‹ Traité du choléra orientalChapitre 24 sur 27 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

«ïn

Au-dessous de 5 ans

De 6 à 10 ans

De II à i5

od

De i6 à 20

le

De 21 à 25

De 26 à 3o

De 3i à 35

ùô

De 56 à 4o

De t\.i 5 45

De 46 à 5o ,

De 5i à 55

De 56 à 60

•jO

De 61 à 65

De 66 à 70

De 71 à 75

De 76 à 80

De 8i à 85

JO

De 86 à 00

Age inconnu

1 OüO

(') 71 sont encore en traitement.

Ces résultats peuvent être présentés d’une ma^ nière plus commode :

Malades. Gnérisi Sut loo. Morlti Sur loo.

Enfans, jusqu’à i5 ans.. . • 175 — 55 — 3o io3 60

Jeunes gens de i5 à 3o ans. i44 — ^7 —

Age mûr, jusqu'à 5o ans. . 335 — 87 — 26 226 67

Age avancé , jusqu’à 70 ans.- 189 — l^i 22 i35 71

Vieillesse, jusqu’à 90 ans . . 38 — 8 — 21 3o 79

La proposition, qui s’était répandue, on ne sait comment, que les enfans ne sont pas attaques par le choiera , ne s’est nullement vérifiée. On a vu des enfans de cinq semaines avoir la maladie et en guérir. On voit même par le tableau ci-dessus» que, sur les 881 malades dont l’âge est connu, le cinquième est composé d’enfans. Les jeunes gens de quinze à trente , si l’on considéré le rapport dans lequel cet âge est avec le reste de la population , ont souffert îe moins du choiera; ceux qui en ont souffert le plus , sont les personnes de trente à cinquante ans^ Si l’on examine les rapports des guérisons et des morts dans les différens âges , on reconnaît que les

vieillards meurent proportionnellement le plus; et

un âge avancé , d’après celte expérience , est en soi seul d’un pronostic défavorable pour l’issue de la maladie. La liste précédente fait voir que de cinquante à soixante-dix ans, 71 malades sont morts sur 100, et 79 sur loo parmi ceux de soi-

xante-dixàquatre-vingt-dix.Chez des hommes qui

sont si près du terme naturel de la vie, une talité si considérable se conçoit facilement , quand ils sont attaqués par le choiera. L’âge qui donne les meilleures espérances de guérison , c est cehii de quinze à trente ans, où il n’est mort que bb malades sur loo. Il est mort plus d’enfans, 60 sur 100 ; et ces résultats prouvent que le choiera, dams ses effets meurtriers , suit les lois générales de U mortalité.

( iiO

A Posen, sur 54> morts il y a eu 5o5 hommes «t 238 femmes. Les voici rangés suivant leur âge

Report, . .

Au-dessous d’un an.

De 29 h [{1 ans

De 1 à 7 ans ....

De 43 à 56

De 8 à 14

De 5y a 70

De i5 à a8

De 71 ans et au-dessus.

On a comparé sur plusieurs points la mortalité de différons mois de i85o correspondans à ceux de i83i où le choiera a régné, et l’on a trouvé que, sans compter même le choiera, la mortalité a été beaucoup plus considérable qu’en i83o. Ainsi, à Posen ,

Bu i4 au 5i En Bu au >4 juillet. août. septembre.

Personnes mortes en iS3o, 4» — 9^i — 8a — Personnes mortes en i83i ,

de maladies ordinaires. . 49 — ^49 — 98 —

Du choiera 88 — 35a — 78 —

Tout.

La même remarque a été faite à Berlin. Dans la semaine du i6 au 25 septembre i85o, il y est mort i38 personnes. Dans la semaine de cette année , Berlin en a perdu 1 84 , sans compter le choiera. Ainsi J i85i a coûté 4^ habitans de plus; dans la même semaine l’épidémie a emporté i54 individus ; de sorte qu’il est mort àBerlin i8o personnes de plus que dans les mêmes huit jours de 1 83o.

