MESURES SANITAIRES
Les premiers observateurs qui virent le choiera sortir à droite et à gauche de l’Inde, et s e^^^dre, malgré tous les obstacles, dans une grande etendue
de pays, prédirent qu’il atteindrait nos contrées.' Ces prédictions fâcheuses ont été accomplies ; le choiera est parvenu jusqu’au cœur de l’Allemagne. Il s agit maintenant d’énumérer les moyens qu’on a opposes a sa propagation , et de voir avec quel espoir de succès les pays qui n’ont pas encore été atteints, peuvent y avoir recours.
Ces mesures consistent en cordons généraux qui cernent tout un pays , lazarets et quarantaines qui durent plus ou moins de temps, désinfection des hommes, des choses et des lieux infectés, isolement des maisons dans les localités envahies , et tiansport des malades dans un hôpital uniquement destine aux cholériques.
Tous ces moyens supposent que le choiera est purement contagieux. Mais si l’on se rappelle que sa contagion, tres-limitee , est la moindre voie par laquelle il se propage , on concevra facilement à priori que toutes les précautions sanitaires ne s’opposeront pas à sa marche. A quoi sert de cerner un pays , si la maladie se propage beaucoup plus par la voie de l’air que par celle des
Jd maiaaie , on n a jamais s est répandue à son gré,
frappant ceiiaîns lieux, en épargnant cVautres, sans que les précautions sanitaires eussent aucune influence sur sa marche.
Dans l’Orient, ce n’est qu’à l’île Bourbon qu’on a eu recours aux précautions sanitaires. Des individus débarqués clandestinement avaient apporté le mal dans Saint-Denis; cette ville fut aussitôt cernée par un cordon de troupes. On y établit un lazaret et des hôpitaux ; les colons des lieux circonvoisins s’interdirent toute communication avec elle , et la maladie commença et finit dans son enceinte. Notons ce fait dont on retrouve une foule d’analogues dans le cours du choiera , soit qu’on ait, soit qu’on
n’ait pas fermé les lieux.
La maladie a erré pendant plusieurs années dans la Haute Asie , et Là on ne lui a pas opposé les moyens usités en Europe. Mais des qu elle atteignit la Russie, on cerna Astrakhan et Orenbouig. Le fléau n’en marcha pas moins jusqu’à Moscou; la ville fut cernée, mais la maladie se propagea dans l’empire. La guerre de Pologne la porta plus rapidement vers l’Allemagne. Enfin Saint-Petersbourg fut protégé pendant long-temps par un cordon ; mais quand le choiera se fut déclare dans
cette ville , le gouvernement, convaincu désormais
de l’inutilité de ses efforts, supprima tous les cordons dans l’intérieur de l’empire. ^
L’Autriche s’est vue bientôt menacee a son tour ; écoutons l’Observateur autrichien, qui nous rend compte des efforts de son gouvernement :
« L’opinion publique demandait protection contre le fléau. L’empereur a donc établi des cordons autour de ses états; mais tous les sacrifices et tous les efforts sont restés sans fruit : le choiera a pénétré en Gallicfe.
t Pour protéger les cercles occidentaux de cette
province encore épargnés, un cordon militaire a ete établi sur la Wisloka , et sur la Sola un autre poui mettre a 1 abri le reste des possessions autrichiennes , mais ces nouveaux clï'orts n*ont pas été moins inutiles. Le fléau franchit le cordon de la Wisloka , força de l’abandonner dans le moisde juillet, et éclata dans les lieux mêmes qui s’étaient fermés de leur propre mouvement. On chercha encore à protéger la Gallicie contre une nouvelle iiruplion du choiera venant de Russie et de Pologne, en établissant des cordons militaires. Mais bientôt il reparut derrière ces cordons. C’est dans 1 hôpital militaire de Niepolomice , chose remarquable, qu’on le reconnut d’abord.
