TROISIEME PARTIE
fércnceà toutes les ombres qui ne sont pas des ombres entières oucentrales comme x, le nom commun de demi-ton, par lequel on comprend toutes celles qui, étant projetées par une lumière quelconque , sont cependant éclairées par une ou plusieurs lumières.
On entend aussi quelquefois par ces mots demi-ombres les demi-teintes intermédiaires entre la lumière et l'ombre qui se montrent là où les rayons lumineux tombent sous des angles plus aigus que sur d'autres surfaces, comme, par exemple, dans le cas du cylindre pour la partie de la surface courbe comprise entre la limite de l’ombre et celle de la lumière la plus vive. Cette dénomination ne peut cependant pas être envisagée comme complètement convenable ; car, d'après les définitions données, une ombre est toujours l’absence tolale de la lumière. Mais les surfaces qui sont frappées par des rayons lumineux sous des angles plus aigus que d'autres surfaces, reçoivent un jour plus mat, mais ne se trouvent nullement placées dans l'ombre, quel que soit du reste l'angle d'incidence des rayons lumineux.
On ne peut non plus appliquer le nom de demi-ombre à ces portions d'ombres qui sont éclairées par la lumière de réflexion . parce que par là cet objet ne se trouve pas désigné d’une manière aussi parfaite, que si on emploie l’expression de reflet qui détermine aussitôt l’espèce d’ombre dont il est question.
§ 429. — On a construit un instrument hasé sur les faits indiqués au commencement du paragraphe précédent, à l’aide duquel on peut mesurer l'intensité de la lumière dans des circonstances données , et qui a reçu à cet effet le nom de Photomètre. En effet, on peut, à l’aide de eet instrument , déterminer par l 'obscurité de l’ombre d’un corps, quelle est la force de la lumière qui éclaire , puisque l’on peut admettre que celle des deux lumières qui projette les ombres les plus fortes est aussi celle qui est la plus intense. Car si l’on admet dans la fig. 136 , que deux lumières l et /’ , qui se trouvent à égale distance de K ; si. par exemple, la lumière placée en l est plus intense que celle placée en I ’ , alors l’ombre s’ projetée par V sera plus éclairée (pie ne pourra l’être l’ombre z projetée
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par / . par la lumière f , qui est plus faible que l. D'après cela aussi , l’ombre s, projetée par la lumière la plus intense , paraîtra plus sombre que l'ombre z' projetée par la lumière plus faible f . Si le deux lumières sont également lumineuses en / et I ' , mais pas également distantes de K , alors, par les mêmes motifs , la lumière située le plus près produira l’ombre la plus foncée , et celle-ci le deviendra toujours davantage, plus la lumière se rapprochera de l’objet B. de même que l'autre ombre deviendra toujours plus claire lorsque cette lumière s’éloignera davantage de cet objet.
§ 430. — Dans le 238 et suivants, on a dit tout ce qu'il était nécessaire de connaître sur le tracé des lignesdites traits de force d’un dessin linéaire et des dessins qui ont été (tassés à la couleur. Nous ferons seulement remarquer ici que l'on ne devra pas surcharger un dessin de ces traits de force, parce que le but que l’on se propose en partie en les exécutant, a déjà été atteint complètement à l’aide du lavis. Si toutefois on se trouvait dans la nécessité , de les ajouter à un dessin lavé, pour raviver les contours et les déterminer avec (dus de netteté , où (tour recouvrir en quelque sorte les endroits sur lesquels ou a passé en appliquant les couleurs; on ne devra cependant jamais faire de ces traits de force sur les ligues, le long desquelles on a fondu les teintes de surfaces planes ou courbes. Ainsi, par exemple, dans la lig. 122, les lignes AD, 0 K , RS et IS ne devront jamais être marquées par des traits de force.
Mais le tracé des traits de force, dans des dessins lavés, ne doit se faire que lorsqu'un a entièrement terminé le lavis, parce que l'on n'est (>as sûr que ces traits ne se fondront pas dans la teinte, lorsque l'on passe dessus en lavant.
