APPAREIL DES SÉCRÉTIONS
Les glandes salivaires n’ont rien présenté de remarquable.
Le pancréas a été trouvé sain le plus souvent; cependant l’injection vasculaire y est plus marquée que dans l’état naturel ; dans un cas , cet
organe était gorgé d’une abondante quantité de sang. ^
Le foie est presque constamment gorgé de sang noir et épais contenu dans les principales ramifications vasculaires; sa consistance et sa couleur sont naturelles dans les 9 dixièmes des cas. t,)uelquefois cet organe est d’un bleu sombie» ou, au contraire, d’une couleur très-pâle.
La vésicule biliaire s'est présentée à Jachnichen 9 fois sur lo, énormément distendue par une bile épaisse d’un vert noirâtre. Une seule fois elle était transparente, analogue à la vessie natatoire des poissons, et contenait une bile presque incolore et très-liquide. Anesley l’a trouvée quelquefois dans son état naturel, d’autres fois plus petite, vide et comme contractée.
Le canal hépatique , ordinairement libre , présentait des traces du passage récent de la bile ; il en était de même du canal cystique.
Mais le canal cholédoque était tantôt libie sans traces de passage récent de la bile , tantôt fortement contracté, surtout près de son orifice intestinal , en sorte qu’il fallait employer une forte pression pour surmonter l’obstacle qu’il présentait à l’écoulement de la bile.
Les reins étaient en général sains , a .1 exception d’une injectiqn vasculaire très-intense remarquable dans leurs gros troncs, et qui pénétrait leur tissu. On ne trouvait point d urine dans leurs conduits urinifères , et dans quelques cas ils avaient diminué de volume.
La vessie , presque constamment contractée , comme ratatinée . plissée semblable à un morceau de parchemin froissé, cachee sous 1 arcade pubienne , ne renfermait pas d urine.
La muqueuse, pâle, plissé.e , avait quelquefois line teinte rouge sur le trigone vésical. Christie l’a trouvée quelquefois molle et pulpeuse.
j/urine, suivant quelques auteurs, contiendrait
moins d’eau et d urée. ^
Les organes de la génération étaient smns , a l’exception de l’engorgernent de leurs vaisseaux distendus par du sapg noir et épais.
Tel est Tétat des organes des personnes qui ont succombé au choiera.
Est-il possible d’y trouver un moyen de reconnaître, en ouvrant le corps d’un homme, qu’il est mort du choiera?
Au premier coup d’œil la chose ne paraît pas possible. Les lésions sont si diverses , que rien de constant et de fixe ne paraît pouvoir y être déterminé. Tantôt ces organes présentent à peine quelques traces d’altérations ; tantôt ces altérations sont graves ; mais elles portent chez l’un , sur les viscères abdominaux, chez l’autre^ sur les centres nerveux, chez un troisième, sur la poitrine.
Cependant un observation mettra de l’ordre dans ce désordre ; c’est la distinction entre le choleia lui— meme et les maladies secondaires dont il provoque 1 irruption. A celles-ci appartiennent les lésions diverses et souvent profondes, qui n ont pas de siège constant , et qui se montrent tantôt sur un organe, tantôt sur un autre; et, de même que pendant la vie il serait fort difficile de leconnaître , sans le secours des signes commémoratifs, que telle maladie est une suite du choiera, de même sur le cadavre les traces qu’elles laissent n’ont rien de spécial, aucun caractère précis que du moins on soit parvenu à découvrir.
Quant au choiera , voici les signes nécroscopiques qui lui appartiennent : <. Etat particulier «du cadavre : yeux enfoncés dans les orbites,
« taches bleues sur la peau , présence dans le ca- « nal intestinal d’une matière ténue et sembla- «ble a leau de nz , souvent une rougeur plus « ou moins marquée ^dans les intestins, vacuité « ües a Itérés et des veines superficielles , refoule-
* ment du sang dans les gros vaisseaux, dans les « cavités du cœur, engouement des poumons. » On trouve aussi presque toujours la vessie urinaire vide. Quand on rencontre ces signes sur un cadavre, on peut affirmer que la personne a succombé au choiera ; et l’affirmation sera encore plus positive , si le malade a pendant la vie présenté quelques symptômes suspects*
De ces remarques il résulte encore que le choiera tue sans produire de grands désordres matériels dans les organes. Il agit évidemment comme certains poisons très-violens , qui ne laissent que peu de traces de leur action si délétère pour 1 économie humaine.
Mais lorsqu’il dure quelque temps, et que la vie résiste au choc redoutable qu’elle a reçu, il arrive souvent qu’il fait naître des mouvemens tumultueux , et qu’il trouble gravement le jeu des fonctions. Ce désordre est le point de départ de nouvelles maladies qui n’ont avec le choiera de commun qu’un rapport de filiation , et qui laissent sur le cadavre des lésions profondes.
