le mois de juin i835, M. de Mire, lige de cinquante ans, me fut adressé par M. de Tllainville, son ami. Depuis plusieurs années, il s’apercevait que son ouïe faiblissait, surtout de l’oreille gauche; a cette infirmité s’ajoutèrent bientôt des bourdonnements continuels, des douleurs vagues dans toute la tète, des étourdissements fréquents qui allaient jusqu’à la lypothimie. l’Iusicurs médecins furent consultés à cet égard. Ils crurent reconnaître les prodromes d une apople.xie ; en conséquence, ils prescrivirent le séjour à la campagne, le travail des bras et d'abondantes saignées. Le malade, docile aux ordonnances,s’y soumit scrupuleusement : do mois en mois on lui ou-
lin septembre 182 ^, il avait été atteint d'une fièvre scarlatine tpii n’était que le prélude d’accidents beaucoup plus graves : on crut reconnaître le croup trois jours après l'invasion de la maladie. Les fonctions du cerveau se troublèrent, soit par sympathie, soit par lésion de son tissu on de scs enveloppes. L'œil gauche s’cnllamma, et le globe so vida complètement dans l’espace do deux jours... L’oreille droite se prit aussi; une suppuration abondante entraîna, dirent les parents, un osselet de la chaîne. Ducler supporta tous ces accidents graves. Sa convalescence fut bien longue, et ce ne fut que quelques années après que l’œil et l’oreille cessèrent de suppurer. Il lui resta un œil très-bon; mais l’oreille gauche avait aussi été atteinte, et l’ouïe ne s’y exerça cju'inconiplètement.
Je crois avoir démontré dans ce chapitre toute 1 importance de des mumeas les pUis légères^ des
maladies de l'oreille mojemte inconnues jusqu'à ce jour, et pour prouver aux thérapeutistes qu’ils sont loin encore d’avoir acquis cette perfectibilité d’observation qui doit leur apprendre à distinguer l’eUit physiologique complet do l’organisnm des premiers phénomènes pathologiques. Persuade que nous ne connaissons pas sufiisamuient cos premières lésions de fonctions qui servent de transition do l’état de santé à l’état maladif, je pense que cet examen, par moi fait pour l’oreille moyenne , doit être répété pour tous les organes; car c’est en étudiant et en provenant cos premiers dérangements organiques eju on évitera les affectiftns graves, de même qu’on provient la mort en guérissant celles-ci.
do faire disparatlre les maux de gorge auxquels j’étais aussi sujet. L’oreille droite resta dure (i). Dix-huit aas après, c’est-à-dire eu i836, je crus m’apercevoir que la surdité faisait quelques progrès ; je sentais des bouidonuemeuts dans l’orcillo, et comme uii corps étranger. Cependant l’oreille restait ordinairement très, sèche i il se joignait à ce malaise des étourdissernenls si violents, que j'étais obligé quelquefois de suspendre mon travail. M. [tard fut consulté de nouveau. 11 pensa que la cause était nue affection humorale, et conseilla un séton ou un double cautère, sans vouloir garantir aucun succès, même après trois ans de traitement. Ne voulant pas me résigner à ce remède, l’oreille gauche étant bonne, je consultai M. Deleau, qui jugea différemment la cause de ma surdité. Cette infirmité est complète, dans l’état ordinaire. Pendant l’introduction de la’sonde et après la douche d’air, j’entends ma montre à plusieurs pouces ; j'ai atteint par le beau temps une distance de quatorze à quinze pouces. »
La première fois que je sondai la trompe d’Eustacln, il me fut facile de constater l’obstruction de ce conduit et l’engouement de la caisse du tambour... Ces lésions étant dissipées, les étourdissements cessèrent complètement. L’ouïe a gagné, mais elle n’a pu redevenir fine jiour la conversation ordinaire...