11 meurt journellement à Berlin i g personnes ( année commune ). Dans les mois où a régné le choiera il est mort, sans le compter, 22 personnes.

C est une chose frappante que le retour du choiera dans les mêmes maisons.

A Rœnigsberg , depuis le 21 juillet jirsqu’au 21-

septembre, intervalle dans lequel il y a eu i,45i malades ,

MaUdi».

1 seule maison 21

a maisons , dans cliaque , 10

a kl. dans chaque , 9

q id. dans chaque, 8

1 id. 7

a maisons, dans chaque , 3 id. dans chaque,

10 id. dans chaque ,

i4 id. dans chaque ,

9 id. dans chaque ,

Maladti,

Dans la plupart des cas , ces malades appartiennent à plusieurs familles qui habitent dans la même maison.

Yoici l’Intervalle de temps qui s’est écoulé entre deux attaques dans la même maison :

Jours d’iuiervalles.

Jours d^iiitervalles.

En

En

En 27 cas

En

2 cas

En

En

En

5 cas. ...

En

En 3 cas

En

En 2 cas

En 6 cas

En

En 4 cas

Il résulte de ce tableau, que les retours de la maladie se font presque tous avant le cinquième

Yoici un tableau pareil pour Berlin , du 01 août au 2^ septembre:

Jours d'iuteiTalUs.

En 65 cas 1

En 34 cas 2

En 23 cas S

En 16 cas 4

En 11 cas 5

En cas 6

En

7 cas.

3 cas .

En

En

En

En

En

En

En

Jours d’iDler»sll«i.

2 cas

6 cas

2 cas

5 cas

2 cas

3 cas

i cas

A partir du neuvième jour, les retours de la maladie dans les mêmes maisons deviennent très-in-

certains, et on peut admettre plutôt une nourelle maladie qu’une liaison avec l’ancienne.

De pareils nombres sont encore trop petits pour qu’on puisse en tirerdes conclusions scientifiques. Cependant on peut déjà remarquer l’influence du quatrième. C’est à ce jour que le plus grand nombre de retours se fait remarquer. On doit se rappeler que le mercredi a été signalé comme un jour mauvais, c est aussi le quatrième après le dimanche.

^ On a dit que le choiera perdait sa gravité en s avançant vers nos climats. 11 faut s’entendre sur ce lait, bans doute , à mesure que le choiera pénètre dans les pays où les aisances de la vie sont plus répandues , ou la misère générale est moins grande, ou les lois de 1 hygiène publique sont mieux observees ou les habitansse nourrissent, se logent et s habillent mieux, sans doute il n’exerce plus ces ravages effrayans que nous ne connaîtrons jamais que par des ouï-dires. Mais si l’on eptend pac cette diminution du choiera, que, sur un nombre donne de malades, il en tue aujourd’hui moins qu auparavant on commet une grande erreur. La mortalité au choiera n a rien perdu sous ce rapport ; dans quelque point qu’on l’examine , Russie Pologne, Hongrie, Prusse ou Autriche ,’ on vô1[ toujours qu il emporte un très-grand nombre des

„ / . , , — - rt ueine sur centétair

^auve ; SI, dans les épidciinies de fièvres jaunes en

LôrnsI’^F ' cinquièmes des ImTs’, a"

uoinsdesEuropeens. nérisspni . .

nnmcArs T7 ^ -‘“ciuicujes aes malades, au

n Turone leci.oleraa montré

^“‘■ope comme en Asie une redoutable puis-

smcp ■ Üepuls son apparition à Berlin jusqu au C senlcmbre , sur C4 malades un seul avait écliappe; cl pisqu’au 20, sur 612 il n'y avait que 49 gueriso4, i peine 1 sur 10. Mais celte funeste proportion ne dure pas pendant tout le temps de I épidémie.' Toutes les maladies épidciniquesattaquen d'abord les individus qui y ont le plus de prédispositions ; et si elles sont d'une ’

!a mortalité .sera dans un rapport inverse de la du- ' rée de l'épidémie. Aussi , au commencement estelle partout plus considérable qu a la Un.