Le sang présente, durant la vie des malades, ^ des changemens trop facilement appréciables pour qu’on ne se soit pas occupe de 1 analyse des
^'^Le professeur Hermann , de Moscou , a cherche à déterminer le rapport du sérum et du caillot
‘‘“uVLri'quitc^irdans l’espace de peu l’heures, au commencement de liiiuption du
Zfe a en septembre i85o, fut saigné quatre heures avant li mort, après des vomrssemens
violens. Son sang donna 4o de ,
caillot, c’est-à-dire, une proportion de pies du
tiers en sus du caillot.
Voici , au reste , un tableau qui offre l’exposé d’un certain nombre d’analyses ;
(!)aillots sur loa partiel de sung.
Sang d’un jeune homme en santé ...
— d’une femme enceinte, 44»75
— d’une jeune fille à la première attaque du choiera , avant que des éva-
cuations aqueuses aient eu lieu . . 5o —
— d’hommes cholériques qui ont été
guéris 55 —
— tiré après des évacuations aqueuses. 6o,3 —
— d’nn homme qui a succombé , tiré
4 heures avant la mort 6o
— d’une femme qui a péri du choiera,
mais qui avait aussi une fièvre inllainiualoire 46, Q 5
5crum lur )oo parties de saog*
Le sang recueilli dans les cavités gauches du .cœur chez, un homme mort du choiera, était incomplèteinent coagulé. Par une/aible agitation, il devenait liquide et parfaitement homogène. On ne pouvait produire une véritable séparation du caillot et du sérum.
M. Hermann a cherché à découvrir dans le sang des cholériques la presence de l’urée ; car la sécrétion de l’urine est presque entièrement interrompue dans le choiera ; mais le chimiste allemand n’en a pu rencontrer dans le sang d’un cholérique qui n’avait pas uriné depuis trois jours.
Il a fait aussi des expériences sur la matière des vomissemeiis. Il en résulte: i“ que les liqueurs vomies ne contiennent d’acide libre, que 1 acide acétique ; 2“ que les seules substances animales contenues dans ces liqueurs sont le mucus de la salive et une substance analogue à l’osniazome.
Sur 1,000 parties M. Hermann a trouvé i
Substance analogue à l’osmaiomc, contenant de l’eau. 6,5 1
Mucus de la salive • •
Acétate de soude et chlorure de sodium , avec de petites quantités d’acide phosphorique de chaux, et de
magnésie. . , . . . ^ • r *. r
Acide acétique anhydre
Eau et mucus
On voit que cette composition des liqueurs vomies aies plus grands rapports avec celle du sur-
^ Quand aux matières -rendues par les selles, M. Hermann y a reconnu l’existence de 1 acide acétique. Au reste, elles ont beaucoup d analogte
avec les matières vomies. ^
L’urine des cholériques qui recouimencent a uriner, contient les mêmes matières que celle des hommes sains, en moindre proportion cependant; chose singulière, car i semble qu après une suppression comme celle qui suivient dans le choiera , l’urine devrait se montrer fort
La bile sur les cadavres des cholériques est touiours en quantité considérable ; elle distend la vésicule , elle est aussi plus épaisse et plus dense. 11 est évident qu’elle n’a pas pu couler, rnais, de
Lme q..c la" uppression dun«e
l’utée dans le sang, de meme la rétention de la bile ne produit pas d ietere.
Ainsi! eu résumé, la chimie nous '
que le sang éprouve une notable ifodification , qui consiste dans une diininution de liquidité
Pt flans une augmentation du caillot.
2" Que les matières qui sortent du canal intestinal sont purement acides.
( 'iô )
3* Que la bile et lurihe nô sont nullement modibéés dans leur composition.
Unè nouvelle analyse du sang, faite en Angle* terre, a donné les mêmes résultats.
Le sang venait d’un cholérique âgé de 55 ans, et mort à Sunderland.
En y appliquant la langue, on n’y a trouvé ni Saveur ni odeur particulière. La matière colorante, l’albumine coagulée et la fibrine, étaient également sans goût ni odeur. Il ne contenait point de gaz, et il était aussi noir que du goudron.
Sang ci*un lùaiefot mort d'une
autre maladie que le choiera. CboiêriqCia.
Eau ^56 — 644
Albumeil coagulé. 121 — 3i
Matière colorante. ...... Sg. — 203
Carbone libre. . . 3? — 66
Fibn’ne pressée 18 — 6
Muriate de sonde, dè potasse
et extrait animal . ..• v . . . i4 — ^ »
1000. xooo