‹ Traité du choléra orientalChapitre 16 sur 27 · DE LA MORTALITÉ DANS LE CHOLERA · texte numérisé non relu

DE LA MORTALITÉ DANS LE CHOLERA

Le choiera est une des maladies les plus meur- - trières qui affligent l’espèce humaine ; cela est incontestable; cependant la terreur en a beaucoup grossi les ravages ; et il n’est pas hors de propos d’examiner, au moyen de chiffres , quelle est la violence de ce fléau. Cet examen aura pour résultat de réduire à sa juste valeur les données souvent exagérées. Il servirait encore, s il portait sur des matériaux plus complets , à faire reconnaître des causes occasionelles de la maladie ; mais nous ne possédons pas encore des documens assez étendus pour pouvoir résoudre toutes les questions qui sont solubles par la voie de la statistique medicale. Néanmoins , nous allons exposer ce que nous ont transmis les médecins et les gouvernemens des pays infectés.

Dans l’Orient, où le choiera a pris naissance, on ne tient guère compte des statistiques. Aussi u avons-nous sur ces pays lointains que des données incertaines. Cependant tout porte à croire que les ravages y ont dépassé de beaucoup ceux que le choiera a exercés en Europe. Nous apprenons qu’en 1826, année où il a reparu à Calcutta pour la neuvième fois, ses ravages, qui n’avaient commencé que vers la fin de lete, avaient enleve dès le 1*' septembre 6,000 indiens ou musulmans, dans la seule enceinte de la ville, et que les bù-

cliers allumes pour consumer les corps des indio-ènes , ne pouvaient suffire pour réduire en cendres tous ceux que 1 on apportait. La mortalité s’était etendue dans une grande partie de la présidence de Calcutta ; on ne savait pas jusqu’à quel terme elle^s était elevee dans le haut Bengale ; mais on a pu juger qu’elle y avait été très-considérable, en voyant le grand nombre de cadavres que roulaient les eaux du Gange, ou qu’elles entraînaient sur ses boids , pour servir de pâture aux chiens et aux oiseaux de proie.

La mortalité fut encore plus considérable à Bénares cette même année , quoiqu’elle eût déjà été ravagée par la première épidémie. Les Indiens y mouraient par centaines; la population chercha son salut dans la fuite, abandonnant en masse les lieux ou le choiera se déclarait. 11 en fut de môme de la ville de More, qui fait partie du gouvernement de Bombay.

Les lécits portent que la Chine et le royaume de biam souffrirent cruellement du choiera. Les ravaps furent très -grands dans la Perse; des aimees furent dispersées par le choiera. En août 1817, sur une armée anglo-indienne, forte de 90,000 hommes, 7,000 furent enlevés en onze jours. A Java, qui a quatre millions d’habitans, le fléau en tua 4oo,ooo dans les années de 1 Si q et de ,821. A Bassora,sur 5o,ooo habitans, 12,000 ^ sur 20,000.

mortalité fut extrême; tous les liens

sorT Fnf de môme à Bas-

idép fl ’ ^1 suivant nous donnera une

dû à r" V" Mecque. 11 est

du a un inedecm Toulousain qui voyage depuis

quinze ans dans l’Orient ei m ; , 'J depuis ^ 1 vouent, et qui a ete témoin de ce qu il raconte :

fl Dans les premiers jours de mai , j’élaîs arrive de Damas à Alexandrie. Le cbolera-morbus asialique exerçait ses ravages dans cette dernière cite, et ses progrès étaient d’autant plus rapides, que, malgré les ordres positifs de Mobammed-Ali, toutes les précautions nécessaires et prescrites pour éviter la propa^tiondu mal étaient négligées, i es soins devenaient inutiles; un médecin ne peut rien pour des fatalistes. Cetait le temps de.spelerinages, et je suivis vers la Mecque et Mcdine la caravane de Syrie. Ce n’était plus la cunosde qui me dirieeait. Vous savez que j’ai accompli deux fois le saint voyage , et qu’au nom de musulman que j’ai pris on ajoute toujours celui si respecte de lladsi (!) ; mais j’étais persuadé que la tf ‘blejste des Indes viendrait moissonner jusqu au pied du tombeau du prophète les plus fervens sectateurs

