LIVRE I, CH. IX
qui leur sert de sujet, ne peuvent jamais exister s’il n’y a pas quelque matière préalablement. § 5. Or le ciel fait partie des choses individuelles et des choses composées de matière. Mais s’il n'est pas composé d’une simple partie de la matière, et s’il est au contraire composé de toute la matière, alors l’essence du ciel en général et l’essence de ce ciel particulier ont beau être choses différentes, cependant il ne peut pas y en avoir un autre, et il ne peut pas y en avoir plusieurs, puisque celui-là renferme toute la matière sans exception. Reste donc uniquement à démoutrer que le ciel se compose de tous les corps naturels et sensibles.
§ O. Mais disons d’abord ce que nous entendons par le ciel, et combien de sens a ce mot, afin que la recherche à laquelle nous nous livrons en devienne d’autant plus claire. En un premier sens, nous disons que le ciel est la substance de la périphérie dernière de l’univers, ou bien que c’est le corps naturel qui est à l'extrême limite de
quelles qu’elles soient. — Quelque matière préalablement , après ce qui précède, il semble qu’il y a là quelque tautologie.
§ 5. Fait partie des choses individuelles, c'est-à-dire qu'il est perceptible à nos sens, en tant qu'individu spécial et séparé. — Et des choses composées de matièi'c, comme nous l’atteste la plus simple observation. — D'une simple partie, l'original n’est pas tout à Tait aussi précis. — De toute la matière , comme l'était plus haut le camus et l’homme, pris pour exemples. — En général , j’ai ajouté ces mots pour éclaircir la pensée. — Particulier , même re-
marque. — Sans exception , j’ai encore fait cette addition, qui ressort de tout le contexte. — Reste donc uniquement à démontrer , en effet ce principe est simplement supposé ici, et il faut prouver qu’il est vrai.— De tous tes corps naturels et sensibles, le texte a le singulier au lieu du pluriel.
§ 6. Combien de sens a ce mot, dans notre langue aussi, le mot de Ciel peut se prendre eu des acceptions un peu diverses. Ces nuances, d’ailleurs, ne sont pas très-marquées.
— La substance , c'est le mot même qui est dans le texte. — Ou bien que c'est le corps, ce n’est pas une se
cette périphérie du monde; car l’usage veut qu’on entende surtout par le ciel la partie élevée et extrême où nous disons que réside inébranlable tout ce qui est divin. Dan9 un autre sens, le ciel est le corps qui est continu à cette extrême circonférence de l'univers où sont la lune, le soleil et quelques autres astres ; car nous disons que ces grands corps sont placés dans le ciel. Enfin en un troisième sens, nous appelons ciel le corps qui est enveloppé par la circonférence extrême ; car nous appelons ordinairement ciel la totalité des choses et l’enseuible de l'univers.
§ 7. Le mot de Ciel se prenant dans ces trois acceptions, il faut que cette totalité qui est enveloppée par la circonférence dernière, se compose nécessairement de tous les corps naturels et sensibles, parce qu'il n’y a pas et ne peut pas y avoir un seul corps quelconque en ftebors du ciel. Supposons en effet qu'il y ait un corps naturel en dehors de la circonférence dernière. Alors il faudrait nécessairement que ce corps fût ou simple ou composé, et qu'il fût où il serait, selon la nature ou contre nature. Or il ne pourrait être aucun des corps simples ; car on a démontré que le corps qui se meut circulairement ne peut
conde nuance du mot Ciel ; c'est seulement une seconde forme de la première définition. — Est le corps qui est continu, par Corps, il faut entendre ici la sphère, plutôt qu'un corps proprement dit ; mais j’ai dù conserver l'expression même du texte.
— Le corps qui est enveloppé , et ce corps comprend l'ensemble des choses, qui forment notre monde. — L’ ensemble de i univers , c'est-à-dire la