« Le cordon établi sur la Sola faisait seul espérer encore qu’on pourrait contenir la maladie. Il avait ete établi avant le milieu de juin , dans un temps où le choiera était encore éloigné. Le mal s avança lentement à travers les cercles occidentaux, peut-être parce que ces régions montagneuses ralentissaient ses progrès. Mais, non-seulement 13armi les hommes du cordon , mais aussi derrière lui, il se manifestait des maladies suspectes, qui présentaient tous les symptômes du choiera. Ce cordon ne put donc pasnon plus arrêter le choiera «La Mongrie présente un spectacle tout semblable. Apres 1 irruption de la maladie à Lemberr. elle a ete separee de la Gallicie par un cordon établi
V ni à >5 juin, le choiera
Vint a Tissa ü)lak, dans le comitat d’Ugocs nar
poufaTt
e leTf deux comitals, le Be-
egh et le Marmarosch , avaient cUé sautés. Aussitôt on cerna les coniitats <le Marmarosch et d’il-
descendit la Thciss a lapidite de 1 éclair; ses progrès ultérieurs
lO
ne nurcnt être arrêtés par un troisième cordon , qui commençant à la frontière de Transylvanie s’étendait le long de la Beretyo , par le comitat de Saros, puisparWaiUen.Ie long du Gran. Le lO juillet, la maladie est à Pestll ; un ç(ualnenie cordon nui fut établi sur la rive droite du Danube, It le même sort. Le choiera franchit le Danube ; tous les efforts ont été inutiles pour 1 arrêter. La comme en Gallicie , plusieurs communes et villes ont aidé elles-mêmes aux mesures d isolement, presque tous lesconiitats, la plupart des villes, et Se plusieurs communes, se sont armes de la manière la plus sévère. Cependant il n a pas épargné ces lieux. Il y a pénétré , et nulle par le noin- ITeZs malades Va été en rapport avec I observation plus ou moins sévère des lois sanitaiies. 1 a tout^le fléau a choisi ses victimes sans en tenu
'“TLaBasse Autriche et la Moravie F*
protégées davantage par des cordons; la ville
•"^"on : IZZllZ-Zs Z. la ville ; mais les progrès du choiera n’en ont point été suspendus. Kheu de l’emploi sévèi. cle ces nombre des cholériques qm était de 5 lejo P^ tembre,estmone,e .4a4 ,
Ce jour-là , les
à 1 27 5 1® ^ 7 ^ ’ ipvês et le rapport des
cordons P^^els ’p'- favo^'able ; le
nouveaux accide .looi nfi • le 22, 6o.»
,9 1 ly raalade^sje “°ô|,e'se faisâk dans un pays
*La^ Prusse n’avait pas été plus épargnée que
voisin. La liuhsci n» Knnne heure la ma-
l’Autriche par le clm eia. Varsovie elle
ladie --^^<= ^‘^='^“‘"f;3Cdons avaient été avait marche su, vVarthe, puis
établis autour de Dantzio , p
sur roder. Voici le jugement qu’en porta l’admînislration prussienne, lorsque le mal fut à Berlin ;
Dans une proclamation , du 6 septembre , le roi de Prusse déclare que « Le choiera asiatique a pénétré dans ses Etats, malgré les mesures les plus rigoureuses, les précautions les plus actives et la vigilance la plus soutenue, qui n’ont pas réussi à l’étouffer, à en arrêter les progrès. » Puis il ajoute : « Comme, depuis que la maladie règne sur notre territoire, l’expérience a procuré de nouvelles lumières, et que les vues de l’administration ont été écla irées par la pratique, j’ai ordonné que les. règlemens antérieurs fussent soumis à une révision approfondie et à un examen consciencieux, relativement à toutes les circonstances dignes d’être prises en considération , afin que les mesures qui ont été arrêtées jusqu’à présent fussent modifiées, en partie d’après les résultats produits par un long traitement de la maladie, en partie d’après les besoins du moment et les exigeances de la nécessité. Les mesures rigoureuses d’isolement au moyen des cordons militaires établis sur les frontières et dansl intérieur du pays , ont déjà d’ une manière
défavorable sur les transactions industrielles des babitans , et menacent , si elles étaient prolongées, de détruire l’aisance de beaucoup de familles, et de devenir plus funeste au pays que la maladie ellemême. »
M. Hufeland, médecin célèbre d’Allemagne , n en a pas porté un autre jugement dans les obser\alions suivantes sur les cordons sanitaires et les ctabüssemens de quarantaine contre le choiera.
«Du moment que le choiera s’est approché des frontières de la Prusse, le gouvernement prussien a fait loyalement et en conscience tout ce qui était en son pouvoir pour mettre à l’abri de ce fléau
son propre pays, ainsi cpie l’Allemagne et l’Europe occidentale entière , dont la Prusse était le boulevard naturel du côté de l’Est. Maint sacrifice tant en argent qu’en hommes fut fait , maint avantage public et domestique fut compromis pour tirer des cordons sanitaires et fonder des établissemens de quarantaine sur une étendue de frontières de plus de deux cents milles.
