LIVRE I, CH. IX, § H
on a démontré qu'il n’y a pas et ne peut pas y avoir de corps en dehors du ciel. Donc il est évident que ni l'espace , ni le vide, ni le temps ne peuvent être non plus en dehors du ciel.
§ 11. Aussi les choses du ciel ne sont-elles pas naturellement dans un lieu; le temps ne les fait pas vieillir, et il n’y a aucun changement possible pour aucune des choses qui se trouvent, par la place qu’ elles occupent, au-dessus de la translation la plus extérieure. Mais ces choses inaltérables et impassibles conservent, durant toute l’éternité, l’existence la plus parfaite et la plus complètement indépendante. C’était même là un nom d'une signification divine dans les croyances des anciens. En effet, cette borne dernière qui renferme et comprend le temps de la vie accordée à chaque être, et en dehors de laquelle il n'y a plus rien, d’après les lois mêmes de la nature, elle a été appelée la vie et la durée de chaque chose. Par la même raison, la borne du ciel tout entier, et cette borne qui renferme le temps infini de toutes choses et l’infinité elle-
ma traduction. — On a démontré, voir plu» haut, § 7. — Ni Fespace , l'espace doit être compris ici dan» le sens de lieu,
§ H. Les choses du ciel , le texte dit précisément: « Les choses qui sont là. » — Le temps ne les fait pas vieillir , voir la Physique , liv. IV, ch. 19, § 7, tome II, pages 252 et huîv. de ma traduction. Voir aussi la fin «lu VIII* livre de la Physique. — » La translation la plus extérieure , la révolution circulaire de l'éther, qui enveloppe le ciel entier. Ces choses, je n’ai pas voulu prendre une
expression plus déterminée, afin de me rapprocher davantage de l'indétermination de l’original. — C'était même là un nom d’une signification divine , l’Éternel est aussi dans notre langue le nom même de Dieu. — Dans les croyances des anciens , le texte dit simplement : « chez les anciens, s — Qui renferme et comprend, il n’v a qu’un seul mot dans le texte. — La vie et la durée , en grec, le mot est le même pour signifier l'éternité et la vie ; je n'ai pu trouver dans notre langue cette similitude, et voilà pourquoi j'ai ajouté
même, c'est ce qu’on appelle l'éternité, tirant le nom qui l’exprime de sa vie éternelle, subsistant d’une existence immortelle et divine. C’est de là que découle pour le reste des êtres l’existence et la vie, les uns la recevant avec plus de puissance, les autres avec moins d'intensité; car, ainsi qu’on le fait dans les recherches Encycliques de philosophie sur les choses divines, il a été bien souvent répété que le divin doit être nécessairement immuable, parce qu’il est le premier et le plus élevé de tous les êtres. Cette opinion sur la divinité s’accorde bien avec ce que nous venons de dire ; car il ne peut y avoir aucune autre chose meilleure, ni plus forte, qui donnerait le mouveveut à Dieu, puisque cette chose serait alors plus divine que Dieu même. Mais Dieu n’a rien de défectueux, pas
le mot de Durée à celui de Vie. — Le temps infini de toutes choses et r infinité elle-même, il faut remarquer le* efforts que fait Aristote pour égaler la grandeur du langage à celle du sujet. — C'est là ce qu'on appelle Tétemité, on ne comprend pa* bien comment l'éternité peut être la borne du ciel entier; mais on comprend qu’elle soit la borne du temps. — Tirant le nom qui l'exprime , cette aualogie des deux mots ne se retrouve pas en français. — Que découle f ou « est suspeudue. » L'original a ici le même mot à peu près que celui de la Métaphysique , livre XII, cb. 7, page 1072, b, U, édition de Berlin. — Avec plus de puissance, ou peut-être : « plus complètement. » — Les recherches Encycliques, j'ai conservé autant que je l’ai pu le mot grec, parce que sa signi-
fication est douteuse, et que j’ai craint de la fausser en la précisant.
D'apiès Simplicius, les recherches encycliques seraient la même chose que les recherches exolériques ; et il s'agirait alors d’ouvrages plus faciles à comprendre, et qui auraient été mis davantage à la portée du vulgaire. Le sujet même doot parle ici Aristote, est le plus haut cependant, et le plus difficile, de tous ceux que la philosophie puisse traiter. Il semble résulter du commentaire de Simplicius que ces Recherches encycliques n'indiqueraient pas un ouvrage d'Aristote lui-même; et que ce serait là une expression toute générale pour les travaux des philosophes sur la question de Dieu. — Dieu , l'original dit positivement : « Le divin. » — Que Dieu même, j’ai ajouté ce» mots pour compléter la