‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 175 sur 212 · LIVRE IV, CH. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. II

de certains éléments, qui sont les mêmes, et qu’ils sont formés d’une seule et même matière, bien que cette identité ne soit pas apparente.

§ 3. Mais, dans ces définitions, il n’est pas du tout question de la pesanteur et de la légèreté prises absolument, bien que, dans l’état actuel des choses, le feu soit toujours léger et qu’il se porte en haut, tandis que la terre et tous les corps terrestres sont toujours portés en bas et vers le centre. Par conséquent, ce n’est pas à cause de la petitesse des triangles dont chaque corps est composé, comme le disent nos philosophes, que le feu se porte naturellement en haut; car alors plus le feu serait en grande quantité, moins il aurait de mouvement; et il serait d'autant plus pesant qu’il serait composé d’un plus grand nombre de triangles. Mais, dans l’ordre présent des phénomènes, il en est tout autrement; plus le feu est en masse considérable , plus il est léger ; et plus il se porte rapidement en haut ; et quand par hasard le mouvement du feu a lieu de haut en bas, une plus petite

derament , c'est Semblables qu’il faudrait dire. — D’une seule et même matière, c’est l’opinion de Démocrite, qui compose l’univers entier d’atomes identiques ; c'est aussi une opinion qui semble se faire jour plus d’une fois dans lu limée. — Bien que cette identité ne soit }>as apparente, le texte n’est pas aussi formel ; voir le limée de Platon, p. 167 de la traduction de M. V. Cousin.

§ 3. Brises absolument, c'est-àdire, comme on peut les observer dons les corps essentiellement pe-

sants ou légers, la terre ou le feu.

C’est toujours une pesanteur ou une légèreté relatives, puisqu’elles varient avec le nombre des triangles.

— Dans l'état actuel des choses, le texte dit mot à mot : « maintenant. »

— Toujours léger, et il représente alors la légèreté absolue. — La terre, qui représente la pesanteur absolue.

— Comme le disent nos philosophes, et particulièrement Platon, dans le Timée, aux passages cités plus haut, p. <61 et 167 de la traduction de M. V. Cousin. — Et quand par hasard le mouvement du feu a lieu

quantité est portée d'autant plus vite en bas ; et une plus grande, d’autant plus lentement.

§ h. On peut ajouter une dernière remarque ; et la voici. Comme ils appellent plus léger le corps qui contient moins de parties homogènes, et plus pesant celui qui en a davantage; «t connue, pour eux, l’air, le feu, l’eau sont composés des mêmes triangles et ne diffèrent que par le plus et le moins grand nombre de ces triangles, il s’ensuit que, l'un étant plus léger et l'autre plus lourd, il pourra se faire qu’une certaine quantité d’air soit plus lourde que de l’eau. Or, il en est tout le contraire précisément; car plus l’air est en masse, plus il se porte en haut; et en général une partie quelconque d’air se porte en haut, quand elle sort de l’eau.

C’est donc ainsi que quelques philosophes ont parlé de la pesanteur et de la légèreté des corps.

§ 5. Mais il en est d’autres qui n’ont pas trouvé ces divisions suflisamment exactes ; et, quoique plus anciens par l’époque où ils ont vécu, ils ont dit cependant des choses

de haut en bas, le texte est beaucoup moins explicite. — Une plus petite quantité, on ne comprend pas bien ce que peut être le mouvement du feu en ha*, puisque son mouvement naturel est toujours en haut. Peut-être Aristote veut-il faire allusion à certains phénomènes atmosphériques, l'éclair, par exemple, où le feu, poursé par une force invisible, parait, en effet, se diriger en bas.

§ 4. On peut ajouter une dernière remarque, et ta voici , le texte n'est pas aussi formel. — Sont

composés des mêmes triangles , voir le limée de Platon, p. 161 et 167.

— Une certaine quantité d’air soit plus lourde que de l'eau, le fait est possible; et il serait facile de s’en rendre compte, en comparant la pesanteur spécifique de l'air à celle de l'eau, prise pour unité. — Plus l’air est en masse , comme on vient de le dire du feu, un peu plus haut. — {fuand elle sort de l'eau, ceci fa t sans doute allusion aux bulles d’air qui s'élèvent parfois audessus de l’eau.

§ 5. Nais il en est d autres, Dé-

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