de l’islamisme, et cet effrayant plus tard , à l’aide d’observations bien faites , avoi Le grande utilité. Là, de toutes les parties de rÂfrique, des rives de la Méditerranée jusqu au d'L’sert de Sahara, de l’intérieur des terres des bords du Niger et des côtes de Gumee, on voit accourir de riches maures et des que nus, qui invoquent

nroohète. La Turquie Européenne, 1 Asie-Mmeu L ^l’Egypte , les trois Arabies , la Perse et es ndes envLiit leurs dévots à la sainte Eaabah. Le choiera devait , sans aucun doute , y être por e sui toutes ces tribus, que

raient toujours, si un sentiment le 'g' ■

semblait pas chaque annee de nomb 1

sentans.

(i) Mot arabe qui «igniflc Pclcrtn.

e ]\Ies prévisions suç la propagation du choiera ont malheureusement été justiüées.

« L invasion de la maladie a été rapide , instantanée : des individus, dans l’état de bonne santé , tombaient a teri’c , vomissaient , devenaient froids, et mouraient sur la place, ha première pensée qui sepieseuta au commun des pèlerins, fut (jue celte maladie était la peste; mais les Ulémas, les Cheiks et les médecins musulmans, repoussèrent celte idée, en se rappelant le passage du Koran, qui dit: que la peste a été pour toujours exilée des saints lieux par le prophète , et que jamais elle ne pourra y rentrer.

« En recherchant les causes de cette mortalité .SI imprévue, on était généralement disposé à l’attribuer au manque d’eau. Dans le mois chawal, de grandes pluies continues avaient détruiv les conduils qui portent l’eau à la Mecque, de sorte que Ion se trouva privé d’eau douce dans celte ville encombrée d’une population extraordinaire. Les docteurs de la loi assuraient cependant que cette circonstance n’était pas la seule cause du mal, et le chef de la garnison avait, à ce que ie croîs, la même idée. Les tambours et la musique militaire cessèrent de se faire entendre; la raison qu on en donna étaitque ces instrumens , inventés par es infidèles, avaient troublé trop lon<^-temps par leur bruit importun le repos des saint? lieux et Mole la maison de Dieu , qui, dans sa colère ^

h nrn 1 gardait

lïïr? P”'' ““ P'"P'’ète, mai une

gicinas. *

1 n'avait nas

besü n d être attnbu^e à cette cause su.natuielle î.)ud,c.eu5ement indiquée par les docteurs nm-

sulmans, il suffit d’observer qu’il y est entré en même temps qu’une foule de pèlerins de la Perse, des Indes, de l’Yémen, et d’autres pays en proie à l’épidémie.

« Indépendamment de ces circonstances qui seraient suffisantes pour faire reconnallre l’origine du mal, j’ai cru remarquer, et les autres médecyins européens, en petit nombre dans le Ilidjaz et a la Mecque, ont vu aussi comme moi , dans l’état delà température de l’atmosphère, les causes et les conditions du développement rapide et effrayant de la maladie. Nous les trouvons dans l’excès de la chaleur qui s’est constamment maintenue à 5i degrés de Réaumur; dans les grandes pluies qui ont produit une humidité délétère ; dans la continuité des vents du sud et du sud-est ; dans le nombre prodigieux, celte année, de pèlerins venus des lieux infectés , entassés les uns sur les autres dans un petit espace; dans le mélange des hommes sains et malades; dans l’irrémédiable habitude de porter les habillemens des personnes mortes d aiteclions plus que suspectes; dans l’usage des alimens de mauvaise qualité , et de fruits verts ou pouriis mangés avec une avidité sans exemple , et enlin , dans les fatigues inexprimables auxquelles ce multitude de dévots a dû se soumettre pour rem plir le devoir religieux de visiter les heux saints , qui sont des montagnes arides, et maigre laideu

d’un soleil brûlant. , .

