LIVRE III, CH. IV, § i
ne peut plus se diviser en parties d'une autre espèce, ainsi qu’on vient de le dire.
§ 2. J'ajoute que, même en définissant ainsi l'élément, on n’est pas forcé nécessairement de soutenir que les éléments sont en nombre infini ; car on pourra admettre encore toutes ces théories, en supposant que les éléments sont limités en nombre, si toutefois on s’en tient à des opinions de ce genre. D’ailleurs, on arrive au même résultat soit qu'on admette deux éléments, soit qu’on en compte trois, comme essaie de le faire aussi Empédocle. § 3. En ' effet, comme ces philosophes, malgré qu’ils en aient, ne peuvent pas composer toutes les choses, sans exception, de parties similaires, et que, par exemple, ils ne sauraient faire un visage avec des visages, non plus qu’aucune de ces autres choses qui ont reçu de la nature la forme qu’ elles ont, il est clair qu’il vaut beaucoup mieux supposer que les principes sont en nombre fini, et les réduire au plus petit nombre possible. Les démonstrations qu’on peut avoir & faire n’en restent pas moins les mêmes, ainsi que le font les mathématiciens, pour qui les principes sont toujours limités et finis, soit en espèce, soit en nombre.
S 4. D'autre part, si un corps se distingue d’un autre corps
— Ainsi qu’on vient de le dire , id.
ibid.
§ 2. S» toutefois on s’en tient, j’ai dù développer un peu le texte, qui n'est pas aussi net. — Soif qu’on en compte trois , comme Empédocle, ceci n’est pas tout à fait exact; et Empédocle admettait quatre éléments, comme Aristote les a admis après loi. Le commentaire de Simpliciu» rectifie cette erreur , qui
d’ailleurs a peu d’importance, en mettant : a trois ou quatre. »
§ 3. Malgré qu'ils en aient, l’expression grecque n’est pas tout à fait aussi formelle. — Un visage avec des t isages , cette objection peut paraître assez singulière. — Il est clair, la conclusion n’est pas très-rigoureuse.
— Qu’il vaut beaucoup mieux , en vertu du principe du mieux, dont Aristote fait un si fréquent et si heu-
par les différences qui lui sont propres, et si ces différences des corps sont limitées en nombre, puisqu'elles s’appliquent toujours aux phénomènes de la sensibilité, qui sont limités eux-mèmes, principe qui reste à démontrer, il est évident que les éléments doivent nécessairement être limités aussi.
§ 5. Mais la raison ne peut pas plus admettre les théories de quelques autres philosophes, tels que Leucippe et Déraocrite d'Abdère. A les entendre, les premières grandeurs seraient infinies en nombre, et de grandeurs indivisibles ; la pluralité des choses ne pourrait pas plus venir de l'unité que l’unité de la pluralité; mais tout naîtrait de la combinaison et de l’entrelacement des premières grandeurs. En effet, à un certain point de vue, ces philosophes aussi ne font de tous les êtres que des nombres, et composent tout avec des nombres; et s’ils ne le disent pas très-clairement, c’est bien là au fond ce qu’ils veulent dire.
roux usage. Sous une autre lorme, c'est l'argument des causes finales.
§ 4. Aux phénomènes de la sensibilité , c’est par erreur que Siroplicius rapporte ceci au VIIIe livre de la Physique; c’est au VIIe livre, qu’il aurait fallu dire, bien que celte question n’y soit pas très-directe* ment traitée; voir la Physique, livre Vil, ch. 4, § 3, p. 428 de ma Ira* duclion. Simplicius cite aussi le traité de la Sensation et des choses sensibles ; voir ce traité, ch. 6 et 7, p. 72 et suiv. do ma traduction. Mais il e*t difficile d’y retrouver, si ce n'est d’une manière Lieu indirecte, les théories dont il est ici question. — Principe qui reste à démontrer , ceci
peut paraître une interpolation. — Il est évident , cette conclusion e#t aussi peu rigoureuse que plusieurs des précédentes.
§ 5. Leucippe et Démocrite , qu’Ari&tole associe presque toujours, comme il le fait ici. — Les premières grandeurs seraient , ou pourrait traduire aussi : « les premiers principes seraient des grandeurs. » — Et de grandeurs indivisibles , j’ai conservé cette répétition, qui est au^ai dans l’original. — Ces philosophes aussi , c'est-à-dire : u comme le font les Pythagoriciens. » — Que des nom bt'es , l'accusation parait assez singulière contre les philosophes Ioniens; et la réticence qui suit montre bien