C'Lt un fait qui s'e.st vé'rifié sur tous les points.

A Danlzi" , depuis le début de la maladie jusqu au S août 1 202 personnes étaient tombées malades, ^ries! Du 18 du même mois au 7 septein- 1 hT malades 55 m.iéris; de sorte que si , dans lrp;emieTin.er;;Ue,'’sur lo malades 2 seulement étamnt sauvés, dans le second il en échappa

A Posen de l’irruption du mal ]usqu au o août 268 malades dont 5g seulement guérissent.

detenigsberg. Du début <bi choie- jusqi. au ^21

août, un '“I sur 802 289 guérissent,

“jolc un''iîsultat d'une espérience cons-J lanle. Ta morlalité décroît 1

l“rérn^ntt“U";po--tpeucon^^^^ ii est difficile de trouver 1 explication 1 petites dill'érences. Ainsi, ou voit à Bcrli ,

(ii5]

bien bâtie, dont les habitans jouissent d'une cerlaine aisance, où les médecins sont nombreux et instruits, la mortalité dépasser la moitié des malades; il en est de même à Dantzig. A Vienne elle n’est que de la moitié ; à Saint-Pétersbourg plus de moitié ; en Gallicie, au contraire, et en Hongrie, elle est notablement moindre que la moitié.

Des cbiffres et des observations que nous venons de présenter, il résulte :

1° Que le choiera attaque bien moins d’individus sur une population donnée en Europe qu’eu Orient;

2° Qu’il en attaque moins parmi les populations allemandes que parmi les- populations slaves, où la misère est plus grande;

ù° Que les classes aisées sont par rapport aux classes inférieures ce que l’Europe est à l’Orient , c est-à-dire que , proportionnellement , elles en souffrent infiniment moins ;

4“ Que tous les âges sont également sujets au choiera ;

5“ Que le choiera suit dans sa mortalité les lois de la mortalité générale ;

6 Que la mortalité est toujours à peu près la moitié des malades, et qu’elle se tient partout dans des limites rapprochées de ce terme ;

7, Qu6^1gs militaires , dans leurs garnisons, ont été jusqu a présent peu atteints par le mal ;

8 Que 1 on manque de renseignemens pour établir s il est plus funeste dans les villes q.ue dans les campagnes, ou vice-versa ^

9 Qu il n est pas non plus possible d’établir pai des chiiïres la method*e de traitement qui compte le plus de succès.

LE CHOLERA DE L’IÎVDB EST-IL LE MÊME QCE CELIT DE NOS CLIMATS, AVANT 1817?

Celte question n’est pas dénuée d’intérêt. Pour la décider, niellons sous les yeux de nos lecteurs quelques-unes des descriptions de choiera publiées par les médecins qui nous ont précédés.

La plus ancienne mention du choiera que nous ayons, est dans la Bible. Ce mot s’y trouve dans deux endroits de l’Ecclésiaste , cap. xxxvii, 02-33 , et cap. XXXI , 22-23 , et les deux fois avec des exhortations à la tempérance?

Noli avidus esse in onvni epulatio7ie , et non te effundas super omnem escam; in multis enim escis erit infirmitas , et aviditas approximabit usque ad cholcram. Propler crapulem multi obierunt; qui autejn abstinens est ^ adjiciet viiain.

Qaam sufjiciens est liomini erudito vinum exiguuni, et in dormiendo laborabis ab itlo^ et non senties dolore^n. Vigilia, choiera et tortura viro in~

frunito. . , . ,,tt-

Dans le cinquième livre des épidémies d Hippocrate , on lit ce qui suit :

Un habitant d’Athènes fut pris du choiera, et allait par bas avec douleur; rien ne pouvait arrêter ses évacuations; la voix lui manquait ; il ne pouvait se lever de son lit ; ses yeux étaient ternes et caves; le ventre et les intestins agites de convulsions; il y avait du hoquet. Les déjections étaient plus abondantes que le vomissement. Le malade prit de l’ellébore dans une décoction*de lentilles; puis il but de cette décoction autant qu’il put, et ensuite il la vomit. Enfin , les déjections et les vomissemens s’arrêtèrent. Il eut froid, et prit un demi-bain jusqu’à ce qu’il fût réchauffé entière-

tntfWf.Le lendemain 11 était bien, et prit une légère bouillie (paragraphes).