«Cependant tous ces efforts, si chèrement achetés, manquèrent leur but ; on parvint, à la vérité, par-ci par-là , à retarder pour quelque temps la marche du terrible fléau, mais on n’empêcha pas sa propagation. La maladie franchit la frontière en plusieurs endroits, et se répandit peu à peu dans toutes les provinces orientales du royaume. On a la conviction maintenant , et je l’avais ouvertement
annoncé dès le commencement, que le choiera ne se gagne pas uniquement par la contagion et le contact, ainsi que la peste orientale , mais qu’il se propage d’une double façon, d’abord au moyen de la contagion , ensuite, et surtout à la suite d un miasme ou d’une corruption progressive et épidémique de l’atmosphere ; que , par conséquent , il ne saurait être retenu par des cordons sanitaires.
« Si cependant* l’expérience coûteuse que nous avons faite des cordons et des établissemens de quarantaine aux frontières, et plus tard dans 1 intérieur du pays , n’a pu garantir nos provinces du mal en question , il en pourra du moins résulter quelque avantage pour les pays non encore infectés, et c’est ce que nous voulons tacher d eclaircii .
'« 11 s’agit maintenant de savoir quel parti les gouvernemens des pays sains auront à prendre dorénavant par rapport aux cordons sanitaires , et si là où le mal parvient à gagner du terrain, ils devront persister dans le système d isoler les endtoit^
infectés , et de demander une quarantaine aux convalescens et à leurs entours.
«Pour ce quiestdescordonsauxfrontières,nous croyons avoir donné un exemple suffisant qu’ils ne garan tissent pas du mal ; ce serait par (Conséquent pour tout gouvernement une peine aussi coûteuse qu’inutile, que de vouloir encore en établir. Aussi la Prusse et l’Autriche y ont entièrement renoncé.
« Quant au système qui consiste à isoler les endroits atteints du mal, et a ordonner des quarantaines locales, l’expérience, ainsi que la connaissance qu’on a acquise des qualités de la matière contagieuse, ont donne les résultats suivans :
^ « Quoique sel(Dn toute apparence la contagion n ait lieu que très-rarement et à des conditions tout-à-fait particulières, néanmoins elle est possible. Par conséquent l’autorité est tenue de restreindre môme cette possibilité, en tant que cela peut se faire sans créer des inconvéniens plus «^raves encore que le mal même. Tout le monde^'approuvera donc que, pendant la maladie, qui par bonheur n est ordinairement que de courte durée J on ne fasse approcher de l’individu qui en est attaque, que ses parens et les personnes destinées à Je soigner; qu en un mot on isole le malade autant que possible?. Mais dès qu’<à la suite d’un rétablissement ou d un décès le mal a disparu, les mômes piccautionsne sont plus nécessaires, et l’isolement d un convalescent, de ses entours et du local qu’ils
même”. quaranlaine est
éme picqudiciable sous plus d’un rapport, lorsqu on considéré la gêne qu’elle impose^ en sépalant poui un temps plus ou moins lon^- des per-
rssrou:^'7'^'‘1> la
c asse ouv, ere dose I.v.er à ses I, 'avaux fournaliers ,
coiupler que, 1 encombrement de plusieurs
individus dans un petit local peut-être rempli encore d’un air insalubre, ajouté aux tristes émotions de l’âme , au lieu d’ctoulTer le mal, peut môme contribuer à le perpétuer. Au surplus, un tel isolement ne peut jamais se faire qu’incomplètement , ne fùt-ce que par rapport aux médecins , auxquels on ne saurait interdire l’accès auprès des personnes mises en quarantaine. Pour se convaincre au reste qu’une telle mesure n’empêcbe pas la propagation du choiera, l’on n’a qu’à jeter les yeux sur Vienne et Pétersbourg. A Vienne, par exemple , où les convalescens et leurs entours n’ont jamais été assujettis à une quarantaine , le nombre des malades, en proportion de la population , n’a pourtant pas été plus grand qu à Berlin, où la quarantaine était prescrite; et à Saint-Petersbourg beaucoup de personnes ont ete attaquées du choiera dans les instituts publics , quoique toute communication avec ceux-ci eût ete rigoureusement coupée.
