‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 51 sur 212 · LIVRE I, CH. IX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. IX

la matière. Si le ciel que nous voyons est un individu, l’essence de ce ciel particulier sera autre chose que la simple essence de ciel ; donc ce ciel spécial sera autre chose que le ciel pris absolument. L’un est conçu comme forme et espèce ; l’autre est conçu comme mêlé à la matière. Or, dans les choses qui ont une forme et une espèce, les individus sont ou peuvent être plusieurs; car soit qu’il y ait des idées, comme on le prétend, il faut nécessairement que les individus soient multiples; et soit qu’il n’y ait rien de séparé qui ressemble aux idées, les individus n’en existent pas moins multiples encore ; car pour toutes les choses dont l'essence est mêlée à la matière, nous voyons que les individus d’espèce semblable sont multiples et même en nombre infini. Par conséquent, ou les cieux sont réellement au nombre de plusieurs, ou du moins il peut y en avoir plus d’un.

§ 3. Cet argument tendrait donc à prouver qu’il y a ou qu’il peut y avoir plusieurs cieux. Mais il faut examiner, sous un autre point de vue, ce qu'il y a de vrai dans cette théorie et ce qu’il y a de faux. C’est avec grande raison que l’on a dit que la définition de la forme sans la matière et la définition de la forme qui est dans la matière , sont

regard» peuvent le contempler. — Que nous voyons, j'ai ajouté ce* mot*. — Sera autre chose, et par conséquent, il y aura plusieurs cieux.

— Les individus sont ou peuvent être plusieurs, voilà le point principal de l'argumentation, qui peut ne pas sembler très forte. — Des Idées, comme on le prétend, critique de la théorie Platonicienne. — Que les individus soient multiples , le texte,

qui est beaucoup moins explicite, dit seulement d'une manière très-vague î « Que cela arrive, n — Multiples encore, j'ai cru devoir ajouter ces mots. — Il peut y en avoir plus d'un, c'est l'objection annoncée au § \, et qui n'est, comme on voit, qu’une simple hypothèse.

§ 3. Cet argument, le texte n'a qu’un pronom neutre tout à fait indéterminé. — Que Von a dit, dans

TRAITÉ DU Cl KL.

deux choses très-différentes, et l’on peut admettre ce principe pour vrai. Mais néanmoins il ne résulte de là aucune nécessité qu’il y ait plusieurs mondes, et il ne peut même pas y en avoir plusieurs, s'il est bien certain que celui-ci soit composé, comme il l’est en effet, de toute la matière sans exception. § 4. Cette vérité du reste sera peut-être encore plus évidente en considérant les choses d'une autre façon. Si la propriété d’être camus est une certaine courbure dans le nez ou dans la chair, et si la chair est la matière du camus, il s’ensuit que, si de toutes les chairs réunies, il se formait une seule chair où serait la courbure qui constitue le camus, rien autre chose que cette masse de chair ne serait camus ni même ne pourrait l’être. De même encore, si les chairs et les os sont la matière de l’homme, et si un homme venait à se former, composé de toute la chair et de tous les os qui ne pourraient plus désormais se dissoudre, il serait dès lors impossible qu’il y eût un autre homme que celui-là. On en peut dire autant pour tout le reste; et en général, toutes les choses dont la substance est dans la matière

le § précèdent. — Aucune nécessité, aucune conclusion nécessaire, d’après les prémisses. — Sans exception , j’ai ajouté ces mots, pour bien préciser la pensée.

§ 4 . Si la propriété d être camus , c’est là, comme ou sait, un exemple familier à Aristote, et il s'en sert souvent ; . voir le Traité de l'Ame, livre III, ch. 4, § 7, page 297 de ma traduction; et la Physique , livre I, ch. 4, § 14, tome I, page 449 de ma traduction. — Il se formait une

seule chair , l'hypothèse est assez bizarre. — La courbure qui constitue le camus, j'ai un peu développé ici le texte. — Se serait camus , on peut se figurer celte hypothèse réalisée; mais elle est fort étrange. — Qui ne pourraient plus se dissoudre , pour former de nouveaux composés.

Celte seconde supposition n'est pas moins singulière que la précédente.

— Qu il y eût uu autre homme que celui-là , la conclusion est régulière.

— Pour tout le reste , des choses,

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