. Les exagérations, les peintures de la poesie seraient an-dessons de la vérile, relativement a ce qui s’est passé durant une de ces p.euses cere-

“Tpendant les trois jours qui précédent le Conrbam-Bayram , les pèlerins la garmson , tans du pays , tout se rend a 1 Aralat. La on

faire la prière célèbre, relative à la reconnaissance d’Adam et d’Eve après leur expulsion du paradiâ terrestre. Aucun devoir, aucun besoin ne peut faire sortir de ce lieu, et pendant trois jours il faut oubliertoutes ses affaires, toutes ses affections, toutes les nécessités même quela nature impose àl’homme. Ces malheureux Musulmans n’ont pas manqué à ce précepte religieux. Une foule immense , pressée , amoncelée , resta à l’Arafat les trois jours prescrits, sans bouger de place. Pendant la troisième journée, elle fut inondée par une pluie battaute qui ne cessa point. Le nombre des morts, qui déjà avait été considérable, s’accrut alors avec rapidité, et s’éleva dans une progression ellVayanle dans les momens où l’eau tombait avec plus d’abondance. 11 semblait que Dieu avait ordonné à l’ange exterminateur de frapper cette masse immobile. Huit mille cadavres jonchèrent le sol, et y demeurèrent sans sépulture : ceux qui avaient survécu ne prirent pas le soin de les ensevelir, ayant trop de hâte de se rendre le soir même à Mina lieu de la grande foire, pour jeter tous ensemble des pierres aux trois grands démons ou esprits malins qui ont été emprisonnés par le prophète.

« Mina resplendissait de l’amas des richesses de 1 Orient; mais là un plus grand nombre de victimes instantanément frappées , devaient faire oublier celles qui gisaient à l’Arafat. A la fête de Mina, chaque Musulman aisé tue et dépèce un mouton. Trente mille de ces animaux furent é«mrges dansla journée. Le sang et les entrailles 'des victimes , que la chaleur et les insectes livraient à line prompt^ putréfaction , les exhalaisons des cadayiesdel Arafat, que Je vent brfilant du sud jetait sur Mina , tous ces nouveaux principes de corruption et de mort vinrent porter au dernier de-

cré cVlntcnslU- le fléau qui accablait ce malheu* rcux pays. De niinule en minute on voyait des morts tomber au pied des tentes, dans les rues ,

partout. L’homme sain cl robuste qui s entretenait avec vous, chancelait et était renverse et dans quelques instans privé de séntimenset glace. Lne épouvante universelle se manifesta; on se mi fL dans toules les directions toutes es syllabes plaintives des langues de 1 Afrique ‘ ^ 'e

kaient répétées par cent mille voix; mais bientôt le bruit s’apaisait , les bouches d’une grande paitie de ces pèlerins ne priaient plus , ne se plaignaient plu^s 1.... La mort les avait fermées pour

la Mecque , le mal augmenta encore apres

ces journées d^e désolation. Le «o“Y^feo^e -

mes croissait de moment en moment; le gouver neur de la ville , Abdin-Bey , ne voulant pas ma nZ à ses devoirs religieux dans la grande )onrnee drMina , s y était rendu dès la veille pour laire e

sacrmee recevoir 'h

rr-nVl . du choie, ■a.morbus,,e^ avant le

-Initié aurs^nglantés journées d’Austerlitz d’i'éna d Friedland ^’Eriing et de Wagrau. -, , a, vu fr moi t se ninltiplici- sur ces vastes chantris de hataiiie , et les ioncher do cor,>-„t.,« . ,u. ^

mais rien d aussi horrlDie ^

CcqnriiTcrc'adav'^s de -Nègres, de Mulâtres, de .“de lenr”!^^^^^^^ ulé fuyant,

d-n glaive inrisil.e ces

U sujeL dVpnuMnfrm«« , pour me servir de ex-

pression d’im tcaducleur do nos livres saints , m ont poursuivi justfu a Assouan , où j’ai enfin trouve quelque repos. »

Maintenant voici ce qu’on a vu en Égypte :

Relation adressée à]\I. Jomard, et communiquée par lui à C Académie de médecine.

Alexandrie, i8 novembre i83i.

