CHAPITRE V
Pourquoi le mouvement circulaire a-t-il lieu dans un sens plutôt que dans l'autre? Difficulté de cette question ; réserve qu’il faut apporter dans certaines recherches; indulgence avec laquelle il faut les juger. Le principe du mieux explique beaucoup de phénomènes dans la nature; et si le mouvement universel a une certaine direction, c'est qu'il est mieux qu’il ait celle-là plutôt que toute autre.
§ 1. Le mouvement circulaire peut avoir heu en un double sens; et, par exemple, il peut, à partir de A, se
diriger indifféremment, soit
aussi à peu près celle dont se sert Platon dans le Tintée, pages 124 et 125 de U traduction de M. V. Cousin.
— Dont le monde se compose, l'expression du texte est indéterminée : « Dont il se compose. » — La nature du corps primitif , c’est l'éther sans doute, on plutôt le ciel.
en B, soit en C. Or, nous
— Dans l'espace, j'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. Voir sur les rapports réciproques des quatre éléments, dans la composition générale de l'uuivers, le Timée , page 124, ibid.
Ch. V , § 1. Se diriger indifféremment, le texte n’est pas tout à
avons dit antérieurement que ces mouvements ne sont pas contraires l’un à l'autre. Mais si rien n’est fortuit ni arbitraire dans les choses éternelles, et si le ciel est éternel, ainsi que le mouvement circulaire dont il est animé, pourquoi est-il porté dans un des deux sens, et ne l'est-il pas dans l'autre ? Car il faut que ce phénomène même soit un principe, ou qu'il y ait un principe supérieur d'où il dérive. § 2. Mais essayer de discuter certaines questions et prétendre tout expliquer en se flattant de ne rien omettre, c'est peut-être faire preuve de beaucoup de naïveté, ou de beaucoup d’audace. Cependant il ne serait pas équitable de blâmer indistinctement toutes ces tentatives ; mais il faut aussi peser les motifs que chacun peut avoir de prendre la parole ; et ensuite, il faut voir jusqu’à quel point on mérite confiance, selon qu’on s’appuie sur des raisons admises par le vulgaire des hommes, ou sur des considéra-
fait aussi précis. — Sous avons dit antérieurement , un peu plus haul dans ce livre, ch. 3, il a été établi qu'un mouvement circulaire n’est jamais contraire à un autre mouvement circulaire. — Mais si rien n’est fortuit , ni arbitraire , voir la réfutation de U théorie du hasard, Physique, livre 11, ch. ♦, page 29 de ma traduction. — Pourquoi est- U porté dans un des deux sens , c’est là une question éternelle et insoluble; la réponse qu’y fait Aristote est à pen prés In seule qu'on y puisse faire. Si les choses sont ainsi, c'est qu'il est mieux qu'elles soient de celte façon, plutôt que de toute autre. — Soit un principe, c'est ce qui est le plus
probable. 11 suffît alors de constater le fait, sans pouvoir remonter jusqu'à sa cause. — Supérieur (f où il dérive, j'ai ajouté ces mots pour compléter la pensée.
§ 2. Mais essayer de disait cr certaines questions, on voit qu'Aristofe ne se lait pas illusion, et qu'il voit toute la difficulté de la question qu'il soulève. — De beaucoup de naïveté, « ou de sottise. » — Les motifs que chacun petit avoir, scion qu'on agit par simple vanité, ou selon qu'ou apporte quelques explications nouvelles, après de sérieuses recherches.
— Par le vulgaire des hommes , l'expression du texte est moins déterminée ; mais j'ai suivi l'expli-