LIVRE III, CH. VIII
carré et l’hexagone. Dans les solides, il n’y enaqnedeux, la pyramide et le cube. Or, il y a nécessité d'admettre ici davantage de ligures, puisqu’on fait aussi les éléments plus nombreux. § 2. De plus, tous les corps simples reçoivent évidemment leur forme du lieu qui les entoure, particulièrement l’eau et l’air. Il est donc impossible que la forme de l’élément subsiste et reste immuable ; car alors le corps entier de l’élément ne toucherait pas de partout ce qui l’environne ; et s’il vient à s’y appliquer régulièrement, ce ne sera plus de l’eau, puisqu’elle aurait alors une forme différente. Ainsi donc, évidemment, les formes de l’élément ne sont pas déterminées. Mais la nature semble nous indiquer ici la même vérité que la raison nous fournit de son côté ; car, pour les élémentscomme pour toutes autres choses, il faut que le support et le sujet n’aient ni espèce, ni figure, attendu que c’est surtout ainsi que le corps capable de recevoir toutes les formes, comme il est
remplir tout l'espace, il n’y a qu'un seul mot dans le texte. — Les éléments plus nombreux, comme il y a quatre éléments au moins, il faudrait au moins quatre figures primordiales, et l’on n’en compte que deux dans les solides.
§2 .De plus , autre argument, le septième, selon Simplicius. — Reçoivent évidemment leur forme , mais ce n’est plus la forme essentielle des éléments ; c’est seulement la forme des composés qui en résultent.— La forme de l'élément , c’est la suite de la même confusion. Comme la forme du lieu où est l’eau, par exemple, peut varier à l’infini, il s’ensuivrait
que la forme même de l’élément serait également variable; ce qu’on ne peut supposer. — Subsiste et reste immuable , comme on l’admet en donnant aux éléments des formes de pyramides ou de cubes. — Ce ne sera plus de l’eau, ceci ne semble pas exact ; car évidemment l’eau u’en reste pas moins de l’eau, quelle que soit la forme des vases dans lesquels elle est renfermée. — Ainsi donc, la conclusion ne semble pas très-rigoureuse. — Le support et le sujet, il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — Comme il est dit dans le Timée , voir le limée de Platon, p. 15G, traduction de M. V. Cousin.
dit dans le Timêe, les prendra toutes régulièrement, et s’harmonisera avec les autres corps. C’est de la même façon, à ce qu’on doit croire, que les éléments sont en quelque sorte la matière des composés qu’ils forment; et voilà comment ils peuvent aussi se changer les uns dans les autres, en mettant de côté les différences qui ne se rapportent qu’à leurs modiiications.
§ 3. D’une autre part, comment avec ce système, la chair ou l’os, ou tel autre corps continu comme ceux-là, peut-il se produire? Ce n’est certes pas à l'aide des éléments eux -mêmes, puisque la continuité du corps ne peut venir de l’accumulation des éléments qui le forment. Ce n’est pas non plus à l’aide de surfaces accumulées ensemble ; car les éléments, selon ces théories, viennent d’accumulation, et ils ne viennent pas d’autres éléments. Or, si l’on veut préciser les choses et qu’on n’admette pas à la légère ces définitions de l'élément, on verra sans peine que ces philosophes détruisent toute idée de génération qui viendrait d’êtres réels.
§ 4. Mais pour ce qui concerne les propriétés des sub-
— Les prendra toutes régulièrement et s' harmonisera, il n’y a qu'un seul mot dans l'original. — Se changer les uns dans les autres , puisqu’on suppose qu’ils sont tou*, au fond, une seule et même matière. — A leurs modifirations, ou « affections, » sans toucher à leur essence.
§ 3. Avec ce système , j’ai ajouté ces mol», pour éclaircir la pensée.
— De l'accumulation des éléments , voir plus haut, ch. 5, § 5. — Selon ces théories , j’ai ajouté ces mots, qui sont implicitement dans l’origi-
nal. — Ils ne viennent pas <f autres éléments , car alors ils ne seraient plus eux-mêmes des élément*. — Ces définitions de l’élément, voir plus plus haut, ch. 3, § 2. — Qui viendrait d êtres réels , ou bien : « et la suppriment du rang des êtres. » J 'ai préféré le premier sens, qui me parait plus conforme à la grammaire; je liai rien trouvé dans le commentaire de Simplicius qui éclaircit ce passage, qu’il reproduit textuellement.
§ 4. Les propriétés des substances,