‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 154 sur 212 · LIVRE III, CH. IV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. IV

De plus, comme les corps diffèrent par leurs formes, et que les formes sont infinies en nombre, il faut aussi, d’après eux, que les corps simples soient en nombre infini. Du reste, ils n’ont pas expliqué quelle était la forme de chacun des éléments, et ils se sont bornés à attribuer la forme de la sphère au feu ; quant à l’air et aux autres éléments, ils ne les ont distingués que par la grandeur et la petitesse, comme si c’était là leur nature, et en quelque sorte la semence universelle de tous les éléments.

g 6. D’abord, on peut reprocher à ces philosophes la même erreur que nous avons signalée, et qui consiste à ne pas admettre un nombre de principes limités, bien que tout dans leur système pût rester identique, malgré cette hypothèse. Do plus, àmoinsdesupposerquelesdifférences des corps nesoient en nombre infini, il est clair que les éléments ne peuvent pas être non plus infinis en nombre. Ajoutez que c’est nécessairement contredire et combattre les sciences mathématiques que desoutenirqu’il y ades atomes,

qu 'Aristote lui-même est assez étonné d'avoir à la porter. — D'après eux , j'ai ajouté ces mots, pour que la pensée fût plus claire. — Les corps simples soient en nombre infini , théorie tout à fait opposée à celle d'Aristote, qui, comme Empédocle, ne reconnaissait que quatre éléments, ou tout au plus cinq, en y comprenant l’éther.

— La forme de la sphère au feu , d'autres avaient attribué au feu la forme de la pyramide, laissant la forme de la sphère à la terre ; voir le limée de Platon, sur la forme des

éléments p. 167 de la traduction de M. V. Cousin.

§ 6. Que nous avons signalée , le texte n’est pas aussi formel; voir plus haut, § 1. — Malgré cette hypothèse, j'ai ajouté ces mots, qui m'ont semblé nécessaires pour compléter la pensée. — Les différences des corps , voir plus haut, § 4. — Combattre les sciences mathématiques , pour lesquelles Aristote a toujours montré la plus grande admiration. — Qu'il y a des atomes , ceci aurait demandé un peu plus de développe-

et que c’est nier du même coup une foule de phénomènes que nos sens évidemment nous attestent, ainsi qu'on l'a prouvé antérieurement dans ce qui a été dit du temps et du mouvement.

§ 7. Une autre conséquence qui ressort nécessairement aussi' de ces théories, c’est que nos philosophes se contredisent eux-mêmes. Si, en effet, les éléments sont des atomes comme ils le soutiennent, il est impossible dès lors que l'air, l’eau et la terre ne diffèrent qu’en grandeur et en petitesse ; car, il n’est pas possible que l’air, la terre et l’eau naissent les uns des autres, puisque les plus grands corps finiront toujours par ne plus pouvoir être divisés et réduits ; et cependant c’est ainsi que ces philosophes prétendent que l’eau, l’air et la terre naissent les uns des autres, et se produisent mutuellement. § 8. Mais, même en admettant leur hypothèse, il ne semblerait pas du tout prouvé que les éléments doivent être infinis en nombre, s’il est vrai, comme ils le disent, que les corps diffèrent

ment. — Une foule de phénomènes , même remarque. — Du temps et du mouvement, ceci se rapporte évidemment à la Physique y livre IV, ch. 14 et suiv., p. 224 et suiv. de ma traduction; et livre VIII, ch. 14, § 5, p. 556.

§ 7. Une autre conséquence, le texte n’est pas aussi formel. — Comme ils te soutiennent, j’ai ajouté ces mots. — Se diffèrent qu’en grandeur et en petitesse , c'est-à-dire que les atomes, pour former la terre, l’eau et les autres éléments, étaient, selon ce système, identiques en nature, et ne différaient que par leurs dimen-

sions diverses, plus grandes pour tel élément, et plus petites pour tel autre. — Les plus grands corps, par Corps on doit entendre ici les atomes. — Divisés et réduits , il n’y a qu’un seul mol dans le texte. — C'est ainsi que ces philosophes , le système des philosophes Ioniens, qu’attaque Aristote, n’est pas très-nettement exposé ici; voir la Physiqu •, livre III, ch. 4, § 7, p. 90 de ma traduction ; et aussi la Métaphysique, livre I, ch. .1, p. 134 de la traduction deM.

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