‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 108 sur 212 · LIVRE lï, CH. IX · texte numérisé non relu

LIVRE lï, CH. IX

moins on pourrait bien faire les mêmes raisonnements, et trouver étonnant que, dans un si puissant navire, le mât qu’il transporte et la proue ne fissent pas un bruit considérable, ou que le bateau en naviguant n’en fit également aucun. Mais on peut répondre que sans doute un corps qui est mu dans un autre corps, qui ne l’est pas, peut bien faire du bruit; mais il est impossible qu'il en fasse dans un objet qui est mu d’une manière continue, et qui ne produit pas lui-même de percussion.

§ 5. Par conséquent, on doit dire, que si les corps des astres étaient emportés, au travers d'une masse d’air répandue dans tout l'univers, ou d’une masse de feu, comme tous ces philosophes le prétendent, le bruit que ces corps devraient faire serait nécessairement d’une force surnaturelle; et si ce bruit existait, il parviendrait bien jusqu’à la terre et la déchirerait en pièces. Ainsi donc, puisque nous n’observons rien de pareil, aucun des astres ne doit avoir un mouvement analogue à celui des êtres animés, ni ne doit subir un mouvement forcé et violent. On dirait que

jours par son contact avec l'eau.

§ 4. Les mêmes raisonnements , qu’on vient de faire un peu plus haut, à la fin du § 2 , pour démontrer que le bruit des astres devrait arriver jusqu'à noua. — Le mât qu'il transporte, sans que ce mât ait par lui- même un mouvement propre. C’est une pièce du bateau, et qui fait partie de tout son système, aussi bien que la proue. — Mais on peut répondre , le texte n’est pas aussi formel. — Qui ne p/oduit pas lui-même de percussion , 1a raison alléguée ici n’est pas très-décisive.

§ 5. Par conséquent, résumé de toute U discussion précédente : si les corps célestes avaient un mouvement propre, ils feraient du bruit, n’eussent-ils à traverser que de l’air ou du feu. — Comme tous ces philosophes le prétendent, ou bien :

a comme tout le monde le prétend. »

— Et la déchirerait en pièces, par les causes qui ont été dites plus haut, § 2. — Un mouvement analogue à celui des êtres animés, c'est-à-dire un mouvement qu’il se donnerait spontanément à lui-même, comme se le donnent tes animaux. Le texte

la nature a eu la prévision de ce qui en devrait résulter, et que, si le mouvement n’était pas ce qu’il est, rien de ce qui est ici-bas ne subsisterait tel que nous le voyons.

Nous avons donc prouvé que les astres sont sphéroïdes, et qu'ils n’ont pas un mouvement qui leur soit propre.

Page 1