LIVRE I, GH. X
inonde, alors ce n’est p'us le monde qui naît et qui périt ; mais ce sont simplement ses constitutions successives.
§9. Du reste, il est impossible que le monde, une fois qu’il a été produit, soit jamais complètement détruit sans aucun retour, s'il n’y a qu’un seul et unique monde ; car avant que le monde ne naquit, il y avait toujours une certaine combinaison des choses qui l’avait précédé, et qui n’aurait pas pu changer apparemment, si elle n’avait pas d'abord existé. Cette destruction radicale se comprendrait encore davantage en supposant que les mondes sont en nombre infini ; mais même cette dernière question s’éclaircira par ce qui va suivre ; et nous verrons si cette infinité des mondes est possible, ou si elle ne l’est pas. § 10. En effet, il est des philosophes qui croient qu’une chose incréée peut périr, ou qu’une chose créée peut continuer à exister éternellement, comme on l’avance dans le Timée ;
unique. — Ce n’est plus le monde qui naît et qui périt, l’objeclion est vraie contre la théorie d'Ëmpédocle.
—~Ses constitutions , ou Dispositions.
§ 9. Sans aucun retour, l'expression du texte n'est pas plus complète, et je n'ai rien voulu y ajouter, de peur de l'altérer ; mais il est évident que ceci fait allusion au système d’Ëmpédocle, où les alternatives d'ordre et de désordre se succèdent, selon que l'Amour et la Discorde font sentir tour à tour leur influence. — Avant que le momie ne naquit, le texte n'est pas aussi explicite. — Une certaine combinaison det choses, et par exemple le chaos avant l'ordre, qui lui a succédé, selon le système d'Anaxagore. —
Apparemment, le teite dit positivement : « Nous disons qu'elle n’aurait pas pu changer, etc. » — Cette destruction radicale , l'original n’a qu’une expression tout indéterminée. — En supposant que les mondes sont en nombre infini , parce qu’alors un des mondes pourrait périr radicalement, pendant que les autres subsisteraient encore. — Si cette infinité des mondes, l'original n’a qu’un pronom neutre tout à fait indéterminé. Peut-être faut-il comprendre aussi « la destruction » des mondes, au lieu de leur a infinité. »
§10. En effet il est des philosophes, parmi ces philosophes est compris Platon, comme la suite le prouve. — Dans le Timée, voir la traduction du
car dans ce traité, Platon soutient que le ciel a été créé, et qu’il n'est pas périssable, mais qu'il vivra désormais éternellement. Du reste, en répondant à ces philosophes, nous n’avons traité du ciel que sous le point de vue purement physique ; maisen traitant de l’univers d’une manière générale, nous ferons mieux comprendre aussi ce qui se rapporte au ciel spécialement.