« Le cholera-morbus s’était manifesté à la Mecque dans le courant du mois de mai, et y avait fuit de grands ravages. Nous espérions que cette mala-r ladie ne s’étendrait pas plus loin, parce qu’on se plaisait alors à l’attribuer à des causes atmosphériques et locales, et, dans le cas où elle sortirait des limites dans lesquelles d’abord elle semblait se renfermer, que les ordres qu’avait donnés le vice-roi de. prendre toutes les précautions connues, comme les quarantaines et les cordons, empêcheraient la propagation du mal.

« Lorsque la prescription de la quarantaine est arrivée dans ces deux communes, plusieurs confines de voyageurs s’étaient déjà introduits en Egypte. Il en est entré beaucoup au Caire , que plu.sieurs jours après on a fait rétrograder jusqu’à un petit lac qui porte leur nom ( Birket-el-Haggi ) , à une ou deux lieues de la ville; et déjà alors il en était venu plusieurs à Alexandrie , mais aucun symptôme de la contagion ne s’était manifesté dans ees deux villes. Son Altesse avait déclaré que, s’il arrivait un seul accident au Caire, des cordons sanitaires lui interdiraient toute communication avec Alexandrie.

« Cependant les portes de Suez et de Kosseïr avaient déjà souffert du- passage de ces dangereux pèlerins. Une maladie grave s’était manifestée à

Suez. La populalion de ce village esl de l\oo liabîtans ; en trois jours, les 5o et 5i juillet et le i** août, il en avait péri 125, y compris le gouverneur et les voyageurs de la Mecque. Un médecin que le gouvernement y avait envoyé élait revenu épouvanté, au Caire, sans avoir rien fait, et y était

rentré sans aucun obstacle.r

« Bientôt après , la caravane de laMecque s’était présentée pour se rendre au Caire par un autre chemin que celui qui était gardé ; le cordon trop faible ne pouvant d’ailleurs abandonner son poste, le fTouvernement envoya 200 bédouins pour escorter les pèlerins à Birket-el-Haggi.

«Tous ces soins, toutes ces précautions furent inutiles. La présence des pèlerins an Caire , quoique de courte durée, avait propagé le mal dans cette ville populeuse , l’invasion du cholera-morbus fut rapide et complète. Le 18 -nous savions déjà qu’il s’était développé sur plusieurs points de la ville en même temps. Le vice-roi recevait de son côté la nouvelle de la mort en quelques heures de temps, de son parent Hassan-pacha, dont la femme était revenue depuis quelques jours du pèlerinage de la Mecque. Divers accidens avaient eu lieu depuis dans le harem ; trois dans le quartier franc. C’était la journée du 17. Dans celle du 16, le nombre des morts avait été d’environ 1 40, et le lendemain 19, de iq5. Ibrahim-pacha et le ministre de la guerre s’étaient renfermes dans leurs palais le gouverneur et le grand-divan dans la citadelle. On espérait séparer entièrement de la population les troupes, en les cantonnant au bord du

« La terreur était dans le Caire. Toutes les fa milles fuyaient éperdues. Le INil était couvert ( C barques chargées de ces fugitifs, dont les uns se-

talent flattés , maïs en vain , de pénétrer dans Alexandrie, les autres se dirigeaient vers la Haute Égypte. Toutes les affaires étaient suspendues, et les chancelleries des vice-consulats et des agences fermées.

« A la réception de ces tristes rapports, le viceroi , justement effrayé , avait fait prier M. Mimant , consul-général de France, ainsi que le consul-général de Toscane et le gérant du consulat-général de Russie , de se charger d’organiser sur-le-champ unservive de quarantaine et un cordon, pour couper toute communication de personnes et de marchandises avec le Caire. S. A. promettait de faire exécuter avec la plus grande rigueur tout ce qu’ils ordonneraient pour le salut commun.

« M. Mimaut assembla ses collègues, leur fit connaître les intentions de S. A. , et leur proposa de nommer un comité de cinq personnes, chargé de faire le travail et de donner les ordres exigés par line circonstance si impérieuse, et auquel le corps consulaire, à l’instar de ce qu’avait déjà fait le vice-roi , donnerait de pleins pouvoirs.