Les étourdissements ressentis par M. G.., tout le temps que l’engouement de la caisse a subsisté, engoue meut qui n’a pu être reconnu que par l’emploi de la
cœur; enfm, il éprouva une.otiLe inlerno aigue, hla suite d’uu refroidissement de tout le corps. Il perdit l’ouïe de cette oreille, on i833d cette fonction faiblit aussi du côté gauche. Dans cet état, il alla consulter le docteur Vaidy, alors médecin en chef de l’hôpital de Lille, cjui lui remit la consultation suivante :
.< Inllammation lente à l’intérieur de l'oreille droite, h la suite d’une inllammation aiguë do cette partie ; congestion sanguine vers la tète , occasionée vraisemblablcmentpar la persistance de cetétat inflammatoire; je conseille ce qui suit:
n I* Tenir l’intérieur des deux oreilles, surtout de l’oreille droite, dans un grand état de propreté, en y introduisant de l’huile d'olives, puis opérant soigneusement le nettoyage an moyen d’un cure-oreilles en argent, que l’on courbera suivant Tôccasion ;
« 2 " Exciter, à plusieurs reprises, un saignement de nez artificiel, en appliquant deux sangsues dans la narine gauche ;
« 3’ Purger, assez fréquemment pendant quelque temps, deux fois, ou au moins une fois par semaine, avec une bouteille d’eau de Seidiitz .artificielle, li douze gros, ou bien avec une once et demie de sulfate de magué.sie dissoute dans uue jatte d’eau;
11 4" Prendre, trois fois par semaine,un bain, chaleur de lait, et pendant que le corps est plongé dans la baignoire, verser de haut, sur le côté droit de la tête et du cou, par derrière , au moyen d’un pot a bec on d’une théière , une douche de l’eau même du bain ;
Il 5'Si malgré ces divers moyens le bruissement et la surdité persistent encore, appliquer derrière l’oreilh
sesbniissemenls avaient cessé; en me frappant le crâne ce creux , disait-il, a. dispura. En mai 1837, ce mieux subsistait encore, mais le 10 décembre 1887, je reçus une lettre d’une de mes malades de Saint-Quentin, dans latpielle je lus ;
(I Vous avex sans doute appris la mort do M. Robert-Baboeuf jeune ; il a été enlevé à sa famille par une apoplexie foudroyante ;-uoj prémiom avaient été justes ; il y a un an , vous me dites avoir des craintes pour lui sur ce genre de maladie.
Il Saint-Quentin, le 10 décembre 1837,
Il Dkuciie née I’laimand. »
Comparez cette observation avec celle de M. Demîrc, •page 35 ét, et il vous sera facile de déduire les consétjuonces de cliacune. Dans un cas, les douches d'air, en rétablissant la circulation de l’air dans l’oreille moyenne, font cesser tous les accidents prétendus apoplectiques ; dans l’autre cas , l'ouïe s’améliore , se rétablit, mais les accidents cérébraux ne cessent pas. Le traitement général que j’avais dirigé contre eux n’ayant pas été suivi avec assez de persévérance , ët peut-être des peines morales étant venues surexciter encore l'organe encéphalique , la dernière catastrophe arriva, pour ainsi dire, afin de prouver toute la vérité de mon pronostic.
riti:
- 3èi —
peu près les mêmes que clans la surclitê de l’Ago adulte ■ 011 peut on dire autant du pronostic. Ce <iiii rond les traitements infructueux , c’est cju'ils sontpresejuo toujours tentés aveuglément, par l'impossibilUé où l'o„ est, dans la plupart des cas, de connaître la nature de la surdité (i) chez un ètr# cpii ne peut pas lui-même nous fournir aiicun renseignement, ii
Queltjues lignes plus loin , celte persuasion intime de la possibilité de guérir tpiehpies sourds-muets fait dire au docteur Itard ; « Dans ces coplioses congciiiales, les moyens rationnels sont bientôt épuisés, et l'on se trouve réduit à la méthode empiricjue pjc ne conseille pas de la dédaigner. Tous les moyens cpii ont eu des succès constatés et cpii ne présentent aucun danger sont bons aux yeux des praticiens (a) o Depuis cette époque (£u’a-t-on fait pour le soulagement des sourds-muets? Non-seulement on a négligé de les traiter, mais encore on a complètement négligé leur éducation. Ils sont tous condamnés pour ainsi dire ■ au langage imparfait des signes. Pourtjuoi n’a-l-on pas fondé une institution exclusivement destinée ii leur traitement et à leur instruction orale ?
Telle est l’analyse succincte de la première époque des essais du docteur Itard ; la seconde, que l’on pourrait nommer la reprise de ses travaux, a été déterminée par les désirs des membres de l’administration des
,orts tosl’lprS. vZy,
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