LIVRE I, CH. X
instruit, de même qu'on connaît mieux une chose par le dessin qu’on en voit tracer sous ses yeux. § 5. Mais il n'y a point ici d’identité, nous le répétons. Dans le cas où l’on peut soi-même produire la figure qu’on veut, on a beau supposer que toutes les lignes qu’on trace sont confondues ensemble, il en sortira toujours le même résultat. Mais, dans les démonstrations dont nous parlons, ce n’est pas à une ressemblance qu’on aboutit; c’est à une impossibilité ; car les principes qu’on admet en premier lieu, et ceux qu’on admet ensuite, sont opposés les uns aux autres.
§ 6. On dit bien qu’à un certain moment l'ordre est né du désordre; mais il est absolument impossible qu'une même chose soit en ordre, et tout à la fois en désordre ; il faut nécessairement qu’il y ait une certaine création qui sépare les deux états successifs, et un temps qui les sépare aussi, tandis qu’il n’y a rien que le temps ait à séparer dans des figures de géométrie.
géométrie. — Par le dessin, on sait qu’Aristote a fait lui-même grand usage de dessins et de figures, pour éclaircir l’exposition de ses théories; voir la Physique, et la Météorologie, aux mots Formules, dessins et figures , dans les tables alphabétiques de ces deux ouvrages.
§ 5. Il ny a point ici <f identité, l'auteur s’aperçoit lui-même que Ba comparaison n'est pas fut exacte. — Sont confondues ensemble, le sens n’est pas très-clair ; mais je n’ai pu le préciser davantage. — Les principes, le texte n'est pas aussi formel, et il n’emploie qu’un participe pluriel neutre, qui est indéterminé. — En premier lieu,., ensuite ,
c’est qu’en effet on suppose d’abord que les éléments du monde étaient dans un désordre absolu, et qu’ensuite, on reconnaît que le monde est merveilleusement ordonné.
§ 6. Qu’à un certain moment , voir la Physique, livre VIII, cb. 4, § 7, tome II, page 457 de ma traduction.
C’est le moment où Anaxagore fait intervenir l'Intelligence; mais alors pourquoi l’ Intelligence est-elle intervenue à ce moment plutôt qu'à un autre? — Les deux états successifs , j’ai ajouté ces mots, pour qne l’expression de l'original ne restât pas sans complément. — Dans des figures de géométrie, voir plut haut, § 4 et 5. — Éternel, dans l’avenir.
TRAITÉ DU CIKL.
On voit donc qu'il est impossible que le monde soit à la fois éternel et qu’il ait été créé.
§ 7. Prétendre que le monde tantôt s’organise et tantôt se décompose, ce n’est pas faire autre chose que de soutenir qu’il est étemel, mais que seulement il change de forme. C’est comme si quelqu’un qui verrait un enfant se faire homme, et un homme redevenir enfant, allait croire que, pour cela, l’être ainsi modifié tantôt meurt et tantôt est en vie. § 8. 11 est évident que, quand les éléments se rassemblent et se permutent les uns dans les autres, ce n’est pas un ordre fortuit, ni une combinaison fortuite qu’ils présentent; c’est toujours la même combinaison et le même ordre qu’auparavant. Ce doit être là particulièrement l’opinion de ceux qui soutiennent cette théorie, et qui supposent que le contraire est la seule cause de l’une et l’autre disposition des choses. Par conséquent, si le corps entier de l’univers, étant continu, est disposé et ordonné tantôt d’une façon, tantôt d’une autre, et si l’organisation de la totalité des choses est le ciel et le
tout en ayant commencé, à un certain moment donné, dan* le passé.
§ 7. Prétendre que le monde, c’est le système d’Rmpédocle, qui n’est pas sans analogie avec quelques systèmes de la philosophie Hindoue, et particulièrement le SAnkhya. — Il change de forme , la matière est elle-même éternelle, et c’est la forme seule qui vient à changer. — Un homme redevenir enfant, ceci ne te comprend pas aussi bien ; et il faut admettre que c’est une supposition toute gratuite.
§ 8. Se rassemblent et se permutent, il n’y a qu’uo seul mot dans le texte. — Qu' auparavant, j’ai ajouté ees mot*. — L'une et Vautre disposition des choses, c'est-à-dire l’ordre succédant au désordre, ou réciproquement, selon qu’agissent l’Amour et la Discorde, d’après le système d’F.inpédocle. Voir la Physique , livre VIII, ch. !, § 4, tome II, page 455 de ma traduction. — Le ciel et le monde, il y a dans le texte grec un rapprochement de mots que ne m'a pas offert notre langue, l’ordre et le inonde étant exprimés par un root