« Le comité fut à l’instant môme composé de MM. les consuls-généraux de France, de Suède, d Angleterre , de Toscane et du gérant de Russie , et il se déclara en permanence.

« Un double cordon sanitaire et deux lazarets furent ordonnés, et le service, confié à des Européens exclusivement , établi et réglé. On se plai-

principe» du mal n’avait pas déjà ete apporte dans la ville ; on espérait qu’il ne pénétrerait plus dans Alexandrie. La Providence en avait autrement décidé !

« Des le 1 , des bruits sinistres avaient annoncé la présence de la contagion ; le 22 , nous sûmes qu une dixaine de personnes étaient mortes dans

la nuit avec tous les symptômes du cholera-morbus. Parmi les victimes de ce fléau , on comptait trois Européens des bàlimens qui se trouvaient dans le port. Les cordons sanitaires, gênant sans objet les relations entre la ville et le pays qui l alimentait, devinrent alors inutiles, et furent leves. On ne conserva plus que des lieux d’observation aux principaux points de communication et de passage.

« Beaucoup de familles françaises et européennes , et parmi elles un consul-général , se jetèrent sur desbâtimens qui devaient les porter à Chypre et à Rhodes. La plupart des autres Européens se renfermèrent avec les précautions d’usage contre la peste. La maison où se trouve le consulat-général de France fut soumise à une réclusion complète. Ses portes ne s’ouvraient plus que pour un médecin et un pharmacien français, et pour le consul-général M. Mimaut, qui nous déclara que , quoi qu’il arrivât, il resterait imperturbablement à son poste, et que sa persévérance , sa protection et ses soins pour ceux dont les intérêts lui sont conues, ne se démentiraient jamais.

« Toutes les affaires furent suspendues,!^ cliancelleries fermées, et les échéances des eilets de commerce prorogées par une ordonnance du corps

« Plusieurs navires français , qui n avaient plus

rien à faire, suivirent le conseil que leur donna

M Mimaut , d’aller^dans quelque port de la byrie,

à Chypre ou à Rhodes , et un signal fut convenu ,

quand ils reviendraient en vue , qui leur annonce^

raît si le danger des communications durait ou

avait entièrement cessé. Nous n’avons qu’à nous

' ’epart , le

bâtimens

applaudir de ce parti ; car, depuis leur depait , choiera se déclara sur presque tous les batimc

<lu port. Une grande partie de l’escadre du pacha restée en rade en fut infectée.

« A dater de cette époque, au Caire comme à Alexandrie, le fléau faisait de rapides progrès. Le deuil et le désespoir marchaient à sa suite; la prédestination seule, si chère aux Musulmans, rassurait les victimes. 11 frappait , et ses coups rapides inspiraient l’épouvante et l’horreur. Souvent , dans le court espace d’un moment, quelquefois dans une heure ou deux, un homme plein de vigueur et de vie, tombait tout-à-coup, se roulait sur la terre , se débattait avec lui-même , en proie a des crampes affreuses et à de cruels déchiremens, et expirait noyé dans ses vomissemens. Les noutellesdu Caire devenaient de plus en plus effrayantes. Les cadavres étaient restés abandonnés dans Jes maisons et dans les rues , ce qui faisait craindre une augmentation de miasmes et d’infection. On ne peut donner une idée du spectacle que celte ville a offert pendant plusieurs jours. On n’entendait que les chants de la mort. Près des mosquées on marchait sur des mourans, on ne voyait plus que des cadavres.

0 Ici le corps consulaire organisa une compagnie de fossoyeurs pour que les restes des malheureuses victimes qui ne mourraient point dans les hôpitaux ne fussent pas exposés à être dévorés par les chiens eri’ans, ce qui aurait eu lieu sans cette mesure , qui avait pour but en même temj)s d’empêcher uncj)lus grande propagation du mal.

« Malgré^Ies précautions qu’avait prises Ihralum-pacha en entourant son palais d’un triple cordon, le choiera était entré au harem , ou 4o personnes environ furent attaquées. Ce prince se jeta sm une barque, seul avec son médecin, pour se retirer dans la Haute Égypte.

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