Entichydes, par suite d’affections cholériques, éprouva des crampes dans les jambes et des vomissemens. Pendant trois jours et trois nuits il rendit beaucoup de bile très-colorée , rougeâtre. Tombé dans un état de faiblesse et d anxiété, il ne pouvait retenir ni boissons ni aliinens. L’urine était rare et sortait difficilement; il vomit et rendit par Je bas une sorte de lie.

Vomissemens et déjections, faiblesse extrême, froid, alteration de la voix, crampes, diminution de la Sécrétion urinaire , tout ce qu’on observe d essentiel dans le choiera asiatique, se retrouve dans ces deux observations , quelque brèves qu’elles soient. Il n’y manque que cette matière blanchâtre qu’on a remarquée dans le choiera de ITnde ; encore parle-t-il d’une espèce de lie rejetée par Je haut et le bas.

Celse , Jib. iv, chap. xi. In choiera simul et dejectio et vomitus est, prœter que hœc infatio est, intesiina torquentur, bilis supra infraque erumpit, primum aquæ similis , deinde ut in eâ recens caro Iota esse videatur , inlerdum alba, non nunquam nigra vel varia. Prœter ea vero quœ supra comprehensa sunt , sœpe etiam crura manusque contra- Jiuntur, urget sitis, anima déficit.

Le cholerg, dit Arétée de Cappadoce , maladie tres-aiguë, consiste dans un mouvement ré trof^rade de matières qui affluent de tout le corps dans* l’œsophage , 1 estomac et les intestins. Celles qui s’étaient accumulées à l’orifice de l’estomac et dans œsop lage, sont lejetees par Je vomissement ; celles qui flottaient dans l’estomac et les intestins , sont rejetees par le bas. Les premières, que les vonnssemens portent au dehors, sont semblables à

l'caii; celles qnî couU»nt par le bas sont stercoraies liquides et d’une odeur lelide. Si Ion provoque leur évacuation par des lavemens , elles sont (Vabord muqueuses , puis bilieuses. Au comniencement , la maladie est légère et sans douleui , puis il survient des tiraillemens douloureux au Lrdia, lelong de l’oesophage, le ventre. Si le mal s’aggrave et s’accroissent, le malade semble en défaillance les muscles sont sans force, les ahipens répuî^nance invincible , le sujet s alan ^ état Si le mal arrive au plus haut deg^’^ » ^ sueur tonde le corpe , uae bil« nou-e s'échappe par haut et par bas ; la vessie en proie au spasme retient l urine r» d’uHleurs ne peut être abondante de f ajjlux des liquides vers les s éteint-, le pouls devient petit et '«

malade fait de perpétuçls et vaiqs eÜorts pour vo, mlÎtlli^LntL'veséprem^^^

alvines • la mort arrive enfin au milieu ^ douleurs, de convuUi01^^ d,e sentiment e suffoc

respiration est courte et Irequente ,- les - ^ j j.

Jrés à des -«‘-‘“«VrfrTan e se fait sentir de 1 epigastre a la ‘ j

de la poitrine et vers les legiona ili.itiuqs.

maigril ; les yeux sont rouges, le lioquet survient. Les anciens assurent que celle maiadie ne va jamais jusqu au deuxième jour. Les accès de vomissement et de déjections avec contraclion des membres , sont séparés par des intervalles de calme , ou, du moins , de diminution dans les accidsns.

Tous ces traits divers, empruntés à des médecins de ranticjuilé, concordent avec la description du choiera asiatique.

Parmi les médecins modernes qui ont parlé du cholera-niorbus , nous en citerons aussi quelquesuns.

