‹ Traité du crédit foncier; ou, Explication théorique et pratique de la législation relative au crédit foncier en France ... suivi d'un exposé de l'organisation des institutiones de crédit foncier dans les divers états de l'Europe;Chapitre 1 sur 209 · ADRESSÉE A L'AUTEUR · texte numérisé non relu

ADRESSÉE A L'AUTEUR

Paris, le 20 juin 1853.

Monsieur ,

J'ai examiné avec le plus vif intérêt le plan que vous avez bien voulu me soumettre de l'ouvrage que vous allez publier sur le Crédit foncier. Nul, mieux que vous, ne saurait prétendre à l'honneur d'exposer devant le pays les phases diverses par lesquelles cette institution a passé avant de s'établir en France; nul, mieux que vous, qui avez été un de ses promoteurs les plus dévoués et les plus * convaincus, ne pourrait en écrire l'histoire, en définir le caractère, ainsi que la portée.

Je vous félicite donc de votre projet, bien persuadé d'avance que vous le mènerez à bonne fin et que nous aurons une œuvre sérieuse, digne d'occuper l'attention des hommes d'État et des économistes.

Votre ouvrage aura de plus l'utilité d'apprendre à beaucoup de personnes qui les ignorent, les principes fondamentaux du Crédit foncier et le mécanisme législatif destiné à en régler l'application. La tache est laborieuse, sans doute, mais elle n'est pas au-dessus de vos forces.

La spécialité du rôle que vous avez rempli comme membre, et très-souvent rapporteur des diverses commissions

VI LETTRE ADRESSÉE A l/AUTEUR PAR M. LE DIRECTEUR GÉNÉRAL

que j'ai eu l'honneur de présider, la sagacité et l'érudition dont vous avez hfc preuve^ me donnent l'assurance que vous traiterez avec un égal succès la partie historique du sujet et les questions complexes que fait naître l'étude des lois et décrets qui le régissent.

L'institution du Crédit foncier est encore à l'état de nouveauté en France ; mais lorsqu'elle sera comprise et sagement organisée, à l'intérêt de curiosité qu'elle inspire en ce moment succédera un sentiment profond de reconnaissance pour le gouvernement de l'Empereur qui aura eu la gloire d'affranchir la propriété foncière du terrible servage de la dette à court terme avec son cortège de renouvellements onéreux, de procédures dispendieuses et d'expropriations à peu près inévitables. Oui* ô'(tel put dette betlreuse transformation de» cotfditlofos dtf j>rèi et de notre système hypothécaire, qtte le crédit immobilier, réduit aux derniers expédients, pourra être reconstitué.

Ceux qui n'entrevoient pas encore l'avenir de cette institution dont F élément principal réside dans l'amortissement annuel et presque insensible de 1» dette, ku font une double objection à laquelle tous satires victorieusement fépotfdte. Comment tes prCf riétaires qui ne peuvent trouver dans leur revenu territorial de quoi payer l'intérêt, potfrrotft-ite ajouter à cet 'r»térêt une fraction quelconque du capital ? On oublie que le prêt ne peot être fait (|ue jtisq u a concurrence de la moi ti é dç la valeur de la propriété donnée en gage ; que te btrt du Gouvernement et des Con> pagnies qui se sont associées à ses effet te est préofeéiaef* d'arriver progressivement à mette* l'intérêt de l'argent en rapport avec le rêvent* du soi, grand et difficile problème dont & solution toutefois importe U la sécurité sociale. Ott otim enfi* qm fa question de l'emprunt est une

Page 1