‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 54 sur 212 · LIVRE I, CH. IX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. IX

sortir de la place qu’il occupe. Il n'est pas possible non plus que ce soit, ni le corps qui s’élève en s'éloignant du centre, ni le corps inférieur; car alors ces corps, s’ils étaient hors du ciel, ne seraient plus selon la nature, puisque les places qui leur appartiennent en propre sont différentes de celle-là. Si donc ils y étaient contre nature, il faudrait que le lieu extérieur fût un lieu naturel pour quelqu’autre corps; car il est nécessaire que le lieu qui est contre nature pour un des éléments, soit naturel pour un autre. Mais on a vu qu’il n’y a pas d'autres corps que ceux-là. Donc il n’est pas possible qu'aucun corps simple soit en dehors du ciel. Or si ce n’est pas un corp3 simple, ce n’est pas davantage un composé, puisqu'il faut nécessairement que les corps simples soient là où est le composé qu'ils forment. § 8. Mais s’il n’y a pas actuellement de corps en dehors du ciel, il n’est pas plus possible qu’il s’en produise un plus tard; car un nouveau corps en dehors du ciel y serait, ou selon la nature, ou contre la nature ; il serait ou simple ou composé ; et alors ou pourrait

f/ta se meut circulai rement, voir plus haut cli. 8, § 16, où les éléments du monde ont été divisé* eo trois classes, qu'on retrouve ici : le ciel ou l'éther, le corps intermédiaire, et le corps central. — Ne peut sortir de la place qu'il occupe, voir plus haut, ch. 8, § 16. — Qui s'élève en s'éloignant du centre , c’est le corps intermédiaire, qui comprend l'eau, l'air et le feu. — Ni le corps inférieur, à tous les autres, parce qu’il est pesant et qu’il reste au centre. — Ce* corps , l'expression de l'original est indéterminée. — Les places , ou

les lieux. — Le lieu extérieur , c’està-dire, en dehors du monde et de l’univers. — Mais on a vu , c’est la tournure de la ; hrase du texte, plutôt que le* mots mêmes, qui m’a permis de traduire ainsi ; voir plus haut, ch. 3, § 7, et ch. 8, § 16 — Qu'ils forment , j’ai ajouté ces mots.

§ 8. S'il n'y a pas actuellement , j’ai ajouté ce dernier mot, pour bien préciser la pensée. — Qu'il s en produise un plus tard , j’ai ajouté aussi lus deui derniers mots, et par le même motif. — Car un nouveau corps en dehors du ciel , j’ai déve-

appliquer ici le même raisonnement qui vient d’être fait plus haut; car il n'y a aucune différence à considérer si une chose est ou si elle peut arriver à être.

On voit donc, d’après ce qui précède, qu’il n’y a pas et qu’il ne peut pas y avoir aucun corps, quelle que soit sa dimension, en dehors du ciel ; car l'univers entier comprend toute la matière qui lui est propre ; et cette matière, ainsi que nous l’avons dit, est le corps naturel et sensible. Donc il n’y a pas maintenant plusieurs deux ; il n’y en a jamais eu plusieurs, et il ne peut pas y en avoir jamais eu plusieurs ; il n’y en a qu’un seul, unique et complet, celui que nous connaissons.

§ 0. On voit, du même coup, que ni l’espace, ni le vide, ni le temps ne peuvent être en dehors du ciel ; car dans l'espace tout entier, il peut toujours se trouver un corps; et par vide, on entend d’ordinaire le lieu où il n’y a pas de corps, mais où il pourrait y en avoir. § 10. Quant au temps, il est le nombre du mouvement; et il n’y a pas de mouvement possible sans un corps naturel. Or

loppé un peu le texte, qui, sans cette espèce de paraphrase, serait resté obscur à force de concision. — Qui vient d'être fait plus haut , j ai jgouté tout ceci. «— Il n’y a aucune différence f c’est peut-être trop dire.

— Ainsi que nous l avons dit, dans l'original il n'y a qu’un verbe au passé, comme un peu plus haut. — Le corps naturel et sensible, voir plus haut, § 7. — Celui que nous connaissons, le texte dit précisément:

*t Celui-ci. »

§ 9. Ni i espace , ni le vide, ni U temps, voir le IVe livre de la Physi-

que, pour l’espace, le temps et le vide, tome II, pages 138 et suiv. de ma traduction. — Il peut toujours se trouver un corps , il semblerait résulter de ceci qu’Aristote confond l’espace et le vide. Dans la Physique , il combat au contraire l'existence du vide; voir livre IV, ch. 8 et suiv. tome II, pages 184 et suiv. — On entend d'ordinaire, voir la Physique , livre IV, ch. 9, § 3, tome II, page 192 de ma traduction.

§ 10. U est le nombre du mouvement, voir la Physique, livre IV, cbap. 16, § 7, tome II, page 236 de

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