LIVRE III, CH. III
raents de ces corps, et quel rôle ils remplissent. On étudiera ensuite combien ils sont, et de quelle espèce. Cette question s’éclaircira encore, si l’on établit avec précision quelle est la nature véritable de l’élément. Appelons donc élément des corps, ce en quoi se résolvent tous les corps qui ne sont pas éléments. Que l’élément, d’ailleurs, soit dans les corps en simple puissance ou en pleine réalité, peu importe ici ; car ce dernier point reste encore controversable et douteux. Mais quoi qu’il en soit, cet élément même ne peut plus se diviser en parties qui seraient d’une autre espèce. C’est là ce que tout le monde, et en toute chose, s’accorde à entendre par élément.
§ 3. Si l’élément est bien ce qu’on vient de dire, il faut nécessairement qu’il y ait certains éléments de ce genre dans les corps. Ainsi, dans la chair, dans le bois, et dans chacun des autres corps analogues à ceux-là, il y a de la terre et du feu en puissance ; et l’on rend ces deux éléments visibles et distincts, en les séparant de ces corps. Mais ni la chair, ni le bois, ne préexistent réciproquement dans le feu, ni en puissance, ni en réalité ; car alors, on pourrait les en séparer. C’est par une raison semblable que, s'il
propriétés qui existent , le texte n’est pas aussi formel . — ■ Appelons donc éléments, voir la définition de l’élément dans \* Métaphysique, livre IV, ch. 3, p. 1014, a, 26, édition de Berlin. — Combien ils sont , voir les chapitres suivants 4 et 5. — De quelle espèce , voir le chapitre 6. — Controvermblc et douteux , il n’y a .qu’un seul mot dans le texte. — Se peut plus 'te diviser, ce qui ne veut pas dire que l’élément soit un atome,
dans le sens où Déraocrite Ta compris.
§ 3. De la terre et du feu en puissance , c’est-i-dire qu'on peut faire brûler ces corps , et la cendre qui reste est analogue à la terre avec laquelle on la confond. — Visibles et distincts, il n’y a qu’un seul mot daus le texte. — Ne préexistent réciproquement, l’expression du texte n’est pas aussi formelle. — S'il n’existait qu’un seul élément , ceci s’a-
n’existait qu’un seul élément, on ne pourrait pas dire davantage que les corps composés se retrouvent dans cet élément unique ; car, de ce qu’il y avait de la chair et de l’os, ou telle autre substance quelconque, on ne pourrait pas en conclure que ces composés sont en puissance dans cet unique élément. Mais il y aurait encore à voir quel serait le mode de leur production.
g 4. Anaxagore est d'un avis opposé à celui d’Empédocle, en ce qui concerne les éléments. Celui-ci prétend que le feu et la terre, et les éléments de même ordre, sont les éléments de tous les corps, et que tous les corps en sont composés. Anaxagore prétend tout le contraire ; et il soutient que les vrais éléments, ce sont les corps à parties similaires, les homœoméries : c’est-à-dire, par exemple, la chair, l’os, et toutes autres choses analogues à celles-là,
dresse plus particulièrement aux philosophes de l'école d’Ionie. Thalès et Hippon prenaient l'eau pour élément unique; Ànaximène et Diogène d’Apollouie prenaient l’air; Hippase et Iléraclite prenaient le feu; Anaximandre enfin prenait un composé de feu, d’air et d’eau. Simplicius, qui cite ces diverse* théories, cite aussi une opinion fort singulière de Théophraste, qui faisait sortir le feu des yeui de l’homme, et qui croyait prouver par là que le feu est en puissance dan* les corps composés. — On ne pourrait pas dire davantage, j’ai dû ici développer un peu le texte pour le rendre plus clair. L'original est extrêmement concis. J’ai d’ailleurs suivi le sens indiqué par Simplicius. — Sont eti puissance, car
alors il faudrait qu’on pût le* en isoler, comme on isole le feu du bois par la combustion. — Quel sérail le mode de leur production , et à expliquer comment l’élément unique pourrait produire tous les composé»
que nous observons.
§4. Anaxagore, voir pour la comparaison d’Anaxagoro et d’Empédocle, la Physique, livre I, ch. 5, § 3, p. 454 de ma traduction. — Et que tous les corps en sont composés , c'est l’opinion commune adoptée aussi par Aristote. — Les corps à parties similaires, c'est la traduction du mot grec , que j’ai cru devoir en outre reproduire. — Par exemple la chair , Vos , c’est bien le sens du texte grec; mais je ne sais si c'est bien là le système d’A-