‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 172 sur 212 · LIVRE IV, CH. I · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. I

tantôt d’une manière absolue, et tantôt d’une manière relative et par comparaison d’un corps avec un autre corps; et c'est ainsi que, parmi les choses qui ont toutes de la pesanteur, nous disons que l'une est plus légère, et l’autre plus lourde; par exemple, que l’airain est plus lourd que le bois. Les anciens n'ont rien dit de la pesanteur et de la légèreté prises au sens absolu ; ils n’ont parlé que du sens relatif; car ils n’ont pas dit ce que sont en soi le pesant et le léger; mais ils ont simplement étudié ce qui est plus lourd et ce qui est plus léger, parmi les choses qui ont de la pesanteur.

§ h. Ce qui pourra nous rendre la question plus claire, c’est de reconnaître qu’il y a des choses qui, naturellement, s'éloignent toujours du centre, et d’autres qui, non moins naturellement, sont toujours portées vers le centre. Je dis donc que ce qui est emporté loin du centre est porté en haut, et que ce qui est emporté vers le centre est porté en bas; car il est absurde de nier qu’il y ait dans le ciel un haut et un bas, ainsi que quelques philosophes croient pouvoir le faire. 11 n’y a, disent-ils, ni haut ni bas, puisque l'on est partout sur le globe dans la même

desiie et prudence à ne parler que le dernier.

§ 3. I)'une manière absolue , c’està-dire, en considérant la pesanteur et la légèreté, chacune eu cllesmêmes. — D'une manière relative , et par comparaison , le texte n’est pas aussi explicite. — Qui ont toutes , j’ai ajouté ce dernier mot. — Plus légère, bien quelle ait de la pesanteur. — Les anciens n'ont rien dit, l’assertion est peut-être un peu trop

générale. — En soi, j’ai ajouté ces mots pour marquer plus fortement la pensée.

§ 4. S'éloignent toujours , j'ai ajouté ce dernier mot. — Ce gui est emporté loin du centre, c’est le feu et toutes les choses légères. — Ce qui est emporté vers le centre, c'est la terre et toutes les choses pesantes. — Sur le globe , ces mots, que j’ajoute, sont la paraphrase de celui qui précède. — Dans la même position ,

position, et qu’on est de tous côtés son propre antipode, et qu'on va partout à sa propre rencontre. § 5. Quant à nous, nous entendons par le haut, l’extrémité de l'univers, point qui en effet est bien en haut par sa position, et qui par sa nature est le premier. Mais s’il y a une extrémité et un milieu du ciel, il est évident qu'il y aura aussi un haut et un bas, comme le dit le vulgaire, sans savoir d’ailleurs bien exactement ce qu’il dit. La cause de cette opinion du vulgaire, c’est qu’il pense que le ciel n’est pas pareil de tous côtés, et que l’hémisphère qui est audessus de nous est le seul et unique. Mais en se disant en outre que cet hémisphère aussi est circulaire, et que le centre est dans un même rapport avec le tout, on arrivera à comprendre que l’un est le haut et que le centre est le bas.

§ 6. Ainsi donc, nous disons qu’un corps est léger

le texte n'est pas aussi précis. — Son propre antipode, c’est vrai, en ce sens que, de quelque point de la surface qu’on parte, on arrive au centre. — On va partout à sa propre rencontre, soit en allant de la surface au centre, soit en faisaut le tour de la surface.

§ 5. L'extrémité de l'univers, Impression est bien vagte,et elle ne peut indiquer ici que la région supérieure de l’air. — Qui par sa nature est le premier , c'eut à l’ extrémité de la circonférence qu’Aristote place le premier moteur immobile; voir la Physique, livre VIII, ch. 15, § 24, page 5t>7 de ma traduction. — Le vulgaire, ou peut-être aussi :

« U plupart des philosophes. » J’ai préféré l’autre sens , parce qu’il s'a-

git d’une erreur qui est assex probablement en effet celle du vulgaire, s’arrêtant au témoignage le plus apparent des yeux. — S’est pat ftareil de tous côtés , ainsi qu’on doit le croire, quand on se représente la terre comme sphérique et isolée dans l’espace. — Est seul et unique, il vaut mieux attribuer cette opinion grossière au vulgaire qu'à des philosophes. — Mais en se disant en outre , le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — On arrivera à comprendre, même remarque. — L'un, l’hémisphère placé au-dessus de nos tètes. — Et que le centre est le bas, ce qui est à peu près toute la théorie d’Aristote lui-même.

§ f». Ainsi donc , résumé sur la définition de la pesanteur et de la

Page 1