‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 168 sur 212 · LIVRE III, CH. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. VIII

stances, leurs actions et leurs mouvements, les figures dont on parle sont en discordance complète avec les corps quelles doivent composer. C’est pourtant à ces phénomènes qu’ont surtout regardé ceux qui ont fait ces divisions. Ainsi, par exemple, comme le feu est très-mobile, qu'il échauffe et qu’il brûle, les uns en ont fait une sphère ; les autres en ont fait une pyramide. Ce sont là, en effet, les figures les plus mobiles, parce qu’elles touchent le moins de points possible, et qu’elles sont les moins stables de toutes. Ce sont aussi les plus chaudes et les plus brûlantes, parce que l’une tout entière n’est qu’un angle, et que l’autre a les angles les plus aigus ; or, c’est par ses angles, disent nos philosophes, que le feu échauffe et qu'il brûle.

§ 5. D'abord les uns et les autres se sont trompés à l’égard du mouvement; car si les deux figures de la pyramide et de la sphère sont bien en effet les plus mobiles de toutes, ce n’est pas certainement dans le mouvement du feu qu’ elles ont cette mobilité extrême. Le mouvement

le texte n'est pas aussi formel. — Leurs actions , mot à mot : « leurs puissances, » le mot de Puissance n’ayant pas ici son acception ordinaire. — Dont on parle , j'ai ajouté ces mots, qui sont indispensables. Ces figures sont celles de la sphère, de la pyramide, du cube, etc., que l’on a attribuées aux éléments , et par lesquelles on a essayé d'expliquer U composition des corps. — Qu'elles doivent composer , j'ai encore ajouté ces mots. — A ces phénomènes , propriétés, actions et mouvements des éléments et des corps. — Ceux

qui ont fait ces divisions , Pythagoriciens ou Platoniciens. — Les autres en ont fait une pyramide , voir le limée de Platon , p. 167 de la traduction de M. V. Cousin. — Ses angles , ou plutôt : « par les angles dont on le compose. »

§ 5. Les uns et les autres , ceux qui donnent au feu la ligure de la sphère , et ceux qui lui donnent la figure de la pyramide. — De la pyramide et de la sphère, j'ai ajouté ces mots qui développent celui du texte. — Qu'elles ont cette mobilité extrême, j'ai encore ajouté ceci. —

traité: 1)U ciel.

du feu va en haut et en ligne droite, tandis que ces ligures sont mobiles surtout selon le mouvement de-cercle qu'on appelle la rotation. § (3. Ensuite, si la terre doit être considérée comme un cube, parce qu’elle reste en place et qu’elle demeure immobile, et elle ne reste pas ainsi dans le premier lieu pris au hasard, mais dans le lieu qui lui appartient et lui est propre, de même qu’elle s’éloigne du lieu qui lui est étranger, quand rien ne l’en empêche ; et s’il en est également ainsi du feu et de tous les autres corps, il s'ensuit évidemment que le feu et chacun des éléments seront une sphère ou une pyramide, dans le lieu qui leur est étranger, mais qu’ils seront des cubes dans le lieu qui leur est propre.

§ 7. De plus, si le feu échauffe et s’il bride par les angles qu'il a, tous les éléments alors seront capables d’échauffer comme lui. Seulement l’un le sera plus que l’autre; car tous ont des angles, par exemple l’octaèdre et le dodécaèdre. A entendre Déinocrite, la sphère elle-même peut brûler, comme si elle était une sorte d’angle ; et par conséquent, il n’y aura ici de différence entre les éléments

De cercle ... la rotation , il y a dans lo grec une certaine ressemblance eutre le» mol» qui siguiüeut cercle et rotation. Je n'ai pu conserver cette analogie en français.

§ 6. Ensuite , c’est la seconde partie de cet argument, que Simpliciu»

compte pour le neuvième : le feu n’est ni une sphère ni une pyramde; car dans certain» cas, on pourrait le considérer comme un cube, tout aussi bien que la terre.

— Qui lut appartient et lui est

propre , il n'y a qu’un seul mot dans le teite. D’ailleurs, le lieu propre de la terre, c’est le centre*

§7 .De plus , selon Simpliciu», c’est le dixième argument contre la théorie de» sut faces. — Comme /ut, j'ai «ajouté ce» mot». — L'octaèdre et le dodécaèdre, voir le T niée de Platon, p. 105 de la traduction de M. V. Cousin. — Comme si elle était une sorte et angle, ou bien encore : « parce qu elle est selon lui uue sorte d'angle. »

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