« Après le rétablissement ou le décès d’un malade, l’on n’a qu’à suivre l’exemple de ce qui se fait dans toutes les maladies contagieuses , c’est-à-dire, à ordonner la purification des individus, de leurs effets et du local qu’ils habitent^ moyennant le lavage ,1e frottage , la ventilation et la fumigation; mais ce procédé Uni , toute surveillance ulleiieme de la police doit cesser.
« La raison en est toute simple. Pourquoi veuton encore une quarantaine ? Pour éviter que des personnes peut-être déjà infectées ne donnent le mal à d’autres qui sont encore bien portantes. Mais alors je demanderai ce qu’on entend par personnes infectées ? Il est nécessaire de faire ici une distinction entre les individus qui portentle miasme sur eux, et ceux qui le portent en eux, c eat-a-
dire , entre les personnes auxquelles la matière contagieuse ne tient qu’extérieurenient, à leur peau ou à leurs habits, et celles qui l’ont déjà reçue intérieurement et avec lesquelles le mal s’est pour ainsi dire identifié. Pour ce qui est des premières, tout isolement est superflu ; pour les rendre complèlement innocentes, il suffît de leur faire prendre un bain , de les changer d’habits, et de bien parfumer tous leurs eflets, ce qui peut se faire en 24 heures. Quant aux individus qui portent déjà le mal intérieurement, le miasme en eux n’a pas encore de vertu contagieuse, car il n’y a nul doute , et l’expérience le prouve, queperidant tout le période de l’infection , le miasme dans le corps de 1 homme est comme un germe mort , qui ne gagne une force reproductive que lorsqu’il éprouve la réaction de l’organisme , et est en luimême vivifié, cest-à-dire, lorsque les premiers S3mip tomes de la maladie se montrent. La petitevérole lait loi de la justesse de cette assertion La période de l’infection depuis l’inoculation jusqu’au commencement de la fièvre, dure dans cette mala- «hesept jours, pendant lesquels les individus inocules se portent bien et ne sont dangereux pour
personne. L’hydrophobie nous fournit des périodes
plus longues encore.
« Ainsi la quarantaine paraît superflue aussi pour les personnes déjà infectées intérieurement Car sans compter que, vu la rareté de l’infection en e e-meme , parmi 100 individus on en enfermerait 99 certainement bien portans, il suffit d’atendrequelessymptomes de la contagion se montient pour prendre les précautions nécessaires.
« Les memes raisons me portent à croire que les enc loits encore non saisis du choiera, ne doivent pas s isoler pour se préserver du mal, attendu
fju’iin tel isolement présente des inconvéniens graves pour le commerce et l’industrie , et cju’en tout cas il est toujours temps encore, à l’apparition des premiers symptômes de la maladie, de resserrer l’individu qui en est attaqué.
« Puissent les gouveruemens qui s’obstinent encore h établir des cordons sanitaires, et à exiger des quarantaines souvent de 3o à t\o jours , prendre à cœur les observations puisées dans l’expérience, que dansbet article je soumets aux méditations du public éclairé ! »
Le Hanovre n’a pas été plus beureux dans les efforts qu’il a faits pour empêcher la maladie de pénétrer dans son sein. Le cordon a été franchi , et le choiera y est arrivé; mais il est survenu un phénomène singulier : la maladie, après avoir atteint un très-pedt nombre d’individus, s’est éteinte sans se répandre dans le reste du royaume. On avait déjà remarqué un événement semblable à Astrakhan en 1822; le choiera s’y était arrêté sans se répandre , et ce n’est que sept ans plus tard qu’il y est revenu pour ne plus s’y arrêter.
Ainsi, en résumant tout ce qui a ete fait pour empêcher la progression du choiera , on voit que tous les efforts ont été impuissans, qu’il a franchi toutes les barrières, et qu’une pareille experience ne laisse guère d’espoir pour un meilleur succès sur d’autres points. A peine même si les pays qui ont établi des cordons ont gagné le faible avantage de voir la maladie se répandre plus lentement sur leur superficie. Ainsi, la maladie a mis plus de temps pour aller de Varsovie à la frontière, espace qui n’était coupé par aucune ligne, que de 1 osen à Berlin , où le terrain a été détendu pied a pied.
