CHAPITRE II
Les philosophes antérieurs n’ont expliqué que la pesanteur et la légèreté relatives et non la légèreté et la pesanteur absolues. Insuffisance de ces théories; objections diverses qu’on leur peut opposer. Autres explications de la pesanteur et de la légèreté, par la quantité plus ou moins grande de vide que les corps renferment Objoctions contre ces nouvelles théories. Anaxagoreet Empédocle, qui ont nié le vide, n’ont pas étudié la question de la pesanteur. Conséquences absurdes de la théorie qui fait dépendre du vide la pesanteur et la légèreté des corps, et de cette autre théorie qui les fait dépendre simplement de la grandeur et de la petitesse. Fausseté de la théorie qui réduit toutes les substances à une seule et même matière.
§ 1. Parmi les philosophes qui ont essayé d’aborder avant nous cette étude, la plupart, pour ainsi dire, n'ont parlé des corps pesants et légers qu’en ce sens où, de
légèreté. — Et vers l'extrémité, de la sphère céleste. — Qu’il est absolument lourd , l'oppositien n‘est pas aussi marquée dans le texte. — A niasse égale, la coédition est indispensable pour que la comparaison
des deux corps soit possible. — Naturellement, et non par force; cette seconde condition n'est pas moins indispensable que l’autre.
Ch. Il, § 1 . S ont parlé des corps pesants qu'en ce sens, voir la même
deux corps pesants, l’un est plus léger que l’autre. Ils s’imaginent, après cette recherche, avoir étudié le pesant et le léger d’une manière absolue; mais l’explication qu’jls donnent ne peut pas convenir à ces derniers phénomènes, comme on le verra à mesure que nous avancerons davantage dans cette discussion.
§ 2. En effet, les uns entendent qu’un corps est plus pesant et plus léger, en ce sens, qui est aussi le sens qu’on trouve dans le Tintée, que le plus lourd est le corps qui, étant composé de parties identiques à celles d’un autre corps, a un plus grand nombre de ces parties ; et le plus léger, celui qui en a moins. Ainsi, un morceau de plomb est plus pesant qu’un autre, quand il en a une plus grande quantité; un airain est plus pesant qu’un autre airain, au même titre. Il en est ainsi pour chacune des choses qui sont de la même espèce, puisque, dans chaque espèce, c’est la chose qui contient le plus de parties égales qui est la plus pesante. C’est encore ainsi qu’on dit que le plomb est plus lourd que le bois, quand on admet que tous les corps sans exception sont composés
pensée plu» haut, ch. 1 , § 3. Simpiicius remarque aussi cette répétition. — D'une manière absolue, tandis qu'ils ne l'ont étudié que d’une manière relative. — A ces derniers phénomènes, le texte n'est pas aussi formel; mais le sens ne peut pas être douteux, et Aristote veut dire que l'explication donnée pour la pesanteur relative ne peut pas rendre compte de la pesanteur absolue.
§ 2. Les uns , il sera question des
autres un peu plus bas, § 5. — Dans le Tintée , je ne retrouve pas cette pensée dans la théorie de la pesanteur et de la légèreté donnée par Timée ; voir la traduction de M. V. Cousin, pages et suiv. ; voir aussi la théorie générale des triangles élémentaires, p. Ifit et suiv., ibid. — Identiques à celles d un autre corps , le texte n'est pas aussi explicite. — De parties égales, j’ai conservé le mot d‘ Egales parce qu’il est dans le texte; mais, évi-