‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 72 sur 212 · LIVRE I, CH. XII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. XII

lit

pas. C'est que les choses de ce genre ont une même possibilité de contradiction ; et c’est la matière qui est cause qu’ elles sont ou ne sont pas. Par conséquent, il faudrait nécessairement que les opposés pussent exister simultanément en acte.

§ 20. Mais, comme il n’est jamais vrai de dire maintenant d’une chose qu’elle est dans l’année dernière, pas plus que, dans l'année dernière, il n’était vrai de dire quelle est maintenant, il en résulte qu’il est impossible aussi que ce qui n’est pas à quelque moment puisse en suite devenir éternel ; car, plus tard, l’être conserverait encore la puissance de ne pas être. § 21. Non pas la puissance de ne pas être quand il est, puisqu’il est alors en

avoir doute sur le sens. — Une même possibilité de contradiction, l’expression est un peu recherchée ; mais elle revieut à dire que les choses de hasard peuvent également être ou n’être pas, et qu’il n'y a pas plus de probabilité dans un sens que dans l’autre. — C'est la matièt* qui est cause , selon quelle a la forme ou la privatiou ; voir la Physique, livre I, ch. 8, § <9. — Par conséquent , conclusion qu’on serait forcé d admettre, si l’on admettait aussi que l'impérissable et l'incréé peuvent être l'effet du hasard. — Les opposés, qui comprennent aussi les contraires; voir les Catégories, ch. 10 et ch. 11, pages 109 et 121 de ma tiaduction.

§ 20. Mais comme il n est jamais vrai, tout ce paragraphe est obscur, et c’est à cause de son extrême concision. Simplicius y voit une objection, à laquelle répond Aristote, et

cette objection la voici : « Les con » traire* ne sont pas simultanés, » comme on le prétend; car la chose » n'a pas à la fois la puissance d’être j> et de ne pas être ; mais elle a la » puissance de ne pas être dans le » passé, et elle a la puissance d’être u dans l’avenir. Ainsi les deux puisj» sauces ne sont pas simultanées; et » l'on peut, sans se contredire, les » supposer toutes les deux dans l’être » à des temps différents, o Aristote répond que toujours la puissance ne peut s’appliquer au passé, et qu’elle ne concerne jamais que le présent et l’avenir. — Que ce qui nest pas à quelque moment, c’est la chose qui est créée, et qui, par conséquent, est à un certain moment, après avoir été longtemps sans être.

§ 21. J'ai conservé la division des §§ pour me conformer à la tradition, mais les deux phrases n’en font

réalité ; mais la puissance de ne pas être l'année dernière et dans le temps passé. En effet, nous pouvons supposer la réalité actuelle de ce dont l’être a la puissance, et alors il sera vrai de dire maintenant de la chose, qu'elle est dans l’année dernière. Mais, c’est là une impossibilité évidente, puisque jamais la puissance ne peut s'appliquer à ce qui a été, mais seulement à ce qui est et sera.

§ 22. Il en est de même si l’on suppose que l’être, ayant été éternel antérieurement, vient ensuite à cesser d’être; car alors il aura une puissance qui serait sans acte. Par conséquent, si nous supposons le simple possible, il sera vrai de dire maintenant de la chose quelle est l’année dernière, ou plus généralement dans le passé.

qu'une, et le § 21 n'est que la fin du § 20. — Quelle est dans /'année dernière , Simpliciu* atteste qu'il y avait ici une variante et que certains textes portaient une négation :

h Qu’elle n'est pas dans l’année deru oière. » C'est la leçon habituellement suivie ; mais il me semble que l’afQrmatioa s’accorde mieux avec ce qui a été dit au début du § 20. — La puissance ne peut jamais s’appliquer à ce qui a été , la puissance est corrélative à l’acte, bien quelle lui soit logiquement antérieure; elle est quafld il est ; elle sera quaud il sera; elle a été quand il a été. Mais la puissance proprement dite ne regarde jamais que le présent et l’avenir; car on ne peut pas actuellement avoir la puissance d’avoir été; on u’a que la puissance d’être ce qu'on est, ou de devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on peut être.

§ 22. St Von suppose que Vétre, ayant été éternel, c'est la contrepartie de l’hypothèse précédente. On supposait d'abord que l'être créé et périssable pouvait devenir éternel et impérissable ; ici, au contraire, on suppose que l'être qui, d’abord, avait été éternel, peut devenir périssable.

Aristote essaie de prouver que cette seconde hypothèse n’est pas plus soutenable que la précédente. Mais encore ici la concision est excessive, et le passage reste obscur. S’il est impossible que l’être créé, devenant éternel, ait la puissance de ne pas être dans le passé, il est également impossible que l’être éternel devenant périssable, ait dans le passé la puissance d'être.— Une puissance qui serait sans acte , l’être aurait dans le passé la puissance d’être; et comme il serait détruit, il ne pourrait la réaliser, ni dans le présent, ni dans l'avenir.

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