‹ Traité du choléra orientalChapitre 8 sur 27 · APPAREIL NERVEUX · texte numérisé non relu

APPAREIL NERVEUX

Chez les 22 sujets mentionnés par lachnichen et Markus, les sinus de la dure-mère étaient tous gorgés d’un sang noir et liquide , que la mort fût arrivée cinq heures après la première attaque ou qu’elle eût eu lieu plusieurs jours après. La même congestion a été également notée par tous les auteurs.

Varacfmoïde cérébrale s’est montrée opaque en plusieurs points , surtout sur le trajet des vaisseaux. Frantz a également signalé à plusieurs reprises le défaut de transparence dans l’arachnoïde.

^ La pie-mere, chez les 22 sujets observés, a toujours été trouvée fortement injectée , à quelque époque que la mort eût eu lieu. Les plexus clioroU dicns étaient surtout remarquables par la distension de leurs vaisseaux, car l’on a remarqué enre Ja pie - mère et l’arachnoïde une lymphe b anchatre plus ou moins opaque^ tantôt répanue ça et la , tantôt entourant le trajet des vaisseaux jDiincipaux, tantôt enfin sanguinolente et platiniforme, noirâtre en quelques points, comme SI un coup violent eût été porté sur cette partie.

a noté que quelquefois un sang noir 1 répandu en nappe sur toute la masse cérébra-

le. Les artères de la base du cerveau sont ordinairement gorgées de sang veineux. Les ventricules contiennent, dans le plus grand nombre des cas , une quantité de sérosité plus considérable que dans l’état normal. Elle s’élève quelquefois à un verre et demi , deux verres. Quelquefois cette sérosité est sanguinolente.

La substance cérébrale s’est montrée intacte dans la très-grande majorité des cas. Quelquefois elle est fortement ponctuée de rouge-noir. Dans quelques cas , cette substance a paru d’une consistance plus molle que dans l’état ordinaire.

La moelle épinière va nous présenter des lésions plus graves ; peu d’auteurs à ma connaissance ont mentionné cette partie du système nerveux dans leurs nécropsies ; les détails suivanssont tirés du mémoire de lachuichen et de Markus.

La dure-mère rachidienne a été trouvée plus ou moins rouge ; tantôt seulement rosée , tantôt d’un rouge intense colorant les deux faces de la membrane, et ne disparaissant pas par le lavage à l’eau tiède. Cette lésion n’existait que chez les sujets qui avaient succombé du cinquième au onzième jour après la première attaque. Chez un seul sujet, qui succomba 28 heures après 1 invasion de la maladie, on trouva une matière blanchâtre qui recouvrait la dure-mère depuis la troisième vertèbre dorsale jusqu a la neuvième.

arachnoïde rachidienne s est montrée opaque en plusieurs points, principalement dans les environs de la queue de cheval.

Deux fois seulement les auteurs ont trouvé des lames cartilagineuses adhérant fortement à l’arachnoïde ; elles étaient arrondies , du diamètre d’une graine de moutarde à celui d une lentille. Chez l’un de ces sujets, qui succomba 28 heures

nprès la première attaque, ces lames cartilagineuses s’observèrent vers l’origine des deuxième , huitième, neuvième et douzième paires dorsales; dans le second, dont la maladie dura sept jours, ces plaques existaient dans toute l’étendue de la moelle, et seulement en arrière. Chez presque tous, la sérosité rachidienne était plus abondante qu’à l’ordinaire , et souvent sanguinolente.

Les vaisseaux de la pie-mère étaient fortement injectés, surtout aux environs de l’origine de la queue de cheval; et chez deux sujets on trouva une extravasation de sang de la grandeur d’une fève , vers la partie postérieure et inférieure de la moelle.

La substance de cet organe était intacte sur cinq des dix sujets mentionnés; sur les cinq autres existait un ramollissement plus ou moins étendu. Chez l’un le ramollissement siégeait dans la région cervicale et dans l’espace de un demi-pouce (durée de la maladie, 28 heures). Chez deux autres sujets, le ramollissement était pultacé, et siégeait en plusieurs points de la région dorsale ( durée de la maladie, 45 heu res chez l’un, 24 heures chez l’autre). Enfin chez les deux derniers, il siégeait dans les environs de la queue de cheval, et, comme dans les cas précédens , il était borné à une petite étendue et en arrière seulement (durée de la maladie , 4 jours chez l’un , 5 jours chez l’autre ).

Chez un grand nombre de sujets^ la substance rachidienne était fortement injectée.

Les nerfs rachidiens et encéphaliques ont présenté a plusieurs médecins de Moscou des traces

de congestion inflammatoire, surtout vers les gros troncs. ^

On a pea d'observations sur letat des nerfs ganglionaires ; cependant M. Sanson a fait les remarques suivantes sur un cholérique de Berlin : Les ganglions semi-lunaires et cardiaques étaient rouges; une injection vire existait tout autour ; ils étaient très-consistans, et lorsqu’on les incisait, leur épaisseur présentait une coupe violacée rougeâtre.

Le névrilème des nerfs a paru à M. H. Clocquet fortement crispé, ridé transversalement ; ses vaisseaux étaient gorgés d’un sang rutilant et stagnant, comme si cette membrane avait été fortement phlogosée; ce phénomène était général.

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