A ce système se rattache celui qui consiste à cerner , dans un pays déjà entamé , les villes , les
eiun, Vienne, Dantzig, n’en ont retiré aucun avanlage. Jla.s dans les villages, où les habilaos sont moins presses et moins nombreux, il est aime assez souvent qn’eii cernant une maison in-' lectee on a coupe court à la maladie, soit qu’U
^ on^-raor ;4:.ir:r:t“r;:;^3ution
bonne a jirendre . dans les villages danries K I talions isolées, de cerner les lie”ux ’infemé' car û'
ces mesures ne sont pa's ^a i^ab
quiert promptement une trop grande i„teSn“'
traire , qui ne m-cn-ifp. t ^ ^ ques autres , au conété épargnés tandis * .'"'‘'“"C Pcécaution , ont
ftapp'; nfais cette luimuniL"'""’
Ainsi l’on a vu ïlion. I " pas toujours duré.
llioui long-temps exempt du dm-
leni, qui .léjà .l.-passé de fort loin, envaln
It ^nn loin’ par maladie.
I,c système qui faisait voir dans le cliolera une maladie (rarement contagieuse , outre les cordons généraux et (tartiels, avait conduit aussi a se sa s des malades (tour les isoler, et les placer dans d hôpitaux spéciaux. C’était là sans contredit le plus funeste des résultats du système. Les cordons gent . aux .Lavaient que l’inconvénient de ralentir e de
diminuer les transactions commerciales; les COI do
trt "is surtout dans les villes , ava.entle meme in- ^onvéni’ent , à un plus haut degré encore ; mais le transport obligé des malades dans des hôpitaux spe
;Te aux mandes , en faisant perdis du temps dans „np maladie où le temps est si précieux; il les expo sait au froid, quand tout refi oidissementest sidange- .êux il les IVaitpalt d’inquiétude, de terreur en t ai’rachant aux soins de personnes cheres , pour ^meî^:^" dans un Hôpital à des --- -“r
nues; il un membre
du choleia , CxTiu i'nnpsle à voir, funeste
ohictde péril imminent, lunc.stc ..
à toucher. ..msiii-es n’ont-elles pas été
l“"=-‘“rl4'\‘nies et des campagnes s’est soulevé lepcupU de Saint-Pétersbourg, dans
-rurt wiiei »;:^raùt.t;
ü.'rt'des 'poptdations grossières s’est ,
:;ot'é\t,:éH::^ aux rUonnemens des adminis-
tralions. Mais à cette haine contre les cordons partiels, qui faisaient mourir de faim les basses classes, contre ces transports de malades qui leur arrachaient leurs païens, il s était joint une singulière idée : elles étaient persuadées que les médecins empoisonnaient les malades à la sollicitation de la noblesse. Ce qui avait inspiré celle idée, surtout en Hongrie, c'est que le peuple se voyait frappé de préférence, tandis que la noblesse, qui habitait des châteaux commodes, et qui se nourrissait de bons alimens, n’éprouvait presque aucune perte pari action du choiera. Dans le moyen âge , où les maladies épidémiques et contao^ieuses étaient si fréquentes , on accusait les juifs'^d’empoisonner les fontaines; de notre temps, ce sont les populations ignorantes de la Russie et de la Hongrie qui se sont livrées à des préventions analogues. Plus d’un médecin a été la victime de ces fureurs; en Hongrie une jacquerie avait commencé contre la noblesse, et il n’a fallu rien moins que la présence de régimens pour réprimer les émeutes occasionées par le choiera.
De tout ce que nous avons vu il résulte :
1° En théorie, que les cordons et les quarantaines sont des barrières impuissantes contre le choiera ;
2“ En fait, que les cordons que divers gouvernemens ont établis, ont été complètement inuti^
les, et n’ont pu préserver les pays de l’invasion du choiera;
0“ Que les cordons partiels et les îsolemcns de maisons sont lout-a-fait impraticables dans les grandes villes, mutiles contre la propagation de a maladie, nuisibles, à cause de la terreur qu’ils repan ent , et par la géne qu’ils accroissent dans les classes laborieuses;
/|*Que les cordons partiels se sont montrés quelquefois utiles dans les habitations isolées et dans le» lieux où il n y a qu’une faible population ; que, dans tous les cas, leur efficacité est très-incertaine;
5“ Que le transport des malades hors de leur domicile est une mesure désastreuse.