‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 71 sur 212 · LIVRE I, CH. XII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. XII

ne pas être ou d’être, durant un temps infini. Or, il a été démontré que c'est là une impossibilité manifeste.

§ 15. De plus, puisque la puissance est antérieure à l'acte, la chose subsistera durant le temps tout entier; car elle subsistait en étant incréée, et à l'état de non-être, il est vrai, durant le temps infini, mais pouvant être un jour. En même temps, la chose n’était pas , et elle n'avait que la puissance d'être et de ne pas être, soit à ce moment, soit plus tard, pendant un temps infini.

§ 16. On peut se convaincre encore d’une autre manière qu’il est impossible que ce qui est périssable ne périsse pas un jour. En effet, la chose alors sera tout ensemble toujours périssable et toujours impérissable en acte ; et par conséquent, elle pourra tout à la fois être toujours et n’être pas toujours. Donc, le périssable périt unjourjet, si la chose peut devenir, elle devient; carellea

pour que ce «oit dans un instant plutôt que dans un autre. Alexandre d’Aphrodisée, d'après Simpliciuf, proposait, au début de cette phrase, un léger changement, que j’ai reproduit en partie dans ma traduction. Selon lui, ce n’est pas un nouvel argument que propose Aristote; mais c'est le complément de celui qui précède. — II a été démontré , on peut croire que c’est, en quelque sorte, le résumé de tout ce qui précède; mais l’indication aurait pu être plus précise.

§ 13. De plus , c'est, en effet, un argument nouveau. — Puisque la puissance est antérieure à l'acte , c'est la théorie particulière d’Aristote; et puisque le mouvement n’est

que l’acte du possible, il faut bieu que la puissance soit antérieure à l’acte, parce qu’autrement elle ne se réaliserait pas. — La chose, l’expressbn grecque est tout à fait indéterminée; j'ai dû être plus précis.

— Elle subsistait, étant incréée , ceci peut paraître une subtilité; mais au fond, ce n’en est pas une : la puissance est tout à la fois de l’ètre et du noo-ètre. — Soit à ce moment, soit... l’alternative n’est pas aussi marquée dans le grec.

§ 16. D'une autre manière, en montrant qu'on arrive à une autre impossibilité, aussi complète que la précédente. — Elle pourra tout à la fois , ce qui est une contradiction manifeste. — Peut devenir, elle de-

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la puissance de devenir, et par suite de n’ être pas toujours.

§ 17. Voici encore comment on peut voir qu’il est également impossible ou que ce qui a été créé, à un certain jour, demeure à jamais impérissable, ou que ce qui est incréé et qui, dans le temps antérieur, a toujours été, puUse jamais périr: c’est que ce ne peut jamais être par hasard qu'une chose est impérissable ou incréée. § 18. Car ce qui vient par hasard et fortuitement est le contraire précisément de ce qui est éternel, et de ce qui est ou se produit le plus ordinairement. Mais ce qui est et subsiste durant un temps infini, ou absolument, ou à partir d'un certain temps, est ou toujours ou le plus ordinairement.

§ 19. Il y a donc nécessité que les choses de hasard, par leur nature même, tantôt soient et tantôt ne soient

vient, j’ai tenu à conserver autant que possible dam» la traduction l’opposition qui est dan» le texte. Simpliciua croit qu’ Aristote veut ici combattre les théories de Platon dans le Tintée , qui semble croire que le moude une fois créé ne peut plus périr. Saint-Thomas doute que ce soit là la pensée véritable de Platoujvoir le Tintée , traduction de M. V. Cousin, p. 123, 125 et 137.

— Et par suite de nélre pas toujours, elle n’est qu'au moment où elle devient ; antérieurement elle n’est qu’à l'état de non-être; elle n’est qu’en puissance. Comme le dit Simplicius, le créé et le périssable sont deux termes corrélatifs, en tant qu’ils se rapportent à une seule et même nature, in ermédiaire entre l'Atre éternel et le non-ètre éternel.

§ 17. Voici encore , ce n'est pas

un argument nouveau en faveur de la thèse précédente; c’est plutôt une thèse nouvelle. Le créé ne peut jamais devenir impérissable; et l'iocréé ne peut jamais périr. — Ce ne peut jamais être par hasard , voir la réfutation de la doctrine du hasard dans la Physique, livre 11, ch. 4 et ch. 5. — Impérissable ou incréée , la durée éternelle exclut toute idée de hasard, parce qu’elle suppose une constance que le hasard n’a pas, et, par suite, un dessein intelligent.

§ 18. Est le contraire précisément de ce qui est éternel , voir des pensées tout à fait analogues dans la Physique, livre II, ch. 5, § 13.

§ 19. Que les choses de hasard, le texte grec n’est pas tout à fait aussi précis; et l'expression dont il se sert est indéterminée. Mais il ne peut y

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