CHAPITRE PREMIER
De la pesanteur et de la légèreté des corps. Définition de l’une et de l’autre; un corps pesant est celui qui se dirige vers le centre; un corps léger est celui qui s’en éloigne naturellement — Pesanteur absolue; pesanteur relative. Erreur de quelques philosophes, qui n’ont pas fait cette distinction. Le monde a un haut et un bas ; les Antipodes. Notion vraie de la légèreté et de la pesanteur des corps dans la nature.
§ 1. Il faut voir maintenant ce que c’est que la pesanteur et la légèreté des corps, quelle est la nature particulière de chacune, et à quelle cause on doit rapporter les forces qui les distinguent. § 2. En effet, la théorie des-
Livre IV , CA. /, § 1. Simplicius atteste que plusieurs commentateurs déplaçaient ce quatrième livre, et le retranchant du Traité du ciel , l’attribuaient au traité de la Production et de la destruction. Quant à lui, il n’approuve pas ce changement, et il essaie de démontrer comment le quatrième livre tient aux précédents. On ne peut pas dire que le lien soit très-étroit; mais tout en
le trouvant assez peu justifié, on serait fort embarrassé de déplacer ce livre; car on no saurait comment le mettre ailleurs d’une manière plus plausible. Je le laisse donc ici, comme le fait Simplicius, sans accepter toutes les raisons qu'il donne de sou opinion. — Les forces , le texte dit mot à mot : « les puissances. » — Qui les distinguent , j’ai ajouté ces mots.
tinée à les expliquer est une partie essentielle des recherches sur le mouvement, puisque nous disons d’un corps qu’il est pesant, ou léger, selon que ce corps peut se mouvoir naturellement de telle ou telle façon. On n’a pas donné de noni3 spéciaux aux phénomènes que produisent la pesanteur et la légèreté, à moins qu'on ne prenne le mot de direction ou tendance naturelle pour une expression de ce genre. Mais comme l’étude de la nature s'applique au mouvement, et que la pesanteur et la légèreté renferment, en elles-mêmes, comme les étincelles et le foyer du mouvement, tout le monde est habitué à parler des forces de l’une et de l’autre. Mais on ne s’est guère occupé de les définir, sauf quelques rares philosophes. Ainsi donc, après avoir apprécié d'abord ce que les autres en ont dit et après avoir discuté toutes les questions qu’il est indispensable de résoudre dans cette étude, nous exposerons aussi ce que nous pensons nous-mêmes sur ce sujet.
§ 3. La pesanteur et la légèreté peuvent s’entendre
§ 2. Des recherches sur le mouvement, je crois que cette expression est générale; mais il est possible aussi quelle désigne la Physique , qui n’est qu'une longue théorie du mouvement. — Aux phénomènes que produisent la pesanteur et la légèreté, le texte dit simplement: « leurs actes. » — Direction ou tendance naturelle, il n'y a qu’un seul mot dans le texte. — Comme l'étude de la nature s'applique au mouvement , voir la Physique, et ma préface, p. 11. — Les étincelles et le foyer , il n’y a qu’un mot dans le texte; mais l’ex-
pression est aussi recherchée dans l’original que dans ma traduction.
Aristote atténue lui-même cette métaphore, autant qu’il le peut. Ces prétentions de style ne sont guère daus ses habitudes. — Des forces , ou :
« des puissances » — Ce que les aubes en ont dit, c’est la manière constante d’Aristote ; et daus toutes les questions qu’il a traitées, il a d’abord passé en revue les opinions de ses devanciers. On a pu en voir des preuves nombreuses et frappantes dans le présent ouvrage. — Ce que nous pensons nous -même, il y a mo-