Gorrœus définit le choiera : est perturbalio ventris immodica, bilan per vomitus et dejectiones excernenlis a cunlinuâ ciborum cruditate. Morhiis est peraentus ut qui quarto ad summum die finiatur. Sunt autem ejus .symptornata , præ ter vomitus et dejectiones bilis frequentissimas, defectus animi , sudores exigui, sitis, pulsus vermiculantes, Tuusenlorumqne , manuum ac pedum , maxime verô crurum contractio et lensio.

Sydenham a observé des épidémies de choiera. Cette maladie, dit-il, fut plus répandue en 1669 que je ne me souviens de l’avoir vue dans aucune autre année. Elle arrive presque aussi constamment sur la fin de 1 ete et aux approches de l’aulon-.ne, que les hirondelles au commencement du printemps et le coucou vers le milieu de l’été. Ce mal se connaît aisément par des vomissemens énormes et par une déjection d" humeurs corrompues qui

b^^ucoup de peine et de difficulté. Il est accompagné de violentes douleurs d entrailles, d’un gonflement et d’une tension de ventre, de cardialgie, de soif, d’un pouls fréquent avec chaleur et anxiété , et assez souvent d’un pouls peut Cl inégal, de cruelles nausées, et quelquefois

( mo )

de meurs colliquatives, de contractions dans les bras et dans les Jambes , de défaillances ^ de froideur des extrémités, et d’autres semblables symptômes qui épouvantent extrêmement les assistons, et tuent souvent le malade en vingt-quatre heures.

Dès la lin de l’été 1676, ajoute-t-il ailleurs, le cliolera-morbus était épidémique; et comme la chaleur extraordinaire de la saison augmentait sa , Tiolence , il se trouvait accompagné de convulsions si terribles, et qui duraient si long-temps, que Je nen avais Jamais vues auparavant de semblables. Elles n attaquaient pas seulement le ventre, comme il est ordinaire dans cette maladie, mais encore tous les muscles du corps, et principalement ceux des bras et des Jambes; en sorte que le malade, pour s en garantir, se jetait quelquefois hors du lit, et faisait tous les efforts imaginables.

llivière rapporte que le cholera-morbus a régne épidémiquement à INîmes en î564»

Sauvages rapporte que tous les ans à 1 automne le choiera régnait à Montpellier , et, parmi les signes qu’il énumère, on trouve notées les crampes dans les jambes.

Ces faits prouvent deux points ; ^ que le choiera d’Europe est le même que celui de l’Inde, à une seule exception près, la nature des matières évacuées , pour lesquelles cependant certains observateurs se servent d’expressions qui rapprochent beaucoup ces évacuations de celles qu on remarque aujourd’hui ; et cette différence n’est

pas de nature à faire, à elle seule, deux choieras; 2' que le choiera a régné épidémiquement à diverses époques en Europe.

Si nous passons à l’Inde, avant 1817, nous y trouverons un état de choses tout-à-fait analogue, c’est-à-dire , un choiera en tout semblable à celui

dont nous venons de rapporter quelques traits et à celui qui y règne aujourd’hui , et des épidémies inlercurrenlesde cette maladie.

Bontius, qui parcourait J’Jnde dans Je dix-septièrne siècle , en parle en ces termes. ^

Choiera hic i^m'ûhnter œgros infestât ; fa choiera cummateria bilwsa ac prœtorrida , ventriciilum ac mtesUrw. infestai, per gulara sim.il ac per am,m çonlmuo ferme ac curn magnà copia reiicitur. Morbus est acutissmuis, ideoque præsenti eeel remedto. Çuta cmn tantâ quantilatc simul ejfunduntur sptrnus vitales ac naturales, debilitato quoque per fœdos Itahtus corde, cabris omnis et vita fonte «i plurimùm moriuntur ægri, idque celerrimè at pote qui intra riginti quatuor boras vel eliam pàuciores expirent , ut aceidit, inter plurimos, Corneho van Royen, œgrorum in nosocomio œconomo qm, horâ sextâ vespertinâ adlwc vttlens , subito cholerà correptm , et ante duodecimam noctis horam ornent O simul ac per alviim dejiciendo , cmn duris erijctatibus ac convulsionibus , miserrimè expiravit Puls.is bicadmodum debilisest , respiraliomolesia membraexternèfrigent; calor veliemens e d w in terne urgent , adsunt perpetuœ. .Tactalio