§ 431. — Dans un dessin linéaire on donne plus de force aux lignes qui se trouvent situées à droite et au lias du corps, lorsque la lumière arrive dans la direction de gauche à droite; de môme dans un dessin lavé, on laisse subsister quelquefois près des lignes du contour , à gauche et et en haut, un irait lumineux que l’on nomme communément reflet et qui s'obtient en restant un peu en deçà avec la teinte , et en laissant à peu près la largeur d’un
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des traits de force qui existe le long des contours d'en haut et de gauche ; ce retlet du reste occupe les côtés op|>osés aux traits de force : par conséquent on ne sera pas embarassé de savoir où il faut l’appliquer quand on sait où se mettent ceux-ci dans un dessin. Ces reflets n’ont lieu dans la nature que dans certaines circonstances , par exemple, pour îles corps dont les arêtes ne sont pas tout à fait vives, mais tant soit [>eu arrondies, et comme il est difficile de les rendre (vu qu’il faut avoir une main très-sûre pour conduire le pinceau en ligne droite à égale distance du contour), on ne s’en sert pas toujours pour tous les dessins, excepté j>our ceux d'architecture où ils sont souvent employés. Mais si dans le but d’emhellirou pour tout autre motif, on voulait, en appliquant la couleur sur une surface, produire ce reflet, on ne devra pas prendre le pinceau trop plein, parce que les remures qui résultent d’une teinte trop liquide, produiraient ici en particulier un mauvais effet, quand même la teinte aurait été bien passée. Si l’on voulait, par exemple, passer des teintes sur les surfaces m.n,o, p et a, b, c,d (fig. t 04), on laisserait subsister les reflets lumineux le long de mp, mn, ad et r/c comme on peut le voir dons la flg. 132.
§ 432. — Lorsque la lumière qui éclaire les objets est telle que les rayons lumineux ne peuvent ètresupposés parallèles entre eux, mais ont une direction divergente, comme par exemple c'est le cas pour la lumière d’une bougie, alors la construction que l’on doit employer pour trouver la limite exacte de l'ombre et delà lumière, n’est pas très-différente de celle à employer dans l'hypothèse de rayons lumineux parallèles et on suivra les lois et règles générales d’après lesquelles on a produit la distribution de la lumière de l'ombre dans le cas d’une direction parallèle des rayons lumineux.
Mais la distribution de la lumière et des ombres sera plus difficile à figurer lorsqu'on admet qu'un objet est éclairé par divers corps lumineux à la fois, par exemple lorqu’un objet est éclairé par la lumière de la lune et en même temps parcelle d’une lampe ou d’un flambeau. Dans un pareil cas, non seulement la construction à employer pour la détermination de l’ombre et de l'ombre-portée, maisde plus la répar-
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titon exacte* îles reflets qui résultent do ces différentes lumières, comme aussi Ja reproduction la plus naturelle des couleurs et des Ions, qui sont produits en même temps par la lueur de la lune et celle du flambeau , sont chose difficile en principe, exigent une grande connaissance des choses et une étude approfondie des effets de la lumière dans la nature.
De même aussi, il est plus difficile de rendre dans un dessin avec exactitude les effets de lumière et d’ombre qui sont déterminées par un jour ordinaire ou par un ciel nuageux (par exemple, dans une chambre lorsque la lumière arrive par plusieurs fenêtres et éclaire les murs, le plafond et le plancher, ainsi que les objets qui se trouvent placés dans cette chambre), que ceux produits par la lumière du soleil. Cardans l’exemple ici indiqué, les rayons lumineux ne peuvent pasêtre supposés parallèles entre eux, comme c’est le cas , lorsque ces objets sont éclairés par la lumière du soleil ; mais il faut les considérer comme des lignes divergentes. — La construction des ombres et des ombres-portées est basée sur les mêmes principes que l’on a enseignés lorsqu'il a s’agi de la direction parallèle des rayons de lumière et pourra en général s’exécuter aussi d'après les règles et les lois déjà enseignées, en faisant naturellement attention qu’ici les rayons lumineux sont divergents; toutefois, la détermination des différents tons dans les ombres entières ou demi-ombres, dans les reflets et dans leslumièrcs, offre bien plus de diflirultés lorsque le dessin doit représenter, le plus fidèlement |>ossible , les effets de la nature même.
§ 433. — Mais comme dans un dessin géométrique , ces deux cas de lumière divergente et de lumière diffuse ne sont pas admis, mais que les rayons lumineux au contraire sont supposés le plus souvent comme arrivants directement du soleil et parallèlement entre eux, il n’a été nécessaire ici que de faire connaître la construction des ombres qui se forment dans ce cas sur les surfaces des différents corps. Quant à la construction des ombres formées dans des conditions d'une lumière différente , elle est du ressort de la pers/>cctive et en général de la peinture , où l'on admet souvent de semblables hypothèses et qui, bien exécutés, produisent souvent un bel
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effet. Il est donc nécessaire. que l’artiste qui les exécute possède le talent et les connaissances mathématique* et physiques nécessaires, et s'adonne à une étude suivie des effets de luinièie dans la nature. Car autant un dessin de perspective produit un effet atiravaul quand ou a su ménager la lumière dans des proportions exactes et naturelles, autant l’effet est désavantageux lorsque cet accord n'existe pas.
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