corporis inqumtissima , quam si conii.etur frTgiZ

sllumtl P'-on-tuv esse certC

Au reste, le choiera était connu de toute anti qtiite dans l’Inde ; il est décrit dans °ë 1“ " '

Zn n caractérisent e?

français en ont obse'rvrd“7 é,ddémies' '''*

iG

tendu que la peste noire et le choiera sont deux maladies identiques. Elles n’ont cependant de commun que leur origine, qui est dans l’Orient. Vers le milieu du quatorzième siècle, se montra en Europe la peste noire. Elle éclata , en 1347 dans les îles de la Méditerranée, où des bdtimens l’avaient portée, et elle y exerça de grands ravages; des équipages entiers moururent dans leurs traversées, et 1 on vit souvent des vaisseaux errer sur les mers abandonnés cà eux-mèmes. En i348, la maladie gagna l’Italie, l’Espagne et la France i nulle condition, nul âgenefurentépargnéspar elle,

et elle tuait si rapidement, que, comme Bocace le raconte, plusieurs qui, le matin, avaient dîné avec leurs parens. Je soir avaient rejoint leurs aïeux. La mortalité fut effrayante. On estime que, dans les pays infectés , les deux tiers de la population périrent. A Florence, comme à Paris, on ne put songer aux inhumations ordinaires; on creusa de grandes fosses où l’on entassa les cadavres. En 1359, maladie gagna l’Allemagne; Vienne et Lubeck en souffrirent cruellement^ Elle n’épargna pas les pays septentrionaux, s’avança, en Angleterre, en Danemark, en Suède, en Norwège, en Pologne, en Russie, et traversa ainsi 1 toute l’Europe dans un espace de trois ou quatre* ans. Le peuple attribuait alor§ la maladie à un em-poisonnement des fontaines par les juifs. Un courtt exposé des symptômes de cette peste noire montrera qu’elle ne ressemblait en rien au choiera.. Dès le commencement de la maladie il se manifestait une forte fièvre; du sangs’écoulait en grande* quantité par les narines et les poumons. Les mala— 1 des ne pouvaient se remuer; ils étaient tourmentés par la céphalalgie, le délire, une grande anxiété précordiale et la soif la plus vive, et, avec J’ap-

parîtlon des pétéchies, la mort arrivait vers le troisième jour. Si la maladie se prolongeait, il survenait des engorgemens glandulaires de mauvaise nature, aux aînés, au cou , aux aisselles; ces tumeurs suppuraient, et la mort n’en était qu’un peu retardée. Dans les pays froids, la forme gangréneuse se montra davantage , et c’est sans doute aux taches foncées qui apparaissaient sur la peau, que la maladie doit son nom de peste noire. On voit par là que cette maladie n’a aucun des traits caractéristiques du choiera, et qu’on ne peut, en aucune façon , les assimiler l’une à l’autre.

Enfin, il résulte de ces explications :

J° Que le choiera a régné en Europe sporadiquement et épidémiqueinent ;

2° Qu avant le choiera se montrait dans

1 Inde tres-frequemmentsousla formeépidémiquej

ù Qu il n y avait aucune diflérence entre ces deux especes de choieras , celui d’Europe et celui de l’Inde ^

4° Que, depuis i8iy, il s’est manifesté un choiera communicateur, dont tous les symptômes principaux coïncident avec l’ancien choiera de 1 Inde et de l’Europe ;

^ 5 Que 1 histoire ne nous offre aucun exemple où le choiera ^épidémique soit devenu voyayeur , et quil ait quitté, soit l’Inde , soit un pays européen, pour se porter ailleurs.

Page 1